‹ Histoire de la révolution grecqueChapitre 2 sur 28 · AX · texte numérisé non relu

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traîner pendant quelques mois jusqu'au nioment où, pressé de tous côtés par des avis sûrs que la Porte était instruite du complot et que le danger devenait imminent, je fus obligé de donner le signal > en me jetant dans les deux principautés, pour qu en y attirant toute lattention de la Porte , plusieurs provinces de la Grèce pussent se préparer plus facilement.*.

« C'est à vous, sire, maintenant k me ^uger ; c'est à votre baute sagesse et à votre équité à décider des droits que je puis avoir à la protection que j'ose réclamer pour mes frères. Je le demande comme sujet de Votre Majesté impériale, comme un vieux soldat qui a servi avec tout le dévouement possible... On ne peut pas chercher à déguiser la vérité^ lorsqu'on envisage la mort face à face... »

(i) On fait monter à plus d'un demi-lnillien dé francs l'offrande qu'il fit à la patrie.

(2) Les princesses Marie Blavrocordatos et Marie

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efforts à faire une caisse natioDale* U entame une correspondance régulière avec Jacob Rhi- Z0S9 alors ministre de Michel Soutzo, hospodar de Moldavie^ €t parvient à faire entrer ce dernier dans ses vues. Il se rend à Ismaël, et , sur un îlot que le Danube forme en cet endroit, il se ménage une entrevue avec lHétériste Dicée. Là, le téméraire archimandrite lui communique le dessein qu'il avait conçu d'incendier les principaux quartiers deByzance, l'arsenal et les magasins de Topchana. Ce projet devait être exécuté pendant la nuit par les Grecs de la capitale , qui seraient tombés inopinément sur les Turcs , et les auraient mis en pièces^ tandis que dix bricks hydriotes tireraient sur le sérail ^ pour forcer le sultan de sortir de sa retraite et de tomber entre les mains des insurgés , rassemblés aux portes de son palais. Hypsilantis, d'après quelques no-

Hypsilands s'empressèrent aussi à contribuer à la régénération de la Grèce. La première offrit cinq mille francs, avec une paire de pendants d'oreilles d'mi grand prix. La seconde remit entre les mains de son frère Alexandre toute sa dot, qui consistait en trois cent soixante-quinze miUe francs.

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tions sCatistiqiïes qu'il devait aux avis de Jacob Bhtzos et du prince Michel Soutzo, réforme quelques parties de ce plan , et , pour en £aKÛiiter l'exécution, donne à Dicée une lettre de crédit sur TËphorie de Constantinople.

Un événement politique vint iiàter Finsur* rection des Hellènes. Au commencement de i8ao, un tyran ^ qui réunissait la ruse de Philippe le Macédcoiien à la cruauté de Nâron, l'ignorance d'un mahoniétan à la cupidité d'un Albanais, le féroce Ali-Tébélen , proscrit par la Porte, placé entre le cordon du sultan et l'absolue néces^té de termini^ ses jours ches l'étranger, conçut l'audaâenx projet de sou^ lever les Grecs contre les maiiométans , et de se faire un appui de leurs armes. Le ^3 mars de la même année, de ison château de l'A* chérusie, il déclare aux Hellènes qu'il esC appelé par le destin à devenir leur libérateur.

Ainsi ce visir, jusqu'alors le plus cruel persécuteur des Grecs , qui faisait sceller des hommes vivants dans les murs de ^son palais et crever avec un fer brûlant les yeux de ses innocentes victimes , ose se dépouiller de la pelisse sanglante d'un pacha, pour se revêtir de la tunique d'un Philopoemeo. Il organise les

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milices des Klephtes qu'il avait naguère décimés; et, se jetant dans les bras de ses anciens ennemis , il ccxifie au rusé Ulysse la défense de la Livadte , et envoie le capitaine Tachos dans les défilés des Thermopyles ; par ses lirdres , le vieux Stoumaris se porte au passage de 4'Adiéloûs , Yamakiotis va fortifier Xéroméros; et Eongas, lieutenant du célèbre Cbatzantonis, couft au-devant des musulmans, dans les gorges du mont Olympe.

La Porte, voulant frapper le rebelle avec les mêmes armes, appelle à ton secours ses fidèles rayas. Marc Botzaris, à la tête des Soatiotes , paraît dans la Romélie , brûlant de venger son père et d'arracher au pouvoir du satrape de rÉpire les rochers de Souli. Une fofule de vieux capitaines ^ réftigiés depuis longtemps dans les forêts du Pinde , sur les cimes de rOEta , descend dans la Uce avec etnpresisement , la plupart d'entre «ux ue sachant ehcoi% de quel c6té diriger leurs coups, ttiais tous voulant se désaltérer dans le sang des Omanlis. Les Hétéristes 1^ suivent de près, et se promettekit d'exploiter l'avenir au profit de leur patrie.

