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1793. OU la maison qui va bientôt appeler leur secours. Tandis que les uns veillent , les autres se reposent de leurs fatigues ^ au b^ruît des bombes, des boulets rouges et des obus.
Ces terribles machines deviennent funestes aux assiégeans eux-mêmes ; les canons échauffés éclatent dans leurs rangs ; les soldats s'im* patientent d avoir tant à craindre de leurs instrumens de défense : Dubois-Crancé et ses collègues ne cessent de recourir aux bombes avec une efiFrojable profusion. Par des intelligences qu'il s'est ménagées avec les forcenés dont Chàlier avait dirigé les fureurs, il apprend à connaître à des signaux convenus les édifices qu'il importe de livrer aux flammes , et bien souvent ces perfides citoyens viennent euxmêmes propager l'incendie. Ainsi, vers les derniers temps du siège, fut consulté l'arsenal^ si précieux pour la défense de la ville. Un autre édifice était spécialement indiqué à la direction des bombes, des boulets rouges . et des obus; (au milieu de tant d'horreurs je frémis d'écrire celle-ci!) c'était l'Hôtel- Dieu , un des monumens les plus remarquables du génie de Souflot; et, .ce qui le rendait plus précieux encore, c'était un témoignage de ce. que peut pour le soulagement du malheur
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Vesprît d'ordre dirigé par la cbari té chrétienne. 1 79^. Les assiégés prodiguaient dans les hospices les mêmes soins aux nombreux blessés qu'ils avaient faits prisonniers^ qu'à leurs propres malades ou blessés : touchante et inutile leçon que donnaient les Lyonnais aux commissaires de la Convention; ceux-ci ne manquaient jamais de faire fusiller les rebelles tombés en leur pouvoir. Les Lyonnais, quoiqu'ils eussent tant de fois éprouvé la férocité de leurs ennemis , ne pouvaient croire qu'ils eussent prémédité l'incendie d'un hôpital. Us élevèrent un drapeau noir au«dessus de l'Hôtel-Dieu ;c'était comme s'ils eussent dit : ^ Le hasard vous rend ce coupables d'un crîm'e qui ne peut être dans M votre pensée. N'achevez pas! dirigez ailleurs « vos bombes. La mort entre sans vous dans w ce lieu que le malheur rend sacré.» Mais Dubois-Crancé, qui feint de prendre le change, s'écrie transporté de joie : « Les voilà donc qui ^ u arborent le drapeau de détresse; ils sont à , « nous. » Il fait suivre aux bombes la direction du drapeau noir^ et n'épargne pas les autres hôpitaux qui lui sont indiqués.
Cependant les assiégés font connaître à leur Beiie^rësistour le fléau de l'incendie à leurs barbares ^y.*'* ennemis. Par les ordres de Précy , trois hom-
ronnats.
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1793* niés intrépides , MM. Bosquillou, Laurençot et Dujast , osent ^ en plein jour^ traverser le Rhône, et sur des points divers mettre le feu aux vastes chantiers des assiégeans. L'ennerpi s'étonne de leur audace , est déconcerté par le prompt incendie. On les poursuit; mais tous trois ont pu regagner le Rhône ; ils s'y jettent encore une fois, et ont le bonheur d'échapper à une grêle de balles^ et le fleuve les rend à leurs concitoyens ravis de leur courage. L'un d'eux ^ M. Dujast, avait à peine vingt ans.
Voici un autre fait du même genre : Dubois* Cranoé avait fait disposer un. radeau chargé de feux d'artifices, pour faire sauter le pont Morand. Un brave gentilhomme, M. Tourtoulon de la Salle , qui commandait au poste des Brotteaux , aperçoit trois brûlots oui allaient atteindre le pont; sous le feu le plus terrible de l'ennemi , il se jette dans un batelet avec quatre grenadiers, et il arrache les mèches presque au moment de l'explosion.
