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i7g3. chrétiens doivent recueillir : // est doux de mourir ainsi. Il n'était plus, quand madame dé Bonchanap , instruite de la nouvelle blessure de son mari , vint le demander à l'armëe ; l'armée lui répondit par 6es sanglots. D^Elbée qui f depuis la mort de Cathelineau , avait été / honoré du titre de généralissime, était , après sa nouvelle blessure , hors d'état de djfriger l'armée. Il fut transporté dans ceHe de Cbarette ; celui-ci s'était déterminé à ne pas quitter les champs de la Vendée , et à leur donner une gloire nouvelle.
Soixante mille Vendéens avaient passé la Loire pour inonder huit nouveaux départemens. Charette, avec son armée, défendait encore Timmor tel Bocage , lorsque Barrère f organe du Comité de salut public, vint déclarer à la Convention que la Vendée n'était plus. Comme la Convention , un mois auparavant, sur le rapport de ce même Barrère, avait décrété que la guerre de la Vepdée sciait finie le ao octobre, et que ce même jour était indiqué Comme l'accomplissement formel de son décret, elle se- crut la puissance du destin; mais elle vit bientôt naître et s'étendre dans un plus vaste pays une guerre plus terrible encore et surtout plus cruelle. Funeste poiu Avaut dc suivrc Ics Vendéens au-delà de la
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l^îre, je dois parler des promesses qu'ils 1793. avaient reçues de FAngleterre , et de la di- tiqae de rAnrection mal habile ou peu sincèfe qu'elle condaite'pea
1 1 / / sénéreuse en-
donna aux mouvemens de ces généreux roya- vers les venlistes. Les Vendéens comptaient déjà quatre ^^*°'* mois de triomphes , lorsqu'ils apprirent pour la première fois^ que l'Angleterre prenait quelque intérêt à des efforts plus puissans que ceux des rois alliés. Ces nouvelles leur furent rapportées par un émigré breton, le chevalier de Tinténiac, qui^ débarqué à Saint-Malo sur un bateau pêcheur, avait traversé la Bretagne, déguisé en paysan, et protégé par l'esprit royaliste qui régnait dans les campagnes de cette grande province. M. de Tiaténiac avait caché ses dépêches dans la bourre d'un de 'ses pistolets; elles étaient écrites par M. Dundas, secrétaire-d'état et c confident intime de M. Pitt. Les che& vendéens furent confondus de l'ignorance réelle ou affectée que montrait le ministre, sur leurs desseins et leurs succès. Ces dépêches étaient adressées à un prétendu général que les républicains avaient nommé Gaston, dans les premières relations d'un événement qu'ils connaissaient mal encore. On n'avait connu sous ce nom dans la Vendée qu'un per«
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17^3. ruquier, mort dans les premières actions. M. Dundas avait Fair dé demander sérieusement au général supposé , si les Vendéens défendaient Tancien régime, la constitution de 1791 ou la faction des Girondins. Les dépêches contenaient des offres de service en termes assez vagues. La loyauté du chevalier de Tinténiac le força d'avouer à MM. de Lescure et de Larochejacquelein , qu'il n'avait pas une confiance entière à ces promesses; et ce qui excitait le j)lus ses ombrages , c'est qu'il avait vu publier dans l'Ile de Jersey des défenses sous peine de mort aux bateaux pécheurs de transporter des émigrés sur la côte de France : lui seul avait été excepté à cause de ^a mission. Cette défense confond l'esprit; ellç prouverait dans le gouvernement anglais ineptie ou froideur extrême pour les Bourbons et pour les royalistes français : ineptie-, c'est ce qu'on ne peut reprocher au ministère de M. Pitt ; d'un autrç côté, il n'est pas permis ~ de douter d'un. fait qui passe avec le nom de Lescure; car c'est la veuve de ce héros , depuis madame de Larochejacquelein , qui l'a consigné dans ses admirables Mémoires. Cette dame en outre avait une connaissance toute particulière de celte négociation , puisque ce
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Alt elle qui de sa tnain écrivit la réponse âes 1793. généraux de l'Anjou. Combien ne durenl-ils pas être étonnés qu'un gouVemement aussi habile^ aussi vigilant n'eût pas encore pris des informations exactes et assidues sur un ^mouvement signalé par de si prodigieuses victoires! Au lieu d'une défense aussi imprudente qu'atroce, ne devait-il pas seconder le vœu des émigrés français, qui brûlaient de s'unir a tant de gloire, à des périls si affreux^ et leur fournir à temps, c'est^à<lîre dès les pre^ miers exploits de la Vendée, des armes et des vaisseaux ? Ne devait-^^il pas un Bourbon à la Vendée ? Les princes français n'avaient cessé des lors et ne cessèrent depuis de le poursuivre de leurs instances , pour qu'ils pussent répondre aux vâeux deâ Vendéens.
On en jugera par un monument précieux qui nous a été conservé. Louis XVIII voulant passer dans la Vendée , écrivait au duc d'Harcourt : « Il n'y a rien à craindre pour (c le roi 3 qui ne meurt jamais en France.
n Si je reste en arrière , si je n'emploie ,pas (( non seulement ma tête , mais mon bras « pour monter sur mon trône, toute consi-- (f dération personnelle , je la perds ; et si Ton « pouvait croire que ce fût de mon plein II. 10
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70^. ^< g^^ que je n'ai pas joîat mes fidèles sujets, u môa règne serait plus malheureux que celui
a de Henri III Que me reste-t-il donc?
i< La Vende'e. Qui peut m'y conduire ? L'An- (( gleterre. Insistez de nouveau sur cet article ; « dites aux ministres , en mon nom , que je K leur demande mon trône ou mon tombeau.»
Comme le gouvernement anglais avait exigé que les Vendéens se rendissent maîtres d'un port , et qu'ils ayaient échoué sucicessivemeut devant Nantes et les Sables d'Olonne .ils cherchèrent dans la Bfretagne une ville maritime dont la possession leur fut plus facile. Voici comnaent le port de Granville leur- fut fajtalement indiqué par le ministère anglais. Les Vendée^ns ayaient déjà gagné Fougère, /au coeur de 1a Bretagne, lorsqu'ils çeçurent une seconde niissfve de M. Dundas.
