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7q3^ tioa de Tart n'arrêtait point les coups des iconoclastes de lathëisme. C'était avec le marteau qu'ils attaquaient les statues des saints. Le portail et le sanctuaire étaient jonchés de têtes brisées. Les brigands, par ces mutila^ tions, croyaient soumettre à la loi commune du supplice jusqu'aux habitans du cieH C'est dans cet horrible état que nous apparaît en-* core aujourd'hui le portail dci ces basiliques du moyen. âge ^ dont l'architecture imposante et hardie sait mieux que les calculs d'un art plus délicat et plus régulier, produire et prolonger le sentiment religieux. On vit même plusieurs de nos belles cathédrales, de nos plus antiques abbayes tomber sous les marteaux d'avides démolisseurs, qui ^'enrichissaient de leurs ruines. Un curé constitutionnel acheta ^ pour l'abatrtre^ la superbe abbaye de Cluny, la plus vaste desiéglises de France. L'avidiié fu tainsi avertie d'un nouveau genre de bénéfices.. C'est une guerre qui dure eocore aujourd'hui» L'armée révolutionnaire entrait dan^ les caveaux des églises, dans l'enceinte des tombeaux, pour faire la guerre aux morts. Ainsi furent éxhu*més les restes de l'aimaUe ^vigné , déposés à côté de ceux de la. £lUe qu'elle avait tant chérie, L'armée révolutionnaire, même en
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revenant du plus vaste pillage , ne manquait 179:^. pas de renverser sur nos routes ces croix, qui avertissaient le voyageur de ses dangers, et l'invitaient à là précaution et à la prière ; ces chapelles champêtres , monmnens de la reconnaissance du pauvre , et dont quelques vieux tilleuls formaient le dôme ; ces niches vénérées de Notre-Dame'deS'Champs, si chères au cœur des mères.
Au milieu de ces ruines , au milku de ces Fêtes de
1, « /. • Tathéisme;
sangumaires orgies, 1 athéisme veut avoir son cuite de la culte sous le nom de raison. Hébert et Chau-^* *'^''* mette ont résolu de fonder une religion contre le ciel. Alors fut laccomplie la célèbre prédiction du père Beauregard , dans laquelle les philosophes n'avaient- vouln* voh' qu'un rêve du fanatisme épouvanté, et qui montrait la beauté sans pudeur, usurpant sur l'autei la place du saint des saints. Hébert , Chaunvette, Momoro, Vincent, L'Huilier, ceints de leur écharpe tricolore , et accom*pagnes d'une femme^ voilée , se font encore une fois ouvrir la barre de la Convention^ Ces pétitionnaires viennent déclarer aii monde que Dieu n'est pas, et qu'il est temps de sub'stituer à son càlte celui de la faisoA. Pour la figurer , tietx ne leur a paru phas convenable
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1793. que de choisir une belle femme , qui sait braver tous les préjugés , et surtout ceux de la pudeur. Chau mette apostrophe avec enthousiasme, avec respect, la divinité mystérieuse dont il se déclare le pontife : «Tombez, «dit-il, en face d'un grand peuplé et de son « auguste sénat, tombez, voiles de \^ raison^» Le voile tombe , et dans la divinité nouvelle on reconnaît une danseuse de l'Opéra, habituée à figurer sur cette scène magique les « Vénus qui descendent périlleusement des "nuages. Quelques uns des conventionnels ne peuvent résister. au dégoût qiieleur iospite une telle scène, et osent sortir f quelques autres mêlent au rire les lascives saillies de leur imagination. Le plu^grand nombre feint le recueillement et le respect. La* terreur a déjà créé des hypocrites pour le culte nbuy eau. La déesse a reçu laccolade fraternelle ^n présideat ; puis , montée sur un char magnifique, et suivie d'un tumultueux, grotesque et infâme cortège , elle vient dans l'antique et imposante cathédrale \prendre la place du saint des. saints. Dès ce jour l'église de' Notre-Dame fiit appelée le Temple de la . ^Maison. Les fêtes de l'impudique Babyloae furent commandées à la France dépouillée
