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^^ HISTOIRlL
179). que les oomplote qu'il y avait ourdis. Jamais h<Hnme ne parut plus convaincu du prochain anéantissement, de son àme; et l'on vit en frémissant combien le matérialisme est propre à multiplier les crimes , par la paix qu'il donne aux coupables.
Roberspierre porta ensuite ses regards sur ses autres collègues-' de l'Assemblée constituante, tous coupables d'avoir exprimé de la fatigue et de l'ennui, pendant les longs, aigres et monotone^ discours qu'il tenait dans cette brillante assemblée. Plusieurs avaient, à ses yeux , le crime plus grand encore d'avoir fait admirer leurs talens. Le jaloux rhéteur fît poursuivre d'abord les plus illustres , et en* suite jusqu'aux plus obscurs. Le niveau de la mort fut établi entre ceux qui n'avaient pas > craint d'être factieux au nom de la philosophie et des lumières , et ceux qui n'avaient cessé de les combattre I sous les auspices de la monarchie et de la religion. Heureusement plusieurs des députés royalistes n'étaient pins sous la main des satellites de l'avocat d'Arras. En parcourant les listes de mort, je juge que près de deux cents membres de l'Assemblée constituante furen( conduits au supplice. Un plus grand nombre attendaient le même sort
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dansées prisons. Vingt ou trente ConsUtuans, 1793. tek que les Barrère y les Vadîer, les Vouland , figuraient parmi les plus odieux ministres d^ la tyirannie : en les exceptant ^ eux et une soixantaine de lâches , il n'y avait plus , dès l'année 1 793 ^ un des premiers auteurs de la rëvolution qu'elle n'eût égorgé ou proscrit.
Entre toutes les victimes de la révolution , supplice de aucune ne-fut livrée à un supplice plus korri- *' ^' blement raffiné que Bailly ; et jamais un homme ne parut plus appelé au bonheur^ par l'égalité dç son caractère y la simplicité de ses goûts ^ la bienveillance de son âme, et l'heulreuse variété de ses talens et de ses études. Sans avoir dans les sciences un génie inventeur , il savait en retracer les résultats avec clarté , agrément et noblesse, lorsqu'il ne sacrifiait pas au goût du bel esprit. Son Histoire de VÂstfbnomie ^ joint au mérite des recherches faites avec patience, mais souvent avec une sagacité trop subtile, des tableaux imposans , et quelquefois dignes de ceux de Bufibn. En vivant avec des incrédules , il ne professa point l'incrédulité , et fut un sincère adorateur de Dieu , dans un ^ temps où la science se prostituait stupidemexit à l'athéisme. Son nom sera toujours béni dans les hôpitaux. Il traça dans un mémoire élo-
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1793. queat un plan d'amélioration, que le génie de rhumanité sut accomplir, quand la révolution fut enchaînée. Une déplorable confiance dans les lumières de son siècle , et un immense besoin d'espérer pour les hommes, le firent marchef quelque temps, et presque à son insu, dans de$. voies factieuses. Par le serment du jeu de paume ^ qu'il provoqua, il fit avorter touS'les heureux effets d'une transaction proposée par le roi, et ruina l'autorité de nos vieilles institutions monarchiques. Bientôt il voulut rentrer dans Tordre, comve dans son élément naturel; mais l'ordre n'avait point de plus grand enncjmi que la constitution même sur laquelle on voulait l'aj^uyer. Il déploya beaucoup de courage et de fermeté dans cette journée du Champ^ie-Mars, la seule où Paris sut soutenir un combat sérieux contre l'anarchie. C'était le souvenir de cette journée qui animait contre lui les jacobins. Arrêté à Melun peu de temps après le 3 1 msû , il était . considéré comme une proie d'élite, réservée non seulement au tribunal révolutionnaire, mais aux fureurs du peuple. Il connaissait la rage de ses ennemis deyenus ses juges, et disait souvent : Ils changeront pour moi le supplice. Une sî cruelle certitude n'altéra
