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a58 HISTOfBK
79^* <^ prennent exemple de nOnsl Combien dbns (c nos malheurs notre amilw bous a dooiné « de consolations ! Et dans le bonheur ^ on (( jouit doublement , qua«cl on peut le par-^ i< tager ^vec un ami ; et où en trouver de u plus tendre que dans sa pil>pre fiimitte?
(c Que inon fils n'ôuMie jamais les derniers « mots de son père , que je lui répète exjnres- (< sèment : Qm'H ne cherche jamais à^)enger w notre mort.
« J'£)i à yops parler d'une chose bien pé- « nible 9 sioncœur* Je sais combien cet (( enfant doU vous avoir fait de la pe^e.
« Pardonne:^ - lui , ma chère sœur. Pensez (c à rage qu'il z, et combien il est facile de ce faire dire k un enfant oe qu'on vcKii , et « même ce qu'il ne comprenâd^ pas. Un jour (C yiendi^a où il n'en connaîtra que mittuat^tdut (dç prij; de votre bonté et de votre tendrejise « pour ipus deux.
u U ipe- reste a vou» confier, mep derrières «pensée^. Jrawaij? voulu les écrire de» le « comnxenc^ment du proeès; mais oètre qo'^n « ne ncie laissait pas écrirei^ la niardie en a^été u si rapide , que je n'en aurais i^Henient pas u e^ le teqips.
« Je meqrs dans la rel^en eatfaoli<jfne ,
1>E hk GONVEWTIOIV NATIONALE:' ^69
u apostolique et romaine , dans. celle de mes 1^93. (( pires , dans celle où j'ai été élevée ^ et ijue (X j'ai tonjonrs professée. N'ayant aucune con- ((solation spirituelle à att^dçe^ ne sachant a pas s'irexiste enfcore ici des pf êtres de cette « religion , et même le lieu ou je suis les éx*ft poserait trop s'ils y entraient une fois ; je (( demande sincèren^t pardon à Dieu àè « toutes les fautes que j'ai pu coinmettfé'de*- « puis que j'existe. J'espère que da'ùs ^a bonté (( il voudra bien recevoir nies déi?niers *vœiix, « ainsi que ceux que je fais dëpuiér ldng<>t<emps, « pour qu'il veuille bien recevoir môri ' aine « dans sa miséricorde et sa bonté. ' '
« Je demande pardon k tdîils ééiiil que « je coiitiais , et à vous , ttià scSir ; en 'j>aK- « ticulier de toutes les peîhes que sans lé votti « loir j'aurais pu vous causer. Je pat^diM^îie «à tous mes enneiàis té rtâl ' quMls tft'ont « Ésiit. .
(c Je diis ici adieu à Mes tatit^s ët^ à tous me^ i< frères et soeurs. J'àVais dtesTafflU; l'idée d'enf H être sépat^e- pour jamais , ^t'tettrs ^ei»es > (^ sont un des plue gràtiÉà i^egfrets que j'em-^ « |ioné éhisiburant; Qu'ik sâdbêUt du lââ^ins a que jus<iU'k niûu dernier tAôûiem ftitôtx^ « jottft pensé k^eùi. 1 j ■> (
a6o UISTOÎRK *
1793. a Adieu, ma bonne et tendre sœur! Puisse u cette lettre vous arriver ! Pensez toujours a (f moi. Je vous embrasse de tout mon cœur.
« ainsi que ce&bons et chers en&ns. . • . Mon (f DvBU ! qu il est déchirant de les^quitter pour (c toujours! A^j^Uy adieu! je ne vais plus a m'occuper que de mes devoirs sfiîrituels, K Connne je ne suis pas libre dans vçkes acte tionsy on m'amènera peut-être un prêtre; tf mais Je proteste ici que je ne lui dirai pas u un mot, et que je le traiterai comme un u être* absolument étranger. »
On viqnt d'apprendre que, par les soins courageux de la. femipe du concierge , Marie- Antoipette eut le boçiheur de recevoir dans sa prison la communion des mains d'un prêtre fidèle. Ce fait n'est pas encore assez éclairci* Sappiic«*dê AvfLnt d'être appelée pour le supplice^ Ja ""octobre, reine reçut la visite d'un prêtre constitutionnel. II. 1 -exhorta à demander pardon à Dieiu. La reitie re|[|||t viven3i^ht<: a Je ne vous. ai .«« point attendu pouir d|Bman4çff à Qi^ pardon a de mes fautes^ Quant à de^ çrio^e^, je n'ien u comniis jaiqais. » Puis eijie ces$a. de lui adresser la «parole, ourde lui r^épood^e. *A onze heures du matin, on vint la cl^ercher.
DE LA CONVENTION NATIONALE? a6l
Elle était vêtue de blanc, et avait elle-même 1793. coupé ses cheveux. On lui lia les mains derrière le dos. En jetant les yeux sur FinÛme tombereau destiné àlaconduine, elle se plaignit qu'on ne lui eût point accordé une voiture fermée^ ainsi qu'on l'avait fait pour son époux ; puis son regard sembla dire que ce surcroît d'ignominie^ ajouté à son supplice, lui ferait un nouveau titre pour lé ciel» On rendit à dessein la marche longue; elle dura , plus de deux heures. Des hiistrions^ devenus chefs de l'armée révolutionnaire , commandaient l'expression de la joie. Il faut que je subisse l'faor;*eur de dire qu'en plusieurs eudroits ils se vireiit obéis , et que même bien des acclamations féroces furent spontanées.