Une seconde missive ! et les Vendéens comptaient déjà huit mois de .glpîre et 4e travaux, . et les Anglais n'a vaieat pas profité de la prise de rile de Noirmoutier, si favorable s^une correspondance !. C'étaient deux émigrés bretons qui portaient cette nouvelle dépêche. L'un d'eux était un conseiller au parlement de Rennes. M. Dundas recommençait ses questions sur le but politique des chefs de la Vendée ,
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comme si leurs vœux avaient eu rien d'équivo^ ^e. Il désignait le port deGranville comme celui dont Tattaque pourrait être le mieux ap*^ puyée par la flotte anglaise , sous les ordres de lord Moira, qui mouillait dans l'Ile de Jersey. La lettre abondait en détails* qui semblaient annoncer l'intention la mieux arrêtée de se-^ conder les Vendéens. Les deux émigrés bre-tons, MM. de Freslon et Berlin , avaient caché cette dépêche dans un bâton creux : ils le cas^ sèrent une seconde fois pour en tirer une autre lettre; elle était de M. Du Dresnài , l'un des principaux chefs des émigrés bretons. Le loyal gentilhomme y avertissait les chefs ven* déens de ne pas se fier aveuglément aux promesses du ministère britannique : les émigrés français continuaient à être trajtés ^vec la même rigueur dans l'Ile de Jersey; mêmes défenses leur étaient faites de débarquer sur les côtes; enfin les princes n'étaient point encore appelés en Angleterre»
Les chefs vendéens conçurent au fond du cœur de sinistres 'présages, en voyant le peu d'ardeur que ce gouvernement mettait à les seconder et même à les connaître. Toutefois ils se laissèrent persuader de poursuivre leur course jusqu'à Granville, en donnant aux
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i^o3. envoyés de l'Angleterre les instructions les plus dëf aillées sur l'attaque de ce port ; ils partirent convaincus q^en arrivant ils apercevraient les feux d^l'escadre anglaise. INous •verrons combien leur espérance fui ti?onipée. Ce n'est poii^t un problème difficile que d'assener la cause des fausses combinaisons du ministère britannique dans cette £itaie année 1793. Il s'était dbstènu dé prendre part à la ligue trop faible et trop éphémère que le roi de Prusse , Frédéric-Guillaume»
avait dirigée l'année précédente avec des intentions toutes loyales , tontes ekevàleres^ ques , mais avec peu de constance et d'habileté » avec des succès peu glorieux; Alors le but de la guerre étàîE simple ; c'était de rendre au rOi sa liberté d'abord,' et son arnlor rite ensuite. On ne songeait point à fatr^ payer par des conquêtes ou des cessions de territoire ce bienfait qui assurait le salut commub des rois. Promoteurs ardens deX:ette ligue, les princes français n'eussent consenti » méine pour la délivrance d'un frère, à aucun démembrement de la monarchie de Louis XIV.
L'infortuné Louis XVI ne^ l'eut jamais ratifié, et sa n^iagnanime compagne aurait montre combien elle était Française de cœur.
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Après la retraite de Champagne , les monari|aes ligues en paraissant céder ^la ibrtuue, cédèrent plus qu'ils ne le crbyaient^eux-mèmes à Tainbitioii de recueillir les fpoits d'une anarchie qai surpassait de beaucoup celle de Po"» logne. 'Leurs alarmes personnelles s'étaient^ sinon dissipées |. au moins affaiblie^ par Thorréur qu'inspiraient à leurs peuples tant de crirnes qui n'avaient plus de voile'. Il semblait que ce fut une nouvelle maxime du dï*oit des gens que de punir , par la conquête et le dé-* membrement, tout état travaillé de désordres intérieurs. L'Angleterre «avait condamné, mais froidement, le premier partage de la Pologne: Quand elle vit quelques lueurs pour un partage ou pour un démembrement de la France ,, elle s'écarta du principe de neutralité, dans lequel elle s'était retranchée, pour alténdre l'issue de la lutte des rois contre la France. Au milieu de l'horreur que lui inspira le second jugement régicide de l'histoire, elle se souvint de Dunkerque, de Calais, comme de possessions long-temps chères à son orgueil. La fortune, en lui offrant Toulon y exalta sa cupidité maritime. Elle voulait bien ne pas réclamer les anciens apa^ nages dé ses rois ou les anciennes conquêtes
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1793. du prinee Noir et de Henr^ V ; mais nos co-lonies et nos ports étaient de son domaine ^ nos colonies^ elle se donnait la peine de les prendre avec ses escadres ; quant à nos ports > elle attendait patiemment qu'on les lui livrât f car elle ne pouvait se charger de tout à la fois. Ce système inhumain , étroit, glacial comme toutes les combinaisons de régoïsme, fut pourtant embrassé par un ministre que rAngleterre met encore au rang de ses premiers hommes d'état. Ce n'est point ma faible plume qui l'en fera descendre ; mais les malheurs de l'Europe pendant un quart de siècle accuseront à jamais une telle politique. L'Angleterre s'en écarta glorieusement ; et pour la première fois, en i8i4; Voilà son plus beau titre de gloire dans le long cours des calamités continentales. Je veux croire qu'instruit par les événemens , par les fautes et par la magnanimité de l'empereur Alexandre, M. Pitt , s'il eût vécu jusqu'à cette époque, se fut conduit comme le lordCa;stelreagh; mais il sut mal empreindre sa politique de ses vertus privées. Sans doute il exerça une noble hospitalité envers nos princes , nos émigrés , et pour comble d'honneur, envers nos prêtres catholiques; mais il devait plus que l'hospitalité à un roii
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qui lui demandait la F^eridée, son trône ^ où 1793. son tombeau. • .
Je reviens à nos Vendéens , bien redoutables et bien puissans eàCore^ s'ils n'espéraient pas dans TAngleterre.
