‹ Histoire de la révolution franc̜aise (volume 2)Chapitre 19 sur 26 · PAS UNE RÉVOLTE · texte numérisé non relu

PAS UNE RÉVOLTE

Pourquoi s’appesantir sur ce qui suit? La foi d’officier de Hulin aurait dû être respectée, mais ne le pouvait pas. Les Suisses sont rangés en bataille, déguisés en blouses blanches. Les invalides sans déguisement , leurs armes entassées contre le mur. Le premier élan des vainqueurs joyeux d’avoir échappé au péril de mort, les jette dans les bras des vaincus. Mais d’autres vainqueurs s’élancent avec une exaltation qui n’est plus complètement de la joie. Comme nous disions, c’était un déluge vivant plongeant en avant, et si les gardes françaises, avec leur sang-froid militaire, n’eussent fait volte-face et levé leurs mousquets, l’impulsion eût été jusqu’au suicide, car ils risquaient de se précipiter par centaines et par milliers dans les fossés delà Bastille.

Ainsi continue le flot roulant à travers cours et corridors. Mugissant, irrésistible, tirant par les fenêtres sur les siens dans une frénésie de triomphe, de haine et de vengeance pour ses morts. Les pauvres invalides vont passer un mauvais moment : un soldat suisse se sauvant en blouse blanche est refoulé par un coup mortel. Que tous les prisonniers soient conduits sous escorte à l’hôtel de ville pour être jugés. Hélas ! déjà un pauvre invalide a la . main droite abattue d’un coup de sabre, et son corps mutilé est traîné et pendu à la place de Grève. C’est cette même main droite qui, dit-on, a écarté de Launay des magasins de poudre, et sauvé Paris.

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