LIVRE DOUZIEME
Le fanatisme éclairait Robespierre et l'éblosissait A ta fois dons ce discours jKiur le triomphe de sa cause. Dans la lutte ouverte entre l'ancien régime et le nouveau^ il craignait plus l'ordre préservé par la main d'un roi que les exc^s commis par la main du peuple. Entre ces deux dangers, il avait fait son choix; décidé à tout, et même au crime, pour faire prévaloir et régner la démocratie absolae, il était aussi coupable mais plus conséquent que Barnave, qui voulait un roi sans royauté et une paix publique sans force pour la maintenir.
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Clermont-Tonnerre le réfuta avec l'autorité de la conscience, de la morale et de la politique. Pur d'adulation aux rois quand ils avaient des courtisans, l'orateur du centre déteste élpquemment Tes adulateurs du peuple. ■ Que
■ craignez-vous î » s'écria-t-il en finissant. « Que la force
■ publique soit toujours plus puissante que les scélérats I
■ Elle ne sera jamais plus forte que nous, plus puissante « que l'opinioD. ■
. Pélion,. aussi téméraire que Barnave, mais moins amer que Robespierre, soutint que la loi maritale élait suffisante, bien que la loi martiale, sous l'empire de laquelle tous ces excès, se continuaient, ne donnât ni éuergie aux magistrats municipaux ni force armée aux répressions.
Mirabeau rénéchissail depuis huit jours sur l'expédiçnt qull saisirait pour retremper, dans pette discussion, son patriotisme compromis le premier jour. H feignit de voir la
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V* LES constitoauts.
dictature dans les mesures d'ordre et de force réclamées
par la liberté elle-m^e.
11 prépara un projet mixte et illusoire qui donnait aux troupes rautorisation de marcher en cas d'attroupements et de violences, mais qui donnait en même temps aux municipalités le droit d'arrêter leur marche et de leur interdire le territoire de leurs communes , prétexte de parole qui n'était utile qu'à sa popularité.
• On a voulu, » dit-il, « entraîner une assemblée lègis- « lative dans la plus étrange des erreurs. De quoi s'agit-il?
■ De faits mal expliqués, mal éclaircts. On soupçonne, H plus qu'on ne sait, que l'ancienne municipalité de Bé-
■ ziers n'a pas rempli ses devoirs. En fait d'attroupe- II ments, toutes les circonstances méritent votre attention ; « il vous était facile de prévoir que, par la loi martiale, H vous avez donné lieu k un délit de grande importance, a si celte loi n'était pas exactement, pas fidèlement exé- " culée.
B En effet, une municipalilé qui n'use pas des pouvoirs
■ qui lui sont dpnnés dans une «ireonalance importante « commet un grand crime. 11 fatlait qualifier le crime, in- K diquerla peine et le tribunal; il ne fallait que cela. Au » lieu de se réduire à une question aussi simple, on nous a <i dit que la république est en danger. J'entends, et je H serai entendu par tout homme qui écoutera avec réu flexion, j'entends la ehose psbiique. On nous fait un ta- K bleau efTrayantdesualheurs'dela Prance;onaprétendu « quçl'État était bouleversé, qne la monarchie était telle^ u ment en péril, qu'il fallait recourir A ée grandes res- « sources : on a denandé (a diotattiro. La dietattfre, dans H un pays do v|ngl-quatFe millions dMmes! la dictature à u ubfKuli.dans un pays qui travaille ft sa «Diislitiition ! u deas. un pays dont les représentant» sont assemblés, la
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u dictature d'un seul t Le plus ou moins ie sang qui doit u couler ne doit pas être mîs en ligne de compte. Lisez, u lisez, ces lignes de sang dans les lettres du général d'Aï-
■ ton à l'empereur, voilà le code des dictateurs; voilà ce H,q^'oa n'4 pas rougi de proposer. Ona voalu renouveler «les proclamations dictatoriales des mois de juin et de u juillet. Enfin, on enlumine les propositions des mots « tant de fois répétés, des vertus d'un monarque vraiment u vertueux, ces mots tant de fois répétés, mais répétés u avec justice.
