‹ Histoire de la Révolution Française, 1789: Les constituantsChapitre 88 sur 117 · LIVRE TREIZIEME. 9M · texte numérisé non relu

LIVRE TREIZIEME. 9M

•t la France ne larderait pas à être plongée, s'adressan t à « iffirabeau, il lai dît avec franchise qu'il ne pouvait pas K croire qu'il persistât A compromettre ses talents et ton » génie en faTOnsant de pareils désordres.

■ Virabean, toliclié de cette Tranehise, '^exprima de son H eôté avec une grande ouverture de cœnr. Il reconnut les Il dangers de la situation, et conclut en déclarant que le

■ seul moyen d'y échapper était de faire sortir le roi de « Paris, mais non de France. Il conjura M, de Mercy, s'il

■ BTait occasion de voir le roi, de s'efforcer de convaincre H Sa Hajeeté que, dans les circonstances actuelles, c'était « le seul parti à prendre.

■I H. de Mercy ne fit cette fois aucune ouverture directe

■ h Mirabeau de la part du roi, et se contenta de dire qu'il « ne manquerait pas de tirer parti de là conversation >> qu'il venait d'avoir.

■ DansceI(epremiéreentrevue,MrrabeauetM.dellercy « prirent l'un de Tantre une opinion trés-favoroble. Hira-

■ beau me dit que H. de Hercy lui avait paru beaucoup > aa-desgus de ce qu'on le lui avait dépeint. Et, en effet, « i) s'était montré très-babile dans l'exposé qu'il avait fait delà situation. M. de Mercy, de son côté, déplora qu'on ù câf -tant différé de recourir h nn homme si émînent, « qu'on avait laissé devenir dangereux, queml il aurait K pu être si uUîé. Il me dit, en sortant, que le roi «i 1»

■ reine avaient le désir de me perler le plus t6i posaiMe, n et que la reine l'avait chargé de me dire qa'olk «le re< » cevrait le lendemain, i une hesre dite, aux Tuihries,

■ ^ dans l'appartement de madame Thibant; sa première <i femmede chambre, afin de moins éveiller les Mnipçms: « Je m'y rendis. - ..

■ Htdame lliibltat était ime bonne viellle>feiimie vttue <i aussi Birapletne^t qite la f«mme de ebamlwe liù plni pr-

no LES CONSTITUANTS.

Il dioaire. Quand elle parlait de la reine, etle disait : ma

t niaitresse. Je passai près d'une heure chez cette bonne

■ femme, qui m'avait averti de ne pas m'impatienter si la > reine Âe faisait un peu attendre, parce qu'elle était

■ occupée. La bonhomie de madame Thibaut, la naïve K simplicité qu'elle mit â me raconter c« qui concernait « son service et sa'famille, me plurent et me firent voir en

■ elle une honnête personne, sincèrement attachée à la

■ reine. Quelqu'un étant venu l'avertir que la reine était K seule, elle me conduisit chez elle.

■ La reine commença par me dire que, depuis deux u mois, elle avait pris, conjointement avec le roi, la résou lution dese rapprocher du comte de Mirabeau, et qu'ils « étaient tombés d'accord de s'adresser à moi pour y par- " venir. Elle me répéta ce qu'elle m'avait dit quelques u mois auparavant : c'est qu'elle n'avait jamais eu le

■ moindre doute que mes liaisons avec le comte de Mira- H beau n'eussent pour unique but d'être utile au roi. Elle 1 me demanda ensuite, avec un certain accent de curiosité " et d'embarras, si je croyais que Mirabeau n'avait point « eu part aux horreurs des journées des 5 et 6 octobre. Je « certifiai alors (ce que j'ai déjà rapporte) qu'il avait passé •1 ces deux journées en partie chez moi, et que lious « dînions ensemble télé à (été lorsqu'on annonça rarrivée

• de \à populace de Paris à Versailles. J'ajoutai que j'avais •I beaucoup désiré alors que les ministres du roi eussent « pu entendre les opinions eiprimce; dans ce téte-à^téte û et surtout qu'ils' eusseilt su les adopter! ',

•i -^ Vous me faites plaisir,' me répondit la reine d'un « ton plus rassuré; j'avais grand beSoin'iTéire'détrompée H Stti' ce point: car d'après les bruits qui ont coiiru dans

* le temps, j'irvàis conservé pour lé domte de Mirabeau, u je l'avoue, un sentiment d'horreur qui n*a pas peu cou-

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