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n'avail pas reçu âè la nature l'apEitnde aux alTuircs d'État, incompatible avec sa jeunesse ; mats elle en avait toujours en l'ambilion. La' tHste néccssiEê de sa sttuad'on , l'insullisance du rAi , lui faisaient en ce lAomcnt im devoir de ce goût , qui' avait *ré jad'is pour elle l'orgueil du rang suprSme.
En congédiant le comte de la Marck, la reine lui dit : « La première fois que vous viendrez, il faut que le roi a vous parle; il a' plusieurs choses importantes à vous « dire. » Elle ]e pria enfl'n de s'informer dans le plus gi'and secret' de ce qne le roi aurait à faire en faveur de Mirabeau poul" reconnaître son zèle et' pour s'assurer irrévticAleitienl' s6n concours.
le lendemain, le comte de la Marclc coromuniqna celle cénVersatitm A son ami; il lui demanda fraiiciiement de faîrtsei conditions pour le payement de ses dettes par le roi et pour le tribut mensuel de la cour qui lui semblerait indispensable pOur son existence personnelle et pour les rÀopérdtenrs qii'il allait être obligé de coïnléresser A ses irtrvaHx. '
" Peti de jours apfès, ■ raconte la Marck, « Mirabeau « remit l'état complet de ses dettes. II y en avait dont ■' renonciation était au moins burlesque et qui attestaient "trop bien les vicissitudes d'une vie si tristement agitée : u par exemple, ses babils de noce étaient encore A payer. « Letotiilse molitaît â'denxcentm'ine'francs. je mis l'état
•■ de ses dettes de câté, e( nous changeâmes de conTersa-
•I tiOD. ■
Reprenons les confidences de la Atarck :
1 Peu de jours après, > dit-il, < la reine me fit appeler. •i Cette fojS) c'est par madame Campan, secoode femme de •> chambre de la reine, que je fus reçu.
■ Je l'ayais vue quelquefois chez ta reine auparavant, « mais je ne la connaissais pas. Sans beaucoup de ^ice et « sans physionomie, madame Campaa avait cependant une K certaine beauté que gâtaient toutefois aos manières et u son ton prél«nlîeux. Elle me reçut comme une personne u de la société â laquelle j'aurais fait une visite, et me dit que la reine, étant encore occupée, ne saurait me rece- « voir qu'un peu plus tard.
u Elle engagea alors une conversation dans laquelle je K trouvai que l'affectation et la recherche étouffaient uu « peu l'esprit.
u La reine cependant ne tarda pas à me faire avertir, et « j'entrai chez elle.
u — En attendant que le ro! vienne, me dit-elle tout de N suite, je veux vous dire qu'il est décidé à payer les dettes H du comte de Mirabeau. Il a d'autres intentions à ce sujet, u et il vous en parlera lui-même. H. de Hercy a déjA pu ■I vous dire que le roi était très-satisfiiit de la leUFe< de N ti. de Mirabeau ; il ne désire et ne peut désirer plus que « ce que M. de Mirabeau promet dans celte lettre. Nous H espérons seulement que celui-ci tiendra sa, paroU j .nous « y comptons bien, vous pouvez l'en piisurer. Le roi. vfos •1 demande de vous occuper du payement des dett^ «tde u vou^, charger de toute cette affairé;. mais .n« pfrdez H jaunis de vue que nos rapports avec JU. de Mirabeau •I doivent rester secrets.
« ie rassurai d'abord la reine suc ce dcr^i^ir |wint( mais
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■* quant an payement des dettes, je la suj^liai S'en charger
■ UDC autre personne que moi, et lui dis qu'il lui serait « facile de trouver qâ'elqu>nt d'assrr'sârtl asseif discret ■: pMf lui confier celte mission. La reine iilslstà pour que • ce fât moi^ mais, de mon cet*, je persîslai respectuèu-
I sèment dans mesTeprésentations à ce 9iije(^ et elle finit H' par céder â mes objections. Je lui fl^ observer en même h temps qu'il ^tait essentiel qu'elle choisit cette personne
■ parmi celles qui avaient l'habitude de la voii' souvent, « afin ^ue je passe aussi m'adresser à elle chaque fois que
■ j'aurais à faire passer les notes, avertissements, etc., Kqvi résulteraient nécessairement des relations qu'on « èlaUiisBit avec Mirabeau. Celte précaution était indis-
II pensable : sans cela on n'aurait pas manqué de tirer des B indmlions compromettantes de mes liaisons intimes avec « Nfrabeav et de m«s fréquentes apparitions aux Tuileries. u La reine, après avoir cherché, me proposa M. de Fon- Ji tange, archevêque de Toulouse. Il était l'un dé ses « aumôniers et lui devait son archevêché. Il lui était très- H dévouéj et elle ie voyert ou communiquait avec lui tous « IcfrjoiirS. '
K' Ce point arrêté, je fis part à la reine de mes réflexions <<~6nt le peo d'utilité qu'on tirerait des rapports avec uiMirab«aU, s'ils devaient se borner i des communications « <olaiides6nes entre le roi et lui. J'essayai de lui faire com-
■ 'pi'endrë l|ae te preniiëre chose  faire serait de mettre K"Bfirab«au tn relation a Véc les minïistres, pour qn't! pût, «'tfaccord'avec 'eux, défendre leurs projets dans l'As- «■BémblÈç.-- ■ '^ ^■'- ■■ '
h'it t^iné Ue répondît qu'elle troyait qoé' cette idée M' serah'ïm^rattca'ble déns<Ta disposition dû étaient les k ministres actuels, mais que d'ailleurs' Je pouTaî^ éh ptilHer
■ avroi,'q«ipaTbt'dan9'Centbmcnt. '' " ■■' • ■
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Sl( LES CONSTITUANTS .
a lie roi camtQença par me répéter les paroles de la « reine sur la lettre de Mirabeau, qui lui avait causé, me u dît-il, une extrême satisfaction. De même que la reine
* et plus qu'elle encore, il semblait avoir ^ns l'avenir « une confiance sans bornes. Il regardait comme facile de ■ rétablir les choses sur un pied supportable. A cet égard, " je lui dois la justice de dire qu'il exigeait pan pour lui •I personnellement. Il pensait d'ailleurs que si lesminis- <i. très devaient à l'avenir avoir plus de difficultés et d'em- " barras, il y aurait moins de responsabilité et par consé- « quentplUE de tranquillité.
