‹ Histoire de la révolution française (volume 2)Chapitre 4 sur 23 · IIISÏUIUE D£ LÂ UËYOLUTIOK · texte numérisé non relu

IIISÏUIUE D£ LÂ UËYOLUTIOK

jaqueleîn « \écat de quel(|ues oignons arrachés dans un

jardin'. » C'est ainsi que les Vendéens <:agnèrent Angers.

Averti de leur approche, Marceau, qui était à Chàteaubriant, avait envoyé aussitôt prévenir ilossignol, demeuré à Bennes. Rossignol ayant répondu qu'il arriverait de sa personne le lendemain , Marceau pensa qu'il devait Tattendre; et celte interprétation assez naturelle devint, par le danger où elle seuiiilaiL mettre Angers, le sujet d'une explication très-vive entre Rossignol et Marceau d'abord, puis entre Marceau et Prieur. Celui-ci, convaincu enfin que Marceau n'avait aucun loi t en cette affaire, rejeta tout sur Kléber cl alla jusqu'à parler de guillotine. Heureusement, révidence des faits et la fermeté de Kléber, en ramenant Prieur, calmèrent Forage

D'ailleurs, les généraux Danican et Boucret étaient entrés à Angers deux jours avant le siège; et, quoique trois mille iiouimes armés fussent insuilisants pour un développement de douze cents toises Tardeur des habitants était si grande, que les Vendéens vinrent se briser contre cette barrière. Maîtres des faubourgs, ils eurent à y soutenir, pendant toute la journée du 15 frimaire (5 décembre), le feu de vingt pièces d'artillerie. Beaupuy, à peine remis de sa blessure, était l'âme de la défense. 11 fut admirablement secondé. Vieillards, jeunes filles, femmes, enfants, coui aieiila Tenvi porter sur les remparts vivres et munitions*. Parmi les Vendéens, au contraire, tout n'était que découragement* Pour les décider à un assaut général, les chefs leur promirent le pillage de la ville, et ce fut en vain*»

' Mémoires de madame la Hoehej'aqueleinf chap. xvii, p. ' * Voyez SaTsry, t. K» cfaftp. ix, p. â93 6t suiv.

' Récit de Ménard. commandant de la place d*Ânger8, dans Savary, t. 11, chop. j, p. 409.

* Ibid.

^ Madame de la Rochejaqueieia» dans aes Mémoires, p. 510, dil, tout en.

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AGONIE ET MORT DE l'aRMÉE CATHOLIQUE. . 77

Le siège dorait depuis trente heures quand parut la colonne qui venait de Chateaubriant. A son approche, les Vendéens se déterminent à la retraite. Marigny, qui marchait sur les derrières par la roule de la Flèche, les ayant chargés à la tête de cent cinquante hommes, fut renversé par un boulet de canon. «Chasseurs, achevez-moi, » dit-il, et il expire. Sa destitution lui devait être notifiée à Angers : une mort glorieuse la prévint*.

Kléber ne manque pas, en rappelant cette circonstance, de murmurer «contre l'injustice des gouvernants. » Mais ce qu'il ne dit pas, c'est que Marigny, très-brave soldat, appartenait à cette opposition arnrîée contre laquelle il était commandé au Comité de Salut public de se tenir en garde» sous peine de mort. Et la preuve que, dans Marigny, ce n'était pas le soldat qu'on entendait frapper, c'est le hesm décret qui fut rendu, le 25 décembre, sur la proposition de Me rlin (de Thionville) : « La Convention décrète que le père de Marigny conservera le cheval que montait son fils, au moment où il fut blessé*. »

Klébef, lui aussi, fut menacé. Mais la même main qui écrivait son nom sur une listede destitutions, liste presque aussitôt suspendue que dressée, signait sans hésiter le brevet par lequel Marceau était élevé au commandement en chef intérimaire de l'armée de l'Ouest, chargée seule de poursuivre les Vendéens, jusqu*à l'arrivée du général Turreau^; Il était dans le caractère de Kléber de dire à

convenant du fait, que eette promesse scandalisa beaucoup. On en peut douter quand on se rappelle qu'au Mans, comme on le verra plus bas, aristocrates et patriotes furent piUés indistiDdement. < Récit de Kléber dans Savary, t. Il, p. 411.