La reine ne levait ses regards que vers le ciel. Arrivée sur la place fatale, à* l'aspect de Téchafaud, tout eil elle prit une expression sublime; elle monta d'iin pas ferme , et plein de dignité , et l'on eut dit qu'elle venait prendre place sur un trône, à côté de son époux.
Neuf mois accomplis depuis le premier régicide, neuf mois d'infâme servitude avaient façonné le peuple à de tels spectaclest On ne vit point après' le supplice de la reine régner
a62 HISTOIRE
1793. dans Paris la morne consternation qui avait ^uiyi celui du roi .
Marie - Antoinette d'Autriche 1 reine de France y était dans sa trente-neuvième année. Il semblait que le ciel eût formé la fille de Marie-Thérèse pour régner sur les Français.
Si d'abord elle montra quelque légèreté cbez un peuple léger ; c'est que, heureuse d'être aimée 9 elle ne pouvait se modérer dans le désir de lui plaire. Sa bicniaisançe inépui-* sable y et que toutes les grâces du cœur embellissaient , ne fut point poussée jusqu'à la prodigalité. Les Mémoires les plus récens et les plus dignes de foi l'ont justifiée de ce reproche. Fille tendre et chérie d'une mère que le malheur' avait élevée au-dessus des forces de son sexe, elle en eut la grandeur d'âme. Son dévoueinent pour sqn époux fut tel, qu'elle put sacrifier à la résignation de ce rcrf'^martyr, sinon sa fierté , dli moins les résolutions héroïques qui eussent fait peutêtre leur salut commun. Aucune reine ne connut jamais plus parfaitement l'amitié pour des êtres qui on fussent plus dignes; aucune mère n'aima mieux , et ne fut percée de coups plus déehirans. Ses longues et tragiques infortunes la rendirent égale en vertus à sa
us tiL COKVEKTIOK NATIONALE. 363
tendre et sublime sœur, madame Elisabeth. 179s. Le crime de méconnaître et de haïr une telle reine commença pour les Français, même ayant la révolution. Ce crime fiit un de ceux que la pévolutioD leur fit itt:pier.
Les restes de Marie-Antoinette furent portés dans le cimetière de la Madeleine , et Consumés , ainsi que ceux de son époux , avec dé la diaux vive. Cependant les soins religieux d'un Français fidèle parvinrent h enlever et k conserver quelques ossemens de l'un et de l'antre corps , et ces reliques ont été déposées, depuis la restauration, à l'abbaye royale de Saint-Denis , d'où les fureurs sacrilèges de la révotntion avaient chassé les restes de la plus longue él de 4a plus bienfaisante suite de rois qu'ait comptée l'otiivers.
Ce fut le jour même où la Convention mit vioutioa la reine en jugement, qu'elle ordonna, parr^ royale* l'organe de Barrèré , la profanation des tom- * "**" *" beaux de Saint-Denis. Pas une voix ne s'éleva, même au nom des beaux^^arls, contre cette dévastation portée dans les asiles religieul de la mort. L'armée révolutionnaire n'avait pas attendu ce signal pour violer ces royales sépultures. Il fallut recourir aux moyens les plus savans et les plus dispendieux de lart de
ms.
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i7(>3i la distraction > pour briser les caveaux des trois dynasties. Ce n'était pas que ces rms chrétiens eusA^t^, comme les rois de FÉgypte , prodigué les trésors , épuisé les forces de leurs peuples , potR* prémunir leur poussière coutre un crime qui , en France , ne pouvait se prévoir. Mais à travers les grilles de fer , les murs de clôture, les fortes statues po*^ ;sées sur de larges mausolées , il fallait pénétrer a de vastes profondeurs. Que la France eût été successivement conquise par plusieurs peuples barbares, les tombeaux de nos' rois restaient en sûreté : car ils n'offraient rien ou presque rien à la cupidité sacrilège. Pour vouloir et pour exécuter une telle entreprise, pour aller chercher à travers les osseraens et sous les éclats d'énormes pierres, le sceau d'argent de nos rois et la quenouille de nos ruines, il fallait des barbares vomis par le siècle des trompeuses lumières.
Les travaux sacrilèges commencèrent le 5 août , et ne purent être terminés que le 3o octobre. La putréfaction sortait de plusieurs tombeaux ouverts « et nombre d'ouvriers en furent les victimes. Plusieurs corps n'étaient I» plus que cendres et squelettes ; d'autres semblaient n'avoir subi que les premières et les plus
P£ LA GOKVfilTTiœf NATIONALE. a(>5
récentes altérations de ia morti Henri lY sur- i ^g3. tout s'offrit aux coups de ces^ brigands presque tel qii4l s'était offert aux coups de Raviâiillac; Lowis XIV les épouvanta par la majesté de ses ttantSy que la mort avait respectés^ et par la couleur noire dont elle lès avait empreints, et qu'on eût dit opérée par la prévision dès malheurs de sa race et de ce jour d'horreur.
