LIVRE DOUZIEME. 2J
u Un comte de Grillon, dont l'esprit de travers est pres-
I que passé en proverbe?... Champion maladroit de
II H. Necker, sa pesante amitié ignore qu'on ne sert pas ses [ amis par l'ennui qu'on en donne, et que le seul point < d'honneur des sots est d'adorer dans le respect et dans ' le silence.
» DesNoailles?... Un Chapelier, maudit par son père, il méprisé au barreau, sans talents, sans principes, Tuisant I le mal parce qu'il est l'opposé du bien, et obligé de u cacher sa médiocrité ? >
Bailly et la Fayette cherchaient en vain à refréner les excès de celle presse par des arrêtés arbitraires de la Coniinime. La presse leur échappait par tous les porcs.
Marat racontait ainsi à ses nombreux sectaires l'hégire et le martyre de ses propres persécutions dont il accusait la Fayette et Bailly :
■ La nuit, je fus assailli par une bande nombreuse d'asu sassins. C'en était fait (le moi s'ils fussent parvenus à ■ forcer la porte, qu'on refusa de leur ouvrir.
•1 Les ennemis publics me regardaient comme le premier H moteur de l'insurrection qui venait de sauver la patrie.
« J'avais informé deux disliicls des dangers que je cou- « rais. L'un fit faire de fréquentes patrouilles devant ma V porte; l'autre m'envoya quelques ollîciers pour me mettre «en sûreté. Plusieurs amis m'enlevèrent de chez moi et « me conduisirent à Versailles... J'appris que le Chittclct
su LES CONSTITUANTS,
■ venait de lancer contre moi un décret de prise de corps. . .
u L'altÉDlat du comité de police m'avait enlevé mes presses.
n A peine eos-je passé hiiil jours dans ma retraite, que Il ce genre de vie parut suspect an traiteur qui me servait : B italla me dénoncer  la garde nationale... Deux officiers Il sans armés entrèrent dans ma chambre.
■ Nous Tenons savoir qui vous êtes. — Je suis l'ami du • peuple. — L'aroi du peuple t il est eh sûreté parmi nous, « qu'il y reste ; tous ses concitoyens sout prêts à le défen- " dre... — Vous frémissez à l'idée de livrer l'ami du peu- « pie ; et vous, généreux tecointre , le modèle des vrais u patriotes, vous vous chargiez de leur reconuaissauce.
>i Je désirais me rapprocher de Paris. Je trouvai un u asile dans une cave. ■
Les rumeurs extérieures commençaient à se mêler à ces tumultes du dedans pour distraire l'Assemblée de ses travaux; mais la force d'impulsion qu'elle avait reçue de la volonté nationale à son origine lui donnait la confiance de triompher de ses ennemis, comme elle triompherait de ces factions. Les patriotes du Brabant, aristocrates et démocrates, unis dans un même sentiment de nationalité, , venaient de vaincre le général Dalton, qiii commandait l'armée de l'empereur Joseph II. Ilss'étaient emparés de Bruxelles, ils avaient constitué un gouven^emènt fil prp<;lamé le patriote Vandernoot tribun ou régulateurdeleur insurrection.
l)'un autre célé, les princes allemands vassaux de l'Em-