•I Je regarde déjà la monarchie comme dissoute. La dicu t^ture passe les forces d'un seul, quels qae soientson ca- « ractére, ses vertus, son talent, son génie. Le désordre « régne, dît-on ; je le veux croire un moment. On l'attribue ■' à l'oubli d'achever le pouvoir exécutif, comme si tout u l'ouvrage de l'organisation sociale n'y tendait pas 1 Je « voudrais qu'on se demandât à soi-même ce que c'est « que le pouvoir exécutif. Vous ne faites rien qui n'y ait u rapport. Que ceux qui veulent empiéter sur vos travaux >i répoudeid à ce dilemme bien simple : ou quelque partie <i de la eonstiluliou blesse le pouvoir exécutif : alors Il qu'on nous déclare en quoi; ou il faut achever le pouu voir exécutif : alors que reste-il à faire? Dites-le, et
■ vous vurrez s'il ne tient pas à tout ce que vous devez •i faire encore. Si vous me dites : Le pouvoir militaire H manque au pouvoir exécutif, je vous répondrai : Lais- « aez-AQU^donC'Mhever rorgaoisatîen du pouvoir mili- ■I lAÎie; i» pouvoir judiciaire : Laissez>nous donc acheter •I l'orgAfusatioB du pouvoir judiciaire. Ainsi doue ne nous « devanil^E pas ce que nous devons faire, si nous atons >' fait ae que nous avons pu. lime semble qu'il est allé de « revenir.â la question, dent nous n'avons pu nous éËsrttl'. * Vous avez faii: une loi joartiale; voud en nvea' cmfié
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«8 LBS OONSTITUAmS
«: l'aéçotlon aux officier» municipaux.]! reste à^tabHp te • i mode de ienr iwapeitMJbiltté^ I) moitqpe encore quelques (. diflpoB^iQBs.>Bfa>'bifflil ikfouLâserle tqodedesfrodaina-
■ 'tioBS. iiifadstQides Jbri^ands : il fout faire uae e'dditioii <> 'pinunfiôlirélJVource'GBS'eelileMipnt! nMis il'Oe (KlIaJt'))as •>:einpiil«rs(tr notre U«T«il; Hne&iiaitpaspMposeriine « eKécrable SîetatBre. Je- •n'ajouterai rien i ce <(>>! > 'été « -dit^^mnis pent-étre rémuDereî-je mian les 4f rerses epi^
■ nioDs des préopinanls. J'ai rédigé le projet d'une-. loi u addiltaimelle A la loi martiale. » .. '
Jllnteeptan.
- ire duc d'Atgaillon, du parti de Barnave et des LanMth, jura qve les bons citoyens aimaient mieux voir périr (otites les propriétés ^e de T«r la liberté en périt. ■ Je dois
■ eependant convenir, <■ ajoala-1-it pour faire contre'poids à- sdn propre sophisme, «tiae les désordres de l'ftlilirHiîe » émaneraient Bifailliblement le dMpottsmé. « Il éonélift qn'iV fallait persitader la jûstioe et ta ^vertu aux dévastateurs. '•■'■ '■ '" ' "La Fa^Mte,' aussi embatrpassé'ique'HirabeèU'idiAis une
^eltiOB oA it'btlait «ptej> entre 'l»sétlitîMi «t le pouvoir exdealifi remonta' comme Mirabeauià la'tpH)nie'^oa^'titt& haer-l^fetii'lqi^it ftWit dit nfbvcur de 4« forée 'A'reridre
flti Kav*erat«wirt^'> ■ '•< ■ ' -'■ ■'■'■-■■ ■' "■'
'''<^rM'ilee«Aiicasriotis incéreffiâates )]lié fti' enten-
■ due», *-4il4Nt«4-uBe daïveléi' 'd%(Rnln« d'Étal ^ul fit
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sourire l'aodilaire, « une grande jflée m's -Am^pé. Le « peuple est trompé, il fâUt«li3stper8qB6rreat'}1I^t-)ai
■ appi^Hlrâ jusqu'où s'étendânt IcflprolilesBfiS'^i'lDi'oiit *■ élé:fait«a( et lui montrer les Jiorneside'ssB eS'pétwBâea. » Rfois eB même lemjHqtte jepeBEe>eTee<{ffiiâ'A'i^vition u qfl'i) but 5'occuper incessadmentida^pai^Kni dK comité u féodal, je «rois auati qu'il cet A propos de lénniner la •I .discuâsicn ed statuant sur le {ffojet de loi qui nous a été
■ présenté. «
Cazalès réfuta avec modération, mais avec l'dmé de la France même, les mollesses et les astuces de ces orateurs ou trop francs ou trop hypocrites.
