LIVRE TREIZIEME
ierrégne à titre de suprême magistrat de cette république pouvait sufQre pour sa mémoire, mâme au génie d'un tel bomrae. Bemplacer un roi, donuer des lois à un peuple, l'aDimer desonéme, \« réformer de sa main, faire traverser à aa nation ce goufire qui sépare deux notures de gouvernemnts et d'înfititvtiau sanspérîr, l'affranobir de l'arbîtniire d'an eAté, la défeD(]re «mire la dÙD&gogie de l'autre, donner son nom à ce sauvetage d'un penple après la plus graudCiteMpéledes tepips modernes, et diq>aniltre i^réa, soit dans l'ostracisme de Sokm, soit dans la mort d'uB César •iïil dejfla pays, c'était uqe destinée asaez haute et assez immortelle pour Mirabeau. Mais il avait hésité A le prradre le jour «à il ftvftjt offert k Versailles ses services à la cour |NMr,restau««r us pouvoir royal qu'aucune ntain humaine ne |K>u«{iit restaqrer alors. El maintenant que les avances tardives de la cour et son propre désillusioonemrat pou-
..M|iitqt.|e X^ire jcevenir A ce lôle, Mirabeau le trouvait pris j^r^aFayrite, esprit inférieur à lui en iiUelligence, mille
.fois supérieur en considération , en constance et en hahilaté.
; 1 Daw œHe sHiwtion pr^que désespérée^ il lestait cepeDdaat eneons & IMrabeau un troisiènie grand tUs 6 pren- .4r4^ e-'élùt c«l«i q^e OaïUtin, encore obscur, c«Mmeiiçait , À w dessiner pour lui^néme dans le peuple, queleâXamelb, Bamave, Robespierre, ^bauchaieftt pour eux 4 la tribune , le râle de grand tribun démocratique de la natiop» d'agita-
i.Coot^L'
SS8 LES CORSTETtTANlS;
teur de Paris , d'accusateur bardi et corps à corps de la
Fayette.
Il u'esl pas douteux que la Fayette mesuré corps à corps avec Mirabeau à la tribune, à Phdlet de ville, aux Jacobins, dans la presse, dans les clubs, assailli de ses apostropbes, cicatrisé de Ses discours, rivalisé depopuIiritéA tout pri^, n'eût étépromptement pape tfseéâBesproperiionaBatareneS devant la natit», et que sa dictature 'de cttnire-ptiids 'è^ de bascule n'eût disparu en peu de temps devaift la dictature franchement républicaine de Mirabeau. ' ' ■'■■■' i
Ce parti, tout extrême qu'il paraisse au premier regard , était peut-être en réalité lepluspolitiqueetleplushunnèle pour le grand tribun démocratique en 1789. En supposant (ce que nous voulons croire) queMirabean vonIùt'sauv«r le roi et quelque reste de la monarchie; il^ ne pouvait les sauver en ce moment qu'en écartant complètement le roi de la scène. On n'arrête pas un écroulement A Dwllié ou BU tiers de sa pente. Il Tant que les d^ris cemme les" révolutions tombent au fond pour qu'on puisse les relever ' et reconstruire sur d'autres fondements. Dire, comme 'le ' faisait Mirabeau au roi et à la famille royale : u L'éfdifiee monarchique s'écroule, je lo sape moi-même» mais restez '. dedans, > c'était les condamser i périr inévitablement soUs les décombres. La révolution ne penvaitse ealmer qu'en l'absence du roi, la monarckie ne pMmt se.reconstrmre qu'en l'absence du roi. L'exputsion ou Tabdlealfon Matent nécessaires au peuple comme au prince apré» les hsmilifttions et les outrages du 14 juiUdt et ihi 6 ^octobre.' Mira-beau, tribun du peuple après cet oslradlctie, âtsitntoîftB dangereux que Mirabeau, conseiller i4andu d'uneiwvr eap- ■ tîve :il manqua degéuieou de réBoJvtion anO'Mft'daasaa vie, en concevant cegrand r^et en rccntent'devalttia destinée. y ■ !. -.■,
i.z.iit,,Cooglc
LIVIt£ TRBIKIEHE.
