Q . HISTOIRE
1793. SOUS Fhabit ecclésiastique. Ses principes (Tiixi-T piété et d'athéisme perçaient dans des thèses de phi^ophie qu il soutenait sans talent. On allait le chasser » Ibrsque la révolution vint lui ôter toute espèce de pudeur et de frein. Il voyageait sans cesse de Lyon à Paris. Son retour était un signal de terreur.
Il semblait impossible de faire répéter dans une ville telle que Lyon , les massacres du a septembre. Mais les émules des assassins de Paris profitèrent, le 9 de ce mois, d'un moment où la garde nationale était sortie des murs pour un exercice. Leur cohorte , grossie par quelques hommes du peuple, tomba sut* le château de Pierre-Sclze où étaient en-' ^fermés quelcfues prêtres avec des officiers suspects de royalisme : onze d'entre eux furent égorgés. Châlier trouvait^ ce début d'horreurs bien faible encore. A l'aide d'une municipalité qu'il organisa, Lyon fut soumise à un pillage régulier. Chàlier promettait aux prolétaires de faire passer entre leurs mains toute la fortune des riches. Bazire et Legendre furent chargés par la Convention de venir seconder les opérations de Châlier.
Us commencent par le nommer procureur de la Commune, mettent sous ses ordres une
DE LA. CONVEirtlOIÏ NATIONALlf. , ^4
légion de six mille bandits , qui fut le premier 1 7^)^. modèle de ce qu'on nomme armée réwlw^ iionnairey et lèvent une taie de six millions pour payer les brigands destinés à les piller et à les égorger. Les Girondins, qui n'étaient point encore renversés , ne faisaient pas assez d'efforts pour soustraire Lyon à cette tyrannie , parce que eux-mêmes s'épouvantaient des dispositions royalistes de cette ville. Bientôt Bazire et Legendre furent accusés de modération par Chàlier, parce qu'ils refusaient des massacres à sa cruauté; on les rappela pour leur donner de plus terribles successeurs. Les choses allèrent au point que la taxe des riches fut portée de six mil<lions à trente. Mais Chàlier s'indignait en-core : des flots de sang pouvaient seuls apai* ser sa furie. Son armée révolutionnaire ne lui parait pas un appui suffisant, pour les projets qu'il piédite. Il appelle à Lyon deux régimeusy une nombreuse artillerie , fajtar*rèter dans la nuit cent des principaux citoyens, et annonce dans son club l'intention de les faire égorger dans les prisons.
Mais y tandis que Châlier s'abreuve en es- rts Lyonnais poir de tout le sang qu'il va répandre , une çonirr**iears sainte conspiratipn s'est faîte en faveur des **^*'"'***'*'*'
i7g3. prisonniers. Le 29 mai , jour désigné pour le massacre, les sections s'assemblent en dépit des d'éfenses faites par les rëprésentans du peuple y et se déclarent en permanence. La plupart des citoyens s'y rendant armés. Ils s'exhortent les uns les autres à suspendre tout débat politique, pour se préserver du massacre général dont ils sont menacés. « Recoui( naissons pour nos amis, se disent-ils, tous (( ceux qui se déclarent ennemis des jacobins. « Prenons des arrêtés qui mettent en sûreté « nos personnes et nos biens. Appuyons lès i< arrêtés par nos armes : nous n'avons qu'un w moment à saisir. C'est cette nuit même que « les jacobins ont désignée pour le massacre. i< Us dominent à la municipalité; allons chaste ser de sanguinaires magistrats ; allons déli^ « vrer des prisons de l'Hôtel -de -Ville nos "(c amis qui doivent être égorgés cette nuit. » Des discours si courageux çbtenaient un assentiment unanime. Il s'agissait pourtant d'aller livrer un combat terrible. L'ardeur des plus riches citadins était secondée par des ouvriers du port, hommes robustes, intré- * pides et fidèles, enflammés de la même horreur contre les jacobins que s'ils avaient eu. à craindre pour eux-mêmes le massacre ou le
PE LA CONVEWTIOW NATIONALE. gS
pillage. Le commandement est déféré d'une '79^* commune voix à Madiniei^ maitre apprêteur de draps^ et les nobles marchent avec plaisir sous ses ordres.
Un commun rendez-vous est donné aux Journée do ag
, - . Tfc 11 ^ > /i mai; Vicioîre
sections ; c est la place Be]|ecour , ou s ele- de* Lyonuais Tait naguère la belle statue que^ la ville de bins. Lyon fit ériger à Louis XIV, dans le temps où ce grand monarque supportait les coups les plus rudes de la fortune. Deux mille habitans armés s y trouvent réunis; mais ils sont forcés de se diviser en plusieurs colonnes. Du côté des jacobins, dix-huit cents hommes de troupes de ligne et vingt-deux pièces de canons sont rangés en face de THôtelde-Ville. Ce vaste et pompeux édifice offre le point de défense le plus sûr, parce qu'on ny peut arriver que par des rues étroites. Rien ne semble si facile que d'éclaircir par la mitraille les colonnes qui se présenteront pour l'attaque. Voilà pourtant le poste difficile qu'il s'agit d'emporter. La première colonne est assaillie et culbutée par le plus terrible feu ; mais ses débris viennent se rallier à une autre colonne qui a su prendre et conserver une assiette plus favorable sur la place des Carmes. Cependant les deux représentans du peuple
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rH)3. Nioche et Gaulhier, Cbàlier et d'autres brigands, ceints de Fécharpe tricolore, s'enivrent de leurs premiers succès. Us livrent à la férocité des jacobins les morts et les blessés dont les rues adjacentes sont jonchées. Parmi les morts se trouvait un maréchal- de -champ, M. de Sablqnai. Ce brave officier s'était présenté impétueusement pour avertir l'une des colonnes de la mauvaise direction de son attaque. Il commençait à la ranger daias un meilleur ordre , lorsqu'il fut blessé à mort.