« Avant de rentrer dans la question, « dit-il, « je rétablirai des faits qui n'ont pas été bien exactement expo- « ses par un préopînant : 1° depuis la révolution anglaise, >i en 1688, Ykabeas corpus a été suspendu neuf fois; 3° ce « qu'il lui platt d'appeler diétature a été accordé au roi
■ d'Angleterre dans des moments d'insurrection, et assu- •I réwent, .dan» les circonstanees présentes, nous- avons -■'tout lt4B de craîadre une insurrection. M. le duc d'AÎa guiUon a exprimé des' senltments dignes de (eus les ".-Élfit^. Ce qui constitue U véritable généroailér' c'est f id'étfe peu aficfllé des pertes persooaeîles; mais lalir fi. bjerléi^uj doBçe cette vertu ne permet pas de croire que « t«us;le».(ûtoyens pourroqtfiure des sterificea aussi gér
■ néreux.
,, K IrfittpriikcipeRdeA;|)réopiuaols sont. les imess) les.Oon- 5.»équfence& queiij'-en :iiF0,,diff^;e«t .easeqtietlleneni i^ <^rceU^.qu'iJs,'ïquiiioat(p#éwatéea. jLe«omiié,.y«us;a#ffart f^ :des> n)oi;««s> qaij^^ounsttBt dire uUteâ ^Je^impln'^tail « pas é son comble. Je ne puis me disaÎRlttle^ .^Mt; les « .exCjè3.Qe sont point p^<UejB,eViiïu'Ueatévitlfflkt-itae s'ils
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« guerre fuoeate de ceux qni n'aot ri^ CMitrc e«ui qui
•> ont quelque chose. L'expérience nftus » déjà yroufé
■ eombien le loi juarUaleeat ïniuSifiajUe. UlEWt^mVvSi •> uiK 'VOttlom- orréLer les uiHltieurs ^ wOigeBt le <■ FoyeuflBeireeourir au p«Hir«îr jcxéciilif, et l'^rawr de
■ toute ta force uêcesinire pour qu'il agîue «vec sactès. le u n'ai cependant, pas pensé -qu'il taUût. iiurestir le nomit' •> tain d'uD pouvoir trop durable. Eh! ^u'onm^ dj» quel •I danger 11 y aurait à confier au roi une autorité .BMHHeiitanée, que l'^fisemblée nalioaaie, , toDJAur» esislBsxle,
* pourrait suspendre ou retirer à son gré; qu'os ne fiife >: ce qu'elle peut avoir de dangereux dans Jfif tmw d'un •( roi dont leo vertus soat connue»; qu'ils ne disept) ces « prétendus apdtres de la liberté, ce qu'ilp eninnent de •• ce prince entouré de sou ^plie, de ce prince qni est u venu se confier aux habitants de 1a capitule, et iou\ les H intentions sont intimement liées avec cel^s des ropré- » seulanls de la nation I Mais, diro«t-lls, les «ùtûstres «bu- •> seront de cette autorité d'un .moment. Que pourraient K des ministres centre l'opinion publique) contr; un.peu- •> pie qui, d'une voix uosnime, a jut^ qu'il voulwt^étre « libreî Mun, je b» crois pas qu'il ; i|it un sevl<citoy«n « qui ne soit partisan de la liberté. Cfit)'est,^'Wfin(lifu « des désordres de l'anarchie que ledespotisme.pw^lcwr u BB.Kte hideuse. La Joi martiale est ifiwfBsan^Lî.nul
* autre «lofen se se présente, si ce n!«Bt^ui-d'fittMriSier
■ la foTfe année à obéir:aif. jtouïojf.if^éci^.U.i'f^it donc - ■" adopter c« moyen. ,» . .. -■, . ,i,.j ,,,,|, ,,.- . ,,
L'Aseembùe, partageant la.,tiwidMé. 49,.s^/WiU)KS,
, n'osa .ni reieter. ni admcUrç ,atwoi:fi, cf» pitqintf Àt-ÎPIf^
Lépl«. Le^ ,pr()posLtiDns , furent aj{miWi^fif>,.4isc|ité^ de
noiuvea»^ SMS rjinpresstQn M nwye/t/)^ «iwés„. fî^V^i les
.. eiéanceB.su.iyaptep,,ellesfu|enl,4l9|ii4«lfiqtç^,SiWii|teivi^
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LitItÊ bOVREME. in
M. de Monllossier, qui dfiplora le râle subalterne que les pH^eKi assfgnslenl au roi, sabnrdonnè dans son dction, pMif'la rêpresrion d«s troubles, aux intmieipalitéls. flarnaVe, MlnbeMi, Robespierre, les Lametli reprimit la partiel On se b«ma à déclarer les muniripaliûs responsables "dea défasIàtionK contre lesqaelles ellej H'atiratent pas îflToquèleB Torcés dn panTOir exécalir.
