LIVRE DOUZIEME. Kl
<• que la force publique est entre nos mains? Sî nous n'aa T(His pas cette force, l'État est disaoos.
H l'iriftoence des curés est le troisième moyen proiwsé. " Je tOtt«ee système de charité sacerdotale; mais en 1776 •■ H. Turgot usa de ce moyen. Le remède, suffisant alors,
■ serait insuffisant aujourd'hui. Ce n'est pas à des liom- « mes soumis à la reli^on que vous avez affaire; vous « n'aurez pas besoin de tous ces moyens. Eh 1 quand celui- << ei pourrait être efficace, le serait-il sur an peuple que « les ennemis de ta nation ont égaré? L'influence des curés K serait donc absolument inutile.
K Sahs tribunaux, sans armée, sans maréchaussée, vous
■ ne rétablirez donc jamais l'ordre; plus vous mettrez
■ de rigueur pour prévenir le crime, moins il faudra de « sévérité pour le punir.
■ Le seul moyen est donc de déclarer coupable toute » iiBorrection contre l'ordre public ; de livrer aux tribaw nattx les porteurs de décrets et d'ordres supposés et de « les rendre responsables; d'ordonner à l'armée soldée de ■I déployer toute sa force contre les brigands attroupés, •1 sans qu'if soit aucunement besoin de la réquisition des « officiers municipaux. »
Un cri d'indignation s'élève à ces mots de l'orateur, qui se raffermit Contre le murmure.
u C'est (laAs vos propres décrets, « dit-il , < que je puise « la doclilne qui parait si difficilement obtenir votre sufu fmge. 't>ermefléi-moi de vous rappeler aux principes : « vousavez'déËrétéla loi martiale; vous avez ordonné que t jamais les taupes soldées ne pourraient marcher contre
■ ks cttoj^ns' que sur la réquisition des officiers munici- « paux; V0OS Avez ordonné des précautions pour les villes, « M jamais VDU9 n'en avez fait l'application aux cam< « pagtMs.- ■■■;■■■■■
Dg.l.zecit>>COOglC
■I Quand TOUS avei voula que le ministre ûrt la loî ordon- « nât au peuple attroupé de se retirer; et qu'en, nr pût Il user de la fbrce de3 armes que sur «m refud, avez-Vons
I entendu prendre sous votre proteclion des' «rmées de
■ douze cents brigands? ■.■■■.< ...
« Pourquoi drainez-vous d'autoriser lepouYOirùîHlaire t de marcher dan& les champs où les manicipalhés n'exls-
■ lent pas encoreT II n'est pas Un commandant ndlitaîre « qui ait l'imprudence d'empécber le plus grand cHme it dans tes campagnes... (On murmure.) >i -
•1 llest infiniment facile de contredire; il iest plus facile
■ encore de désapprouver. Mais si vous voulez des preuves K que les municipalités n'ont pas osé se servir deleur-pOU- < voir, bientôt il tous en viendra de quatre provMcéS'â la " fois.
u Qui oserait dire à un officier municipal d'aller, Votre
■ décret & la main, arrêter une armée de douze ceiitibi^i-
■ gands? Voilà cependant, si l'on s'en tient atix expressions
II littérales de votre loi, la formalité qui doit d'abord ètt-e " remplie : on désobéit, si on l'élude. » - - i ,
C8za)è»>>sat!oédant '^ Maary^ raconta wteS'ViK Im^ssi-
bllité stolque lloftemlie de sa propre <l(ktwn^ABiI«lths
■ Quercy.'' ■ - '■ '■ "'■"" - •■■■■'" ■" •■■^■•'i-'--- .
» Les braves habitants, ■d^il, 'jioM'Akilntle'rnet
« dispersé les Brigands. Les Vl^>i}Stlicni:i<l«'pc4i^le sont
<« , hoimvs:-,' Us «ftltietirs, rviennsnt ae^ltuent. d« l'aoéantis-
;M, sewwti^a pouvoir ^écutif. ■. . ■,
,■ .Svbespnrref eana exenflenœs ciiffies, 'deuanda- que le
sgOttTOTHenieKlécIfiirAtau.lùffk'de sévir. sN'o^ItUez pis, » dil-il, ■ que des hommes aigris pti^i V«xj]ès!4eleMra mal-
.-if henrsne suit pas des .criminels. endori^Si, et que des
,< «diorMiçoispeuventqac tmx plusiquedes «naéee.
