‹ Histoire de la Revolution francaise, 1789 (volume 3)Chapitre 5 sur 31 · IX. Ainsi, grâce à cette loi, qui seule suffirait à ter · texte numérisé non relu

IX. Ainsi, grâce à cette loi, qui seule suffirait à ter

nir la mémoire de celui qui l'a conçue et de ceux qui l'ont lâchement acceptée, Robespierre pouvait, par l'accusateur public, qui lui était dévoué, et par les jurés qu'il avait choisis, faire mettre à mort quiconque lui déplaisait. En effet, selon l'article 10, l'accusateur public avait le droit de mise en accusation, et l'article 20, qui ne paraissait, au premier aspect, qu'une formule banale, abrogeait le décret par lequel la Convention s'était réservé le renvoi de ses membres devant le tribunal révolutionnaire ' . Robespierre avait astucieusement rédigé et placé cet article, pour qu'il n'éveillât pas l'attention. Mais, le lendemain, l'Assemblée s'aperçut du piège ; si elle consentait à laisser mettre à mort des milliers de citoyens, elle ne voulait pas partager leur sort. Rourdon (de l'Oise), profilant de l'absence du comité à la séance du 23, monta à la tribune et dit :

« Je ne crois pas que l'Assemblée, en restreignant » à la Convention, aux comités de salut public et de » sûreté générale, et à l'accusateur public, le droit de » traduire les citoyens au tribunal révolutionnaire, et » en dérogeant aux lois précédentes, qui ne concor- » deraient pas avec le présent décret, ait entendu que » le pouvoir des comités et de l'accusateur public s'é- » tendît sur les membres de la Convention sans un » décret préalable. [Non, non! s'écrie-t-on de toutes

1 Voyez le rapport de Saladin, p. 91, en l'an ni.

» parts.) Je m'attendais à ces heureux murmures, ils » annoncent que la liberté est impérissable. Décrétons » que les comités feront, comme par le passé, des ar- » restations provisoires, mais que les représentants » du peuple arrêtés ne pourront être traduits au tribu- » nal révolutionnaire qu'après que la Convention aura » porté contre eux le décret d'accusation. »

Merlin (de Douai) proposa le décret suivant, qui fut adopté : « La Convention, considérant que le droit » exclusif de la représentation nationale de décréter » ses membres d'accusation et de les faire mettre en » jugement est un droit inaliénable ;

» Décrète qu'il n'y a pas lieu à délibérer. » Robespierre, mécontent de cet amendement, ne manqua pas à la séance du 24, où il savait qu'on devait encore en proposer d'autres. Couthon commença par assurer que le comité ne songeait pas à usurper le pouvoir, comme on l'en accusait ; qu'il voulait la gloire de la représentation nationale et la république tout entière ou la mort. (On applaudit à plusieurs reprises.) Il déclara que le comité n'avait pas entendu dépouiller la Convention du droit inaliénable de mettre ses membres en accusation. << Au surplus, dit-il, » si le comité n'a plus la confiance entière de la Con- » vention, il est prêt à donner sa démission. » Robespierre paraît à son tour à la tribune et attaque vivement la faction qui s'efforce d'entraîner une partie de la montagne contre le gouvernement.

« Bourdon [de l'Oise) : Je demande qu'on prouve » ce qu'on avance ; on vient de dire assez clairement » que j'étais un scélérat... »

« Robespierre : Je demande, au nom de la patrie, » que la parole me soit conservée. Je n'ai pas nommé » Bourdon. Malheur à qui se nomme lui-même! »

« Bourdon [de l'Oise) : Je défie Robespierre de prou- » ver... »