Les soldats de l'armée révolutionnaire, assistés . . par de nombreux jacobins, qui préféraient la nouveauté de .ces scènes au spectacle usé des écha&uds , jouaient , comme les fossoyeurs de Shakespeare, avec les augustes et formiT dables débris de la mort ; et , se jetant le crâne et le cœur de Saint-Louis , ou de Charles V, ou de Louis XII, ou de François P% à toi, se disaient-ils, à toi la tête^ à toi le cœur du tjrranî Des religieux préposés à la garde des tombeaux de Saint-Denis, suivaient comme des captifs la marche des brigands, et, pour la dernière fois, accompagnaient de leurs prières des restes si précieux , à mesure qu'ils' étaient dispersés ou jetés dans un gouffre com- . mun , creusé dans le cimetière de Saint-Denis J Ces ministres, ces généraux que la reconnaissance et l'amitié fidèle de nos rois avaient voulus pour compagnons de leur dernière de-
a66 . HisToiiiE
1 793. maure ^ œ farem poin^epargii»* Dto hoaunes qui portajout utte éfée {NPofiuièreiit ks restm de Dttguiéseliiit et de Tureane« Les ôiitoages fiiits aux piuft illustres mcurls attiraîMt à {MNue quelque \é^ signe d aUenlioii ^ daus «ne cay pitale où chacun tremblait pour sa« Tiev La Frauce , hébétée par les leçous de la pbUo- Sophie matéirialiske^ semblakconsêntipkviTre tens passé, sans histoire ,. sai^ aucun ^jet
fendu les tombeaux, et bientèt pexsomie ne se présenta pour la défense des autels.
Procès et Lu xMX€X de Louîs XVI avait ralenti pen-
si^pliGef des *^
Gûronahu. daut oudoues mois la cruauté des révolp*
Octobre. . . ^ ^ 11. .1
tionnaires : la mort de la reme mit les sup^ plices en perman^ice. On eut dit qua Técha- £smd était pour les Français le genre de mort le plus naturel. Parmi soixante-deux Girondins proscrits , vingt-deux étaient sous la main du tribunal révolutionnaire. Leur arrestation, pour la plupart y datait de la journée révolutionnaire du a juin , où ils s'étaient livrés euxmêmes à leurs bourreaux ; c'étaient Brissot y Vergniaud, Valasé, Gensonné» Lasource, * Fonlrède^ SiUery, Ducos, Carra, Duperret».
Gardien, Duprat; Faucbet, Beauvâis, Duchâtel, Mainvielle, Laçasse, Lehardi^ Boi*-
1)£ LA GONVKHTION KATIOKALE. %&]
leau j Antiboul et Vigée. Ç€aifQiidu& en prison & 79^ arec des royalistes ^e la loi des suspects y amei^it en foule 9 ils n'en essuyèrent aucun reproche ; mais ils éppQuyaient sans doute le tourment de ne^ pouvoir plaindre tout ce peuple de vktûnes, sans s'accuser eux-mêmes d'avoir prolongé et renouvelé les fureurs de la révolution. Vergniaiid montrait un calme dédaigneux. Brissot^ Lasource, Gensonné cherckaient à se tromper par lé travail d'u^ ^ défense inutile.. Le jeune Duços> pour faire diversion à ses chagrins, recourait pénible-* ment aux Jeux du bel esprit^ et sa gaité d'ostentation allait jusqu'à chansonner son malheur. L'aU)éFauchet, rappelé intérieurement à la religion , laissait lire sur son front des remcnrds qu'il n'osait confesser. Yalazé paraissait tranquille^ comme un homme affermi dans une résolution forte. Heureux, entre eux, ceux qui avaient prononcé un vote courageux dans le procès du roi ! heureux surtout ce Ehicfaàtel qui, dangereusement malade, s'était fait transporter à la Ginvention , pour arrêter^ s'il était possible , la narbere sentence.
L'acte d'accusation , rédigé contre les Gi^ rondins , ne faisait que répéter l'absurde roman où Saint-Just considérait le fédéralisme
1793. comme uaVoyalisme déguisé. A pdinecînq ou six d*entre eux y étaient -ils nommés.
Amenés au tribunal, le 3o octobre, ils s^eatendirent reprocher comme des crimes les seuls actes dont leur conscience pût être fîère. Ils voyaient plusieurs de leurs odieux collègues briguer à Fenvi le plaisir de fkire tomber leur tête, par des témoignages imposteurs. Chabot surtout signala contre eux sa rage^ par une déposition qui dévoile \% longue et tortueuse
y atrocité des complots du i o août. Ces scélérats
dans leur triomphe, se vantaient de plus de crimes encore que l'histoire ne leur en reproche. Puis on vit venir dans la ligue des témoins, cet Hébert, marqué par ses propres complices de tout l'opprobre des calomniateurs dans le procès de la reine. Chaumette et vingt autres infâmes le secondaient, et venaient avec plus d'impudence que de subtilité, accuser de royalisme les seuls hommes qui eussent de la sincérité dans leur f u neste amour pour la république. Pour repousser une telle accusation, au-:
cune des actions que les Girondins se reprochaient trop tard ne pouvait leur servir d'é-? .' gide. Lesjuges se tenaient immobiles comme au, procès de la reine. L'éloquence de Ver-^ ^uiaud n'avait point de prise sur ces cœurs'
DE LA CONVENTION NATIONALE. 26g
armés de bronze par un vieux jacobinisme. 1793. Cependant les spectateurs se montraient in-^ volontairement émus. Le peuple â€;mb]ait $e détacher avec peine de ceux qui l'avaient long* temps conduit. Chabot , Voul^nd , V^éier let d^antres Monts^ards couruj'ent avertir ; ji^ Convention. EUe.se hftu de.rendrçi pn d^*cret par leqjoel elie petmettçit, au pr^ideift du tribunal de- fermer les débats ^dè^^ tp^e la conscience des jurés serait éclairée ^ soit que les accusés eussent été entendus ou non. A ^peine le décret est^iLaj^rté au tribunal , les jurés qui n'ont encoire entendii ^ne deux ou trois accusés se déclarent cojdvftîpcus^.jaf^pas une minute n'est perdue pour prozxpnçer Jft mort des vin|;t-deux députés. Ce fut;iiUjf;rl^fl vi\^e la république! qu'ils reçurenl^ la, j^eqtp^CQ de^mort. Leurs acclamation^ ^ H^^? eml^sseniensy quelques écrits qu'ilç^jet^i^eot^afix spectateurs, excitaient daps J^'^^ipçi^lé^, u^^ rumeur confiase, lorsqu'un cri d'hçfrei^F/Sfir: lèye. On voit tomber eqsanglapte jl'up,de|sj copdamnés. Yalazé d'une main^sûne s'est percé le cœur d'un poignard qu^'il. avait caché. dans les replis de soa manteau ; ou le relève ^ U rend le dernier soupir. Les Juige^ .ordonnëref^t que son cprps inanimé fût €;Qndi|it au supplice/^
a^O HISTOIRE
>793. La longue charrette était rendue ^us in^ dense encore par l'aspeot d'un cadavre saa* gbnt et dëpouiUé.* Parmi l^s condamnés y les deux plus jeunes^ Boyer*J?onfrède et Docos ^ excitaient un vif intérêt de pitiq. Quelqae^ fois ils se tenaient embrasses; d^autres fbiails 4 répétaient en chœur avec leurs compagnons , des chants patriotiques dont ils dirigeaient Tapplication contre leurs bourreatix :
Allons , amis de la patrie , Le jour de gloire est ârrîré ; Goatre nous dé la tyrannie Le Goatean sanglant est levé. .