De cette manière , la Grèce reçoit des main»

de se9 propres tyrans le glaive qu'elle doit tourner contre eux.

Kentôt le satrape de TÉpire, délaissé par ses fils, trahi par ses agas, battu par lesSouliotes, se voit assiégé dans sa forteresse. Épargnant ses richesses et prodiguant ses jours, Tavide visir déploie dans sa vieillesse l'audace d'un jeune guerrier; tantôt à la tête de ses farouches Guègues, il vole sur un cheval arabe, et, tenant suspendu aux arçons de sa selle un mousqueton de Charles XII , il porte dansr une main un fusil de Napoléon , dans l'autre un cimeterre de Kirim-Guiraï, chef de la dynastie tartare, et revient couvert de sang. ennemi; tantôt tourmenté de la goutte, porté sur un brancard, il sort de son château, et s'écriant : « L^ours du Pinde vit encore , » il ranime le courage de ses soldats , et disperse l'armée des assiégeants. Mais ses efforts sont inutiles : l'Albanie est assise autour de l'Achérusie, et n'aspire qu'à se partager ses immenses trésors.

L'hiver, qui ramène toujours les Albanais dans leurs foyers , ne peut leur faire abandonner une proie qu'ils regardent comme certaine ; ils supportent, sans murmurer, l'âpreté delà

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saison , et se raniment à l'idée de la pari qu'ils auront aux dépouilles de l'opulent visir qu'ils tiennent emprisonné.

Dès lors le vieux Âli , ne comptant plus sur ses forces, désespérant de son salut , veut au moins léguer au sukan une guerre interaninable , et ne pense qu'aux moyens de faire révolter toute la Grèce.

Il avait une vague connaissance de lllétérie* En 1 8ao , l'Éphorie de Janina ayant eu l'imprudence de l'a£Blierà cette association par l'entremise de la jeuneVassîliki, son innocente épouse^ il avait voulu savoir de force qui en était le chef, et menacé même de mort les Éphores, s'ils lui cachaient la vérité. Ces malheureux , ne s'attendant pas à cette violence, s'avisèrent , dans leur trouble , de nommer l'empereur Alexandre , en suppliant Âli de ne confier à personne un secret , dont dépendait leur vie. L'astucieux visir , dans sa détresse , les mit en liberté , les combla de faveurs, et les chargea de deux lettres, l'une pour le czar, et l'autre pour Capod'Istrias , dans lesquelles il appelait la Russie à son secours, représentant qu'en titre dHétéliste il avait des droits à sa protection.

Ce fut encore à l'Hétérie qu'il eut recours

pour soulever les Grecs; k regardant comme le moyeu d'insinrection le plus efficace, il mît tout en œuvre pour l'engager à donner le sig^ial. Il était parvenu à s'attacher les Souliortes : il leur envoie une lettre de Chalet^Effendi, adressée au sérasquier Ismaét-Pacha , et dans laquelle ce favori du sultan communi* quait au généralissime de l'empire ottoman un projet de destruction de tous les Grecs, qui devait s'effectuer au commencement de 18111.

Cette^ nouvelle jette l'alarme parmi les Uété* ristes; ils aocourei^ en foule vers A. Hypsi* lanùs; ils le conjurent de ne plus différer dans des circonstances si pressantes. Pour l'entrai* oer, ils ne négligent rien : intrigues , prières , plaintes, tout moyen de persuasion est employé; tantôt empruntant le langage d'un ré* puhlicain , tantôt celui d'un courtisan , ils lui dc»inent d'avance le nom de Thrasybule, ou couronnent sa tête d'un diadème.

Pour les dissuader 7 A. Hypsilantis leur représente son peu de ressources : il n'a ni armée^ ni munitions de guerre, ni flotte ; seul , irait-il défier toutes les forces ottomanes ? Devait-il risquer les destinées de la Grèce , pour une lettre fabriquée, selon toute apparence,

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par le rusé AU? Il était d'ailleurs à la veille d'obtenir de la Porte une indemnité de deux millions de francs pour ses biens confisqués sous le règne de Sélîm : fallait-*il sacrifier cet or, qui, versé dans ses mains, fiiciliterait dans la suite ses opérations? Qu4rait*il faire chez une nation pauvre et désarmée, capitaine sans soldats, chef sans trésors? Les révolutions, en outre, de Naples et du Piémont venaient d'éclater, et la foudre de la Sainte- Alliance grondait sur la péninsule italienne : devait-il choisir ce moment si peu favorable , pouv^arborer en Grèce l'^endard de l'insurrection?

