‹ Histoire de la révolution française (volume 2)Chapitre 5 sur 31 · II · texte numérisé non relu

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1793. qunrante-deux départemens des députes qui venaient la déclarer le centre et l'appui de leur fédération; ïnais ils n'amenaient avec eux aucune espèce de secours. Deux événe* mens firent sortir Lyon de cette situation équivoque , le jugement de Chàlier et le commandement confié au général Précy. Ces deux importantes résolutions furent prises par une nouvelle commission, composée d'hommes plus énergiques y et que présidait ]Vk Rambaudk

soppUce de On vit le premier exemple donné depuis la révolution d'un scélérat puni judiciairement pour ses crimes. Chàlier, traduit devant le tribunal criminel avec un de ses* plus féroces complices, nommé Ribard, ne^lnontra nt énergie dans sa défense , ni fermeté à la vue de l'écbafisitid. Son supplice fut oruel, non par la volonté des Lyonnais , mais par la maladresse de l'exécuteur. Son complice périt avec lui. Les Lyonnais bornèrent là leur vengeance^ ou plutôt celle de l'humanité.

Précy met Cc fiit Ic 19 juillet quc M. Pcrrin de Précy, de défense, maréchal-des-camps de l'armée du roi , et l'un tles chefs de bisitaillon de sa garde constitutionnelle, vint de Semur prendre le commandénient ides forces de Lyon. Cette ville, contre

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laquelle la Convention rassemblait en silence 1 793. une armée qui devait être pœ'tëe jusqu'à soixàate-dix mille hommes , n'avait pour tout rempart que des citoyens courageux. Ses vieux murs étaient tombés en ruine dans plusieurs parties. D'ailleurs ses vastes et populeux faubourgs cernaient de toute part la cité. Bes ponts qu'il fallait respecter, car l'existence de la ville en dépexid , ne lui permettaient. pas de considérer le Rhône et la Saône comme des barrières. En outre , elle eàt âo«^ minée par des plateaux sur une partie desquels s'élevait l'ancienne ville des Romains. Que Tennemi parvînt à s'y poster, Lyon, en quelques heures, pouvait être la proie des flammes. On n'a plus qu'un petit nombre de jours pour établir des redou tes, créer une ébauche de fortifications^ couronner les plateaux, faire des têtes de pont. Précy, avec un coup d'osil^qui tient dû génie , met à profit tous les lieux,\outes le minutes , tous les bras. L'ingénieur Chenelett^ le -seconde avec autant d ardeur que de talent. La ville la plus industrieuse de l'Europe n% plus d'industrie que pour ses fortifications ; c'est en chantant qu'on se rend sur les remparts. Tout est travail, tout est fête. Des vieillards et des enfans s'attèlcnt à des char-

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2^g3. rettes. Les femmes viennent réclamer leur part de ces fatigues : le don de la beauté qu i leur est si commun dans cette ville ^ ajoute à rinspiration de leurs courageuses paroles et de leurs exemples. Le soir^ les échos des plateaux roulent à travers les rives de deux: fleuves, répètent lesaccens de l'héroïsme et ceux de la joie. Ce spectacle est si beau , que la partie la plus inquiète de la population est quelquefois forcée d'en partager l'ivresse* Partout on fabrique des armes. Le fondeur Smith a pu en quinze jours ajouter quarante canons à la faible artillerie de la ville. Malheureusement , on ne peut fondre que des pièces de 4 f de 8 et de 12. Précy est partout. Des of&ciers distingués , MM. de Grammont , deGranval, deVirieu, de Nervo, sont accourus; des campagnes et des villes voisines, pour chercher auprès des Lyonnais une mort qui ne sera ni sans vengeance , ni sans gloire.

