‹ Histoire de la révolution grecqueChapitre 12 sur 28 · A SA MAJESTÉ ALEXANDRE · texte numérisé non relu

A SA MAJESTÉ ALEXANDRE

Empereur de toutes les Russies , etc, , etc. , Le président du gouvernement provisoire de la Grèce.

« Sire\ « Le gouvernement provisoire de la Grèce ose s'approcher du trône de Votre Majesté Impériale^ pour y déposer l'hommage de la reconnaissance profonde dont toute la nation grecque est pénétrée pour les bienfaits de Votre Majesté. Oui, Sire, vous avez daigné accorder un asile dans vos états à nos frères menacés du glaive exterminateur de l'impie. Votre inépuisable bonté, après les avoir sauvés de la mort, prolonge et soutient leur existence. Ce glorieux exemple a été imité par vos sujets, que des liens célestes unissent à nous. Enfants d'une même Église, ils se sont tous empressés de secourir, avec un zèle fraternel, nos compatriotes décimés par le fer , errants , poursuivis par d'affreux souvenirs , et qui semblaient abandonnés même de l'espérance. Sire, vous avez fait plus : votre cœur magnanime a repoussé avec indignation les instances de nos ennemis, qui, enivrés de sang chré-

dée par Abdoiillah - Pacha , forte de six vaisseaux de haiit-bord , de seize frégates , de dixhuit corvettes et de soixante*quatorze bricks, parut en vue de l'île de Cythère. Assaillie par

tien , osaient revendiquer les victimes échappées à leur rage. Les bénédictions d'un peuple entier, toujours en présence de la mort, mais fidèle à la vraie religion ; voilà Thommage que le gouvernement provisoire de la Grèce est appelé à offrir à Votre Majesté , au nom de la nation. Les sentiments que les bienfaits de vos augustes prédécesseurs avaient inspirés aux Grecs, et qui se sont transmis d'âge en âge , ce» sentiments héréditaires , devenus plus vifs , nous animent tous pour la personne sacrée de Votre Majesté Impériale.

« La reconnaissance d'une nation telle que la Grèce ne peut s'éteindre qu'avec elle. Daignez, Sire, vous souvenir d'elle à une époque aussi importante. En méditant sur les destinées de tant de peuples, de concert avec vos alliés, que la Grèce, ou plutôt que l'Église , dont Votre Majesté est le plus ferme soutien , demeure présente à votre pensée. La Grèce en armes , sous l'étendard de la croix , a le droit d'espérer que le descendant de tant de monarques orthodoxes , le libérateur de nations long -temps opprimées, ne Toudra jamais son anéantissement ni son déshonneur.

« Nous prions Dieu , Sire , qu'il ait Votre Ma-

DE LA RivOLUTIOV GBECQUE. ^43

la tempête , elle alla mouiller dans le port de la Sude , à Candie ; mais , pressée d'approvisionner Nauplie , elle remit à la voile malgré les vents contraires^ et dans la nuit du 19 sep-

jesté Impériale en sa sainte garde, pour le bonheur de TEurope entière et pour la gloire, de notre sainte religion.

« En l'absence du président du, pouvoir exécutif,

^ Le vhe^'président , « Atranase Kanakaris.

« Le secrétaire d*état, ministre des affaires étrangères^

« Théodore Négris.

« Argos, le 29 août 1822. »

Page 1