‹ Histoire de la révolution Française (1789) (volume 4)Chapitre 8 sur 20 · LIVRE SEIZIEME · texte numérisé non relu

LIVRE SEIZIEME

(DU 10 KOVimM 1798 AD 91 JARTIBR 1794.)

Mascarades irreligieuses. — Châtiment des Lyonnais, des Toulonnais, des Vendéens. — Camille Desmoulins. — Le Vieux Corde* lier. — Victoires des armées de la république.

* I. Un préjugé que Ton s'eflForce de répandre, c'est que le peuple n est jamais satisfait. « Chaque révolu- » tion, dit-on, est poussée beaucoup plus loin que )> son programme. En 1789, tout en exigeant des ré- » formes, on promettait de maintenir la royauté. En y^ 1792, on demanda la république. En 1793, les » révolutionnaires ne se contentèrent point de la » forme républicaine, et voulurent accomplir des ré- » formes sociales. »

Cet état de choses ne doit être attribué qu'aux conspirations, et à la mauvaise foi des anciens pouvoirs révoltés contre \fis réformes qu'ils avaient juré de maintenir. Ainsi, le roi, après avoir appelé les armées étrangères contre le peuple français, devait être chassé et puni. Le plus grand crime, aux yeux d'un peuple

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libre, c'est de conspirer contre son indépendance. Tout lui est permis et même prescrit par les lois divines et humaines, pour repousser Télranger. Un équipage ne jette-il pas à la mer le pilote qui le conduit sciemment vers les pirates?

La république fut donc instituée. Mais qu'est-ce qu'une république sans réformes? Le pire des gouvernements, en butte à la fois à la guerre étrangère et à la guerre intestine, un mensonge, l'exaction remplaçant l'exaction, une cohue de goujats succédant à des courtisans fripons. En corséquence, la révolution, qui avait aboli la royauté, dut chasser le parti de la Gironde, qui ne voyait dans la république que la substitution de ses propres membres à la royauté.

La noblesse et le clergé ayant aussi conspiré, les émigrés virent confisquer leurs biens. Les prêtres réfractaires et conspirateurs furent déportés. Malheureusement, on ne s'en prit pas seulement aux ministres impies de la religion, car tout excès en amène un autre.

Fouché, ex-moine, commissaire de la Convention dans la Nièvre, prohiba tout exercice des cultes, ailleurs que dans les temples, et prescrivit la destruction de tous les symboles religieux extérieurs. Il punit de la réclusion, les prêtres qui paraîtraient hors des temples, avec leurs costumes religieux. Il fit établir les cimetières hors les villes et villages, avec cette inscription : La mort est un sommeil ctemeL Une statue re«

présentant le Sommeil, fut le seul signe autorisé dans le champ du repos. Les morts furent conduits à leur dernière demeure par un officier public. Tous ceux reconnus par leur commune, pour avoir bien mérité de la patrie eurent, sur leur tombe, une pierre sculp* lée en forme de couronne de chêne.

Une partie de ces réformes était nécessaire, dans rintérêt de la salubrité publique ; jusqu'alors on avait enterré les riches dans les églises, et les pauvres, dans des cimetières au centre des villes. Le conseil général de Paris arrêta que les inhumations ne seraient faites que dans des lieux éloignés des habitations, et désignés par l'autorité. Chaumelle fit ajouter à cette sage mesure, que les honneurs de la sépulture seraient rendus aux pauvres comme aux riches, et qu'il sera t fourni une bière aux indigents. Il alla si loin dans cette voie, qu'il porta atteinte à la liberté de conscience, et voulut faire d sparaître tous les signes de la superstition : par exemple, il interdit la vente des images du Christ, des chapelets, et enjoignit aux marchands de tenir leurs boutiques ouvertes le dimanche.