Les Lyonnais créèrent une monnaie obsidionale; c'était un papier qui avait pour hypothèque des bons signés par les plus riches parliculiers et les grandes maisons de coradonnée desmerce. Prêts à soutenir le siège le plus teralliées. rible, lis mirent beaucoup de scrupule pa-

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trîotîque dans leurs relations avec les puis- 1793. sances qui devaient les secourir. Leurs députés ne parurent dans aucune cour. Celle de Turin était la plus appelée à les protéger, et pouvait , par un coup hardi , jouer le premier rôle dans la coalition des grandes puissances. Des points qu'occupaient les troupes piémon taises dans la Savoie, elles pouvaient , avec un peu d'ardeur et de célérité, rompre les lignes d'une armée fort affaiblie , se porter sur Lyon , placer entre deux feux les assiégeans qui n'avaient encore que peu de troupes régulières. Mais l'esprit d'égoïsme et de timidité dominait parmi les puissances du second ordre et même du premier. La cour de Turin bornait ses vœux à reprendre la Savoie, dont une partie était encore occupée par les Français. On prétend, et le fait parait certain, que pour secourir les Lyonnais , elle exigea d'eux un subside qu'ils étaient hors d'état de pajer. Ainsi tous les cabinets oubliaient à la fois dans cette fatale année 1793, que dans la position terrible où les mettait la révolution française , les conseils de la prudence ne pouvaient plus être que ceux de la générosité, La Suisse, par un déplorable aveuglement, conservait la neutralité, et ne saisit

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1 793. point Toccasion de venir venger sous les murs de Lyon ses héros du i p août : elle avait eu de grands guerriers, et n'eut alors que de faibles politiques. Il n y eut rien qui ne fut tenté par le prince de Condé, le duc de Bourbon , le duc d'Enghien , et leurs principaux officiers , pour décider Farmée autrichienne du Hhiu à se porter au secours de Lyon. Le général Wurniser, quoique plein d'ardeur dans sa vieillesse ^ n osa prendre sur lui cette entreprise hardie : voilà donc Lyon livrée à ses propres forces.

Bombarde- Lcs hostilités Commencèrent le 7 août> par

ment de Lyon. , ,

Août, une perfidie des assiégeans qui assaillirent un poste lyonnais, après avoir montré Tintention de fraterniser. Le représentant Dubois-Crancé ne respirait que ruine , qu'incendie, qu'extermination. Par sa violence, par ses promesses à la fois sanguinaires et présomptueuses, il avait pris un empire absolu et sur les commissaires et sur les généraux. Il tirait Kellerman de l'armée des Alpes, ou l'y renvoyait suivant son caprice. Mais ses efforts pour s'emparer dp plateau de Fourvière étaient repoussés avec une valeur opiniâtre.

L'attaque sur le Rhône présentait plus de facilité , parce que de ce côté Lyon n'offre

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qu'une Jongue plaine. Les assiégés avaient 1793. muni de redoutes et de chevaux de frise le pont de la Guillotière et le pont Morand.

Dubois ^ Crancé n'en tente point l'attaque.

Le bombardement lui parait un moyen plus sûr et plus terrible. Quelle joie pour le cœur du conventioVinel ^ de faîr« pleuvoir dans la nuit les bombes et ies boulets rouges sur le magnifique quartier Saint-Clair, rempli de ces magasins et de ces ateliers qui ont valu tant de trésors à la France ! 11 bat des mains chaque fois qu'il voit le feu prendre; il seita- ^re le dommage des assiégés y se peint leur désolation , croit entendre leurs géraissemens, et jouit en espoir du beau jour où il pourra écrire à la Convention : Ljron 71 est plus. Le lendemain il s'étonne de trouver les Lyonnais plus ardens au combat et invincibles sur leurs redoutes. Il recom/naence Fincendie; même immobilité. Les assiégés semblent s'habituer a ce fléau : mais ils ont appris , sinon a le détourner, du moins à TaffaibUr ; ils garnissent leurs toits de matelas , de laine , de toutes les matières qui peuvent amortir les bombes. Les femmes ont appris à suivre dans les airs la direction de l'efirayante parabole ; elles indiquent aux pompiers l'édifice

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