s Toilà ce que, dans aea Histoire de la Conveniion, t. ÏÏS, p* 405, édition Méline, M. de BaraYite oublie de mentionner ; mais ce qu^il n*eublie pas, c'est (\aù cr la destitution de Marignj arriva du ministère de la Guerre

le jour même où il se faisait tuer!... »

s Ce sont là des rapprochements de la plus haute împoi tance, et les faits F.\n' lesquels ils reposent se trouvent dans Savary lui-inéine, Yovei t. ii, chap. X, p. 414.

Marceau : <x Nous serons guillotinés ensemble. » La vé* rité est cependant qu'ils ne le furent ni Pun ni Tautre,

et qu'ils ne durent leur élévation qii*à la Républitjue. Si elle lut terrible aux généraux qui, comme Custine, osèrent la braver, elle prépara d'éclatants triomphes à ceux qui, comme Aubert*Dubayet à Mayence, Tavaienl bien servie * ; et, à l'égard de ceux qui, comme Kléber, joignaient à un rare mérite un esprit diliicile à satisiaire et frondeur, elle se contenta d'une surveillance qui, après tout, n'enleva point à la patrie le bienfait de leurs services.

Le siège d'Angers montre combien celte vigilance de la Révolution , concernant leshommes d'épée, était nécessaire. Parmi les généraux qui s'unissaient aux Mayençais pour dénoncer ce qu'ils appelaient « l'impérilie des généraux sans-cuJoilcs,» figurait Danican. Or quelle lut sa conduite à Angers? «Une chute de cheval, simulée ou réelle, dit Beauchamp, avait servi de prét^te à Danican pour remettre le commandement. Au moment du plus grand péril, on avait vu lilcr sa voiture et ses bagages du côté de la porte Saint-Nicolas. Sa cavalerie, éclairée par des torches, ayant pris la même direction, fit soupçonner qu'elle cherchait à indiquer le point le plus faible', n Danican était en outre accusé d'avoir déserté le poste d'Entrames avant l'affaire de Château-Gontier \ Dans le senti ment qui porta les représentants à le destituer y eut-il 'défiance injuste? Sa vie ultérieure a répondu. Danican était un royaliste déguisé \ Ce fut lui qui, plus tard, commanda les sections insurgées

* Nous avons raconté, dans le premier chapitre de ce volume, la réception enthousiaste et touchanle qui fut faite pur la Coiiveiilion à Âubert-Dubayel, lors de sou retour de Mayence. (Voyez le Moniteur t 1795,

n-aai.)

> Beauchan^, t. II, Kv. X, p. 89 et 90.

* Savary, t. II, chap. x, p. 415.

* Biographie des contempwaim.

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contre la Convention ; et il mourut pensionné par les Anglais pour les services qu'il avait rendus ià la cause contrerévolutionnaire ^

Les Vendéens, chassés d'Aiir/ers, avaient pris la route du Mans, en passant par la t lèciie. A leur approche, trois ou quatre mille républicains, gardes nationaux pour la phipart*, sortent du Mans et vont résolûment à Pennenu.

, La fdsillaJe s*engage. Distingué à son écharpede général par un hussard cjui le déiie, Talmont lui crie : «Je t^attends, » Tattend, et lui partage la tête d'un coupde sabre*. Les^répubHcainsavaient des munitions insuffisantes : quatid

• elles viia t:uL à luanquer, la déroute coiuuiença, et ni le général Chabot, ni le représenUntGariiier, ne purent Tarreter. Le soir, les Vendéens avaient envahi la ville de toutes partit; et, le lendemain, les meilleurs citoyens fusillés,1és édifices publics dévastés, !< > nristocrales et les patriotes pillés indistinctement % leuioignaicut de ce dernier triomphe de l'armée catholique.