PcQdftnt que Mirojweu héiitaïl devant «es dtféreuts parti» qui se pié9enta^tiàsoD»mbîUoaet à sa folilique, le ca«r bésilAfet ellcr-mëme aux. Twieries entre le ^désespoir et l'espcrsnVt cnlce l'asservÎEsement sincère et complet au' protectorat de la Fayette et les con^irations sourdes contre le )naiife:du palB)a,'entre la réconciliation avec le peuple, après, iliie.eti^8lil«tioii aeceptèe, et le recoursà l'Burope, canwiUé.panJe conte d'Artois et le baron de Breteail.
tfi roi , fiteilement r^igaé à l'inaction , ne tnibissait la I^y.olutùn que par son inertie, s'il est vrai qn'un c&plif puisse trahir ceux qoi l'enchaînent. Ses ministres continUftiMil i tenir en sa présence un conseil impuissant : ils n'^aient plus que le titre et le geste du pouvoir. Tous Ips ressort» étaient brités dans leurs mains. L'Assemblée, la Cotnimine, laFaiyelte, les municipalités, les séditions, rûgaaiSlt aeula dans tout l'empire. Les ministres ne savaient pasei'l'ovdre qu'ils allaient donner à un administra fenr on à .ds&tfoupes Aft serait pas le leademain une révolte contre la,eQw'î^U'>li Bi l'Assemblée no leur imputerait pas A cpitte^MComplisscmaiit de leur moindre devoir, et si une lOLoa un ttrtklC «de Mb csnatitntion votés le soir n'anéantiraiieat paâ bel «tt^tal ranage de l'administration dans leurs maiftar Oh a accuse ïerti d'inaqtiân et de perfidie pendant celM'iiéiiiade x Ji. fallait rwecuser seulement de consentir à res^en p«À4le.non),ipand8Bt qu-iln'étmt plus en réalité que )e{>ri«sAiHai^d*Bon,pGcple, legouet de l'Assemblée, l'otage dslaFaydlKj&i-mule famé alorsIotifeMuffrir qu'on l'appelAt roi. .j -
LE» conriTDti». 3- S
Dg.l.zecit>>COOglC
LEfl OONailTITàins.
La reine, noins pftssfve et ntoiHS résignée ^ sim mMÎ, avait des conciliabules ptns mystérieux et plus actifs «atour d'elle, dont cite reportait an roi les consâls. te b«t, vague alors, de tous ces entretiens et de tontes oes manteovn» était de retourner les forces de la Itévolntlon contre elle-m^me, d'acheter l'opinion pabliqne en eorrompant par l'or de la liste cïTile les agitateurs les plus reflonmés de Paris, de s'assurer, par les pcr^Kctives de l'ambithiB «t par des subsides secrets, des principaux orateurs arbitres des décrets de TAsseuiblèe, d'inspirer sons main leu^sillseonrs et leur vole, de les ratlacîier à la monareWe par des alliances gémoniaque^, et de faire rendre an roi, parTAssemblée elle-même, dans les derniers articles die la eenStf^ tntion, la plénitude du pouvmr exécutif; on lui (bornirâft bienlAt les occasions de retrodver, sinon la pléa^de, *v moins une part domhante dans le pouvoir lé^slatifJ OtUe conspiration purement monarchique ne tramait ri0it,i eelte époque, contre l'iiid^endenee de ta natfea; elle a'ft- Vait pour but que l'apaisement «kl'dpEBion, la lUodérnlâh do l'Assemblie, le saint ihi Md et la oénquM», paéla vètàpilKence »u par la eorraptiM, d«s condition» de' ftoafoir qui devaient reconstituer one royauté. '- ''
L'homme politique le plus inRoent de ce conseil intime de la reine était le comte de Mercy-d'Argentean, ambassadeor de l'empereur Joseph II auprès de sa sœur Marie- Antoinette; cette princesse était accoutumée depuis vingt ans & voir, dans cet homme d'État éraînent cl dévoué, une sorte de conseil de famille représentant auprès d'elle le
UTU TAEIZfEBE. m
cœur de S8 mère et de ses frèrea, biea plus que les intéréls de ['Autriche.