Le passage de la Loire par les Vendéens Grande tmtreproduisait 1 image des fameuses émigrations Veadéeos des anciens peuples Cimbres, Teutons, Hel-tag°ue.* Tetiens' ou Scythes. Les combattans suivis de ^*^'^^'^*'leurs familles sentaient plus vivement la nécessité de vaincre; mais , embarrassés d'une * multitude sans armes, ils comptaient moins sur la victoire. Une douzaine de barques leur avait suffi pour passer la Loire, dans le moment même où leurs plus valeureux compagnons soutenaient à ChoUet un terrible combat. Une défaite récente et cruelle était d'un triste présage pour une expédition si hardie. Ce qui les désespérait, c'est qu'ils avaient l'air de fuir, tandis qu'ils tentaient une invasion. Le passage avait cotnmencé le 16 octobre;/ il continua pendant plusieurs jours encore.
L'intrépide Larochejacquelein venait d'être nommé généralissime , Stoflet major-général de l'armée , La Trémouille prince de Talmont , général de la cavalerie. M. de Donnissant, père de madame de Lescure, assistait
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1793. le généralissime dç ses copseUs ^. M» de Lescure suivait , atteint d'une blessu):e qui ne laissait presque aucun espoir de guérison.
Cette multitude n avait forme d'armée qu'a son avant -garde et a son arrière -garde : le centre était composé d'une troupe inutile; le . tout s'élevait à près de quatre -vingt mille âmes. Une telle armée, en défilant, couvrait une espace de plus de quatre lieues. Cependant toutes les villes de la Bretagne qu'elle
* Je crois devoir faire ici connaître , d'après les Mémoires de madame de Larocliejacquelein , plusieurs autres officiers* généraux ^ on ne pent trop répéter des noms si glorieUx.: M. Debargues, adjudantgénéral; M. le chevalier Duhou^ , adjudant en second ; M. deBeauvolliers, trésorier-général; M. Dpppenheim, commandant le génie; M. de Marigny, commandant l'artillerie ; M. Pérault , commandant en second ; j M. Desessarts , commandant la division poitevine de M. de Lescure; M. Villeneuve 'de Cazean, commandant la division de M. Larochejecquelein ) M. de Laville <Je Baugé , commandant en second ; M. de Fl«uriot y commandant la division de M. de Bonchamp ; M. d'Autichamp, commandant en second; MM. de Lyrot, d'Isigni, de Piron , de Rostaing; le chevalier Pestouches, ancien chef d'escadre; de La Marsonniëre; Bérard , aide-major de M. de Stoflet , et M. de Lacroix. Le curé de SaintLaud pouvait aussi assister au conseil de guerre.
eut à traverser, ouvrirent leurs portes , tantôt sans combat y tantôt après une faible résistance. Dans les campagnes elle était accueillie avec enthousiasme 9 dans les villes avec une haine timide. Des actes sévères, et même cruels , auxquels se porta l'un des chefs , M. de Marîgny, produisirent une fâcheuse impression. Il tua de sa main un juge de paix /sur l'indication quon lui avait donnée que c'était un forcené patriote. Mais 1 armée l,a plus indigente qui fut jamais, s'abstint du pillage^ même dans les villes dont les dispositions^ ennemies lui étaient le plus signalées.
Nombre de petits combats peu importaps s^engageaient sur cette route, Larochejacquelein , généralissime » prodiguait son saug jusque dans les plus légères occasions qui tentaient son courage. Un jour, près de Laval f à la suite d'une action peu sérieuse , il se trouva seul y dans un chemin creux ^ avec un fantassin de l'armée ennemie. Blessé au bras^, il sut^ par les mouvemens de sou cheval y éviter toqs les coups de son adr versaire; enfin il le saisit au collet, et lui dit : « Retourne vers tes républicains, et dis- « leur ce qui vient de t'arriver avec Je gé^
"TQ"^-
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1793. « néral des brigands^qui n'a qu'une main et « point d'armes. » Que n'eùt-il été plus sobre ^ des plaisirs de ce geure !
Cependant le zèle royaliste des paysans bretons commençait à éclater ; déjà six mille bommes du Morbihan , bonorés du nom de la petite Vendée, joignaient la Grande- Armée ; déjà se signalaient les George Cadoudal et les Cormatin. Malheureusement les Bretons, dominés par leurs habitudes et par l'amour du sol natal, consentaient plutôt à se battre tous les jours qu'à s'éloigner pour quelque temps de leurs foyers. Ils se rendirent bientôt terribles à la république, mais secondèrent faiblement les Vendéens, que leur ardeur et leur désespoir emportaient au loin, et qui, souvent vainqueurs, ne cherchaient que les grandes batailles.
L'occasion leur en fut offerte à Laval, où ils avaient séjourné.
Lc> Tca- La brave armée mayençaise s'était indignée t«ut «DDnuui de ce que la bataille de GhoUet, qu'elle croyait toî^.wri"*ii décisive, n'avait pu prévenir ce vaste débor- "■' "*'"'' dément de la Vendée sur la Bretagne. Le général Léchelle, sous lequel elle avait remporté cette sanglante victoire , brûlait de frapper les derniers coups sur une troupe fugitive. Laro-
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cfaejacquelein est à peine instruit de son ap- 1793. proche , qu'il a résolu de prévenir son attaque. La ville de Laval lui offre un asile favorable pour les femmes et les enfans, dont la mvXv titude l'embarrasse ; il ne prend avec lui que l'ëlite de ses combattans : à la tête de huit mille hommes, il marche contre une armée de vingt - cinq mille ; car les Mayençais n'en formaient que Tavant-garde. Le général Léchelle f attaqué k Timproviste entre la ville de Laval et celle d'Àntrames, n avait pu prendre encore aucune disposition. Son armée ne formait qu'une longue colonne dont tous les mouvemens étaient confus. Larochejacqueleîn et Stoflet divisent leur attaque. « Vous allez voir comme nous preu nons les canons , » dit ce dernier à un officier nouvellement entré daiis les rangs de l'armée vendéenne. Il dit , et deux canons qui couvraient le front de l'armée républicaine sont enlevés avec ce que le courage a de plus magique. Larochejacquelein a pénétra dans le centre de l'armée ennemie, où règne déjà une horrible confusion. Les Mayençais seuls lui tiennent tête : les fusils sont inutiles ; on se bat à l'arme blanche , ensuite corps à corps ; on se dé-
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793. chtre; les clcux partis prennent des cartouches aux mêmes caissons. Les Mayençais enfoncés de toute part vendent cbèremeot leur vie : ]a mort de leur général Beaupui décide leur fuite et même. leur dérouté.