Le conseil général invita les citoyens à échanger, à la municipalité, leurs noms de baptême contre des noms empruntés à rtiistoire des républiques anciennes, ou à rhistoire contemporaine, tels que ceux de Brutus, Scévola, Marat^ Lepellelier. Un grand nombro se rendirent à cette invitation, et donnèrent

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ces noms à leurs enfants nouveau-nés. La même innovation s'appliqua aux noms des communes : les mots château, comté, furent remplacés par ceux de montagne, liberté, etc.... Les rues et les places publiques reçurent des désignations républicaines : place de l* Humanité, rue de la Frugalité, etc.. Les saints furent supprimés. On ne dit plus que la rue Honoré^ Je faubourg Antoine.

Le tilre de citoyen avait généralement remplacé, depuis un an , celui de monsieur. Un grand nombre de Français commençaient aussi à se tutoyer, pour donner à leur langage une allure plus franche et plus républicaine. Les sociétés populaires dé Paris réclamèrent de la Convention un décret qui prescrivît le tutoiement, à peine de suspicion. Bazire appuya cette pétition, mais Philippeaux en remontra le ridicule, et la Convention se borna à la mention honorable.

Le costume devint plus simple. La perruque à queue, la veste, le gilet brodé, les jabots et les dentelles, les culottes courtes, les souliers à boucles disparurent presque généralenient. Les Jacobins quittèrent, à l'exemple de Marat, la perruque, et remplacèrent rhabit, la veste et la culotte par la veste ronde ou carmagnole, et le pantalon. Plusieurs même, pour mieux imiter Y Ami du peuple, abandonnèrent la cravate, si incommode et si ridicule. Le bonnet jouge avec la cocarde tricolore fut généralement porté, même par les femmes. Des fanatiques voulaient qu'on

forçât tous les citoyens à prendre les nouveaux costumes, mais il fut décrété que nul ne pourrait êtrç forcé de se vêtir autrement qu'il le voudrait. La Convention décréta, en même temps, qu'il n'y avait pas de grand homme sans vertu ; et fit rejeter du Panthéon les cendres de Mirabeau, pour y substituer celles de Marat.

Hébert, mettant à profit la haine que l'opinion publique témoignait pour tout ce qui rappelait la monarchie, fit ordonner la destruction, dans la huitaine, de toutes les effigies religieuses et royales qui existaient à Paris, ainsi que les «golhiquessimulacresy> des rois de France, placés autour du portail de Notre- Dame.

Les comités révolutionnaires exécutèrent cet arrêté avec une véritable fureur. Les symboles du fanatisme ou de la royauté furent remplacés par les images de Marat. On alla jusqu'à détruire des livres, sur la reliure desquels se trouvaient des fleurs de lis. Une fois sur cette pente, les esprits ignorants ou fanatiques, qui ne savent jamais s'arrêter dans la voie qui mène à l'absurde, prétendirent que l'instruction était inutile sous le régime de l'égalité, et qu'il ne fallait que des écoles primaires. Mais, sur les motions de Thibaut, de Chénier et de Romme, la Convention déclara, qu'en décrétant l'abolition des signes de la servitude, elle n'avait pas entendu ramener le peuple à la barbarie, mais le conduire aux véritables lumières. En outre, elle pro-

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hiba la destruction de tous les objets d'art et de science. Ce décret mit heureusement fîn aux dévastalions.

II. Ghaumette, Clootz, Chabot et Momoro proje» taient depuis longtemps labolition de toutes les religions. S étant rendus, au milieu de la nuit, chez Gobel, évêque de Paris, ils lui firent entendre que le culte catholique était avili en France, et le déterminèrent à une abjuration solennelle, en lui remontrant que son exemple entraînerait tous les prêtres, et forcerait la Convention, à abolir le christianisme. Gobel se rendit à leur opinion, qu'il fit partager à ses vicaires et aux curés de la capitale.