^ous les Girondins fagitife avaient écé mis hors la îoi, en sorte que, pour les envojr^r à la liiort , û suffisait dé demander leur^ ndM. Gorsas fut frappé'de cette manière.
Manuel avait cessé d'être député depuis le i5 janvier , jour où il pronon6a en faveuï^ du roi , ou du moins contre la sentence de mort , un vote courageux. La fureur que cet acte d'htimanité inatteddue excita datis la Moilfèfcgne, fut telle, qu'un député proposa dèle déclarer infôme. Saisi <f ihdignatîon, ou pedt-ètre en secret intimidé , il donna le léndi&main sa démission, se retira dans la ville de 9f otitargîs, sa patrie. La rage des jacobins sut Yf attein-
DU LA CONVEÎTTrOlï NATIONALE. ^71
dre; il fui sur le point d'être massacre par ^ijg). ses propres concitoyeDs. Il était encore couyert de blessctresi lorsqu'on lui appliqua la loi des fiuspeeïs. Il ne parut au procès de Itf Mine que pour y recevoir }a certitade d'one eùndamnation prochaine. De tous les députés ?ictimas du 3i mai, ce fui celui dont Tespirit fiit le plus IrouUé par des rem(»rds. Les actes expiatoires cp'il avait faits dans le procès du rm, ne calmeront point d'horriUes souvenirs.
L'un de ses compagnons de d^vité eut -la cruauté de lui montrer les piKer$ de la Conciergerie encore teinte du satig versé au a ^ptendre, et lui cria d'une r(Âx foi^te : Tïensj màlléupeuXy vois le sang que tu m fiUt ré^ panure. Manuel traversait en ce moniâtit là cour iflcràrieure du Palais, pour, se rendre à landtence du Tribunal révolutionnaire. Ni ce qu'il avait fiiit-aiu ao jtiin, au lo àotit, lii ce ip'oa l'accusait d'avoir fiiit au 2 septembre, rien ne put protéger devàm des bomméd sans pitié u^i révolutionnaire qui s'était attendri sur^ le aort de ta fiimiile xofsA.e. Il tnontra en allant à la oiort un trouUe aiiquel le péu(>Iè insulta j: car «on ne voyait alors de gvaâdéur d'Ame qu'à braver le remords.
Le comte de Kersaint avait aussi donné sa
1793. démission de membre de la CoQTentioii^ la veille de la mort du ^ roi qu'il avait vçulu sauv^ i après avoir , eu le malbëur de se joindre aux advf^rsaires factieux de la cour. Voici en quels termes Ijénergiques il exprima soa indignation :« Si j'ai : été réduit a me u tro&ver le collègue des panégyristes et des «^ promoteurs. dn:i septembre, je veux dé- <c. fendre ma mémoire dû reproche d'avou* été (( leur, coi99plio6. .Pour œla, il ne me reste /^.pli^ quTua poment. Demain (21 janvier) / M, il ne sera plus tpmps. » Deux jours s'étaient à peine pas^ ^ qu'il faillit payer de sa t^e ce mouTement Jgénéreux. IVIandé. k la barre de U <jOayention , il brava , par k .fierté dé - ses répon^^es , ceux, auxquels il . venait ^. reprocher leurs crimes. Fatigués de oèttei lutte contre uijL.hidmme que l'indignation reédail 'intrépide 9 ilSiprirén); le parti de différer/^enr vengeao^ce* Danalémoi&.dlocftohrAy Kerafint fmt ai^c}ié4e » sretraite; les Ja^odniis pararf^t lftQg*^^mp^ l'avoin QidUiéidaiQ& la prison; il 9Q,pérîAqu^ pende jowfr avant kt< journée qui s^i;y2^c)a JFifapGe^ G'était.un: mnim id/ilneibravQure brilla(nte^ ^t, d'ujc^e, habile té icoasoptmée. Il s'était illustré |>ar un combatiglorienoc dans la guerjce d'Améri^e*^ L'ambition^ de^ diriger
contre l'Angleterre une escadre française ^ lygS. l'engagea fort avant dans la révolution ; mais il nrourut pour avoir tenté de sauver les jours du roi.
