‹ Histoire de la Révolution française; (volume 4)Chapitre 22 sur 303 · Z22Z6ZZZ · texte numérisé non relu

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ORIGINES ET CAUSES

d'un roi mineur sont disputés à Mme de Beaujeu par le premier prince du sanfr. Qui videra cette grande querelle? On convoque les États généraux.

En 1576 et 1588, le tn.ne se trouve occupé par une espèce de fantôme , cachant tour à tour sa vie dans les ténèbres du confessionnal- et dans la nuit d'une alcôve doublement souillée; bigot impur qui mène de front la prostitution de son corps à des menins et la prostitution de son âme à des prêtres. A côté de lui, agitant le royaume de toutes les fureurs d'une religion en délire, Guise le Balafré se fraye vers le trône une route où le sang des prolestants coule à flots, mêlé au sang des catholiques. Déjà la sœur de ce puissant maire du palais montre, suspendus à sa ceinture, les ciseaux d'or qui doivent tondre l'héritier des rois fainéants. Mais il faut pour cela que redit de tolérance soit aboli , que le fameux acte de l'union des catholiques reçoive une consécration solennelle, (|ue le roi de Navarre soit proscrit et, en quelque sorte, (iéijosé h l'avance. Toutes ces choses, malpré son audace, Ciuise n'ose pas lui-même les tenter. Il fait convoquer les États généraux.

Enfin, lorsqu'on 1614, ils sont convoqués de nouveau, c'est au sortir d'une guerre civile qui a mis le pouvoir royal en litige. Celte convocation, c'est le prince de Condé qui rim|)ose à Marie de Médicis par le traité de Sainte- Ménehould, dans l'espoir de dominer les Étals, et par les États, la cour, et par la cour, le royaume.

Pour prouver combien était grande, au moins en droit, l'importance des États généraux, ai-je besoin d'en dire davantage? On a recours à eux lorsque le trône est vacant, ou lorsque le royaume est en danger; on les apjiollo à résoudre toutes les questions fondamentales. Qu'ils exercent ou non la souveraineté, i'.i en décident.

Au reste , quel était le langage des rois dans leurs ordonnances de convocation? Ils reconnaissaient si bien la souveraineté des États que dans plusieurs ordonnances on trouve cette remarquable formule : « Les assurant que de notre part ils trouveront toute bonne volonté et aflection de faire suivre, observer et exécuter entièrement ce qui sera résolu sur tout ce qui aura été pro|K)sé et advisé auxdits Étals, afin que un chacun en son droit en puisse recevoir et ressentir les fruits.que l'on peut et doit attendre d'une si belle et notable assemblée. •

Maintenant le fait ré[)ondait-il au droit? La réalité était-elle d'accord avec les apparences?

Au jour fixé par les lettres de convocation, les députés des trois ordres se réunissaient dans la ville indiquée par ces mêmes lettres ; cl, avant tout, à n'interroger du i.xoins que les traditions du seizième siècle, une procession avait lieu, qui ouvrait carrière à toutes les vanités de caste. Ixs députés entendaient la messe dévotement, conmiuniaient, puis jeûnaient quelques jours durant. Venait la séance d'ouverture, dans laquelle , après un discours du chancelier, les orateurs des trois ordres étalaient successivement les trésors d'une érudition ridicule. Cela fait, chaque ordre se retirait séiwrément : le clergé dans quel- <|ue église, la noblesse dans quelque cluUeau, le tiers étal îi l'HiMel de Ville.

Là, chaque ordre s'occupait à rédiger ses doléances ou son cahier. Nouvelle assemblée générale, dans laquelle,

par l'organe de leurs orateui-s respectifs, le clergé récriminait contre la noblesse et le tiers état, la noblesse contre le tiers état et le clergé , le tiers état contre le clergé et la noblesse. Les pouvoirs des trois ordres s'éteignaient par la présentation des cahiers. Vaine formalité ! car la cour ne se croyait pas obligée à l'examen des griefs qui lui étaient soumis. Dans l'assemblée tenue à Blois en 1588, l'orateur du tiers disait avec amertume : « L'assemblée des Etats fut en 1576. Le cahier compilé et présenté par les trois ordres ne fut vu que thois ou quatre

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