Ce qui fut vraiment prodigieux dans ce siège , où furent consommés plus de vingt-sept mille bombes, de onze mille boulets, cinq mille obus et trois cents milliers de poudre,
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c^est que huit mille corabattans lyopuai^, qui 179^* presque tous faisaient leur premier apprentissage des armes^, ne purent^ malgré dea cornbats dîe tous les jours ^ malgré les fureurs des montagnards de l'Auvei^ne , dont Coutfaon avait. ordonné la levée en masse, malgré la fatale arrivée de trois mille hommes de la garnison de Valenciennes 9 enfin malgré une armée de soixante^dix mille hommes , dont la moitié se composait de troupes aguerries , ne purétit être chassés d'aucun des postes les ^lus importans pour la sûreté de la ville; seulement ils perdirent fort tard le château de la Duchère, et un seul poste avancé de la Croix- Mousse.
Depuis quelques années, l'industrie et lac^ Glorieux com. tivité lyonnaises avaient conquis à grands tembrc!*^"^ frais, isur le Rfa6ne , un terrain précieux nommé Perruche . dans Fendroit même où ce fleuve impétueux va recevoir les eaux tranquilles de la Saône. Ce vaste terrain, ajouté à la ville, nofirait point alors ces belles maisons et ces manufactures qui le décorent aujourd'hui. C'était une plaiue inculte qui n'opposait aucun obstacle aux assaillans. S'en rendre maître, c'était le moyen le plus sûr et le plus direct de s'emparier de la
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1 793. ville : les Lyonnais avaient pressenti ce danger* A rextrémîté du terrain, ils avaient garni de retranchemens la tête du pont de la Mulatière, et au-delà celle du pont d'Otilias* La défense en avait été confiée à un officier , le baron Rimberg, suisse de nation, qui depuis fut victime des cruautés de Callotd'Herbois, et qu'on avait vu plein d'ardeur dans toutes les occasions. Il arriva cependant que cet officier défendit mal ceà deux postes iniportans. Les assiégeans emportèrenrle pont d'Oulins , et serrèrent de près celui de la Mulalière. Ils venaient d'obtenir un autre succès; ils avaient fait reculer des postes avancés des faubourgs de S^int-Irénée et de Saint-Just t le dernier moment des Lyonnais semblait arrivé. Mais Précy conçut l'entreprise la plus héroïque ; c'était de reprendre, dans ui>raémé jour, les postes de Saint-Irénée et de Saint- Just , et de sauver le territoire de Perrache^' Le 29, septembre il commence son attaque au point du jour ; il se porte d'abord avec une ^ troupe d'élite sur les hauteurs de Saînt-Irénée. Dès le commencement de l'action , il a un cheval tué sous lui; il prend alors le fusil d'un grenadier : ses aldes*de-camp imitent son exemple ; les redoutes sont emportées : Lyon
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n'a plus rien à craindre des hauteurs qui la l'^ifi, dominent. Mais tandis que Précy triomphe sur ce point , il s'aperçoit que d'un côté Tennemi tente une vigoureuse attaque sur le pont Morand ^ et que de l'autre il fait marcher une colonne de quinze mille hommes sur l'allée Perrache. Par ses x)rdres , l'attaque du pont Morand est bientôt rèpoussée ; il se charge de pourvoir au danger le plus sérieux, celui c^ui menace la presqu ile. 11 descend sur Perrache avec l'élite de ses combattans; il y joint cent cinquante cavaliers venus de la ville royaliste de Montbrison , et commandés par le briave Vaugerard. Plusieurs 4es Lyonnais qui assistèrent à cette action m'ont rapporté comme un fait certain , que c'était avec moins de deux mille hohim«s qu'ils avaient culbuté les quinze mille républicains engagés sur le territoire Perrache. Cette triple victoire rem^ portée en un jour eut opéré le salut complet ^
de la ville, si elle n'eût été pressée par un irrémédiable fléau , la famine. Les Lyonnais eurent le malheur de perdre une petite ville nommée la Rwe du Giers, qui leur facilitait l'arrivée des vivres du Forêt : c'était leur derniere ressource- Triste sîtaa-
Le blocus était complet. La commission famine.