La reine avait redoublé de confiaDce pour le comte de Hercy depuis ses malheurs. Son titre d'ambassadeur de famille lui dounait auprèsd'elleunaccèsdetousles moments. U avait teiaftaté daa» rintimili de Ift reine toute la société des Pfllignae, éloignéti de la eottr et de la France depuis le 14 juillet. 11 ét^t à lui seul le ministère coafideatîel de la Mur. Sincère, éclairé, libéral, autaut qu'en peut l'Être A la ceur it» rois, saas répugoance pour les tostitutiODs repréïelitBliTes, partisan des réformes en tout ce qui n'aUeignalt ^s resacDciede la monarcbie, lié d'amitié avec la plupart des bomnafis politiques 00 littéraires de France et d'furi^, le comte de Mercy-d'Argentean, impartial par sa patrie 4iUU no» querelles intérieures, ayait toutes les qualités néflcssaires pour être le dief do conseil intime de la reine, excepta celle d'être Français. Hais l'empereur Joseph 11 , SM maître, prince au mains aussi rérolutionnaire que lAOis XVI aarait touIu l'être, n'avait aucune vue contraire MX isl^èts de la France. Il foisalt des vœux ardents pour Ib eiet^ des r^rmes tentées par le roi, il prenait à sa «cesr ntt intérêt de faoïllle el de tendresse qui excluait tout macblHéUsne perMe des conseils qu'il faisait donner à Haric-AniAinette pat son (tinbassadeur. Le confident le plus iaUnle du comte de Heriiy était le comte de la Harck (prince d'AréttWg) j son competriole et' son ami; l'un et l'autre étaient Belges.
i.z.iit>>Cooglc
On B TU, dans le cours de ce récit, l'atnitié d'esprit et de cœur qui unissait le comte de la Marck à Mirabeau. Le désir le plus naturel du comte de la Marck était de concilier son sentiment d'enthousiasme el de prédilection pour iMirabçau à sou dévouement de naissance el d'admiration pour la rein^, d'élever Mirabeau au poste de prenûer ministre, et de donner en lui, â la monarchie, le pluspuissant de ses défenseurs dans le plus redoutable de ses adversaires.
Le 6 octobre, l'ascendant tout à coup conquis par la Fayette, le vote inconsidéré de l'Assemblée, «xeluant tous ses propres membres du ministère pour en fermer l'entrée à un seul bomme; l'anarctue de Paris, Is captivité atal déguisée du roi, les harangues trop peu monardiiques de Mirabeau avaient momentanément découragé le comte de la Marck. Il était parti pour Bruxelles ; il se oomplMsqit à oublier dans la retraile, au fond de sca terres du Brabanl, les agitations et les troubles de la France. Son attachement à la xeine pouvait seul l'y rai^eler. Le conte de Mercy lui écrivit, à la fin de février, qu'on désirait sa présence immédiate.à Paris pour des intérêts graves ..L4 comte de ia Marck comprit que ces intérêts étaient :C8Ux de la reine. Il jirriva i Paris. Pour bien se readre oomple des mobiles.inlimes des grands act«irs dans eeS; scéoes'Â demi' voix du drame historique, il faut eoteadre kor propre accent; c'est Ift, pli^ que dans les paroles à haute voix et dans les ac(es,,que l'Ame se révèle. Nous: allons donc, dans ce. récit <t^ h ciqnquéte et de la corriqttioa dç lUrtbeaa,
UVHB TREIZIEME. fSS
laisser parler et écrire le comte de la Harck et Mirabeau lui-même.