Le jour de l'abjuration fut fixé au 17 brumaire an II (7 novembre). Chaumelte, Hébert, Luillier, Momoro, le conseil général et le dépai tement accompagnent Gobel et ses vicaires à la barre de la Convention. Gobel, coiffé du bonnet rouge, déclare qu'il ne doit plus y avoir d'autre culte que celui de la liberté et de l'égalité, qu'il renonce à ses fonctions, et dépose sur le bureau sa croix et son anneau. Laloi, président, répond aux pétitionnaires, que la Convention accepte leurs offrandes, et applaudit à leurs sentiments. Les évêques et curés, membres de TAssemblée, abjurent à leur tour, au milieu des plus vifsappldudissements« Mais, à la fin de la séance, Grégoire entre dans l'Assemblée; on le presse de suivre leur exemple :

« On me parle de sacrifice à la patrie, répond-il. J'y suis habitué. S'agit*il d'attachement à la cause de

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la liberté? mes preuves sont faites depuis longtemps» S*agit-it du revenu attaché aux fonctions d'évêque? je vous l'abandonne sans regret. S agit-il de reI:gion7 cet article est hors de votre domaine, et vous n'avez, pas le droit de Taltaquer.

» J'entends parler de fanatisme, de superstition.. * Je les ai toujours combattus. Mais qu'on définisse ces mots, et Ton verra que la superstition et le fanatisme sont diamétralement opposés à la religion.

» Quant à moi, catholique par conviction et par sentiment, j*ai consenti a porter le fardeau de 1 episeopat dans un temps où il était entouré d'épines ; on m'a tourmenté pour l'accepter : on me tourmente aujourd'hui, pour me forcer à une abdication qu'on ne m'arrachera pas I Agissant d'après les principes sacrés qui me sont chers, et que je vous défie de me ravir, j'ai tâché de faire du bien dans mon diocèse : je reste évêque pour en faire encore. J'invoque la liberté des cultes. »

Pluneurs voix : « On ne veut forcer personne *. »

La résistance de Grégoire Thonore. Ceux qui abjurèrent se rendirent méprisables, et donnèrent tous, i l'exception de Billaud-Varennes, des preuves d'improbité. Plusieurs même, tels que Fouché, Sieyès,

* Les Cordeliers et plusieurs Jacobins injurièrent Grégoire ; Bourdon (de roise) insinua que celui qui avait voulu christiafiiser la révolution ne pouvait être un patriote. Mais la révolution était au cou* traire, dans son ensemble, l'expression la plus pure du clirislianisme, puisqu'elle avait pour symboles rÉgaliié et la Fraternité.

Chabot, se souillèrent de lâchetés et de crimes. Il n'y a presque pas d'exemples qu'un prêtre renégat fut honnête homme, et, à plus forte raison, républicain sincère. On découvre, tôt ou tard, dans la vie de ceux qui le paraissent, des actes, qui montrent que leur hypocrisie n'a pas été moindre que leur ambition.

La Convention perdit plusieurs séances à entendre des abjurations, la plupart ignobles. Ainsi, un évêque déclara avoir trompé le peuple, pour obtenir un bénéfice, et demanda l'autorisation de changer son nom en celui d'apostat. Une autre fois, un curé annonça s'être marié depuis longtemps en secret ; un autre déclara qu'il était prêt à se faire athée, si l'on voulait lui conserver sa pension. De pareilles abjurations eurent Heu dans chaque département.

Le conseil général et le département de Paris célébrèrent une fête solennelle, le 10 novembre (20 brumaire), dans l'église métropolitaine de Paris, où ils avaient fait remplacer la statue de la ci-devant Sainte- Vierge par celle de la Liberté. Ils avaient substitué au Christ de l'autel, la déesse Raison^ représentée par la femme du journaliste Momoro, devant laquelle les magistrats chantèrent des hymnes. La Convention se disposait à se rendre à Notre-Dame, pour assister à une seconde représentation de cette cérémonie, lorsque Chaumette parut dans l'Assemblée, suivi de la déesse Raison, portée sur un fauteuil garni de fleurs. Cette créature s'appuyait sur une pique ; un bonnet rouge

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couvrait sa tête, un manteau bleu flottait sur ses épaules. Sa présence fut saluée par des acclamations

unanimes'.