Stoflet se baigne dans le sang : Thistoire lui reproche d'avoir fait fusiller de nombreux prisonniers. La bataille engagera onze heures du matin était terminée ii cinq heures du soir. Mais il faut à Larochejacqueleîa deux victoires dans le même jour. Les débris de Farmée fugitive s étaient portés sur Château-Gonthier ; « £h bien ^ dit le bouillant « général , eh bien , mes amis , est-ce que les « vainqueurs coucheront dehors et les vaincus << dans la ville ? » Le combat recommence, et Chàtéau-Gontier est emporté. Cette journée fut la dernière pour larmée mayençaise. Il faut plaindre de si braves soldats d avoir eu à se mesurer avec des Français royalistes. Ils causèrent souvent leurs désastres , et ils. emportèrent leur estime. Le général Léchelle ne survécut que peu de jours à sa défaite t une maladie aiguë, causée pa^ le désespoir, le sauva de Féchafaud , salaire accoutumé des généraux vaincus et même des généraux vîcto^ rieux. La bataille de Laval prouva le génie de
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Larocheja€queleîn , à peiné âgé de vingt^un 1793. ans* . . '
Après un tel succès et la desiruclton de .
l'une des meilleoires troupes de la république , les Vendéens auraient pu rentrer dans leurs foyers ou porter là terreur bien près de Ja ca][>ita]e; mais une fatale destinée etU*Angleterre lés conduisaient à GranviUe. Liéscure Mort de mourant put voir le triomphé de son araî ; ****"' sa Yoix défaillante anihiait èhcorè ceu^ <|^'il avait tant de fois conduits à la victoire. On rapporte qu'il s'écria :
£t mes derniers regards ont ?a fuir les Romains!
11 expira peu de jours après, en montrant $u milieu des plus cinelles doifléUrs le calm^ d'un héros et d'un ^aint. Quel sort était i*é« serve à sa digne veuve et à ses enfans? j'aurai occasioil d'en parlée dans la suite.
Les desseins des royalistes avaient été pé- Les vennétrés; On savait depuis plus de quinze jours» Graawiie, qu'ils dirigeaient leur marche sur GranviUe. I^içûrîpU Le conventioùnel Lecarpentier s y était retiré avec l'intention de faire la défende la plus obstinée* C'était sur GranviUe que maïkrhâient les garnisons de Fougère^ d'Avranche^ de Potitoi^soh/ et d'autres villes de la Bretafi;ney
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i^q3. à mesure qne les Vendéens en approchaient «' Les fortifications de la ville , sans être im-* posantes , menaçaient d'une terrible épreuve une armée qui marchait sans aucun instrument de siège , et qui avait échoué à ceux de Naates et des Sables d'Olonne. Des canons de gros calibre garnissaient les remparts; les rues de la ville étaient dépavées : les pêcheurs, qui forment une grande partie de 'la population de cette ville, étaient armés. Plus les royaliste^ s'approchaient de Granville ,. moins ils montraient d'ardeur pour cette entreprise; Un secours si tardif de l'Angleterre parais-: sait suspect au bon sens des habitans du Bocage f -ei, déjà plusieurs n'avaient pas voulu sortir d'Ayranche» Les chefs presque seuls montraient de la confiance dans le secours prpmis. Trente mille combattans arrivent sous les murs de Granville ; point de voiles anglaises. Cependant quoi de plus facile que de détacher de Jersey, d'où l'on entendit le canon , quelques vaisseaux ou quelques bricks auxiliaires? Si réscadre de lord Moira a été contrariée par les vents , n'a*t-on pu jeter sur les c^tes des armes , des munitions , quelques moyens de siège pour l'armée vendéenne ? Manquera-t-on à la fois à des in^
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structions si détaillées^ à des promesses si 1793. positives? Les royalistes inquiets, mécontens, se décident pourtant à l'attaque; ils la coin-mencent à neuf heures du soir. Ij'impétuosité fut telle , que dès le premier choc les fauibourgs furent emportés^ les échelles dressées contre les remparts^ les premiers ouvrages escaladés , et les baïonnettes plantées dans les murs. Tout promettait un heureux succès, lorsqu'on perfide déserteur s'écria : (( Pïous K sommes trahis ; sauve qui peut I » Il reçut k l'instant la mort des mains de M. AUard»
Mais l'armée vendéenne ébranlée par ce cri, avait déjà plié , laissant pour la première fois ses chefs dans le plus affreux péril. Deux bàtimens républicains arrivés de Saint-Malo y faisaient . feu sur les Vendéens qui attaquaient par la plage. Larochejacquelein et Stoflet ordonnent et conduisent une attaque générale; mais à peine sont-ils maîtres de quelques ou-^ vrages^ qu'ils se voyent entourés de flammes. Les soldats républicains ont mis le feu à tout un quartier de Granville. Plus on approchera, plus l'incendie sera général. Plusieurs des chefs les plus valeureux, les Roirand, les Bauvoiliers , les Villeneuve sont blessés grièvement. On £sdt sans avancer une perte énorme.
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r793. Le combat dure depuis plus de trente heures , et point d'Anglais. Les bàtimens de Saint— Malo restent senis maîtres de la mer. Larocbejacqnelein désespère est forcé de donner le signal de la retraite ; on Texécute en désordre, et avec mille malédictions contre de perfides alliés.