du chaste christianisme. Depuis les basiliques 179S. jusqu'aux églises de village, tout fut transformé en temples de la Raison. Ici le rôle de déesse de la raison était hrigué par Fim* pudepce; là, il était imposé sous peine de mort à la beauté timide , et quelquefois à la fille du proscrit. L'athéisme ^onta tous les jours de décade dans la chaire évangélique ; souvent . il parlait, par l'organe du brigand nommé représentant du peuple. De raille anathêmes contre Dieu, il passait au panégyrique de Marat, de Châtier, divinisait ces monstres, divinisait jusqu'à Téchafaud, sous le nom de sainte guillotine; puis il ordonnait de danser * à toyis ceux qu'il venait de menacer de la mort. Le comédiea Monvel osa dans l'église de Saint -Boch, défier Dieu par ce stupide blasphème : a Si tu existes , tu entends jque a j'insulte à tes foudres : venge -toi, je t'en K porte le défi. Tu gardes le silence , tu n'oses « frapper; j'en couclus que tu n'es point. »
Partout les tyrans avaient fait écrire sur les cimetières : a C'est ici l'asile du sommeil u éternel. »
Danton , quoiqu'il fut endurci 4^ns son Danton et
1 /. . i / • t Roberspierre
athéisme, parut voir avec le mépris dcToyent ces
1>i J''.«. '1*1 . 1 • félcs avec dé-
homme d état ces révoltantes saturnales, qui ^roût.
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1793. allaient rendre toute autorité impossible. H voulait bien que la révolution tût souvent atroce, mais non qu'elle fut complètement abjecte. Lui - même tremblait alors : ce n'était point le vil Hébert qui Tépouvantait , c'était le jaloux Roberçpierre. Celui-ci, depuis trois mois y était parvenu à chasser son rival du Comité de salut public. Danton , avec une pusillanimité toute non vellç, qui Baissait, non du remords de ses crimes , mais de l'inquiétude de ses friponneries divulguées, avait laissé le champ libre à un scélérat qui puisait sa force dans sa sobriété. Il s'était retiré dans^une terre scandaleusement acquise^ près ^d'Arcis^ sur- Aube, sa patrie. Là il vivait auprès À'ime jeune femme, jolie et pauvre, à laquelle il avait reconnu une dot énorme. Sa férocité s'était amollie dans les plaisirs ; mais ces plaisirs 1% décriaient, et les jacobins estimaient moins un brigand sybarite. Enfin épouvanté des insupportables et stu|ydes extravagances d'Hébert , Danton revint à Paris avec le périlleux projet de parler di ordre et de clémence. Roberspierre , dont Fàme pouvait suffire aux haines les plus vastes et les plus diverses, ne fut point fâché de s'aider de son rival pour perdre Hébert , bien résolu de . le sacrifier
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ensuite. Il frémissait d'une rage secrète, en 1793. voyant l|s Hébert , les Cbaiimette passer pardelà le pouvoir du législateur^ s'emparer du pontificat de l'athéisme. Il jugea qu'après le plaisir bruyant et fort mal senti des premières orgies, ce culte monstrueux n'aurait plus de prise sur l'imagination du peuple. Pour se réserver le suprême empire de Fencensoir, il tâcha de créer un culte vague , dont il put disposer à son gré , et; prit le parti de recon-naître le Dieu qu'il bravait par ses crimes «^ Mais il sentait le danger d'effaroucher les jacobins y et comprit qu'il ne pourrait les amener à ses vues qu'à force dé leur offrît du sang. Il affecta par degrés un morne dédain pour ce qu'il n'osait encore condam« ner tout haut. Il sema les défiances, les jalousies. Les jacobins n^osèrent plus rire de toutes les extravagances que Roberspierre contemplait avec une Kumeur morose. Oa vit alors l'empire des bourreaux se diviser en deux sectes^ l'une qui voulait commettre le crime avec tout ce qu'il a de sérieux, et l'au-^ tre qui voulait le commettre avec joie, avec bouffonnerie.
Arrêtons-nous pour contempler le spectacle de la civilisation dégradée dans toutes ses
sons.