LIVRE DOUZIEME. itl
1 la liberté sur leurs chapeaux, alliant sur toutes les cou-
I tures de leur habit les conlisurs honteuses de la servi-
II ludeî Pourquoi encore ce traitcmenl de cent dix mille n livrés que s'est appliqué le maire de la capitale? Je lui
> sais gré de la noble fierté avec laquelle il a demandé au
> miuistre de Paris l'hittel de la Police. Mais pourquoi les K murs de cet hôtel ne s'a perçoivent-ils pas qu'ils ont ^' changé de maître? Pourquoi le même faste des meubles « et la même somptuosité de table? Laissez, M. Bailly, » laissez au satrape Pharnabaze ces riches tapis. Agésilas » s'assied par terre, et il dicte des lois au grand roi de " Perse. Laissez cette pompe extérieure aux rois et aux ic pontifes.. . Je suis encore au nombre de ceux qui vous Il chérissent. Je sais le respect que je dois A votre place et " les ménagements que méritent vos talents et vos services ; Il mais c'est parce que vous êtes revêtu de celte grande B place, que je ne souffrirai point que vous vous avilissiez.
« Quand vous serez redevenu simple citoyen, étalez
Il alors votre luxe asiatique, scandalisez la nation par
n votre livrée et votre luxe, déshonorez-vous, peu m'im-
K porte; mais cette belle, cette glorieuse révolution de
■ France qu'aujourd'hui vous ternissez ! Je ne suis pas si H ridicule que de prétendre que M. le maire vive de brouct Il noir comme Agcsilas, ou que, comme Curtîus, il reçoive Il les ambassadeurs dans une chaumière, mais je'Iui rcu commande plus de simplicité.
u Parmi la multitude des griersqu'on reproche à M. Bailly,
■> je ne me suis arrête qu'A trois : s'être donné une livrée,
K c'est une petitesse et une puérilité qui a du provoquer
n ootrç ministère correctionnel ; s'être appliqué cent dix
K mille livres d'appointements, c'est une concussion et un " vol horrible ; d'avoir donné des brevets de capitaine,
■ c'est un crime de lèse-nation. >
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Quelques écrits royalislcs, mais rares, anonymes et impopulaires, répondaient par des invectives à ces invectives. Dne adresse aux provinces disait au peuple :
•I Vos idées claicnt claires sur la liberté... Mais..,aviez- « vous ordonné qu'on abusât du nom du roi pour envoyer « de prétendus ordres de sa part, afin de piller et brûler « les maisons des seigneurs et des religieux?... Àviez-vous a ordonné qu'on mit à mort des citoyens sans aucune forme II de procédure?.,. Leur aviez-vûus donné la première idée du feu de la lanterne?... Aviez vous ordonné h un petit « M. Barnave de dire, au milieu de l'Assemblée, qu'il ne •I fallait pas s'occuper des fureurs du peuple, parc^ que le i> sang qu'il versait n'était pas pur?... Aviez-vous ordonné « qu'on ftt de votre roi un roi de théâtre?... Ayiez-vous « ordonne qu'on lui enlevât jusqu'à sa garde et qu'on en u fit la fable de toutes les nations?... Aviez-vous ordonné « de tenir votre roi dans les fers? Aviez-vous ordonne de « retrancher à ce malheureux prince ses amusements les w plus innocents (la chasse], de ne lui donner d'sutfe garde u que ses bourreaux (la garde i^aliouale) , et d'autre occu- « pation que celle des crimes qu'il a à redouter?... etc.
« Yoilii cependant ce qu'on a fait, voilà rouvr8|;e de vos « députés, et, grâce à leurs soins, il n'est pas un citoyen K dont ja liberté et la vie ne soient à discrétion...
u Oui, vos demandes sont raisonnables; mais cette sau gesse qui les dicta n'a pas présidé au choix des députés. « QuelshommeSjj'ose vous le demander, avez-vous choisis?