Ce qu'il y eut de plus fatal dans cette journée y c'est qu'elle altéra la confiance illimitée jusque là des soldats dans leurs généraux. On leur reprochait d'avoir dirigé une si longue course dans l'espoir d'un secours des Anglais.
Quelques uns étaient accusés, malgré mille
preuves d'un courage héroïque , de n'avoir eu d'autre but qu'une fuite en Angleterre. Les paysans oubliaient l'ardeur avec laquelle y en quittant leurs foyers dévastés, ils s'étaient précipités dans la Bretagne ,' les secours qu'ils y avaient trouvés, et ceux qu'ils pourraient y trouver encore. Chacun brûlait du désir de revoir ou l'Anjou, ou le Poitou, ou le Bocage chéri; chacun songeait à sa chaumière comme si elle subsistait encore, à son verger comme s'il n'était pa» abattu , à ses champs comme s'ils n'étaient pas couverts de cendre. ((Repassons la Loire, disait-on ;' e m parons- <( nous encore tme fois d'Angers coniitie du
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fr passage le plus commode ; nous le prendrons, 1 79B. «quand ses murailles seraient de fer. » £t ce<^ pendant des chefs tels que le brave Talmont étaient exposés à des outrages ^ parce qu'ils avaient voulu assurer le salut de quelques dames > en les faisant passer en Angleterre- Tel était le déplorable état de l'armée , i^^* "^«bvendéenne après le siège' de . Gran ville ; et nenx à Doi. pourtant elle allait encore remporter une victoire signalée. Dans sa marche rétrograde , elle était revenue ^r Dol ^ :^rès être sortie avec bonheur et intrépidité d'une position alarmante; mais elle avait le tort de se garder négligemment. Les officiers presque seuls faisaient des reconnaissances qui leur étaient souvent fatales. Vers minuit. Forestier, qu'on surnommait VlnfcUigable^ vient annoncer qu'il faut se préparer dès cette nuit même à l'attaque la plus sérieuse. Les trois- généraux les plus redoutés, Wes-^ terman, Marceau et Kléber marchaient con-tre eux avec des troupes aguerries et nom* breuses. Heureusement pour la Vendée , de tels capitaines sont sous les ordres du général Rossignol. Larocbejacquelein , et ce prince de Talmont que le désespoir a fait accuser, prennent sur eux les premiers périls U. II
t6s HiSToiafi
17^3. de Faction, ils en subiront encore les derniers^ Stoflet reste dans la ville avec une cavalerie tnal équipée, pour servir de réserve. Pendant les horreurs du combat nocturne qui vient/de s^engager , on écoute à Dol , avec de mortelles alarmes , si le canon s'approche ou s'étoigne de la vill6. Il s'éloigne , on respire. Sur ua seul point un corps vendéen avait été mis en fuite : l'obscurité de la nuit, augmentée par un brouillard épais , n'avait pas permis de distinguer tout l'ensemble de l'action. Voilà qu'un fatal message arrive à Dol» annonce que tout est perdu, et qu'il n'est plus de salut que dans la fuite. La peur qu'expriment les femmes, les enfans, a gagné jusqu'au cœur des combattâns qui doivent Couvrir la ville.
Un cri lugubre retentit : Allons j les bra9es\ à la mort! Mais ces braves , ils ont avec eux les êtres les plus faibles et les plus ehers dont ils voudraient assurer le salut. Que va-t-on devenir? Stoflet a fui lui-même. Madame de Lescure veut se mettre sous la protection d'un cavalier qui vient à elle s u Ehl madame, lui c( a-t«on répondu, je suis une femme moi<- « même; nous périrons ensemble.» Mais l'instinct héroïque se ralluiyie tout d'abord dans le oœar des femiiies. Madame de Bonchamp la
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première arrête les fuyards, et s'offre de mar- lyg^ cher avec eux au combat. Madame de Donissant, mère de madame de Lescure, arrête Stoflet , qu'elle a rencontre avec ëtonnement dans .une troupe fugitivel ce Eh quoi! mon<- « sîeifr, lui dit-elle, est-ce là votre place ?d Ces mots ont sulH pour rendre à Stoflet toute son întrëpîdîté. La femme de chambre d'une Vendéenne prend un fusil , et s^écrie : « En as^antl n au feu les Poitevines î « Le cure de Sainte- Marie seconde lés femmes», et crie, le crucifix a la main : « Le paradis aux braves ^ V enfer « aux tâches qui nous trahissent i >i Marigny^ d'Autichamp, et un' jeune aide-de-camp du prince de Talmont vont criant pat^out : (f En* « tendez-vous le canon?laîssere2-v0usLaroche- (T jacquelein , Talmont et Desessarts soutenir w seuls le combat ? » On leur répond par les cris de vive le Roi etLarochejacqueleinl Le rai* liement s'opère. Mais le premier désordre de la fuite avait été tel , que plusieurs officiers disparurent sans retour de larmée : honteuse d'avoir cédé une fois à un péril jugé sans remède, ils n^osaient plus venir chercher quel** ques reproches et une gloire nouvelle. Le jour n'avait pu diminuer la confusion de Fhorri*ble combat. Le brouillard permettait & peine
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^■7û3 ^6 ^^^^ ^ ^^^ P^^ ^ ^^ ^^ ^^^^^ ^^^ '^ manière de répondre au qui vwe? Talmont et Deses-
sartSy chacun avec quatre cents hommes, avaient soutenu l'effort de la grande masse des républicains, Larochejacquelein , aban* donijté de son arrière- garde , avait voulu d'abord chercher la mort sôus le feu d'une batteriie ; mais un renfort qu'il reçoit lui permet de se dégager , et,de dégager ensuite Talmont* Pès qu'on entend retentir dans les rangs les Xioms de^Marigny:, de d'Autichamp, de Stoflet, la victoire est certaine : les; républicains ont perdu plusieurs canons et une partie de leui:s bagages. I4tr9c]iejacquelein rentre k Ddi , et tient embrassé Talmont : « Voilà Iç (( sauveur de l'armée , » s'écri^ le généreux et modeste général. Le curétle Sainte-Marie entonne le F^exiUa régis; après avoir remercié Dieu on remercie les femmes. Mais ce fîit le dernier triomphe des Vendéens au-delà de la Loire.