Vers six heures du soir, Madinier ramène les Lyonnais à la charge. Quoique tout bouilkins de fureur , ils observent au ordre parafait. Cette milice que l'indignation vient de £armer, semble n'offrir que de vieux soldats. Leurs canonniers îles servent avec zèle et intelligence. Ils investissent l'Hôtel^le- Ville de plus près , viennent s'exposer à un feu plus meurtrier. Les fatigues., les vicissitudes et les horreurs de ce combat nocturne se prolongent «jusqu'à cinq ^heures du matin. Toute l'artillerie desjacobins est tombée au pouvoir . des Ly4>nnais. L'JHôtel*de-Ville est leur conquête ; ils sont maîtres des jours de leuns oppresseurs. Pas uii meurtre , pas un excès , pas ime insulte ne souille une victoire achetée
DE LA. CONVENTION NAtlONAlE. gS
parla mort ou les bjessnres de six cents braves i ^^3. citoyens, et précédée par dix heiires d'un combat engagé )e soir et'CGnoftinué d^s les ténèbres. Oh! quetle dut être i'allégrésse de Maxlinier et de ses valeureux compagnons , lorsqu'ils entrèrent dans les prisons et les cacbots de l'Hôtel-de- Ville , pour y délivrer
cent de teurs concitoyens qui , ce jour-là même, s'attendaient aux plus barbares sup* pKces ! que Taurore du 3o mai fut belle'pour Lyon! quel bonheur de se regarder <:omme délivras, non par la fortune, mais paf l'héroSsme, de la tyrannie la plus avilissante et la plus meurtrière! 11 es^t vrai que bien des familles pleuraient ce^triomphe ; mais la bienfaisance publique consolait les veuves , dotait les orphelins. 'Les blessés s'enorgueillissaient de leurs souffrances : du eût dit que la victoire les guériissait. Trop heureuse cette héro'iqtié cité , si elle eût pu communiquer quelque étincelle de ^ôii couragie à cette ville de Paris depuis long-temps esclare , où se décidaiéntles destinées de la France ! Mais le a juin, Paris connut le beau cbnibat 'des Lyonnais , et Paris tout armé livra à deux mille brigands les'iëuls orateurs qui pussent encore trîser le joug commun. Xiâ nouvelle d^ cette infime
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1793. journée vint corrompre la joie des Lyonaaist. Tous comprirent , en apprenant le triomphe de Roberspierré et de Marat^ féroces patrons de Cfaàlier, qu'un combat qu'ils avaient cru déoisif, n'était que le prélude des combats qu'ils auraient à soutenir, et tous se résolurent à un avenir dé souffrance et de gloire* Cependant ils n'étaient coupables d'aucun crime envers la Convention , si quelque ombre de justice, d'humanité et de prudence restait encore à cette assemblée. Ils n'avaient voulu que se défendre d'un massacre prémédité. Pas un cri de viife le roi!
n'avait échappé au cœur des royalistes; tant ils craignaient de troubler la concorde. Au bout de quelques heures , ils avaient rendu la liberté aux deux représentans du peuple, Gauthier et Nioche , qui avaient uni leur cause à celle de Chàlier. Ceux-ci, dans une lettre à la Convention , venaient de rendre justice à la modération des vainqueurs. L'humanité des Lyonnais s'était étendue jusqu'aux blessés d'un parti dominateur; en leur prodiguant des soins , ils avaient porté du secours à leurs familles. Ils accueillaient avec assez de fierté, mais saAs insulte, de nouveaux commissaires de la Convention, tel que Robert Lindet^ qui
ne pouvait s'empêcher d'honorer des rebelles ,-^3^ de ce genre 9 au moins tant qu'il restait en leur pouvoir. Menaces d'un prochain siège, ils laissaient passer des convois de farine pour l'armée des^ Alfies, et même des convois d'artillerie qui ne devaient être dirigés que contre eux.
Tant cle modératioA teuait enfin d'une fatale imprévoyance. Lyon se trouvait conduite à ce système par la commission k laquelle , après la victoire du 3o mai^ elle avait confié une sorte de dictature municipale.
L'ascendant du parti girondin s'y fit d'abord x sentir. Elle s'appelait commission populaire républicaine. Deux députés proscrits^ Biroleau et Chasset, qui s'étaient réfugiés dans Lyon, s'efforçaient de donner à la résistance de Cette ville la couleur du parti auquel ils appartenaient. Cette situation était fausse pour les Lyonnais victorieux, et qui pour la plupart étaient royalistes. Elle les laissait sans relations avec les rois ligués , avec la puis*^ santé Vendée, et ne leur donnait pour alliés que des villes hors d'état^e soutenir un siège, et des hommes complètement inhabiles aux combats* Lorsque Lyon se fut décidée à rejeter la Constitution de îygS, elle reçut de