CHAPITRE IX
, Fl^' DE l'iIëBERTISHE
La Convention face à fac(> fivcc la guillotilie. — Danton ne soutient pas Camille. ^ Esprit de corps parmi les Ilébertistes. — Fureurs de Vincent.
— Pourquoi Bobespierre ne contredit pas à la mise en liberté de Bonsin et de Vincent. — *Les Dantonistes attaquent Ronsîn et Vînc^t avec irioience ; ils sont virement défendus par Danton, qui feit décréter leur mise «in liberté. — Discours de Robespierre sur la morale publique. — Les Ilébertistes ninrcli(;nt le ftiont haut ; leurs emportements ; Icui-s projets.
— Arrivée de Carrier. — Maladie de Robespierre. — Apparition de Saint- Just à la tribune. — Avec une éloquence sinistre, il menace les IndulgetiLs et frappe stir les Terroristes. — CoUot-d'Herbois cherche à en- Iraîner les Jacohins dans une îilliaiice avec Ifs rordelicrs. — Les Cordeliers se hâtent de proclamer rinsurreclion ; séance tragique. — Immol)dité de Paris. — Les Hébcrtisleis, dôconcerlés, essayent d'attirer à eux la Commune; ils échouent . — Collot-d'Ilerbois les abandonne. — Rapport de Sainl-Just contre eux. — Us sont arrêtés. — Billaud-Varcnne explique les causes de leur arrestation aux Jacobins. — Altitude du club des Cordeliers. — Robespierre défend Boulanger. ~^ Arrestation de Hérault de Séchelles et de Simond ; motifs de cette arrestation. ^ Les Hébertîstes partout reniés. <— Arrestation de Chaumetle et de GlooU. — Horrible injustice commise à Tégard de Cloots. — NanoeuTres des Dantonistes pour profiter de la victoire du Comité de salut public. — La conduite de Danton oi)posée à celle des Dantonistes; scène touchante entre lui et Rhul. — L'arrestation de iiéron, poursuivie par Bourdon (de TOise); portée de cette attaque ; pourquoi Couthon et Robespierre interviennent.
— Pi ocès des Ifébertistes. — Lejir mort. — LAcheté d'Hébert. — Fermeté de Uonsin. — Courage admirable ci s ing-froid philosophique de Ciootz. — Conséquences immédiates de rexécutiou des ilébertistes.
Dans leur lutle contre l'Héberdsme, les Robespierristes apportaient une préoccupation très-vive, celle d'éviter
l'acciLsalion Je Liédcur. Coiiibatti'e les excès révolutionnaires, ils ne le pouvaient avec succès qu'à la condition de prouver que leur culte pour la République était tou-
FIN DB l'hÉBERTISMB
jours le même, indomptable et brûlant. L'anniversaire du 21 janvier étant arrivé, Gouthon^ que les Hébertistes taxaient de modêrarUùme^ propose aux Jacobins de jurer mort aux tyram I paix aux rhaumières I et il ùul décider que les membres de la Société, lorsqu'elle ira féliciter la Montagne de son énergie dans le procès de Louis XVf, se préseateront en bonnet rouge, le président tenant une pique à la main'. Ceci se passait la veille du 21 janvier. i« Le 21^ à la Convention, les membres du club des Jacobins sont aniloneésw Admis d'un eômman élan, ils déiiten^ m brait d'une musique militaire qui les précède. I^a salle retentit d'applaudissemeiils. Vivre libre ou mourir I Que de fois ce serment a été prêté 1 Sur la motion de Gouthon, il est prêté une fois encore. Les Jacobins etia Commune devaient se rendre; ce jour-là, au pied de Tarbi-e de la liberté. Couthon demande qu'une députatioii de douze Montagnards se joigne au cortège. « Non, s'écrie-t-on de la Montagne, nons irons tous, tous 1 » Mais, ^iioÉ ^llauc^Varetane, c'est la Convention nationale en •oobpÉf qài doit, réunie aUx Jacobiite, se rendre sur la place delà Révolution. La motion c^t adoptée. Une sorte de déhre funèbre entraine les âmes. La musique exécute, au milieu de Témolion générale, Tair VeiUom au $alut ^vf0i^g|Mt^/ Dés portraits de rois sont apportés, brûlés, et leurs débris foulés aux pieds. Puis, à la voix de Couthon, l'Assemblée nomme des commissaires pour dresser l'acte d'accusation de tous les rois, et l'envoyer au tribupaVA» iV^oîpn de tous les pays, « afin qu'il n'y ait plus «lèvnirof'qtii trouvé un ciel qui veuille l'éclairer; ou une terre qui veuille le porter*. »
■ Afais^rarrivart-il? Au moment où la Convention tou-
* Séance des Jacobms, du 1** pluvidse (20 jaiiTÎer). Moniteur, m II 0794), 124.
* Séance de la Gonventios, du 3 plttviôse (31 janvier) Moniteur^ an II (1794) n« m.
292 HISTOIRE DE LA RlSvOitUTIOR (i794)«
chait à la place de la Révolution, quatre condamnés à mort apparaissaient sur la planche de la guillotine. Voilà donc les représentants du peuple face à face avec le bourreau ! L'Assemblée recula d'horreur. Était-ce une scène arrangée iravance, ou l'effet d'un liasar(l sinistre? Nul évidemment n'avait intérêt à préparer un pareil coup de théâtre, qui ne servit en effet qu'à fournir à Bourdon (de rOîse) le sujet d'une sortie véhémente. 11 demanda et obliiU {[il'un reclioieliAl, qu'on punît les auteurs d'un « système ourdi pour faire regarder* la représentation nationale comme un composé de cannibales \ » L'adhésion, donnée par l'Assemblée à la proposition de Billaud-Varennc, excluait, par sa soudaineté même, la supposition du c< système » dont parlait Bourdon (de l'Oise). Mais l'impression produite était là, qui condamnait une initiative suivie d'un résultat aussi déplorable.
Bourdon (de l'Oise) ne quittait pas la brèche, toujours prompt à frapper sur le ( i inité de salut public, mais de coté ; Tattaquant dans la personne des ministres, de Bouchotte, notamment, auquel il faisait un crime de tout : tantôt des obstacles mis par d'autres à l'arrivée des secours destines .iiix prisonniers de Mayence; tantôt de ce qu'un de ses commis Tavait dénoncé aux Gordeliers; ou bien de ce que lui, Bourdon, s'était pris de querelle avec ce commis dans une taverne ; ou encore, suivant le mot amèrement hyperbolique de Robespierre, « de ce qu il avait mal diné^. »
. Mais, parmi ces attaques, il y en eut de justes, celle, par exemple, qui avait trait à l'arrestation du beau-père de Camille De^moulins. Non que l'abus signalé fût directement imputable au Comité de salut public, quelques
* Séance de la Convention, da 3 phividse (SS janirier). Moniteur, an II
* Projet de Rapport de Robespierre sur la {action de Fabre d'Égtantine. Hisloire parlementaire t l. XXX, p. 170.