Les ven- Quclqucs mois auparavant ils étaient entrés lent repasser saus obstaclc daus la ville populeuse d'Angers ,
la Loire ; U« . ., 19 • . 1 r
sont repous. mais ils ue 1 avaient pas long-temps occupée.
"*^ ^*^*"*Maintenantelledevenaittoutleur espoir; seule elle pouvait leur fournir le moyen de passer sur l'une oul'autre rivedelaLoire. Mais les républi-
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cains avaient élevé des fortifications nouvdles 179^. et les avaient garnies de nombreux canons.
Les fatigues d'une si longue et si périlleuse excursion avaient sans doute épuisé les forces ^ des Vendéens , et, pour là première fws, fait chanceler leur courage. Uattaque de cette ville dura trente heures, sans offrir de chances de succès. Les che& ne purent reconnaitre cette fois l'intrépidité accoutumée de leurs soldats. Il fallut donc renouiser au passage de la Loire.
Les Vendéens, incertains de leurs mou- Déroute de» yemens, se rejetèrent sur la Flèche, et de dans la TiOfr là sur le Mans; l'une et l'autre de ces villes iadéw^w. furent emportées avec peu d'efforts. Mais à peine entrés dans la dernière ^ ils se virent attaqués par trois colonnes formidables que dirigeaient Wefeterman , Marceau et Kléber.
D'abord on se h^attit hors de la ville, dans un bois de sapins qui protégeait les royalistes. Au milieu de la mêlée, un hussard appelle par son nom le prince de Talmont et le défie au combat. « Je t'attends, » répond le royaliste, et du premier coup de sabre il étend son adversaire à ses pieds. Larochejacquelein avait ' eu deux chevaux tués sous lui ; ses plus intrépides lieutenans tombaient à ses côtés. Désespéré, il fit une charge avec AUard et Fores-
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1793. lier 9 et pas ua seul soldat ne le suivit. Cette excellente position fut perdue , il fallut soutenir le combat sous les murs de la ville. La " nuit était venue, et, loin de ralentir Tardeur des assaillans , elle irritait leur soif de vea«geance. A deux Heures du matin ils avaient pénétré par une porte de la ville. Déjà une multitude de femmes et d'eniàns fuyait sur la route de Laval. Un plus grand nombre fut repoussé dans les murs et livré à toute la férocité du vainqueur. Westerman fut impitoyable : Marceau et Kléber, dans cette nuit funeste, montrèrent Thumanité des grands cœurs. Mais le rappel qu'ils £atisaient battre ne pouvait arracher les soldats ni au pillage ni au massacre. Us sauvèrent pourtant plusieurs dames et paysannes vendéennes, et même des chefs vendéens. D'Autichamp fut délivré par un de ses parens> officier républicain, qui lui fît prendre Thabit de l'un de ses soldats. M. de Bernes eut le même bonheur. Dans tel quartier de la ville on égorgeait tout, dans tel autre , l'humanité obtenait quelques droits, dans tel autre, les Vendéens combattaient sans espoir, mais non pas sans ardeur. Il y en eut qui ne se retirèrent dé la ville prise qu'à huit heures du matin : ils voulaient , par leur
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obsiinatioa à se battre, sauver du carnage leurs 1 793. femixies^ leurs enfans ëpars sur ^ la grande roule* Quinze mille Vendéens on Vendéennes périrent danâ cette nuit fatale. Henri de La* rochejaqueleti) > après les inutiles prodiges de sa bravoure > s'étonnait et s'indignait de vivre encore.
Je manque de forces pour donner quelques détails du massacre. Un fait que j'emprunte à madame de Larochejacquelein peindra les horreurs de la fuite. « Je suivis la déroute, ce Je rencontrai M. de Sanglier; il avait perdu f< sa femme^ la veille; il était malade, et porter tait à cheval s*es deux petites filles malades c< aussi. »
L'armée avait perdu le chevalier Duhoux , Herbaut, et Forêt, le premier compagnon de Calhelineau.
Ce désastre avait eu Heu le 12 décembre. Maiheinreux L'armée vendéenne s'était retirée sur Laval; Loire. de là elle se porta rapidement sur Ancenis , pour y tenter de nouveau le passage de la Loire. Mais les républicains avaient fait en-* lever tous les bateaux. Quatre ou cinq frêles barques laissées sur le rivage n'offraient qu'un passage périlleux et d'une lenteur mortelle.
Le fleuve gonflé par les pluies coulait avec
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)i793. une rapidité effrayante : mais la nécessité pressait ; il fallait que le sol natal rendit le courage aux Vendéens excédés d'intolérables
' fatigues , et consternés d'une défaite cruelle.
Larocbejacquelein , pour encourager son armée^ passe le premier sur l'une de ces barques ; Stoflet et Baugé raccompagnent : Laagerie s'embarque sur un autre batelet. C'était avec des angoisses mortelles que l'on consi— dérait du rivage ces intrépides navigateurs* A chaque instant les barques paraissaient près de chavirer : on n'osait pousser des cris d'alarmes qui auraient pu troubler les passagers en péril. Les uns priaient, les autres construisaient des radeaux , lorsque des hussards républicains débouchent d'Ancenis. L'armée n'a rien de disposé pour le combat. Larocbejacquelein , Stoflet , Marigny, et quelques centaines de soldats ^ ont passé sur l'autre rive. Cinquante ou soixante ont été engloutis. L'armée voit un nouveau malheur ajouté à tous les siens : elle est séparée de son général, de son cher Henri. Alors il s'opéra un désordre qui échappe à toute narration. Les restes de l'armée vendéenne furent atteints à
NouvcUe dé-Savenay. On combattit :avec l'ancien courage^
route à Save- . i> • i» ^
nay. mais uou avcc 1 ancienne fortune. Cette
DE LA CONVENTION NATIONALE. iGg
journée fut aussi fatale que celle du Mans. 1793; Deux ou troîs mille hommes parvinrent encore a passer la Loire avec Marigny, Fleuriot, Rostaing et quelques autres chefs.