« Robespierre : Mais s'il veut se reconnaître au » portrait général que le devoir m'a forcé de tracer, » il n'est pas en mon pouvoir de l'en empêcher. Oui, » la Montagne est pure, elle est sublime, et les intri- » gants ne sont pas de la Montagne. [Une voix : Nom- » mez-les.) Je les nommerai quand il le faudra. » Puis Robespierre dévoile les intrigues ourdies contre le gouvernement : « On s'empare des députés reve- » nus de mission ; on profite de leur absence pour » verser dans leur cœur le poison de la calomnie, » exciter leur amour-propre , et les transformer en » ennemis du gouvernement. » Il assure enfin que la violence de Tallien, dans la scène de Y avant-veille au soir1, n'a eu pour objet que d'avilir la Convention, et

1 Le 22 au soir, Bourdon (de l'Oise) et Tallien s'étaient promenés d'un air préoccupé et parlant assez haut et avec effroi de guillotine. Us furent suivis par quelques curieux ou espions du bureau de police générale. Tallien s'en étant aperçu s'emporta contre eux, les traita d'espions des comités, les frappa, et les conduisit au corps de garde. Cette scène fit du bruit.

conclut en demandant la justice, l'union et le rapport du décret de Merlin (de Douai).

Ce dernier fait des excuses. Tallien assure que Robespierre rapporte d'une manière inexacte la scène dont il a parlé ; que ce n'est pas le 22 qu'elle a eu lieu, mais le 23, et qu'il n'a insulté personne. « L'impudence de Tallien est extrême, s'écrie Billaud- » Varennes; Tallien ment à l'Assemblée avec une au- » dace incroyable. Le fait dont il est question s'est » passé avant-hier, puisque je le savais hier à midi. » Mais, citoyens, nous nous tiendrons unis; les con- » spirateurs périront, et la patrie sera sauvée. » (Applaudissements.)

Barrère donne connaissance de mascarades anglaises, dans lesquelles on voyait une Charlotte Corday sortant du tombeau en agitant un poignard ensanglanté, et jurant de maratiser Robespierre en temps et lieu. Barrère avait toujours, pour emporter un décret, quelque victoire ou quelque nouvelle à annoncer. Il réussit encore cette fois : le décret du 23 fut rapporté, et la loi maintenue intacte.

X. On a émis plusieurs conjectures sur les motifs qui ont engagé Robespierre à proposer cette loi fameuse. Les uns prétendent qu'il se laissa aller à un penchant de férocité naturelle; d'autres, que ce fut pour se sauver lui-même, en suivant le mouvement ultra -révolutionnaire ; certains écrivains croient qu'il eut pour but de perdre dans l'opinion publique,

par leurs excès, la majorité des comités de gouvernement, en leur donnant une arme dont il était sûr qu'ils abuseraient; d'autres enfin disent que Robespierre voulut un moyen de frapper promptement et sûrement ses collègues, tant des comités que du reste de la Convention, qui s'étaient souillés par des excès, tels que Vadier, Collot-d'Herbois, Tallien, Fouché et une vingtaine d'autres; qu'après ce dernier sacrifice , il était résolu à faire cesser complètement la terreur, proclamer l'amnistie, et ramener un régime régulier et doux.

Ces quatre systèmes ont été soutenus avec opiniâtreté par leurs auteurs, qui tous ont cherché, à l'appui de leur opinion, des motifs, soit dans les discours, soit dans les actes de Robespierre. 11 est facile, au reste, de trouver, dans la vie d'un homme qui a tant parlé et tant écrit, des actes et des discours contradictoires. L'historien qui examine sans passion doit savoir que des circonstances imprévues peuvent modifier souvent le caractère et les principes des personnages politiques. Rarement les hommes d'Etat entrent dans la carrière avec une idée arrêtée et un but définitif : la plupart d'entre eux vivent au jour le jour, flottant misérablement au gré des vents contraires, et il arrive le plus souvent qu'ils ne se décident à une grave résolution que par la réunion de plusieurs motifs.