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point sa fermeté , lorsqu'il fut entendu comme témoin dans le procès de la reine. Le ii novembre, il fut appelé comme accusé. On fit paraître cdffi*e lui des brigands qui disaient avoir été blessés dans Taffaire dii Champ-de- Mars. Aucun témoin ne parlait sans le couvrir d'invectives et d'imprécations. Ils se donnèrent rendez-vous pour le supplice^ et se livrèrent à toute leur barbarie. On avait suspendu sur la charrette qui le couj^uisait , le drapeau rouge qu'il avait fait déplc^jer au Champ* de-Mars* Comme il était arrivé sur la place de là Résolution ^ les assassins trouvèrent sou agonie trop courte, et pour la prolonger de quelques heures encore , ils exigèrent qu'il fut exécuté dans le lieu même où il avait fait proclamer la loi martiale. L'échafai^ fut démonté, et Bailly le suivit à pied. Le Champde-Mars n'est point encore le terme de ses souffrances. On y brûle le drapeau rouge , et on l'agite tout enflammé sur sa fi^re; puis on s'écrie du milieu de la horde, çe^e F enceinte du Champ'de-Mars serait souillée par le sang d^un si grand crimineL L'échafaud est encore une fois démonté, Bailly encore obligé dé recommencer le fatal trajet. Ses membres étaient glacés par le froid et la pluie. « Tu
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^793. u trembles y lui dit un des bourreaux. — - Oui , (c je tremble, lui répondit le vieillard, mais ' M C est de froid. » L'écbafaud fut dressé sur un fumier , et BaiUy obtint enfiMa mort.
suppUce de L'éloquent Barnav'e ne tarda pas à suivre Bailly au supplice. Depuis près d'un an, il avait été arrêté à Grenoble, sa patrie. Danton, reconnaissant des soins que ce député avait pris pour le sauver après l'affaire du Champ-de«- Mars , avait tf nté tous les moyens de le soustraire du mojQsau tribunal révolutionnaire; mais un décret d'accusation formel l'y appelait, et Danton avait perdu son crédit. Convaincu qu'il prendrait un' soin inutile , en défendant ses jours devant un tel tribunal, Barnave ti'en céda pas moins au désir de démontrer k ses juges lem* barbare injustice. On n'a pas conservé son plaidoyer ; mais ceux qui l'ont en* tendu en parlent comme d'un chef-d'œuvre de raison , de véhémence et de force d'âme. L'impressio* fut vive sur l'auditoire, et nulle sur les juges. On rapporte que Barnave, en montant au tribunal , fut abordé par un de ses compatriotes , député à la Convention , qui l'embrassa avec une vive tendresse. Barnave le remercia de ces témoignages de sensibilité. « Ne t'y trompe pas , répondit le Mon-
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a tagnard^ je pleure sur loi, mais comme 179S. fc Bru tus pleurait sur son fils, avant de le \ H coodamner à mort. » Ce député fit ensuite, d^s le cours des débats , une déposition terrible contre Barnave. Ainsi fut arrêté dans la carrière de son repentir, ce brillant orat^ùr^ dans le cœur duquel une reine malheureuse avait m rappeler des sentimens d'humanité et d'honneur pour lesquels il était né.
Le genre de son talent avait été comparé souvent à celui de M. Pitt , qui gouvernait alors l'Angleterre. Quelle différence entre leurs destinées! --
Duport Dut^rtre , qui avait été ministre de \ Louis XVI, dans les temps affreux de la révolu*^ tion^ fut condamné le même jour que Barnave.
J'aurai à parler tout à l'heure de plusieurs SnppUce de autres membres distingués de l'Assemblée Séraw." ** constituante, qui éprouvèrent ce sort funeste. L'ordre chronologiquement que je mentionne maintenant plusieurs généraux dont l'affreux tribunal trancha les jours. Avant d'en faire ^ une longue et fort incomplète nomenclature , je dois dire, avec la certitude historique la plus parfaite-, que, parmi tant d'hommes condamnés comme traîtres, il n'y en eut pas un qui neserj^it fidèlement la république, même
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I ^q3. en détestant le régime sanguinaire auquel elle était asservie. Tels avaient été les sentimens du général Custine. Toutes ses opérations militaires furent soumises à l'examen de juges^t de jurés qui connaissaient mieux les massacres que les comliats. L'embarras était moins pour ]ui de se justifier que de se £aire comprendre. Il trouva des accusateurs parmi plusieurs de ceux dont il avait &it la fortune. Le général Houchardy auquel il avait confié son avantgarde, et dont il n'avait cessé de vanter la brillante valeur, dans ses rapports, fit contre son bien£aiiteur une déposition odieuse. Un exemple opposé fut donné par le général Baraguay-d'Hilliers, qui se fît une noble loi de le justtifier sur tous les points. Ce général fut arrêté au sortir des débats , et ne recouvra sa liberté qu'après le 9 thermidor. Les jacobins s'indignaient de la longueur du procès de Custine , et de l'indécision des juges. Une jeune femme doqée de la beauté la plus touchante, et d'une éloquence de cœur qui paraissait irrésistible, défendait encore le général contre la fureur des jacobins. C'était la jeune épouse de son digne.fils:elle assistait à toutes les audiences; et quand une réponse victorieuse avait été fournie par le général ou par son défenseur.