■1 Çrtùgiwns,.» sjouts-t-il, •> craipioaa quecet eiBAiD'de H la tfAnquillilé ne soit la source d'un moyen propre àdé- « truire la liberté ; craigpoDs que ces désordres ne servent
,f de prétextes pour mettre des armes terribles dans des u iQ«iiis qu,i pourraient les tourner contre la liberté; crai-
. ■ gooitB que ces armes ne soient dirigées par des hommes
, :K.q^i a^ seraiqat pas les meilleurs amis de la Révolution. ■ L'Assemblée, à peine de manquer à la cause populaire,
., n qu'il est: de son devoir de défendre, doit ordonner que .■,ilei^^uiÛCÎjwUtÉs. useront de tous les moyens de coneilia'
. .H .^inu, d',eihorMitîon et d'instruction avant que la force mi-
, ^ Jitaire puisse élre employée. ■
L'Assemblée, altrtstée surtout de son impuissance, mais résolue à ne pas armer ses ennemis, vota les conclusions dilatoires et molles de son comité. Elle rédigea une adresse au peuple français , digne de la raison d'un grand peuple appelé à son propre conseil par ses législateurs. Toute l'âme de la France civique et philosophique respire dans ce beau commentaire de la BévolatLoa ;^ on y sent l'empreinte de la main de Mirabeau, son esprit avait passé dans ses col>lègaes.
■..^f tmdriftrjuHlim.* rAïM»Wéa.owiflt*tuanlie, il faut
rJir»llfl».iwift«ï»i« p<»ge6( de w ttawignage,, qu'aile, porte elle-même en sa faveur, témoignage qui ne pouvAtt.iëlre
tfttBtr^ditfllorâpBrpeqfONiie. .. ,!,; ,f - :
,. ..u.iL'^^vtbiiNt.iUUiAfMieis'fivaiitAirtdaïUila.eM^idrede tii coitntDHTi- 3. XI
tu LES CONSTITirAflTS.
« sa traraux, re^it de lontes parla les félicitations des
u proniiues, des villes, des commuDaulés , leslémoignages •1 de la joie pablique , les acclamations de la reeonUaisu sanoe; mais elle entend aussJ les murniiH-esdc eenk que H blessent oaqu'aflligeatlâs coup» portés il tant d'abUs, A u tant d'intérêts, A tant de préjugés. En s'occupent du bon-
■ heur de tous, elle B'iiH|uiète des m&tix parUéâlwrs. Bile u pardonne à la prévention, h l'aigreur, à l'injttstice; mais u elle regarde comme un de ses devoirs de vous préhitinir •> contre les influences de la calomnie, et de détruire les u vaines terreurs dont on cherchait raiaeraent k voos 8tir- « prendre.
• Et que n'a-t-on pas tenté posr vous égarer, |>our Il ébranler votre courage I On a feint dlgnbrèr quel bien « avaittait l'Assemblée nationale : nous allons vous lé rap- ■> peler. On a élevé des difficultés contre ee qu'elle a fliit : u nous allons y répondre. On a répandu des doutes, (m a Il fait naître des inquiétudes sur ce qu'elle fera : nous aN II Ions voBS l'apprendre.
Il Qu'a fait l'Assemblée î Elle a tracé d'une main ferme,
■ au milieu des orages, les prinetpes de ta amstltution qui u assure â jamais votre liberté.
« Les droits des hommes étaient méconnus', instiMs de- •> puis da siécleS' : ils oM été rétabtis poar l'hnmenité en- " tiére, dans cette déclaration qui sert le «rE ètflrMl de « guerre contre les opprecseors eMatoi des téglslitmirs « eni-mémes. .
