‹ Histoire de la révolution franc̜aise (volume 2)Chapitre 23 sur 26 · LES COCARDES NOIRES · texte numérisé non relu

LES COCARDES NOIRES

Qu’on se figure l’effet que ce repas de Thyestc, que cette insulte à la cocarde nationale durent produire dans la salle des Menus , dans les foules affamées, devant les boutiques des boulangers 1 D’ailleurs il paraît que ces repas de Thyeste se renouvellent. Flandre a donné son contredîner aux Suisses et Cent-Suisses ; samedi il doit y en avoir un autre.

Oui, pour nous, ici, la famine, mais là-bas, à Versailles, des vivres à foison ! Le patriotisme fait queue, grelottant et affamé, insulté par le patrouillotisme, tandis que des aristocrates aux projets sanguinaires, échauffés par des excès de table, foulent aux pieds la cocarde nationale. Cette énormité peut-elle être vraie ? Mais, regardez : des uniformes verts à parements rouges, des cocardes noires couleur de la nuit 1 Devons-nous avoir une invasion militaire avec la mort par famine ? Car voici que le bateau de Corbeil, qui venait habituellement deux fois par jour avec

(1) Hist. parlent., I. III, p. 59. — Deux amis, t. III, p. 128-lâI. — Campan, t. III, p. 70-85.

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