‹ Histoire de la révolution françaiseChapitre 26 sur 52 · L'ARME TRANCHANTE · texte numérisé non relu

L'ARME TRANCHANTE

Au fait, ce ne sont pas des théorèmes sur le papier qu’il faut à la France maintenant, c’est du fer et de l'audace.

La Vendée n’est-elle pas encore en feu? — hélas ! trop à la lettre! car le coquin de Rossignol incendie les moulins à blé ; le général Santerre n’a rien pu faire ; le général Rossignol, dans son aveugle furie, souvent ivre, fait moins que rien. La rébellion s’étend, devient plus furieuse que jamais. Heureusement ces maigres figures de Don Quichotte que nous avons vues sortir de Mayence, « ayant juré de ne pas agir contre la coalition pendant une année, » sont arrivées à Paris. La Convention nationale les entasse dans des voitures de poste et des chariots, et les expédie promptement en Vendée. Là ils se battent

vaillamment dans des escarmouches et des engagements obscurs, sous les ordres du coquin de Rossignol : qu’ils sauvent, sans recevoir de lauriers, la république, et « qu’ils soient successivement massacrés jusqu’au dernier » (1).

La coalition, comme une marée de feu, ne montet-elle pas? La Prusse par le nord-est découvert; l’Autriche et l’Angleterre par le nord-ouest. Le général Houchard n’y réussit pas mieux que le général Custine avant lui, qu’il y fasse attention 1 Dans l’est et l’ouest des Pyrénées, l’Espagne se déploie; les bannières des Bourbons déployées, elle inonde le Midi. Les cendres et les tisons des Girondins écrasés couvraient déjà cette région. Marseille est abattue, non éteinte; elle s’éteindra dans le sang. Toulon, frappé] de terreur, ayant été trop loin pour tourner casaque, s’est jeté dans les bras des Anglais. Sur l’arsenal de Toulon flotte un drapeau : — ce n’est pas môme la fleur de lis du prétendant Louis ; c’est la maudite croix de Saint-George d’Angleterre et de l’amiral Hoodl Tout ce qui restait à la France de matériel naval, d’arsenaux , de cordages , de bâtiments de guerre, s’est livré à ces « ennemis du genre humain » . Assiégez-le, bombardez-le, vous représentants Barras, Fréron, Robespierre le jeune ; toi, général Cartaux ; toi, général Dugommier ; avant tous, toi, remarquable major d’artillerie, Napoléon Buonaparte I Hood se fortifie, s’approvisionne, il semble vouloir en faire un nouveau Gibraltar.

Mais voilà, dans une nuit d’automne, une des dernières du mois d’août, qu’une clarté de soleil rougoâtre s’élève au-dessus de la ville de Lyon, accompagnée d’un bruit à

(1) Deux Amis , t. XI, p. 147 ; t. XIII, p. 160-192, etc.

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