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elle semblait la graver dans le cœur des juges par l'expression de ses regards. Si la séance était suspendue , elle résumait devant l'auditoire tout ce qui avait été dit déplus lumineux pour la défense de son beau*père : elle y ajoutait des faits dont elle était instruite. Elle seml)lait être Torgane dé la vérité aussi-bien que celuf de la piété filiale. Inutiles efforts ! les jurés reçurent Tordre de condamner Custine; il fut conduit à Téchafaud. Déjà la multitude demandait aux condamnée qu'ils se présentassent à la mort, avec cette même fierté que le peuple de Rome exigeait des gladiateurs mouran». Custine dédaigna ce soin frivole; il ne trouva d'appui que dans le secours de la religion. Il parut sur la fatale charrette, accompagné d'un confesseur , et la foule murmura. "^
Quel fut le 'général qui remplaça bientôt Custine au tribunal révolutionnaire? Ce même Houchard, son ingrat dénonciateur. Il sortait pourtant de remporter à Hondschootte cette brillante victoire qui changea toute la destinée de la cahipagne de 1793. On lui reprochait; avec une grossière invraisemblance, de s'être laissé corrompre par ce même duc d'York qu'il avait vaincu. Il paraissait confondu par
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1793. Vabsurdité même de l'accusation. Les jurés ne consultèrent que les ordres de leurs mai* très f et le condamnèrent.
Peu de temps après, Custine fils expia $a piété filiale. Il n'avait point eu pour la révolution cette sorte de respect qui avait entrain^ trop loin son père. Un fait certain» c'est qu^il était du nombre des ToyalisCes qui dans la nuit du 10 août veillaient pour la défense du château. Le principal grief d'accusation contre lui était une mission qu'il avait remplie auprès du duc de Brunswick , au commenceinent de l'année 179^9 et dont l'objet était d'ofirir à ce prince l'emploi do. généralissime des armées françaises. M. de Custine ^dans sa réponse, émut ou persuada tellement l'audi-^ toire, que l'on entendait dire tout haut : u On (( ne pourra condamner ^et excellent jeune « homme. » L'arrêt de mort confondit* les espérances du public. Custine , avant de marcher au supplice , écrivit à sa jeune femqie une lettre où le pathétique n'exclut pas une rare fermeté d'àme.
Le général Alexandre de Beauharnais avait été sur le point de faire lever le siège de Mayence; mais il avait été trop mal secc^ndé pour réussir dans cette entreprise. Tputmal-
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heur était puni parla mort. Sa veuve et son Ji7g3. fils étaient réservés à des destinées éclatantes.
Le maréchal Lukner, étranger^ dont les tàlens avaient été très vantée , où avaient subi leur déclin , fut en butte à la colère d'une faction qu'il n'avait ni flattée^ ni offensée. Ses opinions politiques n'avaient rien de fixe; mais sa neutralité fut punie comme un crime.