■ Le lendemain de mon arrivée, <i écrit le comte de la Mnrck dans cette grande confidence pour la première fois communiquée à l'histoire après sa mort, • le lendemain
■ de mon arrÎTéé, je me rendis, dés le matin, chez le • comte de Mirabeau, et nous passâmes la journée (été
■ à tête. Jo le tronvai plus mécontent de tout, plus décou- « ra^ encore que je ne l'avais laissé. II me dit qa'il ne « s'occupait plus qu'avec répugnance des afTaires publi- « ques et qu'il ne paraissait que rarement à la tribune.
« Et, qu'on le remarque bien, ce découragement tenait 4i au spectacle des événements publics, de l'irritation louu joars croissante des esprits, du progrès visible d'une «aBarehie délirante et furieuse, de l'affaiblissement de . a tous les ressorts moraux et matériels de l'autorité, des
■ vacillations perpétuelles du roi, de l'inhabileté de son « ninistère.
■ Mit-abeou, qui, de son œil d'aigle, voyait cet ensem* « ble, ie présent et l'avenir, se croyait capable, seul ca-
■ pablede pourvoir aux nécessîtcsdel'époque; mais il était « repoussé, méconnu. 1) sentait que chaque jour l'œuvre « de rettenration deviendrait plus difficile, même pour lui, H en supposant qu'il Tût appelé, et que des relards flnl- H raient par rendre le mal absolument incurable.
■ Telles étaient les causes du profond découragement
m IM C0N8TITCANTS.
« âiBrle^idl- il (tait tombé, sans aaena ruéur sratlnt- « méme,-sar les calculs, les projets, les esp^aaees de^a H ambition, sgr les angoisses de ss position domest^ue,
• qoi était, qui restait pénible et misérable alors que, s'il « avait été moins dominé par ses principes, il lui suffisait V de laisser arrïfer à lui l'orque les faetioas prodiguaient « à flots. Je TÎ9 bien cependant qu'il n'avait pas renonce k
* ses preœien projets de négocier persoonellement avec Il le roi, car le langage qu'il me tenail formait un ieon<
■ traate bien marqué avec ses discours k la tribune et les u écrits qu'il publiait on faisait publier.
■ Le journal le Courrier de Prwmct, quoiqu'il n'a» fAt « plus le principal rédacteur, ne cootinaait pas moins, à M eelte époque, A exprimer encore ses idées : touslMar-
■ ticles passaient sons ses faux ; ses discours y étaient •I texIUellemenl rapportés, et ils n'étaient pas eeux d'an M hoUme qui désespérait de la chose publique. Voilï ce n que je ne pouvais m'empécber de remarquer. Je Uisce- H pendant beaucoup plus persuadé de sa sincérité Ans « nos cmversatiana partieuliérefl, que de la térilé danses » assertions à la tribune ou dans te Courritr Ae Fnmmee. K Je n'ignorais pas quel était le motif de celles-ei :-ilTOu- H lait arriTer an pouvoir, é la direction des affaires^ mais « il ne pouvait suivre la route eomffiudë; c'était, au oon- B traire, en prenant celle diamétralemËut <^»e^' qu'il u espérait toucher le but.