Tel avait aussi été le vœu , tellfe avait été la conduite de Babaut-de-Saint-£tienne ^ ministre de la religion protestante. Né d'une famille où le même ministère s'était exercé à travers mille périls , depuis la révocation de redit de Nantes, sans doute il avait été nourri dans des préjugés héréditaires contre l'autorité de nos rois. Il montra dans l'As* semblée constituante des principes révolutionnaires fort absolus, mais dont l'expression était un peu tempérée par la politesse du langage , et les habitudes d'une âme faite pour des sentiinens paisibles et bienveillans. M. Lanjuinais eut à la Convention , dans l'infortuné Rabaut, un digne second, pour ce qu'il entreprit de .piliis courageux et prononça de plus énergique. Babaut, après le 3i mai, erra de retraite en retraite. Mais fatigué d'inquiéter et de compromettre ceux qtii lui donnaient asile fil prit le parti de rentrer dans Paris, et y vécut caché chez un ami. Animée du plus tej:idre amoiir , sa femme veillait sur ses dangers. Elle sortait quelquefois : elle rencontra IL 18
lygX un jour un des collègues de son mari, qui avait le plus concouru à la proscription des Girondins. Il avait beaucoup connu Rabaut ; malgré la division des partis y il ne lui avait jamais montré d'inimitié personnelle. Madame Rabaut 9 épouvantée à Faspect de cet honime, veut le fuir. Il l'aborde avec Texpression de rintérét et delà douleur. Il vent, dit*il f protéger Rabaut dans sa retraite ; il lui dopnerait un asile jusqiie dans sa maison. Cet entretien est rapporté à Rabaut. II est sans défiance : pourquoi ne se découvrirait^il pas ^ à ce collègue compatissant ? Il mettrait à Tabri de tpi^t danger Thonnête famille qui lui donne l'hospitalité. Il fait connaître sa demeure au Montagnard t Une heure de la nuit est indiquée pour le recevoir. A cette nnème beure on frappe. C'est ce député , cet ancien con»pagnon dans lequel on espère. Afais ce monsti^e de perfidie est accompagné de gendarmes; il vient arrêter le malheureux, qui lui tendait les bras, Rabaut était hors la loi. W ne fit que passer du tribunal à l'écba&ud^ Son généreux hôte 9 la femme de celui-ci fuirent im'^ moles après lui. Madame^ Rabaut avafit été seule épargnée par le traître. Dans son dé*ae^poir, elle se donna la mort. .
DE LA CONVENTION NATIONALE. a-JD
Roland avait pu quitter Paris ^ et s'était di«- 1 793. rigé vers la ville hospitalière de Bouen; Sa ï^^ocè» de
^ , , madame Ro»
femme avait eu le regret de ne pouvoir le sui- laad. vre ; car tous ses pas étaient observés depuis long'temps. Elle fut arrêtée à la suite des événemens du 3i mai. On exigeait pour prix de r
sa Uberté , qu'elle indiquât la retraite de son mari ; c'était la condamner à une prison perpétuelle. Ce fut une sorte de phénomène que de voir une section de Paris oser, dans la terreur universelle, protester contre l'arrestation illégale de madame Roland , et réclamer sa liberté. Cette section semblait croire que Paris était encore capable d'un mouvement de courage. Les jacobips repoussèrent avec plus de dédain que de fureur cette vaine tentative^ Le moment de frapper n'était pas encore venu. Certaine de sa mort, madame Roland ne s'occupa que de donner de la gloire à ses derniers instans. On lui fit subir plusieurs interrogatoires; c'étaient autant de triopiphes pour elle. On eût dit à la dignité de son maintien , àia subite éloquence de ses apostrophes, que c'était elle qui interrogeait le Comité révpiutionnaire. Elle écrivit àRoberspierre, non potir le fléchir , mais pour le braver. Elle le savait incapable de remords ,
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^93. mais fort susceptible de peur. Appelée comme témoin dans le procès des vingt-deux députes, elle s applaudissait d'une occasion qui lui paraissait offerte d'honorer s^s amis. M&is on eut soin de fermer les débats avant que madame Roland pût parler. Environnée dans sa prison du respect involontaire de ceux même qui avaient à lui reprocher sçs emportemens républicains, elle écrivit ses Mémoires , monument de la force de son âme et de la vivacité de son esprit. Tandis qu'elle avait l'échafaud en perspective, elle pouvait revenir sur les paisibles ^souvenirs de son enfance et de sa jeunesse 9 et les retracer avec assez d'agrément et de fraîcheur. Dans ces Mémoires trop imités des Confessions de J. J. Rousseau, on découvre facilement le principe des erreurs politiques de madame Roland. Tout s'explique par le choix déréglé des lectures que lui permettait une mère peu prévoyante, et par son incrédulité précoce et pédantesque. La seconde partie de ces Mémoires, relative à plusieurs événemens dé la révolution, offre des couleurs plus vives et plus fortes. Si elle a lu tard, elle a du moins lu profondément dans l'âme des scélérats dont elle fut d'abord et la dupe et l'amie. Elle est aussi éloquente
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dans son mépris que dans sa haîne. Il est vrai 1793. que les illusions de Tamitié lui dictent pour les députés girondins des jugeraeils peu exacts, des éloges passionnes, que l'histoire repousse. Souvent Torgueil de sa conscience fait peine ^ cause même quelque épouvante. On est fâché de voir sa fierté s'armer contre le repentir. Oh! quel effet ne produirait -elle pas sur les âmes^ si on la voyait dans ces Mémoires s'incliner devant le roi-onartyr, et mouiller de ses larmes la lettre criminelle qu'elle osa lui adresser au nom de son époux !