Il est probable que Robespierre eut en vue tout à la

fois de caresser le plus violent républicanisme et d'atteindre ses collègues, qu'il jugeait coupables, pour procéder ensuite à l'établissement du régime constitutionnel '. Il avait espéré frapper ses collègues au moyen de Fouquier-Tinville et des jurés, et sans le concours du comité de salut public ; mais l'opposition faite à l'article 20 de sa loi l'avait forcé de désavouer son intention, pour sauver son amour-propre. Il eut donc besoin, comme par le passé, du concours du comité. Dès le 24 prairial au soir, il vint lui demander l'arrestation immédiate deDuval, d'Audouin, de Léonard Bourdon, de Yadier, de Voulland, de Tallien, de Fouché, de Bourdon (de l'Oise), de Fréron et de Legendre.

Collot-d'Herbois, Billaud-Varennes et Barrère consentirent à lui livrer les cinq derniers, mais ils ne purent se résoudre à abandonner les autres. Ils réfléchissaient d'une part, que la proscription de Vadier, de Voulland, de Fouché, serait le signal de la leur. D'autre part, Barrère et Collot virent que la cessation du régime révolutionnaire les réduirait au néant, eux qui ne pouvaient profiter que de ses fureurs. Quant au patriote Billaud, il ne voulait pas arrêter la révolution avant que tous les royalistes ne fussent exterminés; car, par-dessus toutes choses, il craignait la réaction. Mais Robespierre demandait tout ou rien; la

* Levasseur, t. III, p. 1 1 1 .

discussion dura deux nuits entières, sans que l'on parvînt à s'entendre.

Barrère avertit secrètement Yadier et Youlland,qui comprirent alors la nécessité de se liguer avec tous les Montagnards, et de n'en plus laisser mettre en jugement, de peur que l'on ne parvînt jusqu'à eux. Ainsi, quoiqu'ils fussent bien convaincus que Tallien et Fouché méritaient la mort, ils ne donnèrent aucune suite aux nombreuses dénonciations portées contre eux, uniquement parce qu'ils étaient poursuivis par Robespierre !. Un secrétaire du comité de sûreté générale, s'étonnantdecequ'on n'eût pas encore fait un rapport sur Tallien,. contre lequel on avait cent preuves péremptoires de concussions, Moïse Bayle répondit :

« Tallien a commis tant de crimes, que de cinq » cent mille têtes , il n'en conserverait pas une ; ses » vols, ses conspirations sont en si grand nombre, et » les preuves en sont si certaines, que Tallien, accusé » autant de fois qu'une de ses têtes renaîtrait , n'en » conserverait aucune. Le comité a plus de pièces » qu'il n'en faut; tu le sais, tu nous en as remis toi- » même ; mais il suffit qu'il ait été attaqué par Ro- » berpierre pour que nous ayons gardé le silence. » Les circonstances exigent que, quels que soient les » crimes de ceux qui paraissent Montagnards, il n'en

1 Défense de Vadier, p. 8 et 9.

» soit pas poursuivi un : c'est un mur dont nous ne » voulons pas arracher un moellon, quelque salpêtre » qu'il soit, car à la moindre brèche le mur tom- » berait * . »

Le comité de sûreté générale ne manqua dès lors aucune occasion de mortifier Robespierre. Comme il ne pouvait l'attaquer dans ses mœurs ni dans ses antécédents politiques, il profita d'une circonstance pour jeter du ridicule sur ses sentiments religieux. Une vieille fille nommée Catherine Théot2 habitant la section de l'Observatoire, se disait la mère de Dieu, et prétendait avoir des communications avec le ciel. Elle avait autour d'elle un petit cercle de monomanes qui cherchaient dans l'Apocalypse l'explication des événements contemporains, et la prédiction des événements futurs. Dom Gerle, ancien chartreux et membre du côté gauche de l'Assemblée constituante, l'un de ses adeptes, avait obtenu . sur la recommandation de Robespierre, un certificat de civisme. Le comité de sûreté générale en ayant été instruit, envoya chez la mère de Dieu des agents provocateurs, qui se firent affilier. L'un d'eux mit dans le lit de Catherine Théot (qui ne savait même pas signer son nom), une lettre d'elle à Robespierre, qu'elle y désignait comme le fils de l'Être suprême, le rédempteur

1 Mémoires posthumes de Sénart.

2 Barrère lui donna le nom de Théos (Dieu), afin de rendre l'affaire plus ridicule.

du genre humain , le messie désigné par les prophètes.