Le monde ne confondrait-il pas la cause des Hellènes, basée sur des droits incontestables, avec celles de l'Espagne et de l'Italie, regardées comme ill^itimes ?

Ces considérations ne paraissent point plausibles aux Hétéristes. « Le glaive de la proscrip- «tion, s'écrient-Us, est levé sur la Grèce; la « nation sera massacrée, et son sang rejaillira « sur nous. La Morée d'ailleurs brisera bientôt <cson joug d'elle -même; un mois, quelques ce jours encore, et la révolution se manifesc( tera partout : sans chef, elle aura bientôt «avorté. Quel autre temps plus, opportun

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« pouvons-nous attendre ? La Grèce entière (c brûlant d'ua feu mystérieux , et n'attendant ce que le signal de sa régénération ; une foule «de bandes montagnardes, descendues pour « la première fois <lans les plaines ; une assem- « blée de capitaines, convoquée par le destin ce pour l'exécution de nos desseins ; la Tur- « quie s'entrcKléchirant; Âli de Janina, forcé oc par sa position à nous livrer pièce à pièce <i ses trésors; l'hospodar de la Valachie, con- « sumé d'une longue maladie , près d'expirer «e et de laisser entre nos mains les rênes de sa « principauté; celui de la Moldavie prenant H part à l'Hétérie , et nous tendant les bras : a combien de moyens de succès ! quelle occa- <f sion favorable à nos projets ! » A ces paroles, ils lui présentent des lettres venant de tous côtés. Dans l'une , l'Hétériste Savas lui promet de s'emparer de la forteresse de Gurgovo et ^ de lui ouvrir le chemin de Byzance. Dans une autre, Georges l'Olympien lui propose, comme un de ses premiers coups , la prise de l'Ada- Calé. Dans celle-ci , l'archevêque de Philippopolis se réserve l'honneur de soulever la Bulgarie et de venir, à la tête de quinze mille Bulgares, se ranger sous ses drapeaux. Dans

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celle-là, le prince Constantin M ourouzis le supplie de lui confier, pour suprême faveur, Texécution du projet derarchimandrite Dicée. Dans une cinquième (i), l'Éphorie de Constantiiiople lui annonce que la populace grecque de cette ville , entrée dans l'Hétérie par le zèle irréfléchi de Papa-Georges, est dans une telle fermentation, se comporte avec une telle imprudence, que la police ottomane ne manquera pas de découvrir le plan de la révolte, et que déjà même des perquisitions se font partout.

A la lecture de cette dernière lettre, A. Hypsilantis se trouble et s'écrie : « Le dé en est jeté; f< périsse le lâche qui, à la vue de ses frères a près de passer par la main du bourreau , ne « vole pas à leur secours et perd son temps <c à calculer ! »

Aussitôt il envoie cinquante mille francs aux Hétéristes Georges l'Olympien, Pharmakis et

(i) Toutes ces lettres existent encore; elles se trouvent dans les mains des frères d*A. Hypsilaatis. Tout ce que je rapporte ici sur ce général est extrait de sa correspondance et d'une foule de manuscrits qui m*ont été confiés par divers Hétéristes.

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Savas ; il recommande particulièrement à Xanthos, porteur de cette somme, d'observer les démarches et le caractère ae ce dernier capitaine. 11 fait passer par le canal de Pérévos quatre- vingt mille francs à Pierre Mavromichalis et à Théodore Golocotronis , en leur enjoignant de solder des troupes et de se tenir prêts pour le printemps prochain. Il mande à Démétrius Hypsilantis de se rendre en Grèce, lui-même devant avec ses autres frères se jeter dans les deux principautés limitrophes, pour y attirer l'attention des Ottomans, et procurer au2(: Grecs le temps de se préparer. Il se rend à la hâte à Kischeneff , et de là il ordonne à l'Hétériste Théodore Yladimiresços, officier russovalaque , de profiter de la mort récente de l'hospodar Alexandre Soutzo pour soulever la milice valaque des Pandours. Il dépêche enfin en Moldavie Georges Lassanis et Gérassime Orfanos , avec ordre de rassembler dans son palais de Galata, situé sur la montagne qui domine Jassi, autant de soldats, d'armes et de munitions de guerre qu'ils pourront.

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