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yg3. populaire , avant le siège , avait respecté les bateaux de bléque la Convention fiaiisait passer à l'arniée des Alpes. Tous les moulins avaient été consumés par le bombardement. Pour ménager le blé , on avait recours au riz , aux épiceries ; il s'en faisait chaque jour des distributions régulières. Les femmes proposèrent de renoncer à l'usage du pain de seigle ^ et voulurent le réserver pour les combattans^ ceux-ci furent réduits à n'^n recevoir plus qu'une demi-livre par jour. Le reste de la population vivait d'une &ible ration de paia d'avoine. On ne donnait point encore de signe de découragement ; mais les chefs furent vivement alarmés , lorsqu'ils apprirent que les / troupes piémontaises s'étaient laissé battre dans la Savoie par le général Rellerman , et se repliaient de toute part. De quel autre côté espérer du secours? Bordeaux et Marseille étaient tombées sous le joug des tyrans^ Tandis que les royalistes de Lyon perdaient non le courage , mais la confiance dans le suecès f les jacobins de cette ville sortaient de leur stupeur. Us mêlaient aux oHs de la £simine ceux de la fureur et de la rage. Les commissaires de la Convention avaient d'a-^ bord invité les Lyonnais fidèles à la repu-*
blique à se rendre dans leur camp. Quelques 1798. milliers de citoyens étaient sortis; ce qui délivrait Lyon d'hommes fort dangereux et de bouches inutiles. Le» conventionnels compri* rent le danger de telles émigrations , et ne les permirent plus. L'un d'eux refusa de recevoir son frère et sa sœur , et fît grand bruit de cette inhumanité patriotique.
Précy voyait les jacobins prêts à tenter un Maiheu-
lA ■ . 9 . ^ . ,^ reuse sortie
soulèvement qu on ne pourrait réprimer qu a ue Précy; force de supplices. Il embrassa une résolution dont il espérait le salut de ses frères d'armes, et qui lui paraissait propre à adoucir le sort de la généreuse ville ; c'était de s'ouvrir, avec deux mille des siens , un passage à travers cette armée de soîxante-dix mille hommes répandus dans un vaste circuit , de suivre la' Saône jusqu'à Montmerle , de passer là cette rivière , et de se retirer par la Bresse dans la Suisse. Il espérait attirer ainsi toutes les fu-^ reurs de l'armée conventionnelle sur lui et sur des hommes appelés chaque jour à braver . la mort. Cette troupe, si elle se sauvait, pourrait devenir le noyau d'une armée vengeresse : si elle était taillée en pièces , la Convention serait peut-être satisfaite du sang de deux mille hommes. Jamais un brave guer-
179Î. rier ne peut comprendre ce qu il faut de victimes à la cruauté des lâches.
Le 9 octobre I on se dispose dans la nuit à ce périlleux voyage. Quelques maisons près du faubourg de Vaise sont le lieu du rendezvousi Les épouses y les sœurs, les filles, les mères s'y rendent de tous côtés avec les objets de leurs tendres affections. D affreux pressen* timens les poursuivent. On frémit pour ceux qui partent, on frémit pour ceux qui restent. Le moment de la séparation brise des courages qui , depuis le 29 mai, ont subi tant d épreuves. Il n'y a que l'attente d'un combat qui puisse les relever. Plusieurs des administrateurs et des juges, quel que soit leur âge, entrent dans les rangs des fugitifs. Un trésor qui se compose de cinq cent mille livres en espèces et d'un million en assignats, doit pourvoir aux besoins de la troupe héroïque qui va quitter les foyers paternels. Précy veille à tout, place les canons, les bagages dans l'ordre le plus habile , et , le cœur brisé , fait partout taire la douleur. Sa colonne de douze cents hommes partira la première ; celle du général Virîeu , qui n'en compte .que six cents , suivra la même route. J'ai déjà dit que le faubourg de Vaise est dominé par le château