>i Lanitim avait p^xlv le droit de dé^ter el'les lois « et les împMs : ce droit Im a été reatlteé; flt «n méfaie •I temps ont été eotincrSs tes vrais prineipet de la ntoriar- « cfaie^ l'imiblabilitéds ebefaugiielede lB'lta<idB,et4%é- « redite dn trône dans une famille awti'icbére'i txAs les
■ FFan(eis. ■ ■■ ■ ■>■■■" ■■ "'■ ' ■ ■
L)ji.z.iit>,Cooglc
UVM DDCZISHB. SSS
« NotHn'aTl»ii8qiM<liffiétal.iBéDéraux:T(MiS'avd2«aiii~ « tenant une assen^lée nationale; elle ne pentpU» yous n é\retviie.-
.■« Jh» erdres néceuairement diviaés «t asservis h d'an- « lijfii» pcétenlienE y dictaient les détrels el ponrfrient y f .orrAler l'essor M la volonté nationale. Ces ordres u D'existentflas; tout a dispeni devant l'IiMtorable qualité «.de citoyen.
. •• Tout étant devenu citoyen, i) vous fallait des défen- » iSei|r-$.cilDy«na, el au premier signal on B vu cette garde «■ iwitifHtAb qol, rassemblée par le patriotisme, oommandce « par l'honneur, partout maintient on ramène l'ordre, et ■ Vj^illeayflçuaz^iDblîgableà lasûrelK de ohacon pour •fL'îittérét détona.
. «, Des. privilèges sans nombre, ennemis irrfcoociiiables •I de tout bien, composaient tout notre droit public : ils u ,wnt détruits, et à la voix de cette Assemblée, les prou, rinces les plus jalouses des leurs ont applaudi à leur K cbute } elles ont senti qu'elles s'enricbissaient de leur •1 perte.
«, Une féDcUlité vexatoire, si puissante encore dans ses « derniers débris, couvrait la France entière : elle a dis- ■-■paw.pwsr^toBr.
: ^y«us> étiez wniMS dans les provinces au régime d'ane h: adaùnistretion inquiéhute :.vous en êtes affraocbis. Des - on|ree.*rbitraiMB.4tj«nMHest A la liberté des citoyens : " ils sont anéantis.
,. .« Vousvoult» unfioiganiaatii»ae«mplétedesiniuIcipa- «i:HlÂs^«lle vùntde voua.tee donnée; et la eréaljon de ■"MW.CBS ooirpslainnéspar.vas suffrages présente en ce mo- « ment, dans toute la Franoe^lespectaclete pins imposant. . « £n mes» KmifSi l'ikaoemUiée nalionale a coBsemmé u l'ouvrage de la nouvelle division du royaume, qnî, seule,
i.Coot^lc
!B6 LES CQNSÏITUdVMS.
( pouvait effacer jasqu'aux dernières trace» des anciens ' préjugés; subslituer à l'amour-propre de provïDce l'a- ' mour véritable de la patrie; asseoir les bases d'uue
■ bonne représentation et fixer à ta Tois les droits de
■ chaque homme et de chaque canton, en raisoq de leurs
I rapports avec la chose publique. Problème di|Gcile dont
II la solution est restée inconnue jusqu'à nos jours.
■ Dés longtemps vous désiriez l'aholition de la vénplité
■ des charges de magistrature : elle a été prononcée.
K Vous éprouviez le besoin d'une réforme, du moins u provisoire, des principaux vices du code criminel : elle K a été décrétée en attendant une réforme générale.
•> De toutes M parties du royaume nous ont été adressées des plaintes, des demandes, des réclamations:
■ nous y avons satisfait autant qu'il étail en notre pou- « voir.
u La multitude des engagements publics effrayait : nous •I en avons consacré les principes sur la foi qui lenr est « due. , ,
■ Voas redoutiez le pouvoir des ministres : nous leur « avons imposé la loi rassurante de la responsabilité. .
« L'impôt de la gabelle vous était insupportable : nous K l'avons adouci d'abord, et nous en avons assuré l'entière « et prochaine destruction; car il faut que les impôts, iif- K dispensablcs pour les besoins publics, soient encore jue- M lifiés par leur égalité, leur sagesse, leur douceur.
■ Des pensions immodérées, prodiguées souvent à l'in^ « de votre roi, vous ravissaient le fruit de vos labeurs : nous avons jeté sur elles un premier regard sévère, et
■ nous allons les renfermer dans les limites étroites d'une « stricte justice.
•• Enfin, les finances demandaient d'inunenses réformes : « secondés par le ministre qui a obtenu votre confiance.