n faut joindre à ces victimes le duc de Biron , que l'amitié unit trop long-temps avec le "* duc d'Orléans , et qui méritait par les qualités de son cœur d'être l'ami des gens de bien; le général Brunet ^ qui avait commandé l'armée des Alpes, sans revers et sans succès éclatans , et qu'on soupçonnait d'attachement pour la cause des Girondins ; le général Lamarlière, qui avait habilement couvert la frontière dû Nord par une guerre de postés , dans laqu^le il avait souvent vaincu ; Beysser, qui avait concouru à sauver Nantes de rat*taque des Vendéens; le général Quétineau j qui , 6ait prisonnier par les royalistes , et s'étaçt montré par sa bravoure , par sa bonne discipline , digne de leur estime , ayait été vainement conjuré par M. de Lescure d'abandonner la cause de la république, et de ne point venir présenter sa tête au tribunal ré-
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1793. volutionnaire ; le général Chancel, illustré
par la longue défense de la forteresse de
Gondé ; et plusieurs autres que je ne puis faire
entrer dans cette liste funèbre.
infAme apos- Je quitte Un moment le tribunal révolu-
tasie de plo- ^ * • •■ 1 -
iicort twé- tionnaire , auquel mon horrible sujet me ra7
^ei et ctirët , -r r^ j Tk •
constUttUon- mènera sans cesse. La Commune de Pans et la Convention m'offrent d'autres scènes d'horreur f jusque dans leurs jours d'allégresse et de fêtes. L'athéisme servait de cuirasse à tous ces s^sassins; mais quelques uns, et Boberspierre était de ce nombre, trouvaient bon de garder pour ^eux cette sécurité du cç'ime.
Pache, Hébert et Chaumette, chefs de la Commune de Paris ,\ voulaient, suivant leurs expressions , détrôner le roi du ciel aussUhien que les rois de la terre ^ et continuer les massacres au milieu d'une perpétuelle orgie. Us voyaient avec jalousie et fureur la^^puissance du Comité de salut public s'élever au-dessus de celle de la Commune de Paris, et s'étonnaient que la journée du 3i mai, conduite par eux seuls, leur eût fait perdre la domination acquise par le 10 août et par le a septeixibre. Voici ce qu'ils imaginèrent pour reprendre l'empire :
L'évêque constitutionnel de Paris était Gobèt, ancien évêque in partibus de Lydda;^
qui 9 dans F Assemblée constituante, avait 1793. suivi le parti démocratique 9 mais sans se déclarer pour les plus graves e^cès. Ambitieux et pusillanime y il suivait les vainqueurs.
Hébert et Chaumette n'eurent point de peine a efirayer ce pontife équivoque. Les hommes qui régnaient par Técbafaud lui prescrivirent non seulement d'abjurer sa dignité nouvelle , mais son caractère de prêtre , et de renier le Dieu dont il avait été quarante ans le ministre. On dit que ce malheureux versa beau* coup de pleurs , et qu'il protesta contre cet excès d'opprobre; mais enfin.il consentit à tout, pour sauver une vie qi^e deux mois après il devait perdre , comme le complice des brigands qui l'avilissaient. Le 9 novembre , il vint se présenter à la barre de la Convention , précédé par les Hébert, les Chaumette, les L'Huilier, les Momoro, et suivi de ses grands vicaires et de quelques curés constitutionnels, coiffés comme lui du bonnet rouge : il déposa sur le bureau les insignes de l'épiscopat, et déclara qu'i7 ne fallait plus d'autre culte puhtic et national que celui de la liberté, de Végalité et de la morale. Ceux même qui l'applaudissent ne voient en lui qu'un infâme. Il reçoit l'accolade du président*.
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1793: Bientôt la peur et la bassesse lui doaaent une foule d'émulés. La plupart des évéques et des curés constitutioanels qui siègent à rassemblée se croient tenus de mêler des blasr phèmes a leur apostasie. Gaivemon^ l'un de ces évéques , ne veut plus (Vautre dieu, comme £ autre rm^ que la volonté du peuple* Un mi* nistre protestant y Julien de Toulouse , qui a voté la mort du roi, fait la même abjuratioa. La peur finit rompre à Syées un silence que la peur lui a fait long^temps garder. Un homme dont je n'ai encore eu à rapporter qde des déclamations révoltantes, Grégoire, évéque constitutionnel de Blois , s'honora ce jour-là par une résistance courageuse/ A sa déclara* tion , la Montagne et les tribunes rugirent de fureur; elles ne concevaient pas qu'on pût parler de la liberté des cultes , depuis le massacre des prêtres.