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dé ]a Duchère^ seule conquête importante i^gS, qu'eussent faite les assiëgeans. Le ciel semblé ' dabord protéger Tentreprise de nos héros^ Un seul obus lancé au hasard du cbàteau de ]a Duchère jette un moment dé^ trouble dans les rangs. Précy a pu passer, sans être inquiété, ' le défile de Saint- Cyt; déjà il approche du Mont-d*Or ; déjà les dangers les plus sérieust semblent évités. Mais la colonne du général Virieu, qui le suit, n'a point eu le mé^me bonheur ; arrivée au défilé de SaintCyr, elle est découverte , attaquée , cernée , extermi-" née ou faite prisonnière. Le comte de Virieu^ ce digne ami des Clermont -Tonnerre, des Lally-ToUendal à T Assemblée ironstituanta ^ meurt en combattant. Le trésor de Tarmée fugitive est pris« Ce malheureux événement décide la perte de la colonne de Précy. La cavalerie des assiégeans marche à sa poursuite. Leur camp de Limorinest a reçu lalarme* Précy est attaqué sur tous les points. Ses canons lui sont inutiles : il veut s^emparer à l'arme blanche d'une colline occupée par les assi^eans ; il échoue dans cette entreprise désespérée. Plus dWdre; chacun poursuit sa fuite au hasard ; et cependant il y avait encore salut pour le plus grand IL 8
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1793. nombre, si les campagnes n'avaient été perverties par les fureurs de Tarmée assiégeante. ^ Les représentans du ^peuple y versent Ter pour acheter le sang; une somme est promise pour la tête des proscrits. S'ils veulent s'approcher d'un village , ils entendent le tocsin qui leur annonce la mort , et bientôt toute la campagne est ébranlée du son des tocsins qui se répondent. Cachés derrière des buissons ou dans le creux des arbres ^ ils en* tendent passer des paysans qui les cherchent , armés de faux et de haches. Le peuple des petites villes ne se montre pas moins cruel pour eux; on n'épargne ni l'âge, ni le sexe; car plusieurs femmes s'étaient obstinées* k suivre leurs époux ou leurs fils. De ces fugitif , il n'en arriva que soixante ou quatre* vingts dans la Suisse; quelques autres trouvèrent un asile dans les campagnes . A côté des paysans , que la cupidité poussait au massacre , il y en eut qui se livrèrent à la pitié la plus courageuse, pour cacher des proscrits ou les conduire de retraite en retraite. Le général Précy fut du nombre de ceux qui atteignirent le sol hospitalier de la Suisse. Le ciel a rér compensé ses héroïques vertus^ en lui permettant de voir les jours sereins de la restau-
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ration. Son nom est attache désormais à la 179}. gloire de Lyon , comme celui de Jeanne d'Arc est attaché à la gloire d'Orléans, ou celui de Palafox à la gloire de Saxragosse.
Je parlerai plus tard du p^tit nombre de ceux qui échappèrent avec lui. Maintenant je ne vois plus devant mol que des bourreaux , que des martyrs et des supplices. J'abrégerai beaucoup; l'horreur m'en fait la loi.
Si j'avais à nommer les principaux direc- Lyon est «outeurs des assassmats de Lyon, 11 laudrait ces atroces, nommer au moins la moitié des membres de la Montagne , les uns pour leurs actions sanguinaires , pour les féroces mandats des Comités de salut public et de sûreté générale , les autres pour leurs missions dans cette villô dévouée à la mort. Les représentans du peuple s'y succédèrent en foule dans le cours de cette année 1793 : je ne veux en nommer qu^un fort petit nombre. De tels noms , s'ils ne sont pas strictement nécessaires à Thistoire y en souillent la majesté.
Il ne fut pas donné à Dubois-Crancé ^de commander les massacres de Lyon , comme il en avait commandé l'incendie. On l'avait trouvé trop lent dans ses opérations. Il avait ' déjà reçu l'ordre de son rappel , lorsque Lyon
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^93. ouvrit ses portes. Couthou, qui lui succédait, daigna lui permettre d'y entrer; mais tandis qu'il logeait avec ses collègues dans un palais, il le fît loger dans un galetas délabré. Dubois vint porter à Parj^ une rage impuissante^ heureux d'à voip pu sauver -sa tête de l'échafaud.
La ville de Lyon ne fut point mise au pillage. Il fallait à la cruauté des proconsuls plusieurs mois de massacre et de dévastation.
Sur les ruines Ide cette infâme cité ( ainsi parla > Barrère au nom du Comité de salut public I en annonçant à la Convention que - Lyon était soumise ) , il sera élevé un monu^ ment qui fera Fhonneur de la Com^ention , et qui portera pour inscription ce mot qui dit tout : Lyon fit là guerre a la liberté , Lyon w'est plus.