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■ Tout ce que vous méprisiez peu d'années auparavant. « Des jeunes gens à qui vous ne connaissiez pour talent Il que des fureurs, et pour expérience que de l'intrigue; « des magistrats déshonorés {iar leur conduite; des officiers « de justice subalternes qui veulent détruire les parlements
■ pour profiter de leurs dépouilles ; des propriétaires qui u fatiguent les campagnes de leurs prétentions, et qui, oca cupés à rivaliser avec leur seigneur, ne le sont presque » jamais de secourir le peuple ; des prêtres crapuleux et
■ d'une sale ignorance ; des nobles toujours prêts à se tour « her vers lé puissant et qui n'ont vu dans votre confiance « que des moyens de fortune. Quel sentiment d'honneur,
■ quelle fidélité à leur devoir, ponviez-vous espérer de pa- « rcih cloix*
« Qu'est-ce, je vous le demande, qu'un petit Robespierre, « qui n'était connu à Arras que par son ingratitude pour '"« l'évéqiie qui l'avait fait élever!
•I ITn Mirabeau, échappé à la corde, mais jamais à l'in- « faïuie, et dont le nom seul est une grosse injure?
■ Un Pélîon de Villeneuve, chez qui vous n'aviez pu dis- « tiiiguer que la confiance de la sottise, et qui, vil instru'
- « ineut des factieux, est comme ces crieurs de la foire que
■ l'on fait aboyer à la porte des théâtres, pendant que « danb rintérieur on joue la piéceT
■ Un Barnave, insolent, fat, ignorant, à qui l'esprit tient ' Il lieà dé principe et de morale; en un mot, ce qu'on ap-
« pelle uh di'die T
u beux lameth, cette famille jadis si intrigante et si ' « basëé é la cour, plats valets dans les temps de la servi-
■ tude et insolents dans les temps d'audace?VoMs!es verrez
■ h ta tête dés furieux, tant que les fureurs mèneront à la u fortune'; vous lés retrouverez dans les antichambres, si H elles soni' encore' la source de grâces, et, toujours întri-
m LES CONSTITUANTS.
■ gants par esseace , se payer du mépris par les places et •i l'argent.
u Un Castellane? un Duport dégoùlant de mauvaise fbi , « de subtilité et d'inlrigue T Un Goupil de Préfeln? ' Un curé Grégoire, qui, avec un autre curé, Dillon,
■ dispute de propos sédiUeux, et au lieu d'un ministère de " paix, qui exige des talents et de la vertu, oc remplit et
■ ne pourra jamais remplir que le rôle de factieuxî
« UnBallin? un Glezenî un abbéSieyés, que tous ave» « vus se déshonorer à l'assemblée d'Orléans, et qui, après « avoir tenté en vain tous les moyens de faire fortune, est > venu confondre les condiUons pour voler et piller dans
■ le désordre?
» Un Clermont-Tonnerrc, esprit sublime pour les petites ■> choses, et mince pour les grandes ; envieux de tous, mais H qui, n'ayant que les petits moyens de médiocrité, ne con- « naît l'ambition que comme les impuissants connaissent l'amour, par des inquiétudes et par la jalousie?
u Un Labordc, riche de quarante millions volés à l'État;
■ le financier de l'archevêque de Sens, alors le plus fidèle
■ suppôt du despotisme , et qui, après s'être enrichi du u sang des malheureux, veut encore qu'on détruise pour u lui les rangs où l'argent seul ne pouvait pas atteindre?
s Un Gouy d'Arcy, qui, dans celte vile assemblée, n'a « pu même éviter le mépris?
u Un marquis de Cote, vil intrigant, incapable de se •> montrer au grand jour; n'ayant pour esprit quela faus- « seté, pour physionomie qu'un rïre niais, pouftalentque •> l'art de se taire, pour courage que celui des machines * dans les ténèbres? Sa force est celle du basilic de la •• fable, dont les poisons étaient mortels lorsqu'on ne t'au percevait pas, maïs qu'il suffisait de regarder pour le
■ terrasser et Icdétruirc.
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