IL
'Sa* Histoire
1793. tant osé contre Tanarchie. Le général Cartaux, si facilement victorieux devant Marseille, ^'avançait sur Toulon. Comment résister a la fois à cette armée et à une multitude inquiète? On prit un p^rti extrême, celui d appeler le secours d'une escadre anglaise qui croisait dans ces parages , sous les ordres de Famiral Hood. Ce marin écouta moins la voix de la générosité que celle d'une poli^tique intéressée. Pour secourir des hommes qui venaient de proclamer Louis XVII, et qui allaient tomber sous le couteau des révolutionnaires f l'amiral Hood exigea que la flotte française lui fût livrée. La plupart des officiers de marine s'étaient unis de cœur au mouvement monarchique desTouldnnais; ils eussent passé avec joie sous les ordres du prince français qui portait alors le titre de régent de France. Les desseins de l'Angleterre leur étaient suspects ; ils se divisèrent. Les magistrats de Toulon, en négociant jËvec l'amiral Hood , c^tinrent des conditions *phis favorables pour la flotte française. Tous les ' vaisseaux devaient être, à la p<ai!x9 rendus à Louis XVII; la garnison des forts devait être composée d'Anglais et de Français en même nombre. L'amiral Trogoff souscrivit à ces
DE LA CONVJ&NTlOiT I7ATI0NALH. 83 ^
dernières clauses du traité. Le coxitre-;aniir^ 179^' Saint^Julîen essaya de mutiner les équipages de plusieurs vaisseaux. Il menaçait de bràler la ville si elle persistait dans sa résolution. Mais enfin il se vit abandonné dans sa résis* tance par plusieurs officiers. L'escadre anglaise put entrer dant la rade : bientôt elle reçut des renforts d'une escadre espagnole sous les ordres du contre-amiral Gravina* La garnison fut augmentée de mule Espagnols. Le prince régent de France ne cessa point de demander aux Anglais detre transporté dans une ville qui, seule avec la Vendée, proclamait encore le roi son neveu. Toutes ses instances furent froidement repoussées. L'amiral Hood ne tira aucun parti d'une position si importante. Il parut craindre de se mesurer avec Cartaux , mauvais général d'une mauvaise armée. C'étaient cette fois les Espagnols qui sm plaignaient de la lenteur et de l'indécision de leurs alliés. Bientôt il fallut se tenir sur la plus timide défensive. L^ Toulonnais se désespéraient de ne pouvoir plus rien entreprendre d'utile pour la cause royale , et voyaient s'avancer le jour de leur ruine.
Je forcerais l'ordre chronologique en m'oc»
cupant en ce moment du désastre de Toulon
8îi HISTOIRE ^
i^3. et de celui de notre marine sur la Méditet*ranée. Nons allons nous arrêter long-temps sous les murs glorieux de Lyon.