LIVRE DOUZIEME. SB
pire, qui possédaient des fiefs privés en France, et que la nuit du il août venait de déposséder de leurs droits féodaux de ce G<lté du Rhin, se refusaient, en qualité de princes étrangers et indépendants, à reconnaître la loi française; ils réclamaient leurs privilèges, criaient â la spoliation, à la violation du droit des gens dans leur personne, et menaçaient l'Assemblée des vengeances de l'Empire, forcé à soutenir par les armes leurs droits.
Ces convulsions du dedans, ces menaces, quoique lointaines, dn dehors, cet interrègne trop longtemps prolongé de tout autre ordre que de l'ordre armé de ta Fayette, les alarmes qu'inspirait aux citoyens prévoyants une dictature si absolue et si irrègulière entre les mains d'un général qui pouvait devenir un Cromwell contre la liberté et contre la cour, commençaient à rapprocher du roi les membres même les plus populaires de l'Assemblée. Ils étaient pressés dé Ini rendre dans la constitution, bientôt achevée, la place dont il était descendu le 6 octobre; de le réconcilier lui-même avec la constilullon, par la force executive dont elle allait l'investir au nom de son peuple, et de lui témoigner une confiance et des respects, réparation des outrages et des avilissements soulTerIs. Ce prince, à cette époque, était encore aiiiiè, sinoD comme roi au moins comme homme, par la nation : on peut dire même qu'il le fut jusqu'à son supplice. En 1789, c'était se populariser dans l'opinion de la masse de là capitale et des provinces que d'honorer
m LES COMSTITDAHTS.
dans le roi les intentiotis, les concessions, la bonlé et même la faiblesse de sa nature, II y avait de la pitié dans la réhabilitation que l'Assemblée désirait lui décerner à la fin de la constîtulion. S'il eût été un lyrun, on l'aurait déposé dés le premier jour de la lutle entre l'aristocratie et la nation; on le couronnait de nouveau avec complaisance parce qu'on le jugeait incapable d'abuser du sceptre.
Ces sentiments se manifestèrenl avec solennité le 1*^ janvier 1790, dans les hommages que rAsscmbIcc lui porta par son président des Meuniers et par une députalion de soixante membres. L'Assemblée lui parla, ainsi qu'à la reine, des consolations qu'un prochain avenir apporterait à ses peines. L'accent du cœur se fil entendre dans celle entrevue du roij de la reine et des députés. Cinq jours après, une dépulation de l'Assemblée vint supplier le roi de fixer lui-même, sous le nom de liste civile, le revenu sans limite qu'il jugeait convenable à l'entrelien de sa maison et à la juste splendeur du trône; le président lui parla de la modestie de ses mœurs, de son économie personnelle, e( le prémunit, non contre sa prodigalité, mais contre ses vertus.
■ Sire, >■ lui dit des Meuniers au nom de rAssembléc,
■ l'Assemblée nationale nous a députés vers Voire Majesté « pour vouloir bien fixer elle-même la portion des revenus « publics que la nalion désire consacrer à l'entretien de « votre maison, à celle de voire auguste famille et à vos « jouissances personnelles. Mais en demandant à Votre V JUajesté cette marque de bonté, rAssembléc nationale n'a « pu se défendre d'un sentiment d'inquiétude que vos yer- H lus ont fait nnllre. Nous connaissons, sire, cette écono- « mie sé,VÉre qui prend sa source dans l'amouf de vos pcu-
■ pies et dans la crainte d'ajouter à leurs besoins; mais . t> qu'il serait déchirant pour vos s,yjeti le swtifaept qui
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