‹ Histoire de la Révolution Française, 1789: Les constituantsChapitre 82 sur 117 · LIVRE DOUZIEME · texte numérisé non relu

LIVRE DOUZIEME

Mirabeau, affectant de voir le despotisme dans la loi contre les sédirions de l'Angleterre et de l'Amérique ellemême, s'ccrîa, pour détourner la question, qu'il s'agissait de savoir si on accorderait ou non au roi la dictature, si la France avait besoin ou non de la dictature. •> Dans le cas oii l'on poserait ainsi la question, » ajouta-I-il, u je demanderais la parole pour combattre ta dictature. »

Ce subterfuge semblait indiquer dans Mirabeau le regret d'avoir demandé lui-même, la veille, la loi répressive. Cazalès comprit l'embarras de Mirabeau; il jouit de l'accroître en le provoquant lui-même à parler. Mirabeau se fut. Maury fui amer et servit, comme toujours, la cause du désordre en désespérant de l'ordre. Malouct parla en homme politique sincèrement préoccupé de concilier la sécurité publique avec les institutions représentatives.

« Il ne faut pas confondre, •> dil-il, avec une sage distîn^çtion, qui réfutait d'avance l'apostrophe de Mirabeau sur la prétendue dictature du roi , h il ne faut pas confondre u l'autorité royale avec le pouvoir exécutif. L'un est la « souveraineté ; l'autre n'en est que l'instrument. Tout ce .0 qvi tient à l'efccution des lois compose le pouvoir exéu çutif; la réunion de toutes les forces constitue le pouvoir •t monarchique. Ainsi la liberté nationale ne peut consister

* dan^ l'atténuement de l'autorité royale ni 4anâ, celui du

• pouvoir exécutif, f. U faut dopner au ,pouïûi^^ M;,éoutif •> l'unité et l'activité, e^ statuant quo tous les corps ^dmi- " nistralîfs et militaires obéiront aux ordres du monar-

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tTO LES CONSTITtrANtS: '

II qoe. C'est aii corps administratif à faire ea sorte que les u lois constitutionnelles ne soient pas attaquées. Si l'on ne u prciid pas ce parti, il y aura autant de puissauces sou- » veraîaes '^iie de divisions partielles du royaume; les

■ TÎIIes s'armeront les unes contre les autres ; bientôt la

■ disparition complète du numéraire et la famine naîtront u de ces troubles intestins ; le pouvoir législatif sera moins

■ respecté, et 'nOMs verrons paraître de loin en loin

■ les effets désastreux de l'anarchie. Tout ce qui ne con~ « court pas à Tordre dans nn gouvernement t'altère et finit

■ parle désorganiser. Lorsqti^ne nation reconnaît un chef « suprême, s'il ne peut rien pour s(hi bonheur, il peut

■ tout contre sa liberté. Si , au contraire , il est entmiré

■ d'une grande puissance, sur un tnjne brillant de gloire « et de félicité,' regrettera-t-il le despotisme et la tyrannie? M Je propose de décréter ce qui suit :

>i Tous les corps administratifs et militaires sont dans H la dépendance immédiate du pouvoir exécutif, et doivent u obéir au monarque. Toute résistance des corps adtninisn tratifs serait une forfaiture ; tout acte d'insubordination •I dans l'armée serait une désobéissance. Il appartient au « roi de prévenir par la force publique tous les désordres « et de veiller à ce que la vie des citoyens ne soit en danu ger,'à ce que leurs propriétés ne stnent'^Iées, d ce que « la perception des impôts ne sôit troublée. Tous les or- II dres qui seront donnés par le roi seront signés par tan K secrétaire d'État qui sera responsable de leur exéttutiw.

■ Si daiis une convulsion Yîolerite le salut public exige dés u formes contraires aux formes légales, les ministres se- « ront tenus d'en rendre compte au pouvoir lëgitialif, qui,

■ pour ce cas seulement, pourra les absoudre; »

Cette iu'of ion Snge è( forte par sa sagesaem^e' avait Tassentiment intîihr de -toute l'AsseaiUée, -lès partis pe s'y

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