Profaiiatîonf; Lc scaudalc de cette journée put encore être surpassé les journées suivantes. La Convention ne s'ouvrait plus sans entendre la lecture' de lettres envoyées par des prêtres apostats , qui déclaraient avoir été des char* latans, des imposteurs. D'autres, rayonnant d'impudence, venaient eux-mêmes à la barre, mêlés à des histrions , à des prostituées et à
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des membres des Comités révolutioDoaires, 1793. fouler aux pieds les vases sacrés /dont ils faisaient êScande h la patries Lies nus traluaieut dans la boue des chasubles étiticelantes dor, tributs de la piété de nos pères ; les autres dansaient sous le poids de ces ornemens vénérés. Les chants de la débauche s'unissaient aux chants religieux grossièrement parodiés. Les reliques des saints étaient souvent portées sur un àne , et celles de la patrone dfi Paris 9 qui protégea cette ville contre Attila ^ . n'étaient point épargnées par ces nouveaiix barbares.
L'incrédulité la plus aguerrie fuyait devant ces bacchanales^ mille fois plus révoltantes que les déréglemens forcenés des cultes les plus licencieux : et le moment où elle voyait ses œuvres accomplies , la couvrait de confusion , et souvent l'amenait au repentir.
Le peuple de Paris contemplait ces scènes >vec des sentimens divers . La populace tâchait de se montrer joyeuse. Parmi les bourgeois timidement amis des bonnes mœurs et de3 convenances, les uns s'étudiaient à un faux sourire, les autres décelaient de la tristesse et de l'horreur : puis , tremblant d'avoir été aperçus par des dénonciateurs , ils allaient se cacher sous la cloison de leurs boutiques, leur
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1793 rempart ordinaire contre les scènes d'horreur qails devaient et pouvaient arrêter. Les pères et les mères surtout frémissaient de llfoie que montraient leurs enfans, et pressentaient tout ce qu'ils auraient à en craindre. La plupart des prêtres assermentés se refusaient à se rendre complices de ces profanations. On leur faisait un crime d'une plainte, d'un soupir.
Dépouillés d^un faible traitement trop chèrement acheté , poursuivis par tous les membres deâ Con)ités révolutionnaires ligués contre eux, ils erraient dans les bois, dans les cavernes, et souvent ils y rencontraient des prêtres qui les avaient devancés depuis trois ans, dans les soufi^ances de la proscription. Ah ! combien n enviaient-ils pas un malheur sans remords !
C'étaient les membrjes des Comités révolutionnaires qui faisaient l'inventaire du mobilier des églises. On tira un si faible produit de cette vaste et abominable spoliation, que les larcins des brigands purent être évalués aux neuf dixièmes de ces trésors. Ils trouvaient à brûler des confessionnaux le même plaisir qu^éprouveraient des malfaiteurs à brûler un tribunal. Les paysans virent avec une douleur manifeste l'enlèvement de leurs cloches. Plu-
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sietirs de ceux même quî , par de graves excès, avaient obtenu le titre de patriotes ^ furent égorgés par le 'tribunal révolutionnaire, pour avoir essayé de s'opposer à cet enlèvement.^ Ils vénéraient encore la nation ^ mais ils ne concevraient pas que la nation leur ordonnât d'être Sans lois, sans culte et sans Dieu. On voyait les paysans s'épouvanter dans leurs travaux , de l'éternel silence des campagnes , regarder tristement leurs clochers muets, et suivre 1^ marche du soleil , pour ne pas manquer l'heure de Xjéngelus^ qui les remplissait auparavant d'une douce allégresse. Ils accompagnaient de profonds soupirs le signe de croix qu'ils osaient faire. Le dimanche, ils prenaient encore leur habit de fête , passaient mornes et pensifs devant leur église déserte et dé-* vsistée , et se faisaietit quelque mérite d'observer le jour du repos , sans pousâser plus loin le courage. . :
L'armée révolptiontiaire, qui volait à toutes les e^pédihons sans danger^ fut le principal instrlimenl de ces rapines sacrilèges. Le sabre des. brigands perçait les tableaux où étaient représentées les scènes augustes et naïves dé la Nativité de JFesus-Cbrist , de ses divins enseignetiiens et 'de ^ Ses souffrances. La perfec-