‹ Histoire de la révolution françaiseChapitre 24 sur 52 · NATURE! 2 A · texte numérisé non relu

NATURE! 2 A

Et maintenant remarquez, sur la place de la Révolution, quelle peut être cette autre auguste statue enveloppée d’un voile — que nous enlevons rapidement au moyen de poulies et de cordes? La statue de la Liberté ! Elle aussi est de plâtre, mais elle espère se changer en métal ; elle est placée à l’endroit où se dressait autrefois le tyran Louis XV. « Trois mille oiseaux » sont lancés et partent dans l’univers entier, ayant autour du cou des écriteaux portant ces mots : Nous sommes libres, imilez-nous. Un holocauste de momeries royalistes et des défroques de ci-devant qu’on a pu réunir est livré aux flammes ; l’éloquence pontificale s’exprime par la bouche du beau Hérault, et des oraisons païennes sont prononcées.

Et maintenant avançons, traversons la rivière. Nous trouvons encore une énorme sculpture , une immense montagne de plâtre : c’est le peuple-Hercule tenant sa massue victorieuse levée ; le dragon du fédéralisme girondin dresse ses cent têtes au-dessus d’un marais fétide. » — Nouvel accès d’éloquence de Hérault. Nous ne parlons pas du Champ de Mars et de l’autel de la patrie ; de l’urne des défenseurs tués, du niveau des charpentiers do la loi : il y a de telles clameurs, tant de gestes et de péroraisons, que les lèvres de Hérault doivent devenir blanches et sa langue se clouer à son palais (1).

Vers les six heures, alors quele président harassé, que le patriotisme parisien s’asseyent en masse pour prendre un repas social tel quel, alors avec un pot écumant, ou un verre plein d’un liquide brillant, on inaugure cette ère nouvelle et très-nouvelle. Au fait, le nouveau calendrier de Romme n’est-il pas prêt? Sur tous les toits flot-

(I) Choix des rapports, t. XII, p. 432.

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tent de petits drapeaux tricolores surmontés de la pique et du bonnet de la Liberté. Sur tous les murs des maisons, car ni le patriote, ni le suspect ne veulent rester en arrière, on lit cette inscription : République une et indivisible . Liberté , égalité , fraternité ou la mort .

Quant au nouveau calendrier, nous devons dire ici, plutôt qu’ailleurs, que les savants ont été frappés des défauts et des imperfections du calendrier ; on a résolu qu’il en fallait un nouveau. Maréchal, l’athée, environ dix ans auparavant, proposait un nouveau calendrier, affranchi du moins de superstition. La municipalité l’accepte aujourd’hui faute de mieux; en tout cas, ayons ou celui de Maréchal ou un autre meilleur, — l’ère nouvelle étant venue. Des pétitions en grand nombre ont été adressées a cet effet, et en vérité, depuis plus d’un an, tous les corps publics, les journalistes et les patriotes en général, ont pris pour date la première année de la république . C’est un sujet qui ne manque pas de difficultés, mais la Convention a pris sa décision, etRomme, comme nous le disons, a médité sur ce sujet. Ce n’est point le calendrier de Maréchal, mais un meilleur, celui de Romme que nous aurons. Romme, aidé par un Monge, un Lagrange et autres, fournit les mathématiques; Fabre d’Églantine fournit la nomenclature poétique, et ainsi, le 5 octobre 1793, après beaucoup de peines, on lance ce nouveau calendrier républicain, leur ouvrage, tout à fait au complet, et de par la loi il est mis en vigueur.

Quatre saisons égales, douze mois égaux chacun de trente jours, ce qui fait trois cent soixante jours, et cinq jours de plus dont il reste à disposer. Les cinq jours de surplus seront des jours^de fêtes, de réjouissance, et seront appelés les cinq sans-culottides. La fête du génie* celles

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