« Aujourd'hui, s'écrie Chaumette, le peuple s'est transporté sous les yoûles gothiques, si longtemps frappées de la voix de l'erreur, et qui, pour la première fois, ont retenti du cri de la vérité. Nous n'avons point offert nos sacrifices à des idoles inanimées; non, c'est un chef-d'œuvre de la nature, que nous avons choisi, pour la représenter, et cette image sacrée a enflammé tous les cœurs. Un seul cri s'est fait entendre : Plus de prêtres^ ptUs de dieux que ceux que la nature nous offre I En conséquence, nous vous demandons, que la ci-devant métropole de Paris soit consacrée à la Raison et à la Liberté. »

Le président félicite les pétitionnaires, dont la demande est incontinent décrétée; puis il donne à la déesse le baiser fraternel.

Il y eut des fêtes semblables dans toute la république; chaque commune eut sa déesse Raison, représentée d'ordinaire par une femme de mauvaise vie. On dépouilla toutes les égUses ; les unes furent fermées, les autres consacrées à des services publics, ou vendues aux particuliers. Les processions religieuses furent remplacées par des mascarades; des hommes et des femmes, vêtus de chasubles et coiffés de mitres,

^ Beaulieu, t. Y. — Voyez aussi les jouroau/ du temps et le procès* verbal de la Convention.

parcouraient les rues en dansant la carmagnole* On affublait des ânes d'ornements épiscopaux; des bandes d'individus traversaient Paris, en portant des rases sacrés, et buvant dans les calices. Les municipalités envoyaient chaque jour des voitures d'ornements d'église à la Convention \ avec des adresses rédigées en termes dérisoires. vou$, disait la députation de Saint-Denis, inslruments du fanatisme^ saints, soyez enfin patriotes: levez-vous en masse; servez la patrie en allant vous fondre à la Monnaie, et faites en ce msnde notre bonheur, que vous ne vouliez faire que dans l autre I

Un autre jour, la section des Gravilliers vient à la barre, ayant à sa tête des hommes habillés en évoques et en curés. Des musiciens jouent des airs joyeux. On apporte des croix, des bannières, et enfin le dais ; alors les seclionnaires se dépouillent de leurs ornements ecclésiastiques, les jettent en l'air, puis les foulent aux pieds, aux cris unanimes de vive la république! Ella Convention applaudissait.

La commune fit transférer, à la Monnaie, la châsse de sainte Geneviève; mais, comme on craignait un mouvement du peuple, qui avait toujours vénéré la mémoire de cetle sainte, la translation fut opérée de nuit. Hébert invita le conseil général à faire abattre tous les clochers de Paris, « parce qu'ils semblaient

' Les dépouilles mobilières des églises de France montèrent à près d'un milliard en or et en argent.

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contrarier les principes de l'égalité. » Le conseil adopta le principe, et renvoya Tarrêté au département.

A Strasbourg, des furieux voulant abattre la flèche de la cathédrale , un citoyen imagina de la faire couvrir par un bonnet rouge, et préserva ainsi ce merveilleux monument.

UI. Ce n'était pas par passe-temps que certains personnages profanaient le culte de la divinité. Le dévergondage n'était qu'un moyen à l'aide duquel on espérait arracher le gouvernement à ceux qui le dirigeaient. Hébert et Chaumetle poussaient le peuple dans une voie fatale, pour se rendre plus populaires que la Convention, et la discréditer. £n effet, un parti puissant se formait à celte époque, et succédait aux enragés Jacques Roux, Leclerc et Varlet, qui, démasqués par Marat, avaient été désavoués par les clubs, et emprisonnés.

Ce nouveau parti fut appelé Hébcrtiste , parce qu'Hébert en était le chef. La réputation de ce personnage avait commencé par les persécutions qu'il eut à supporter des Girondins ; il Taugmenta en rédigeant le Père Duchéne, feuille ignoble et sans vues, réceptacle d'injures grossières, et écrite dans l'argot des malfaiteurs. Les antécédents d'Hébert étaient déplorables : en 1790, receveur de contremarques à un théâtre de Paris, il fut chasssé pour cause de vol; mais il avait une grande facilité de parole, et assez

d*habileté pour se faire des partisans. Nommé substitut du procureur de la commune de Paris, sa conduite, dans ses fonctions, fut irréprochable jusqu'au mois d'octobre.