' hb frknaire (12 décembre), Westermann, ipii, lancé avec l'avant-garde à la pojirsuite de l'ennemi, l'avait harcelé haiifc jciàrhe, l'infatigahie VVcslermann parait sous les murs du Mans.

séMiment d'inexprimable fatigue, un découragement mortel, la résignation morne qui précède une cataîitrophe depuis» longlempb picvuo, régnaieni paiiiii les Veadéens. Chez les soldats plus de resj^ectpour les chefs, ét eAiré les-ehels plus de liens. Le malheur avait aigri les ^8pril9,'fe hlai^ieef. la jalousie rongeaient îes cœurs. Tous ils se sentaient suus le couteau, et, en attendant qu'il s'a-

* Biographie des contemporains.

* Adresse des administrateurs de la Sarthe à leurs concitoyens.

> Voy. les Mémoires de madame de la Hochejaquelein, chap. xvm, p, 519/

* Adresse des adminisUvteiirs du département de 1« Sarthe à leurs codciloyeiis.

8U JllSTOinE 0£ LA RÉVOLUTION (1793)

hatlit sur eux, d'uno mnin furieuse ils se déchiraient les uns les autres ^ Â la Flèche, la Rochejaquelein, irrite contre les officiers qui l'avaient laissé combattre pi-esque

seul, avait élc ameiu' à hîur iliic : « Ce n'est donc pas assez de me contredire au conseil, vous m'abandonnez au feu »

Un suprême effort fut tenté cependant, et le succès y répondit d'aboi d. L'avanL-irardc républicaine est repousjsée, rotonil e sur la division la plus rapprochée et y jette le désordre. Mais une colonne appelée de Cherbourg et que commandait Tilly arrête l'ennemi Tictorieuic, le charge à la baïonnette, le met en fuite, et, d'un irrésistible élan, traverse le pont du Mans à la suite des fuyards, pénètre dans la ville, pousse jusqu'au milieu de la grande place*. La nuit venait. Les plus braves d'entre les Yen- . déens, répandus dans les maisons, faisaÏLiil feu de toutes les fenêt res. Il est vrai que le reste de Tarmée catholique n'était plus qu'un mélange confus de femmes eifarées, de blessés gémissants, de soldais devenus rebelles à leurs officiers et qui avaient perdu la force de regarder la mort en face. Au moment de sa rentrée au Mans, on avait vu la Rochejaquelein, saisi de rage, mettre son cheval au galop et culbuter ces mêmes Vendéens, naguère encore si fidèles à sa fortune, et qui maintenant méconnaissaient sa Toix*. Situation épouvantable ! Mais les républicains n en soupçonnaient pas toute Thorreur. Marceau, craignant d'être enveloppé, fait couper à sa droite et à sa gauche les rues qui aboutissent à la place, et envoie dire à Kléber, dont la division était encore loin, d'accourir en

* Yojez les Mémoires de madame de la Rocliejaquelein, dmp. jlvhi, p. 519.

* mâ., p. 518.

* Rapport des représentanlB Timau, Vnem (de la Marne) et Bourbctte» en date du 23 frimaire, sept heures du soir.

^ Ménudrei de madame de la iMuyaqueUùi, chap. x? ni, p. 323.

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hâte'. Mais, en ce moment, les Vendéens ne songeaient qu'à pi'oiiter des ténèbres pour évacuer la ville. Slofûet s'en allant avec les porte-drapeaux; la foule s'entassant dans les issues demeurées libres; des chariots renverses; des bœul's couchés par terre, et frappant à conps de pied ceux que le aiouveiiienl de la l ui le [)rLcipilait sur eux; l'elTroi ajoutant au désordre; mille clameurs désespérées: voilà quel s])ectacle s'offrit à madame de la Roche jaquelein, serrée et à demi étouffée entre deux chevaux que les fuyards repoussaient sans c^s^e sui elle et un mur le long duquel elle cherchait à se glisser, a Je vis passer, raconte-t-elley un jeune homme à cheval, d'une Hgiire douce; je lui pris la main : «Monsieur, ayez pitié d'une a paiivie lemme grosse el iii.ihidr; je i\c piiis .ivniicer. » Le jeune homme se mit à pleurer cl me répondit : « Je suis une femme aussi n