Catherine Théot et ses disciples furent arrêtés par ces agents, qui saisirent en même temps la lettre. Il fallait bien, pour donner de l'éclat à celte affaire ridicule, la présenter comme une conspiration. Barrère, Collot-d'Herbois et tous les membres du comité de sûreté générale , hostiles à Robespierre , décidèrent que Vadier présenterait à la Convention le rapport des deux comités; mais comme Vadier n'était pas assez habile pour le rédiger, Barrère s'en chargea ' . Il eut soin de n'y pas nommer Robespierre ; mais les membres du comité de sûreté générale parlèrent à tous ses ennemis dans la Convention, de ses relations mystiques et politiques avec les conspirateurs. On convint d'accueillir le rapport par des rires et par des applaudissements significatifs.

Le rapport, lu par Vadier, le 27 prairial, concluait au renvoi devant le tribunal révolutionnaire de dom Gerle, Catherine Théot , Lamolhe, médecin du duc d'Orléans, la veuve Godefroy et la marquise de Chastenois. Ce projet fut décrété et envoyé aux armées et à toutes les communes de la république, avec le rapport de Vadier, rempli d'allusions contre Robespierre ; ce dernier remarqua les rires qui s'adressaient à lui, et en fut vivement blessé. Le comité, qui n'osa pas le comprendre dans l'accusation, ce qui eût été

1 Récemment Robespierre avait pris aux Jacobins la défense de Barrère que l'on en voulait expulser.

logique, sinon juste, envoyait ainsi, pour avoir une occasion de l'attaquer, des innocents à une mort inévitable.

XL Les jugements et les exécutions se succédèrent alors avec une épouvantable rapidité. Dans la séance du 26 prairial, Elie Lacoste lut un rapport contre la conjuration de l'étranger. L'auteur principal était, suivant ce député, le ci-devant baron de Batz, exconstituant, «dont le but avait été d'enlever la veuve Capet, de dissoudre la Convention et de rétablir la monarchie. Ses complices étaient Hébert, Danton, Chaumette, Gobel, Pitt, et tous les émigrés qui fournissaient de l'argent et fabriquaient de faux assignats. Ladmiral et Cécile Renault avaient été chargés par Batz de commencer la dissolution de la Convention ; Sombreuil et son fils, une actrice, plusieurs pages et domestiques du roi, madame Sainte-Amaranthe et sa fille figuraient également parmi ses complices. » Le rapporteur obtint leur renvoi devant le tribunal révolutionnaire.

L'accusateur public y ajouta treize autres personnes, notamment le père, le frère et la tante de Cécile Renault. Il y eut en tout cinquante- quatre accusés , qui comparurent ensemble le 29 prairial. Pendant que le greffier lisait l'acte d'accusation, Ladmiral dit à Fouquier-Timille : Est-ce que vous avez le diable au corps, d'accuser tout ce monde d'être mes complices? Je ne les ai jamais vus. Les cinquante-quatre accusés

furent condamnés dans cette même audience j et conduits à l'échafaud, vêtus d'une chemise rouge. Ladmirai périt le dernier : Mon seul chagrin, disait-il, c'est de voir tant de braves gens mourir avec moi; seul j'ai conçu mon projet.