» Le roi voyait, dans ses relations personnelles avec Il Mirabeau, un moyen de s'assurer d'avance cette tranu quillité; mats il reponssa mes observations sur la néces- ." site, indispensable à mes yeux, que ces relations s'élen- V dissent aux ministres. Était-ce par défiance envers ceax-ei « ou envers Hirabeauî C'est ce que je ne pus démêler, et " je serais plutit porté à croire que c'était un effet de la u faiblesse de son caractère, qui lui permettait rarement « de prendre une résolution complète et de la suivre dans •• toute8sesconséquenees.TelétaitlemalbeureaxLouisXyi,
* dont on pourrait dire que la Providence se trompa lorsu qu'elle le fit roi à une époque comme celle ^de la révo- » lulion française, tandis qu'il aurait été on roi consttlu- « tionnel d'Angleterre .excellent.
■ JLe roi me rendit l'original de la letlre de Uirabeau « en me disant : » Vous le garderet, ainsi que ces quatre « billets de mamain, cbacun de deux cent cûiqjiUBle mille « livres. Si, comme il le promet, M. ^e Hiralrâau me sert » bien, vous lui remettrez à la .fin de la session de l'As- « semblée nationale ces billets, pour lesquels it taucbera x.ua million. D'ici |A, je ferfti payer ses dettes* et tous » déciderez voa^iuéme quelle est la samme f{Ue je dois
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I lui âoBàer chaque mois pour pourvoir h ses embarras
< présents. »
« Je répondis que je croyais que six mille livres par I mois le satisferaient. ■< C'est bien, dit le roi, je le Terai
■ très-volontiers. ■ Peu après^ notre conférence flnit, et le I roi me cungédia.
» Je ne tardai pas i voir le comte de Mirabeau. Je lui I annonçai qu'il recevrait six mille livres par mois, et que
* toutes ses dettes, jusqu'à la concurrence de deux cent » hait mille livres, seraient payées. Enfin, en lui disant
I que le roi, très-satisfait de ses sentiments exprimés x dans la lettre qu'il lui avait adressée, se reposait avec K confiance sur le zèle qu'il y promettait, je lui dis que K l'original de cette lettre devait rester entre mes mains,
< ainsi que les quatre billets de deux cent cinquante mille
II livres que je devais conserver également.
K Je l'informai que l'intention du roi était de lui faire M remettre cette somme d'un million, si, à la fin de la ses-
■ sion de l'Assemblée, il avait fidèlement rempli les enga- M nements contenus dans sa lettre, d'après les termes de
■ laquelle il demandait lui-même à être jugé. Mirabeau ' laissft éclater une ivresse de bonheur dont l'excès, je K l'avoue, m'étonna un peu, et qui s'expliquait cependant <i assez naturellement : d'abord par la satisfaction de sor- B tir de la vie gênée et aventureuse qu'il avait menée « jusqué-lè, et aossi par le juste orgueil de penser qu'on u comptait enfin arec lui. Sa joie ne connut plus de bornes,
• et il' trouvait an roi toutes les hautes qualités qui doiu Tent distinguer un souverain; et S'il' n'en avait pas fait
■ preuve encore; il fallait, disait-il, s'en prendre â d'in-
■ habiles et sotr ministres, qui b'avaient pas su Te repré- « senter & la nation avec toutes les qualités qii'll possédait ; M maife il n'en ferait ;phis de même désohna}s,' à on le
It6 LES CONSTITUANTS.
K Terrait bienlôl occapanl une situation digne de son carac K 1ère généreux. Je me gardai bien de le rameacr à des ■I sentiments plus modérés. Je profilai au contraire de cet "élan de sa reconnaissance pour stimuler encore le dé- >i vouement qu'il témoignait, et qui, j'en ai la conviction, " était sincère'. •
Une nouvelle entrevue nocturne entre Mirabeau et le comte de Mercy, chez le comte de la Harck, cimenta ce honteux commerce qu'un grand homme faisait de son génie et par conséquent de la vérité de son caractère. Mirabeau, habitué à ces commerces de lui-même, en éprouvait si peu de pudeur qu'il se surpassa d'animation, d'èblouissements d'idées et d'éloquence familière dans l'entretien avec ses deux corrupteurs. Il enivra le comte de Hercy des perspectives de salut et de triomphe qu'il entrevoyait pour la monarchie dans son alliance avec la coar. Le comte de Mercy fit entendre à ses deux amis que le roi était décidé à changer ses ministres et à nommer un conseil dont Mirabeau, caché dans l'ombre, serait le moteur et le régulateur absolu.
La Marck remit à M. de Fontange, archevêque de Toulouse et aumônier de la reine, charge par elle de tous les détails et de toutes les largesses de cette négociation, l'état des dettes de Mirabeau. M. de Fontange fut autorisé par le roi à payer ces dettes et à verser entre les mainsdeMirabeau les six mille francs par mois convenus. JJI. de Fontange,