Â^one heure du matin, la division de Kléher arriva. 1:111c avait lail di\ lieues en un jour, et louniil in'iimuoifjs à Marceau le rnuyen de reicvcr les postes, la colonne de ïiUy étant fatiguée par un long combat. Âu jour, les ,soldats demandent à Marceau la peimission de charger à la baïonnette. Il y consent. D'aiiuid, silenc<^ Icii ihie; puis, des cr4^. de triomphe. One arrière-garde que les Vendéens- vivaient laissée dans la ville pour masquer leur retraite, venait d'être exterminée. €< On ne saurait se lÎL'urer,, écrit Kléber, l'horrible massacre qui se fit ce jaur-là \ » ' >

Ofl ^ ràoonlé qu'à la prise du Mans, Marceau àyant i^neoBlré une belle jeune fille éplorée qui invoquait la mort, la recueillit dans sa voilure, la respecta et la déposa

* Lettre de Marceau animintstre de la Guerre, dans Savary, t. II, eh. i,

* Voy. les Mémoires de madame de la Hodiejaquelem', cliap. zyiii,

p. ZU.

^ Savary, I. il, chap. x,.p. 450.

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dans un lieu sûr*. Mais Savary dit fonnellemeut que ce fut lui qui sauva la jeune personne donl il s'agit, et dont il donne le nom : mademoiselle Desmesliers. Elle avait perdu ses pareiils el rrfusait de Icui- survivre : Sav.ii \ la consola, la fit laonfci- dans un cabriolet qui appartenait à Marceau et qui était la seule voiture de Tëtat-major dont personne ne se servît, chargea l'adjoint Nicole d'accompagim la voiture dans la ville, et de conduire l'orpheline au logement où Ton devait arriver dans la soirée, en ayant soin de garder le secret. Ce fut le soir seulement que Kléber et Marceau, informés de la circonstance, vivent pour la première fois mademoiselle Desmesliers, au sort de laquelle ils s'intéressèrent vivement. Elle fut mentki à Laval, où Marceau Talla visiter. Mais, le lendemain du départ des troupes, découverte par suite de perquisitions que Paotorîté locale ordonna, l'infortunée péril. Il paraît même qu'un instruisit une pi ucédure contre les ^^énéraux, « et elle eût pu leur devenir fatale, dit Savary, si elle n^eût été communiquée au représentant Bourbotte, qu^ime indisposition retint quelques jours à Laval et qui s^m-

paia des procès- verbaux'. » • . -i»

Les Vendéens, poursuivis sans relâche par les hussards de Westermann, qui « de chaque ferme, de chaqué'Uflj^ son, sur son passage, faisait un tombeau', » avàièiîcMi^ cessivenieut traversé Laval, Craon, Saint-Marc. Ils n'avaient plus qu'une préoccupation, qu'un espoir : cepasseï* la Loire. Mais le passage serait-il possible? Les répiiHpi cains n'auraient-ils pas emmené 1^ bateaux qui pouvmnt servir à l'effectuer? C'est ce que la Kocliejaquelein craignit, et c'est pourquoi il fit prendre, à Saint-Marc, une

t Voi]^ ce ijiiW âcrit plusieurs historiens, entre snlres H. Thters. Voy. son HisUwrede la Révolution, t. IH, chap, nu, p. 350; édition Méline.

' Récit de SaTsury, t. U, de la Guerre des Vendéem ei des Chùuans, p. 455-439.

* Campagne de Weskrmam, p. 3S.

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petite barque qu'on trouva dans un étang et qui Tut chargée sur une charrelteS El en effet, lorsque, le 26 frimain; ( I G drcLinhivV. les Vendeciis airivèmU à Ancenis, ils n'y trouvÎTeiit qu'un petit bateau. Seulement, sur le bord opposé étaient quatre grandes barques charoées de foin. Impatient de s'en emparer, la Uochcja.|,,LLai se jette avec Stofflel dans ie Latclet aj>|,ui le de .Saint-Marc. lùx-hna soldais entrent dans celui qu'on avait trouvé à Ancenis. Mais à peine ont-iis atteint la rive droite, qu'un détachement républicain paraît et les force à s(; disperser. Quelques radeaux venaient d\'tre ( ujistj uiis à la hâte ; ils furent siil.iiicrgés' par une chaloupe canonnière qui vint tout à coup se placer en face d^Ancenis ; de sorte que séparée de son chef, Tarmée vendéenne se vit réduite à descendfe la Loire, toujours harcelée et ne sachant plus où fuir*. ^