Le tribunal révolutionnaire devant lequel madame Roland fut appelé^, ne crut pouvoir trop tôt prononcer la clôture des débats ^ afin de prévenir l'effet de son éloquente fierté. Après quelques unes de ses réponses^ le peuple était déjà frappé d'admiration ; mais voici ce que disait ce peuple : x< Cpmme elle les « étonne! comme elle les embarrasse! Quel (c courage! il sera beau de voir monter une « telle femme à l'échafaud ! » Madame Roland fut conduite au supplice avec M. Lamarcbe ^, qui ne montrait point une fermeté égale à la sienne. Elle s'occupait à ranimer son courage^ et même à faire naître un sourire sur ses .* I^recteur de la fabrication des assignats. .
1793. lèvres. Elle eut la générosité de renoncer pour lui à la faveur qui lui avait été accordée de monter la première à Téchafaud. L'homme à qui elle s'était adressée avait refusé d'abord. « Pouvez-vous , lui dit-elle avec galté , refuser (c à une femme sa dernière requête? » En voyant une colossale et effrayante statue de . la liberté, placée près de l'instrument de mort, elle s'écria : O liberté! que de crimes on commet en ton nom! Peu de jours après, on trouva sur la route de Rouen à Paris le corps sanglaat du mari de cette femme courageuse.
Elle avait prédit qu'il ne lui survivrait pas. Son de pia- Ceux des députés qui , en sortant d'Évreux
sieurs autres t r>\ « «^ii • ^
.Girondias. ct 06 Cacu , apres un misérable essai de guerre civile, s'arrêtèrent en Bretagne, y trouvèrent l'hospitalité la plus sûre parmi les royalistes de cette contrée. Ainsi furent récompensés M. Lanjuinais et quelques uns de ses compagnons, des efforts qu'ils avaient faits pour sauver les jours du roi. Mais le plus grand nombre des députés fugitifs se figuraient encore que le midi soulevé pour leur cause ne poserait jamais les armes. Us affrontèrent, pour se TOndre à Bordeaux , le danger de rencontrer sur leur route des comités révolutionnaires , de village en village. Leurs guides furent
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assez habiles pour les leur faire éviter. Mais 1793. chaque pas qu'ils faisaient détruisait leur illusion f et montrait à ces hommes si follement passionnés pour la république, le hideux spectacle d'une république en France. A peine étaient^ils arrivés à Bordeaux^ que cette ville, leur principal espoir, tomba sous le Joug dd cette Montagne qu'elle avait bravée, défiée, outragée, mais qu'elle n'avait point su com^ battre. Lès trois députés, Grangeneuve, Birotteau et Cussi furent les premiers arrêtés par l'effet des visites domiciliaires. Tallien,. chargé d'épouvanter et de punir Bordeaux , les fit décapiter. Une sœur de Guadet , madame Boucquey, se dévoua intrépidement aux dangers de son frère et de ses amis,.
Péthion, Barbaroux, Buzot, Louvet et Vajade* Elle parvint à les conduire à Saint- Émilion , et les cacha dans une cave asse2»
spacieuse. Une cruelle disette affligeait Bordeaux et ses environs. Madame Boucquey n épargnait rien pour subvenir à l'entretien des proscrits, parmi lesquels le moins pauvre possédait à peine nue somme de quatre ou cinq cents francs. Cbacuu d'eux trouvait en elle les soins d'une sœur. Ce fut dans cette retraite obscure que Buzot écrivit desi Mé-
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1793. moires dont la véhémence contraste avec le ton sec et froid des discours qu'il prononçait à la tribune. On y voit que toute illusion avait cessé pour ces hommes qui s'étaient si cruellement obstinés à la fajtale épreuve de la république ; mais on y cherche en vain l'expression du repentir. Les Montagnards multipliaient tellement les crimes , que le remords s'effaçait trop facilement dans tous ceux qui avaient eu le courage de les combattre. Il semblait qu'une telle expiation tint lieu des bons souvenirs d'une conduite constamment loyale. L'espoir de se venger^ lors même que tout le repoussait , les occupait seul dans ce souterrain hospitalier. On peut en juger par les expressions suivantes de Buzot dans ses Mémoires :
« Oui, me venger! dit Buzot, venger mes « amis, leur mémoire de nos barbares oppresu ^eurs , c'est là tout l'objet de mes vœux et i< de mes espérances! Il m'occupe tout entier; « je le médite le jour , il se reproduit dans ic mes songes » et je ne vis plus que pour « remplir cet unique et dernier devoir. ^
ce Et qui de nous , sans cet espoir consola- ' « teur, aurait pu consentir à traîner si longue temps une inutile et douloureuse vie, de
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ce districts en districts, de maisons en mai- 179^. (< sons y tantôt errant dans les landes sauvages c< ou dans les bois déserts de la Bretagne et « du Périgord , tantôt parcourant deux cents fc lieues sur FOcean , exposés aux maladies , a aux tourmentes de la mer agitée , aux in- (c cursions des Anglais piratant dans ces pa** « rages , et aux dangers mille fois plus cruels (c que les Anglais et les orages, d'être ren-^ (c contrés et reconnus par des Français, trouve vaut partout des cœurs froids , indifTérens (c ou glacés par la peur, ou des âmes atroces , ce altérées de notre sang , et prêtes à nous ce livrer pour le plus modique intérêt ! Qui de ce nous, sans cet espoir consolateur, eût pu ce consentir à survivre à la liberté de notre ce pays, à la mort de nos amis, à notre indéce penda^ice personnelle? Hélas! déjà nous ce ne sommes plus! ou ce qui reste de nousce rïiêmes n'est plus qu'à la douleur. Ce qui ce nous rendait chère la vie nous a sans doute ce devancés dans la tombe : nous n'avons c# d'autre consolation que d'en douter encore. « Orphelins sur la terre , abandonnés iclé tout , ce étrangers à tout, nous ne savons plus à qui ce parler notre langage : nous n'entendons ce pas celui qu'on nous parle; tout ce qui nous