Ne dites pas que la Vendée est anéantie Nûafancedn
-, ^ , , . la guerre ci*
pour cette lois. Ses restes epars vont se reunir vîie, nommée aux bandes des paysans de la Bretagne, con-^!/^/ ""'^ nus sous le nom àe chouans ^ et deviendront plutôt des instrumens de vengeance que des instrumens de victoire. Bientôt dans cinq ou six dépai^temens , ils entraîneront le peuple des campagnes ; le temps viendra où ils soumettront des villes que les Vendéens u ont pu réduire, et Nantes même. Mais ce genre d'actions et de combats épuiserait les « forces de Thistorieu et la constance de ses lecteurs.
Donnissant, Desessarts, l'alné des Beau voiliers, Piron, Mondyon, Lyrot, Verteuil, le curé d'Avranche et l'abbé de FoUeville , Lemaignant et le prince de Talmon t, survécurent peu à ]â déroute de Savenay . Tons n'eurent pas le bonheur de moiirir les armes à la main : plusieurs de ceux que je viens de nommer furent saisis dans leurs retraites ou sous divers déguisemens. Ce fut là le sort de l'illustre rejeton des La Trémouilie. Amené devant un commissaire
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1793. de la Convention , u Fais ton métier^ lui dit- « il 9 moi j'ai fait mon devoir. » Il répondit à ses juges : ce Seigneur de Laval et de Vitré, ' «j'ai montré par soixante-neuf combats que ce je ne dégénérai3 point de mes aïeux. »
Quant aux paysans ^ lorsqu'ils montaient à réchafaud» quel cœur français n'a retenu leur cri : Pli^e le rqi quand même!. • • . Ainsi périt d'Elbée après la reprise de Noirmouiier, où il s'était réfugié. On prétend que ^ sa grâce lui fut offerte sous la condition qu'il révélerait tous les plans et toutes les ressources de ses compagnons. On peut juger quelle fut l'indignation de ce digne émule de Lescure. Ses blessures ne lui permettaient pas de marcher au supplice; on le fusilla sur un fauteuil. Sa femme avait été forcée d'assister à cette exécution , et subit la même peine y le lendemain, avec madame Maurin, On employa contre des prisonniers qui se trouvaient trop nombreux, l'invention de l'exécrable €k)Uot-d'Herbois , le canon à mitraille.
Consfans ef- Cependant grâce aux efforts de Charette , rette;soahaJa Veudéc , dcpuis Ic passage de la Loire, la courage, son Veudéc dépeuplée par tant de combats et de supplices, par les incendies, par la famine,
et surtout par la fatale excursion de la Bre- 1793. tagne^ avait défeudu 1 éternel honneur de son Bocage. Une armée de trente mille hommes , que de continuelles recrues tenaient toujours au complet, n'avait pu réduire l'indomptable héros, qui tantôt combattait avec trois millls hommes, tantôt avec trois cents, tantôt avec cinquante. 11 m'est plus facile d'indiquer la cause et les résultats de succès si étonnans que d'en suivre la marche. Les républicains portaient la peine des continuels incendies qu'ils avaient allumés dans la Vendée. Voulaient-ils rentrer dans les pays dévastés, ils élaient obligés de disséminer leurs quartiers. Charette , sûr des habitans , connaissait tous les cantonnemens ennemis. Avait- il été vaincu sur un point, il venait fondre sur un autre où l'on se croyait à l'abri de tout danger. Les barbaries des conventionnels, et, surtout celles de l'atroce Carrier , recrutaient l'armée de Charette d'hommes désespérés qui ne pouvaient plus trouver dabri que sous ison panache blanc. Le général donnait à ses soldats l'exemple de lutter contre la famine. Il fallait le plus souvent vivre sur les provisions de l'ennemi. Les bandes repu-* bllcaines, qui se nommèrent elles-mêmes
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X793. colonnes infernales, ne marchaient que gorgées d'eau-de-vie : Charette les surprenait dans Tivresse. Il avait la vélocité de Henri IV; il . lui arriva la même chose qu'à ce monarque.
Un officier qui se croyait à vingt lieues de lui , disait daas une bourgade qu'il venait de soumettre : a Je voudrais bien voir ce Charette. « — Le voici , » lui dit une femme qui reconnut le général vendéen. En un instant les bleus furent dispersés ou pris. Charette était plus sévère envers les prisonniers que les autres généraux vendéens. Mais pouvait-il et devait-il s'abstenir toujours de représailles envers les inventeurs des bateaux à soupape?
/ Les républicains pouvaient envahir le Bas- Poitou sur plusieurs points; mais ils ne parvenaient jamais aie soumettre. Tant de faits d'armes partiels se dérobent au plan d'une histoire générale , surchargée d'événemens. On les lit avec le plus vif intérêt dans la P^ie de Charette, écrite par unde ses plus intrépides lieutenans. Je vais extraire de ces Mémoires un fait bien propre à caractériser les guerres civiles. L'auteur vient de raconter une victoire remportée par Charette^ près de Béjarri. Il y avait été vaillamment secondé par Joly.
K L'armée eut à regretter la perte d'ua
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i< jeune et brave officier^ aussi aimé du soldat 179^. (1 que de ses camarades y le fils de Joly , qui « fut tué sur le champ de bataille. Quand le (f père vit son fils mort , il devint furieux , et i< voulait s'ôter la vie. Il menaçait de tuer ncexxX qui se présentaient devant lui pour le c< désarmer et le consoler. Au même instant on (c vint lui demander s'il voulait qu'on enterrât u ses deux fils ensemble : alors ce malheureux H père tomba sans connaissance et faillit exi< pirer de douleur. Joly avait trois fils, dont i< les deux aînés portaient les armes. Le plus a âgé, qui servait la république, fut tué dans i< la même action que son frère. Il avait de- « mandé plusieurs fois à son père la permisce sion de revenir avec lui, et de pouvoir ré- « parer sa faute en combattant à ses côtés. Si « tu oses jamais reparaître devant moi , ré- « pondit Joly, je te brûlerai la cervelle. .Le (c jeune homme qui connaissait l'emportement a de son père , resta malgré lui dans les rangs u républicains , où il reçut peut-être la mort « de la main de ses plus proches parens. On « enterra les deux frères ensemble dans le * K cimetière de Legé.