Le nom de Lyon fut supprijtné par un décret; on l'appela Commune-- Affranchie. Une commission de cinq membres y fut établie pour juger révolutionnairement les rebelles; On forma un comité de séquestre pour s'emparer des biens de la plupart des propriétaires et commercans , et un comité de démolition pour faire abattre leurs maisons. Voici de
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<}ueile manière Couthon faisait procéder à 179B. cette démolition : On le portait sur la place de Bellecour , ou sur le beau quartier Samt<- Clair. L'odieux paralytique parcourait successivement toutes les maisons, les frappait d'un petit marteau d'argent, et prononçait ces paroles , dont à peine on peut concevoir la dé^ menée : Maison rebeUéy je te frappe au nom de la loi. Aussitôt accouraient des ouvriers de destruction ; leur nombre alla jusqu'à vingt mille. Les démolitions continuées pendant six mois, coûtèrent beaucoup plus à la république que l'hôtel des Invalides n'avait coûté à Louis XIV. Bientôt des torrens de sang sont versés sur cet horrible amas de décombres. Coliot- .
d'Herbois était animé à la perte des Lyonnais par une haine personnelle : il avait été sifllé dix'ans^uparavant sur le théâtre de cette ville. La révolution permettait alors à l'un des dominateurs de la Convention et de la France , de laver dans le sang les vieilles injures du comédien de province. Il appelle à Lyon une colonie de brigands/ d'assassins > et à Ibur tête un détachement de l'armée révolutionnaire de Paris. Il fait des prisons de tous les lieux qui peuvent répandre une vaste infection ; il y entasse par milliers
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1793. des victimes de tout âge. Prêt à commencer ses massacres , il ordonne une fête : c'est Tapath^se de Châlfer. Il y parait comme le sacrificateur de ce monstre divinisé. Le tigre pleure : Chaque goutte du sang de Châtier, dit - il , retombe sur mon cœur. « Glorieux u martyr de la liberté , ajoute un autre comé- «dien^ 4'Ol9|^uî^^^ 9 compagnon de Collotw d'Herbois,' c'est du sang que nous devons « à tes mânes ; l'autel que nous t'élevons va (( bientôt recevoir des libations de sang. » Des licteurs sont répandus sur tou^e la place , pour arrêter ceux qui n'ont pas répondu par des larmes feintes aux larmes féroces de CoUotd'Herbois. Une guillotine ambulante suivait
cette marche de cannibales.
La comipission temporaire siégeait^ jugeait , égorgeait jour et nuit, u Nous expier rons de fatigue, disaient cinq juges et le « bourreau à Collot- d'Herbois. — Républi- ^ « cains, leur répondait-il, l'excès de vps tra- « vaux n'est pas a comparer à mes veilles.
a Brûlez du même feu que moi pour la patrie, w et vous recouvrerez de nouvelles forces, w Tout ce qui restait ( pourrai&je dire de libre?) à Lyon , était forcé d'assister aux exécutions. Une troupe était payée pour lancer vers le
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ciel mille cris de vive la république! quand la 1791. yictiine était frappée. Ceuxqui restaient moets ou qui gémissaient étaient condamnés , les uns à mourir, et les autres , liés à Tédba&ud, à recevoir le sang. '
Collot-d'Herbois s'indigna de ne pouvoir arracher ni plaintes ni soupirs à ce reste de héros qu'il égorgeait. Assis sur le char de mort y ils s'embrassaient , autant que leurs liens pouvaient le permettre ; ils répétaient d'une voix forte et touchante un refrai^i qui les avait souvent transportés du plus noble enthousiasme, durant les jours du siège ^ Mourir pour la patrie y cest le sort le plus beafi^ le plus digne d'envie. On vit souvent les femmes des condamnés, attendre l'heure 1 où leurs époux ^raient traînés à l'échafaud, se précipiter vers eux , .s'asseoir sur le même char , les couvrir de leurs baisers , de leu^s pleurs, et partager leur mçrt. Il y eut de jeunes filles qui^ pour sauver leurs pères, consentirent à un sacrifice plu6 affreux que celui de la vie , et qui furent appelées , par les mêmes monstres dont elles avaient pu supporter les embrassemens , à venir voir expirer leurs pères; trait de férocité qui se trouvé dans l'histoire de plusieurs proscriptions. Maïs