it Le sartendémain de mon arrivée A Isatis, i^ell^ diez K le comte dr Mercy;' je ne le trouvai poiotyiaals, ÎKftrmé « de ma visite, il me fit prier de l'attendre chez moi le jour u auprès, A onUe heures du matin, et il s'f Tendit flfictematl. Je pensais qu'il alleil dm parler des aSaireSdes
■ Pays-Bas, mais il ne m'en tlil paana mot, et la eonver^ » miiôb éDmOiença ainn : ~ Votfe.avea', me' âit4l, des
« rehtiODS iatioRs avec le coaitedeMirabeAuï'r' Onii
■ lu. te cmnle. -^ I.e roi el U reine, qui ont eu connais- H sauce de ces relations, ont pensé qu'en les entretenant, « Yons aveu eu l'intention de lear être utile. — Usoe se •t sont pas trompés; d'ailleurs, la reine en a été arertie à
■ plusieurs reprises."^ Leurs Majestés m'ont chargé de ■I vous demandervotreopiniossurles dispositions aictnetles V que vons supposez k M. de Mirabeau. — Le comte de c Himbeau avait cra, au commencement des états géoên raux, que les ministres du roi agiraient comme le font •I les ministres en Angleterre; qu'ils chercheraient k for- « mer dans l'Assemblée un parti pour le gouvernement, ■B «t ô y rattacher les hommes les plus propres, par leurs u talents, leurs connaissances, leur popularité, à fortifier Il ce parti : à l'otiverture des états généraux, le parti pon. pulaire était celai que la masse générale de l'opinion B, favorisait. Mirabeau s'est jeté dans ce parti et s'y est
K.ntMifté violent, pour se faire craindre et rechercher par < le gouvernement. Ses calculs ont été déçus, et depuis, il R n'a pas dépendu de lui de prendre une meilleure posi- A lion, Je ienx dire celle qui convenait à ses opinions et à » Bel principes politiques. Il m'en a témoigné souvent ses :v regrets. Il n'a vu que de l'incapacité dans le ministère, -cet ilr^rde H. Hecker comme l'auteur des malheurs ti «cbKJS de la France et de ceux qu'elle est destinée en-
■ core à éprouver. Mirabeau a désiré que le roi eût cou- ." saistbnce de les dispositions k le servir : il y a plus de
« oiH| mois que j'en ai fait part à JVfonsiewr, frère du roi,
■ qui n'» pas jugé à propos d'eo informer Sa Bfaj.<sté. H Alors,' je me suis retiré de cette a&aire,et j'ai.fpiitlé
■ Paris, où je ne serais probablement pas. rflTeou,. sans « l'invitation ^ne vous m'avez adreaséQ. . i- ■ . i
•I .—Eh bien! dit M. de Ilfercy, c'eetMtte^fifiakejaéiQe
tu LES CONSTITUANTS.
» qu'il s'a^I d'entamer. Le roi et la reiioe soat décidés à » réclamei; les services du comte de Mirabeau, s'il ^l, lui, ' disposé à leur être utile. Us s'en rapportent à tous sur < ce qu'il y a à faire dans cette circoastanoe; le4ir con- Il fiance à cf t égard est sans réserve : ils vous laissent Il maître. des conditions, et ne veulent avoir de rapports 1 avec le comte que par votre entremise ; vous seres leur > seul intermédiaire. On attend de vous le plus grand se-
■ cretj et vous en comprenez l'importance. Il est essentiel ' que M. Necker, dont Ils sont très-méconlents, i^ore li cette négociation. La reine compte particulièrement sur I vous. Nous vous attendions ici depuis un mois. C'est K parce que vous n'arriviez pas que je me suis, décidé à u vous Écrire.
« — M. le comte, répliquai-je, le mal déjà. fait est bien
■ grave, et je doute que Mirabeau lui-même puisse repaie rer celui qu'on lui a laissé faire.
■ Je déclarai ensuite au comte de Mercy que je ne H consentirais à être l'intermédiaire de la négociation que I si IuL-mëme y prenait part, et que ma première condiu tion était qu'il eût avec Mirabeau une conversation qui u le mit en état de juger et de connaître ses principes et « ses dispositions.
< M. de Mercy hésita à me répondre sur ce point, et me « dit seulement qu'il rendrait compte au roi de nolreen- •I [rcticn^ et qu'il me ferait conimltre ensuite .les nrdres u de Sa Majesté. Je vis bien .qu'il craignait de coniK'o- <■ mcltrc son caractère d'ambassadeur dans une affaire de «ce genre; ipais, de mon côté, j'étais fermement résolu à n ne m'y engager que conjointement avec lui et sous sa <i direction. Nous nous séparâmes là-dessus.