1793. c< approche est insensible et froid comme le « tnarbre des tombeaux. La nature » dans ses c< plus silencieuses retraites , . inspire à nos ce cœurs flétris un seul sentiment vrai de plaiw sir et de vie, et l'univers n'offre à nos regards cr attristés qu'un vaste désert , où nos amis sont i« jetés sans sépulture et Sans honneur»
a Vengeance, j'implore tes fiers et terribles ce secours! soutiens les restes languissans d'une H vie consacrée à te servir! Que je puisse voir « les tyrans de mon pays abattus! qu'ils extf pient leurs forfaits par un supplice digne a d'eux ! que JQ puisse à forces égales les « combattre» et les faire punir par les lois! (< ou si elles ne peuvent pas les atteindre > ou a que l'intérêt et l'injustice n'osent pas les « frapper après leur trahison , puissé-je con- « naître les lieux qui lés recèlent , le pays qui « les tolère! puissé-je d'un fer mortel leur ff percer le sein ! qu'ils sachent que le coup (c est parti de ma main ; et qu'ensuite je meure ! (ç Péthion, Barbaroux, Guadet, Lesage, Lou* a vet y et toi » Salles » et vous tous qui sur-* « vivez à la persécution et à la tyrannie de (r nos persécuteurs y mes devoirs sont les vôa très , vos sermens sont les miens. Le ciel en « est témoin , nous saurons les remplir. »
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Tallien vînt faire une visite à Saint-Emi- 1793. lion ,. et ses perquisitions furent vaines : peut- -être les avait-il rendues moins ardentes , parce que tant de sang versé commençait à lui inspirer de l'horreur. Les députés proscrits résolurent de se séparer. Guadet resta avec son ami Salles , dans le souterrain sur lequel veillait sa sœur. Péthion, Buzot et Barbaroux furent cachés dans la maison d'un perruquier de Saint-Ëmilion, nommé Trouchard. Louvet et Valade tentèrent de retourner à Paris; ils prirent une route différente. Valade fut bien- . tôt arrêté. Louvet osa marcher vers la capitale; une femme qu'il aimait ]e sauva. Une seconde recherche pour laquelle avaient été appelés deux cents brigands ^e l'armée révolutionnaire , fît découvrir Guadet et Salles. Le père, le frère et une tante de Guadet suivirent à l'échafaud les deux députés mis hors la loi. Peu de temps après , leur généreuse bienfaitrice, madame Boucquey, et son mari , furent arrêtés et condamnés.
La tgrreur était alors dans toute sa violence. On n'immolait plus un individu jugé dangereux , sans frapper du même coup tout ce qu'on avait pu arrêter de membres de sa famille.
1793. Péthion, Buzot et Barbaroux furent quelque temps après forcés de sortir de la ville de Saint-Émilion , où la disette était devenue une véritable famine. Leur hôte Trouchard qui^ depuis six mois, s'exposait chaque jour pour eux à la mort, leur remit un pain qui lui restait pour la subsistance de sa famille. Tous trois, à peu près certains de périr, s'étaient juré de ne point tomber vivans entre les mains de leurs ennemis. A peine avaient-ils fait une lieue ou deux, ils voient une troupe assez nombreuse sortir du village vers lequel ils dirigeaient leurs pas. Cétait pour une fête : mais ils se persuadent que c'est Tarraée révolutionnaire qui vient pour les arrêter. Ils se reti- / rent dans un bois de pins, et là ils exécutent leur résolution désespérée. Barbaroîix fut saisi. Mortellement atteint, on le conduisit à Castillon. Il lui restait un souffle de vie dont les bourreaux profitèrent; Peu de jours après, on trouva les cadavres deBuzpt et de Péthion; un bras de ce dernier était mangé par les loups. Lebrun, ministre des affaires étrsgigères, fut condamné par le tribunal révolutionnaire comme ami de Brissot. Clavière, ministre des contributions, allait l'être. au même titre; il prévint son sort; dans la prison, il se perça le
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cœur avec un couteau. Sa femme, peu de 1793.
jours aprèwS^ imita l'action désespérée de son mari. Un jeune partisan des Girondins, Gîrey- Dupré, qui annonçait un talent précoce, illustra sa mort par l'enthousiasme de Tamitié. Le tribunal révolutionnaire lui demanda s'il était l'ami de Brissot. « J'étais son ami. — Et que « pensez-vous de lui? — Il a vécu comme Aris- « tide, et il est mort comme Sidney. » Sans confirmer ce jugement ^ l'histoire ne peut qu'admirer l'ami intrépide qui s'exprima ainsi dans de telles circonstances.
Condorcet resta pendant huit mois caché à Paris. La manière dont il trompa ses dou-* leurs, ses ennuis, et peut-être éluda ses remords , annonce la force des illusions qui peuvent se joindre aux méditations philosophiques. Quand tout lui montrait l'agonie de la société humaine, il rêvait à la perfectibilité indéfinie qu'elle pouvait atteindre; il paraissait ne pas douter que les sciences découvriraient le secret de rendre la vie de l'homme immortelle, et tâchait, dans son génie législatif, d'indiquer les moyens à l'aide desquels la terre pourrait supporter un nombre prodigieux d'habitans. C'était par un tableau de ce genre qu'il terminait son Esquisse des
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] 793» progrès de l'esprit humairi, le seul des ouvrages de cet auteur où une instruction profonde soit présentée avec darte, et sous des formes à la fois nobles et faciles. Pour remercier Tamie qui lui donnait asile ^ il composa une longue pièce de vers où Ton a remarqué ceux-ci :
Ils m'ont dit : Choisis d*étre oppresseur ou yictime ; J'embrassai le malheur, et leur laissai le crime.