Chaumette, chef d'Hébert dans Tordre administratif, n'était que son agent dans le parti. Le procureur de la commune, fils d'un cordonnier de Nevers, avait été moine jusqu'au moment où la loi l'autorisa à sortir du couvent. Il fut, en 1791, le principal rédacteur du journal des Révolutiom de Paris, qui fit sa réputation. Il montra beaucoup de courage dans les derniers temps du règne de Louis XYI, et se distingua aussi comme orateur. Il était de petite taille, mais il avait une jolie figure, des yeux pleins de feu, une voix moelleuse et sonore.

Le général du parti était Ronsin, commandant de l'armée révolutionnaire ; Ronsin, mauvais auteur dramatique, travaillant pour les tréteaux des boulevards, avait été l'un des flatteurs de Lafayette. Il était trèsbrave, mais ne s'était jeté que par calcul dans le parti révolutionnaire. De même que tous les nouveaux patriotes, il affichait plus d'ardeur que les révolutionnaires les plus célèbres.

Momoro, imprimeur-libraire, journaliste et administrateur du département de Paris , intriguait dans le département, comme Hébert dans le conseil général.

On remarquait encore dans ce parti , le riche baron

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prassien Anacharsis Goots, conirentiooneU qui se disait Yorateur du genre huîMin, datait ses épitres de Paris, chef4ieu du globe, et demandait qu'on ^utl^ lotinât les tyrans de la Chine et du Japm. 11 était aussi fanatique d'athéisme; mais rien ne prouve qu'il fut agent du roi de Prusse, ainsi que Robespierre l'en accusa. Au contraire, tout démontre la bonne foi de ce député, qui ne vint en France, que par amour de la liberté. C'était, du reste, un homme de quelque valeur, mais dont l'exagération ne pouvait que nuire à la république.

Le Hollandais Kook, banquier à Paris, le Belge Proly, agent d'affaires, et quelques autres étrangers, d'une moralité équivoque, figuraient parmi les partisans d'Hébert. On y comptait au^si un jeune homme de vingt-sept ans, Vincent, secrétaire général de la guerre, rempli de bonne foi et ardent républicain. Son caractère impétueux, son défaut d'expérience l'avaient seuls associé à ces gens-là.

Les iiébertistes étaient devenus redoutables au mois de novembre , parce qu'ib disposaient du con* seil général dont le succès, au 31 mai, avait monté la tête à Chaumettëet à Hébert. Ils disposaient, ei) outre, du club des Cordeliers, de quelques secticMis de Paris et d'une partie des Jacobins. Le maire Pache, ancien ministre de la guerre, les favorisait sans se compromettre. Il montrait une grande bonhomie, mais il était plus fin que tous ses amis, et vivait avec m. 17

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austé^, tudû qv« cçia-'Ct affiNteient dea aiis ii^ «olents, et un boa de p«nrenii0« fiui eooconlait peu «vec TdAfour de la pauyreté qu'ils précbaient ^ CoUot-d'Heri)ois les encourageait owertement. Le ministre de la guerre, Bouchotte, mattvai9 administrateur, hux républicain, les croyant les plus forts, remplit de leurs partisans tous ses bureaux, et distribua avec profusion le Père Ducheme aux armées ^.

Ces hommes n'étaient pas tous, comme on l'a souvent écrit, vendus à Tétrapger. Ceux dont on vient de parler, à l'exception de Eook et de Proly, ne peuvent être soupçonnés i cet égard. On a toujours attribué, dans nos discordes civiles, beaucoup plus de part i l'étranger, qu'il n'en eut réellement. Cette méprise provenait de deux causes : Pitt, le ministre anglais dont le nom revient si souvent dans les récriminations qu'échangèrent entre eux les divers partis, se vantait publiquement d'avoir i Paris i^n grand nombre d'agents, parmi les représentants et les magistrats du peuple. C'était afin d'accroître les dissensions, et de déchirer la république par ses propres mains. La seconde cause de celte méprise, c'est qu'évidemment l'exagération devait profiter aux ennemis de la révolution, en discréditant les mesures révolutionnaires.

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