Ce fut alors qu à la fêle d'une vingtaine <les meilleurs cavalier», le prince deTalmont partit pour rejoindre le rassOTiblemem de trois ou quatre iniJle iiuuniJe^ qui, en Bretag-ne, s'était lurmé sous la direction de Jean Chouan et qui lut le foyer du hrigandage connu sous le nom de choimipetïe\ Fleuriot avait été élu en i^mplacement de là tt«jliqaq«elein„etTalmonl ne put se résigner à ce qu'il V»>n8niéra comme une préférence ifijuste*.

iJ lai>saii l'ai uiee dans un état de détresse dont les lignes ^uurantes de madame de la Rochejaquelein donnent W^JiMfenÈ^^ : « J'étais vêtue en paysanne; j avais sur la téte un capuchon de laine violet; j'éUis enveloppée d une vieille couverture de laine et d^un grand moweau

i ISTàVm^^^^ «^^/K/«««e/em, chap. p. 351^2. » Déclawtian de Langrenière. .Nous 1 avons sous Jes yeux, écrite de ta

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de drap bleu ratlaciié à mou cou par des iicelles ; mon cheval avait une selle à la hussarde, avec une schabraque de peau de mouton. H. Roger Mouliniers avait un turban et un dolinan qu'il avait pris au théâtre de la Flèche. Le chevalier de BeauvoUiers s'était enveloppé d'une lobe de procureur, et avait un chapeau de femme par-dessus un bonnet de laine S» etc. La démoralisation était au comble; les nobles sentimenls semhlaient désormais éleinls. Un trait le prouve : des ofiiciers eurent l'infamie de se partager la caisse de rarmée\

En cet état, impossible que les Vendéens échappassent loiif^temps au coup mortel : ils le reçurent, le 3 nivôse (^5 décembre), à Savenay, où, atteints et cernés par Marceau, ils fut ont, non pas vaincus, mais exterminés, a Partout, écrivit Westermann, on n'apercevait que monceaux de morts. Dans la seule banlieue de Savenay, plus de six mille corps ont été enterrés*. »

Tel fui le dénoûment de ce qu'on appela la grande guerre de la Vendée. Tout ce que l'ivresse des discordes civiles peut produire d'héroïque et de barbai'e s'y déploya dans les deux camps, sur une échelle vraiment gigantesque. La Convention avait rendu un décret portant: a Toute ville de la République qui recevra dans son sda des brigands ou qui leur donnera des secours sera rasée*, » Et, pour exécuter d'aussi terribles sentences, les agents ne manquaient pas. Quels mots affreux que ces mots de Rossignol, écrivant au Comité de Salut public : a II y a encore des hommes humains, et, en révolution, c'est un défaut, selon moi ' ! » Mais c'était un défaut, aussi,

' Mémoires de madame delaRûehejaquelein, ch. xn, p. 356 et 357. s Ceci avoué par madame de h Rochejaqueleiu elle-ni^e, p . 335.

* Campaçne de Westernumn, p. 41.

« Nous avons soas les jeux le décret imprimé, tel qii*on le placarda par* tout en Vendée.

* Savary, t. U, cfaap, a, p. 351.

AGONIE ET MORT J>£ l'aRMÉB CATHOUQUE

en contre-ré vol ulion, selon les Vendéens; et nous n'aurons que trop tôt à retracer le tableau des horreurs dont ils se souillèrent ^ Oui, Tenthousiasme, la foi, le courage, le dévouement, une ambition sans repos, une cruauté sans frein, des jalousies misérables à côté d'une exaltation magnanime, voilà ce qui apparaît pêle-mêle et dans le camp des républicains et dans celui de leurs ennemis. Tant Tâme humaine contient d'abîmes I

* Voyei ci-après le chapilre iatitiiU : les Procùfuuls.

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