En lisant dans les feuilles publiques les nombreux et continuels exemples des personnes condamnées pour avoir donné asile à des proscrits, il s'effraya pour son amie j et lui annonça la résolution de la quitter, m Vous ne pouvez (( me garder, lui dit-il, je suis hors la loi. — ((Mais, lui répliqua-t-elle, nous ne sommes (c point hors de l'humanité, a Un poison qail portait avec lui , et dont le médecin Cabanis avait fait présent h plusieurs' de ses amis menacés de l'échàfaud, lui faisait braver avec plus de fermeté les chances d'une irie errant^. Il pa];;tit sous les vétemens d'un ouvrier, osant q peine i^nlrev dans un village.^ et ne se confiant qu'à des carrières pour, y passer la nuit. Si quelquefois il osait frapper à lav porte de ces maisons de campagne où il avait gbùté le plaisir de doux et savans entretiens/ les
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domestiques n'ouvraient qu'avec effroi à cet 1793. homme qui s'offrait sous les dehors les plaa hideux de la mendicité, ou sous les dehors
bien plus terribles de la proscription. Presque partout il apprenait que le maitre était absent, arrêté, ou que déjà il avait été frappé. La douleur d'une blessure qu'il s'était faite, et la faim le forcèrent d'entrer dans le village de Clamart. D'abord il fit peur à l'hôtesse; ensuite elle l'observa , et la finesise du linge qu'il portait lui révéla tin proscrit sous: l'extérieur d'un mendiant. Elle le dénonça à des
gendarmes qui l'acrrêlèrent , et le jetèrent dân$ une prison au Bourg-Ia-Reine. Quand ils se présentèrent le lendemain pour le conduire à'Paris, ils le trouvèrent mort, par l'effet du poi$on qu'il avait avaié dans la nuit.
' Roberspierre , déterminé a perdre cHacun Procès de de ses conctrrrens à la tyrannie , prononça ces \ét^.^ paroles à la tnbune des jacobinsr : Il faut que - Philippe d^ Orléans fneure. Tous les hommes dont ce prince avait tenu pendant quatre ans les fureurs à ses gages ^^ répétèrent d'utië voix sonibt^ ^ : Qu^il meure f La foi de brigands élliit |ièû dônnuep&rmi' lès jacobins; Lo^uè la Cohvetifioh séVît CQhtreleis complices de Duaioari^2>-ce^^riâl:e avait - été éloigrié de
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1793. Paris y ce qui semblait indiquer rintention do sauver ses jours. On lavait conduit à Marseille , au fort Notre-Dame de la Garde. Bientôt arrivèrent dans la même prison, le duc de Montpensier et le comte de Beaujolais. Le premier , ainsi que le duc de Chartres , avait déjà suivi la carrière des armes; il s'était distingué à la bataille de Valmy et à Jemmapes. On l'arracha de l'armée d'Italie y où il servait sous les ordres du général Bîron, engagé depuis longtemps dans la funeste amitié du duc d'Orléans. Les deux jeunes princes passaient pour aimer peu une révolution si funeste aux descendans de Saint-Louis; mais ils tachaient de concilier cette aversion secrète pour d'affreux principes, avec l'amour d'un père qui, pour unique vertu , leur montrait de la tendresse. La prison de ces deux jeunes princes dura près de quatre ans. Ils y eurent long*temps pour com- / pagnon le prince de Conti, qui n'avait rien de la vivacité brillante de sou père et de ses aïeux, et qui s'était vainement persuadé qu'un Bourbon pouvait mener une vie obscure et tranquille, durant les tempêtes révolutioniiairei^. J'aurai, dans le volume suivant, une occasion de raconter quelques détails intéressans de la captivité des jeunes pr^nc^^
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Je reviens ^u duc d'Orléans. Il fut conduit ^793à Paris ^ et y .arriva deux jours après la mort des vingt-deux députés qu'on avait accusés d'être ses complices.^ eux qui avaient demandé son expulsion avec tant d'ardeur. Traduit devant le tribunal révolutionnaire ^ il avait à présenter l^ipologie la plus faite pour toucher de tels juges, les crimes du 5 octobre, ceux du lo août, et le vote du 17 janvier.
Mais ses juges l'écoutèrent avec un dédain concerté 9 et lui-même prit peu de soin pour une défense qu'il jugeait inutile. L'apathie lui tint lieu de courage. Il reçut sa condamnation avec un sourire^ et demanda pour unique grâce qu'on ne remit pas , comme c'était l'usage , son exécution au lendemain. Qu'aurait -il fait de ses souvenirs pendant vingt-quatre heures de méditations? Cette grâce lui fut accordée. Il prit son dernier repas avec sensualité. La foule, augmentée cette fois de quelques royalistes y se pressa sur son passage. Le plus grand nombre exprimait de la joie; pas une âme n'exprimait de la douleur. Le duc d'Orléans paraissait tranquille , et même assez gai. Ses regards s'arrêtèrent quelque temps sur le Palais-Royal; il semblait se rappeler plus les plaisirs qu'il y avait goûtés^