MARIE-ANTOINETTE
» aux champs, pour qu’on prît les armes dans toutes les sec- » tions; au lever du soleil, la force armée était sur pied, » les canons placés aux bouts des ponts, sur les places, » dans les carrefours, tout le long du chemin du palais de » justice à la place de la Révolution. Vers dix heures, de » nombreuses patrouilles circulaient dans les rues ; trente » mille fantassins et cavaliers étaient sous les armes. A » onze heures Marie-Antoinette fut amenée. Elle portait » un déshabillé de piqué blanc ; elle était conduite h la » place de l’exécution de la môme manière qu’un criminel » ordinaire, liée, sur un chariot, accompagnée d’un prêtre » constitutionnel en costume de laïque, et escortée dé » nombreux détachements d’infanterie et de cavalerie. » Elle jette des regards d’indifférence sur ces militaires, » et sur le double rang de troupes, tout le long de la » route. Il n’y avait dans sa contenance ni abattement, » ni hauteur. Quant aux cris de : Vive la république! et A » bas la tyrannie ! qui l’accompagnaient pendant le trajet, » elle semblait n’y faire aucune attention, Elle parlait peu; » à son confesseur. Les banderoles tricolores flottant sur » les toits attirèrent son attention ; dans les rues du Roule » et Saint-Honoré, elle remarqua aussi les inscriptions » placées sur les façades des maisons. En arrivant sur la » place de la Révolution, ses regards se portèrent sur » le jardin national , autrefois les Tuileries; ses traits » dans ce moment-là exprimèrent une légère émotion. » Elle monta à l’échafaud avec assez de courage ; à midi » et quart sa tête tombait. Le bourreau la montra au » peuple au milieu des cris universels et prolongés de : » Vive la république ! » (1)
(1) Dtux Amt'fjt. XI, p. 301.