LrVBE ttOUZIEBIB. W7
I nous y avons travaillé sans rel&che, et bienhtt vous allez > en jouir.
* ToMA notre ouvrage, Français, ou plutôt voilà le I vdtre, car nous ne sommes que vos organes, et c'est vous
■ qui nous avez éclairés, encouragés, soutenus daus nos t travaux. Quelle époque que celle à laquelle nous sommes I enfin parvenus I
Il Quel honorable héritage vous avez à transmettre à ' votre posléritél Élevés au rang de citoyens, admissibles ' â tous les emplois, censeurs éclairés de l'administralion 1 quand vous n'en serez pas les dépositaires, sûrs que tout 1 se fait et par vous et pour vous, égaux devant la loi, t libres d'agir, de parler, d'écrire, ne devant jamais ( compte aux hommes, toujours à la volonté commune , I quelle plus belle condition !
■ Pourrait-il être encore un seul citoyen vraiment digne t de ce nom, qui osât tourner ses regards en arriére, qui «'voulût relever les débris dont nous sommes environnés, ' pour en contempler l'ancien édifice?
» Et pourtant que n'a-t-on pas dît, que n'a-t-on pas fait ' pour aflTalblir en vous l'impression naturelle que tant de I biens doivent produire?
*" Nftus avons tout détruit, a-t-on dit. C'est qu'il fallait
■ tout' reconstruire. Et qu'y a-t-il donc tant â regretter? « Veut-on le savoir?
• Que, sur tous les objets réformés ou détruits, l'on in- ■• térrof[e tes hommes qui n'en profitaient pas; qu'on écarte » ceux-Tâ qui, pour ennoblir les affections de l'inlérél per- >• sonnel, prennent aujourd'hui pour objet dé leur commi- « Sêratiôif le sort de ceux qui, dans d'autres temps, leur
■ rurentsiindïfférents,et l'on verra si laréformedechacun
■ de ces objets ne réunit pas tous (es suffrages faits pour k êli-è OomjtèS. '. . : "
tt.
L)^i.z.iiuGoog[e
ÎB8 LES CO[f8TirOAHTS.
■ Nous axoas agi avec trop de précipHalioD... et tant « d'autres nous ont reproché d'agir avec trop de leotear! « Trop de précipitation ! Igoore-t-on qnec'est en attaquant, « en renversant tous les abus à la fois quVm pent eapèrer K s'm voir délivré sans retour?.,.
« II est impossible, a-t-on dit, de régénérer B«e naijon « vieillie et corrompue... Que l'on apprenne qu'il n'y «de i< corrompu que ceux qiii veulent perpétner des vbm eor- « rupteurs, et qu'une nation rajeunit le jour eà die a ré- « soin de renallreâ la liberté. Voyee la génératioD-nouvelle !
■ comme déjà son cceur palpite de joie et d'espérance ! « comme ses sentiments sont pnrs , nobles , patriotiques ! H avec quel enthousiasme on la voit chaque jour brigner « l'honneur d'être admise ft prMer le serment de efttrfenl
» Mais pourquoi s'arrêter â un aussi misèrablereproche?
■ L'Assemblée nationale serait-elle done réduite à «"ex-
■ cuser de n'avoir pas désespéré du peuple françAÎst n Puis l'Assemblée, se justifiant avec une énergiqBe flraté
des crimes snr les malheurs du temps jostunent rtjetés au passé et au temps lui-même, terminait ainsi :
« Voyez, Françaisl la perspective de bonfaeur et de " gloire qui s'ouvre devant vous. Il reste encore ^dques •I pas à Âiire, et c'est où vous attendent les détraeteore de
• la Révolution.
H DéHez-vous d'une impétueuse vivacité j redodtes^sur-
■ tout les violences, car tout déswdre peut devenir fapeste " à la liberté. Vous chéarissez cette liberté; vkas-li. pas- •I sédez maintenant. Hontrei-vous dignos de U'eonswver; u soyez fidèles à l'esprit, à la lettre des d^retsdcvap re-
• présentants , sanctionnés ou 8ccepté4 par lo roi^ifetin- H guez soigneusement les droits abolis sans rodait et les « droits rachetables, mais encore «iistBalB.-'Qaetespre- « mlers ne soient pins exigés» ïnâîà que tel seeoaib ne