« Plus de quinze jours se passèrent sans que j'eosse « aucuq^ cqmomnicalion ô ce $ujet,ûvqe M. 4e Heroy, Ce
i.z.iit>>Cooglc
LITRE TREIZIEUE. 397
■I Ait au commencemeat du mois d'août qu'il me Bt prier u par son Geerétaire d'ambassade, M. de Blumendorf, de M passer chez lui. Je m'y rendis. L'ambassadeur me parla H d'atwrd des scrupules qu'il éprouTail A intervenir dans -a une affaire si complètement en dehors du poste qu'il
■ remplissait. Je convins que la question était dËlîcate;
■ mais néanmoins je répétai que rien ne me ferait dépar- •I lir de ma rcsoluticfn. M. de Mercy finit par céder. 11 me « demanda alors comment il lui serait possible de voir H Mirabeau sans que ceja fût su, et dans quel endroit leur •I entrevue pouvait avoir lieu. Je lui proposai ma maison.
■ J'occupais l'hôtel Charost, dans ta rue du Faubourg- " Saint-Honorè. Cet hôtel avait une sortie par te jardin
■ dans les Champs-Elysées ; la plupart de mes gens u étaient étrangers, et ceux qui étaient Français, d'an- <i ciens serviteurs sur la discrétion desquels je pouvais a compter.
B 11 fut donc convenu que l'entrevue aurait lieu chez u moi, où le comte de Mercy se rendrait en voilure par la
■ rue Sainl-Honoré, comme à l'ordinaire, tandis que Mira-
■ bdau arriverait à pied par les Champs-Elysées, entrerait •c par la porte da jardin, dont je lui remettrais la clef, et « viendrait directetnent dans ma chambre sans passer par <i l1 'antichambre des domestiques. Les mesures ainsi prises
■ pour cette entrevue, elle ne fut connue que des trois « persannes qnf devaient y assister. Nous causâmes assez
■ longtemps, le comte de Mercy et moi, sur le malheureux M état âe 11 France et sur les dangers toujours plus pres- •> fiants de- la famille royale. Le comte de Mercy, comme « tons les gens sages et réfléchis alors, voyait dans la ré- " volution un événement funeste qui entraînerait après lui K de grands désastres. Néanmoins son esprit était dégagé
■ des prtjugéd- étroits qui l'auraient empêché de, recon-
U3l.z.llt>>COOglC
« naître cerlâîses conséquences utiles de la révolution, si « elle avait été bien dirigée et maintenue dans des bornes convenablos; mais ce qulTiaquIétait surtout, c'est que te « louvernement du roi n'eut pu jusque -là trouver 1» u moyens efiicoces d'arrêter les tendances dangereuses du « mouvemeiit réTOlutionnaire. Il ne voyait que difficultés «■ et périls dans le système suivi par M. Necker, et ce fut « dans ce moment qu'il me raconta la part qu'il avait eue
■ À la rentrée de H. Necker au ministère. C'était pour lui u le sujet de vifs regrets, quoiqu; dans cette circoBStance •I il. n'eut fait que céder à la demande du roi, qui avait u réclamé comme un service la démarche de M, deMCrcy u auprès de M. Necker.
Après ma conversation avec M. de Merey, je visBtira- *i beau, et, sans lui confier encore tout ce qui s'était passé « entre le comte et moi, je lui exprimai le désir que •I j'avais qu'il fit la connaissance de M. de Mercy, que je Il lui dépeignis comme un homme modéré, loyal, et avec Il lequel il pourraits'expliquersaHs réserve etsana arriérer " pensée.
« Je lui fis comprendre que des rapports avec cet ambas- H sadeur seraient certainement un bo|i moyen pour in^pi- « rer de la confiance au roi et à la reine, et poi^r arriver Il Bjnsi au but qu'il s'était proposé, de sauverla monarchie. • Uirabean accepta avec empressement mon oS're de r«n- " CDHirer H. de Hercy chez moi) et la conférence eut lieu
■ ainsi qu'elle avait été arrangée.
■ 'Apris les premières phrases de pdltesse,. la c«nvera satMH s'engagœ sur ks questions importatites qui nous i> .pnoecspaieBl tous les ifois. H. de Mercy aborda biflnlAt u les cdtès les plus délicats de ces questions, et après avoir •uM^oé un tableau rapide de lamardiede jour eti jour « plus eStafaaia de ta révoliUiou et du gesfffeiuis letfuèl