‹ Histoire de la révolution françaiseChapitre 31 sur 52 · LES VINGT-DEUX · texte numérisé non relu

LES VINGT-DEUX

A qui maintenant, ô Tinville ! Les suivants sont de couleur bien différente ; ce sont nos pauvres députés Girondins arrêtés. Tous ceux d’entre eux qui ont pu être saisis : Vergniaud, Brissot, Fauchet, Valazé, Gensonné, autrefois la fleur du patriotisme français, au nombre de vingtdeux. Ils sont ici devant la barre de Tinville. Ils ont été sous « la sauve-garde du peuple français » , puis enfermés au Luxembourg, puis emprisonnés à la Conciergerie, et maintenant c’est ici que le cours des choses les a amenés. Fouquier-Tinville doit rendre compte d’eux comme il pourra.

Incontestablement ce jugement des Girondins ‘ est le plus important de tous ceux que Fouquier a eus à conduire jusqu’ici. Ces vingt-deux, tous chefs républicains, sont là rangés sur une ligne ; ce sont les hommes les plus éloquents de France, jurisconsultes aussi, et ils ne manquent pas d’amis dans l’auditoire. Comment Tinville prouvera-t-il que ces hommes sont coupables de royalisme, de fédéralisme, de conspiration contre la république? L’éloquence de Vergniaud se réveille de nouveau, et « arrache des pleurs », dit-on. Et les journalistes rendent compte de tout ; le procès se prolonge de jour en jour ; « il menace|de devenir éternel », murmurent beaucoup de personnes. Le jacobinisme et la municipalité viennent en aide à Fouquier. Le 28 du mois, Hébert et autres arrivent en députation pour informer la Convention patriote que

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