Cette accusation reste comme un des actes les plus étranges et les plus odieux de ce temps-là ; étrange, en ce qu'on y mêla des gens accusés de faux assignats, crime ordinaire ; odieux, en ce que l'on y comprit des femmes inoffensives, jeunes, pauvres et très-certainement innocentes. La formalité du jugement fut un acte de barbarie : on coupa la parole aux accusés; on les interrogea à peine , et l'on ne fournit de preuves que contre Ladmiral et Cécile Renault. Le comité de sûreté générale savait bien qu'ils n'avaient pas de complices ; mais il fit de cette affaire une conjuration de l'étranger , pour donner plus d'importance aux membres des comités. « C'en est fait de nous, disait Louis » (du Bas-Rhin), si nous ne donnons un exemple sen- » sible pour faire respecter plus particulièrement les » membres des comités! Je pense que l'attentat contre » Robespierre et contre Collot doit être présenté » comme venant d'un complot de l'étranger; nos » collègues en paraîtront plus recommandables \ » J'estime encore qu'il faut donner à cette affaire un » certain éclat : c'est de mettre la chemise rouge aux » accusés; les plus petites choses conduisent aux

1 Mémoires de Sénart, chap. xm.

» grandes, les appareils font illusion, et par l'illusion, » on conduit le peuple. — Oui, il faut du réel, il » faut du sang, répondit le royaliste Vadier. — Les » poëtes , répliqua Louis , représentent le sage à » l'abri d'un mur d'airain ; élevons-en un de têtes » entre nous et le peuple. »

Fouquier-Tinville, instrument docile des comités, peut être considéré comme le type de ces magistrats ambitieux et lâches que tous les gouvernements ont à se reprocher, qui servent tous les régimes avec la même fureur; dont l'ingratitude pour leurs bienfaiteurs égale la cruauté; sans pitié pour l'infortune; et à qui tous les moyens , même les plus vils, semblent bons, pour acheter leur avancement où la conservation de leur place ' .

XII. Le tribunal révolutionnaire, institution nécessaire, surtout à son origine, se corrompit par sa trop longue durée. Depuis le 17 août jusqu'au 10 mars 93, sous le nom de tribunal criminel, il ne condamna que vingt-deux personnes à mort. Du 10 mars au 31 octobre, il en fit exécuter quatrevingt-dix-huit, et cent \ingt-six du 1er novembre au 1er janvier. Ce fut à partir de cette époque que Dan-

1 On a vu comment Fouquier avait agi envers Camille Desmoulins, son parent et son bienfaiteur. Lorsque ce dernier fut nommé secrétaire général de la justice, Fouquier, homme de loi, sollicita, en se parant du titre de patriote persécuté, une place dépendante de ce ministère que Camille lui fit donner. (Correspondance inédite de Camille.)

ton et Desmoulins s'élevèrent contre ce tribunal, qui commençait à entraver la défense des accusés. Mais, bien qu'il n'eût plus fallu dès lors livrer à la sévérité de la justice que quelques grands coupables qui paraissaient oubliés, on envoya à la mort mille quarante-cinq personnes, du 1er janvier au 10 juin. A partir de cette époque , correspondant au 22 prairial jusqu'au 9 thermidor (27 juillet) , c'est-à-dire en six semaines , les condamnations s'élevèrent au chiffre total de douze cent quatre-vingt-six * .

On accolait ensemble des gens de divers départements qui ne se connaissaient pas, qui souvent n'avaient reçu leur acte d'accusation que la veille du jour où ils étaient jugés, condamnés et exécutés. A peine interrogeait-on tous les accusés : le plus souvent on n'entendait aucun témoin , on ne lisait aucune pièce. Des erreurs d'identité ne furent point rectifiées à l'audience, à cause de la précipitation des j ugements. Loizerolles, jeune homme de vingt-deux ans, accusé de conspiration, enfermé à Saint-Lazare, entendit appeler son nom dans le corridor. Comme il se disposait à aller faire ses adieux à son père, qui se trou-

1 En messidor an n, au plus fort de la terreur, il se trouvait dans les prisons de Paris sept mille quatre cent six détenus, dont six mille deux cents suspects ou accusés, tant de Paris que des départements. Les douze cent six autres détenus l'étaient pour délits privés. (Voir un document du rapport de Saladin, p. 107.) Il y avait dans le reste de la France au plus quarante mille suspects, et non pas cinq cent mille comme tant d'historiens l'ont dit au hasard.

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