Lanjoinais filicltfler en deux mots le néast de l'iDiquité de Selle soldtïen. ■ Qui coaimel le désordre? > dit-il. « (Test crfaf ^ni n'a rient Qui le payera? C'est celui qai «- possède! Ce sOnt les infirmes, les enfants, les reirves, ■ les'Ttieitlards, les innoeentsl >
L'AssemMée, impatiente de sortir du dHeiiARe où elle était jetée par la crainte de l'anarchie d'un c4tét et par la crainte plus grande du pouvoir exécutif de l'antre, ne s'arrêta pas à l'objection de Lanjainais, et vota cet impuissant palliatif auk excès populaires.
Elle apprit, le soir même, un accès de guerre intestine à Lyon', f^ jeùtiesse riche et commerçante de la ville, formatft nU corps distinct et aristocratique dans la garde riatJ6Rate, 9oas le nom -de garde d'honneur du premier magistrat oAiniblpal de la ville, fmbert-Gotomés, occupait ie^'prffic^Bm' postes de siret^, et, entr^ avtres, l'Avaenal. Le pMt)le"et' lès'^Miféiéèrés des pnnfnces'limitrophes, JalMix''et''inqiliets'de'ï)es'prérogatives, s'étaient levés en
' aj-Meti'ped^itTr&eher'eM ptetoS' A- La jeanesae privilégiée. 'Qhai'ai^te'mntelMinMei'B'étaieRt'empBrésde l'-Arsènal, et avaient distribué cinquante mille fusHB: La jeuiitnws vain-
- etie^'Mx 'psrt^t'déMr^ée, Insilltèe^ itrati^è' an 'Bhàne,
' «i^v<k dbteM -faVié qti'en^hdtailiflDt'detiint let-vain- 'qiMOb.'da mwaietiUlitév «)tprlmëe 'ou-démiiEioiinBnre,
' était ^mplacèe par un eoiifité'fnsun>c«t{aniH4. lBâicrt<€otomtej raspctïl de tt)7alismëxn( de modérR|{on>'8'éIaift enfui
. Coogic
tSO LES CONSTITUANTS,
en Suisse. LycHi doBnait, i (out le coars du Rfcâne, au midi, à l'est et au centre, le signal et l'exemple de l'insurrecijon contreies mimicipalilés et contre la garde nationale. La guene,. qui n'était à Paris qae du peiçle ao rai,devenait, dansvne Tille d'ouvriers, une guerre de classe k clatse et des pauvres coatr« les riches. On égorgeait A I^on au nom de la richesse; à Montauban, à Hlmes, à Aries, au nçm de la religion. Le roi ne pouvait rien; l'Assemblée n'osait ni lui readre la force nécessaire à la paix palili(|ae, ni saisir elle-même l'autorilé. Tout croulait} pressée d'achever son œuvre législative, afin de retrouver dans la constitution des éléments d'un ordre nouveau , «lie feignait d'entendre à peine le bruit de ces écroulements.
Dubois-Craneé, Charles Lameth, Henou, Halhieu :de Montmorency, de Broglie, lui présent^'enl, dans le- courant de février, des plans de constHuUons -mililaires,qu'elle discuta avec réflexion et qu'elte T«ta aveendimnùté.' Nol n'y contesta au roi le titre de dief suprême de IViftnée. L'admission des corps étrangers, milioe ràpai^e des eeis absolus, qui n'ont ni les opinions ni les responmbîtitte'de la patrie, n'y fut autorisée qu'en vertu du conseatamoit du pouvoir lé^latif. L'égalité d'adnission -des citoyens A tous les grides y dépouilla la noblesse «la jnonopole du commandem^t ; la vétûdité des-emplns timlttaires fut sap» primée', le roi fut chargé de pfésenter'HB'plaB'd'iirgtai»-
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