(( Quand le père fut revenu à lui , on amena , « en sa présence deux petits tambours pri-
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i^g3. ccsootiiers, pour savoir s'il falUIt les tuer. a Non, «on, rëpondil-il, j'ai trop perdu au- (( jourd'hui pour faire périr ces petits infor-^ a tunés 9 dont la mort ne me rendrait pas ce mes fils. Il a plu à nos ennemis que ces (c enfans fussent républicains, et ils Tétaient; u il nous plaira qu'ils soient royalistes , et ils le « seront. Loin de leur faire du mal , qu on « prenne soin d'eux. »
La campagne d'hiver que soutînt Charette contre les exterminateurs de la grande armée vendéenne, lé place au rang des plus grands capitaines. Dans les campagnes savamment réglées, dans les chocs réguliers entre deux puissantes armées, il suffit quelquefois d'avoir du génie un seul jour. Tout s'anime autour du général, tout s'éclaire, tout se coordonne par l'impulsion de la victoire. Bfais le chef d'une armée en détresse , enfoncée dans un pays dévasté, le chef de laboureurs soldats»
. qui , vainqueuré ou vaincus , passent perpétuellement du combat à la charrue , le chef de troupes étrangères à toute discipline, k tout savoir militaire , à toute prévoyance, doit déployer à chaque minute les ressources d'ua caractère ardent, indomptable. Sa mémoire doit surpasser vingt fois l'exactitude des cartes
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militaires les plus savantes. Pas un lieu où il ii^gS. n'aie découvert le buisson de rembuscade> le ravin-fatal aux ennemis^ le moulin du ralliement. S<>uVent, quand il commande^ il doit paraître obéir r avec de la franchise f il doit être impénétrable. Père de ses soldats, il doit les perdre sans faiblesse^ prendre en appa-« rence quelques uns de leurs défauts, pour ' leur éommuniquer ses vertus , faire passer ses défaites pour d'adroites embûches , rire dans lexcès de ses infortunes, et se jouer des plus horribles souffrances , comme il se joue de la mort. Tel fut Charette.
Le sort lui opposa un des généraux républi- n aéfâît u cains les plus habiles et les plus intrépides. CeSeneraiHaxo.
fut le général Haxo. La Convention lui avait donné une mission féroce que son caractère humain tnodérà souvent. U laissait toujours Tincendie incomplet. La république lui devait déjà la reprise de Noirmoutîer. Résolu de soumettre à tout prix le Bas-Poitou, il ne voulut s'y enfoncer qu'après avoir assuré l'approvisionnement de son armée. Charette eut recours à la fuite du ^'arthe ; mais dès qu'il eut gagné une positi'jn favorable : « Cest assez fuir, s'écria-t-il ; « Haxo est arrivé au point que j'ai marqué «( pour sa défaite : il est temps d'apprendre à
1 793. « la Convention que la Vendée existe encore, j» Le combat fut terrible. Sapinaud, Joly et Guërin secondèrent les dispositions de Gharette avec une ardeur et une intelligence qui finirent par donner à leurs paysans les avantages de la discipline et de la tactique. L'intrépide Haso, indigné de voir les siens fuir en désordre , ramène au combat sa cavalerie : les Vendéens n'en avaient point à lui opposer; il enfonce une colonne de leur infanterie. Comme il poursuit ce faible avantage, Joly, vainqueur sur un autre point, manœuvre pour l'envelopper. Tous les cavaliers de fuir. iisiJLO leur crie : (c Lâches, où fuyez-vous? ne (c voyez- vous pas que l'ennemi est en déroute ! » Mais en vain, avec sa stature haute et toute martiale, avec l'autorité de ses cheveux blancs, son regard terrible et ses paroles enflammées, il veut les retenir. Us ont laissé leur général seul dans la mêlée. Désespéré, mais redoublant d'ardeur et de furie, il descend de cheval, eiî agitant son épée : « Je ne combats c< plus en général , dit*il , mais en soldat. » Il blesse les deux premiers Vendéens qui.se présentent pour le saisir. Enveloppé par cinq cavaliers, il refuse de se rendre : renversé par terre , il fait encore le moulinet avec son
è^lre; enfin il expire eriblé de balles, et la 179^. Inort d'un si vaillant ennemi donna un nouvel éclat à la victoire de Cbarette.
Déjà Henri de Larochejacquelein et Stoflet ^ combattaient sur dette même rive de la Loire. On reproche à Cbarette de les avoir l'un et l'autre accueillis froidement , quand le fatal événement du second passage les sépara de leur armée. Après un assez court entretien , Cbarette dit au généralissime de la Vendée :
ce Vous allez me suivre. — Je ne suis habitué , « reprit celui-ci, à suivre personne. » Et dès c^moment Henri ne voulut exister et comr battre que par ses propres forces. Il revint près de son château brûlé :. dès que les paysans Mort de Henri dont les chaumières leta^ient aussi, eurent jacqnejem. appris l'arrivée de leur cher Henri , ils crurent *" ''^^' avoir trouvé une belle occasion de se venger ou de mourir. Henri les conduisit à des entreprises tout aussi valeureuses, mais moins ' in^)ortantes que celles qui avaient signalé les , premières armes de la Vendée. 11 venait un , » jour de rem{|arter un avantage signalé à Trementine^ quand un funeste sort lui fit rencontrer tleux soldats républicains isolés. Sa troupe allait les massacrer, a Non , dit Henri , fc avec une hùmanité.qui ne l'abandonnait pas.