‹ Histoire de la révolution liégeoise de 1789Chapitre 10 sur 48 · TOME II · texte numérisé non relu

TOME II

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du gcavernement français à regard de rAutriche. QuaDtàVonck, il s'était occupé à faire quelques enrôleineDts , ou plutôt à distribuer, grâce aux envois deWalckiers, des secours d'argent à des émigrés qui , sans cela , auraient déserté son drapeau pour passer sous celui de Béthune-Charost. Celui de ses partisans qui Tassistait dans cette besogne était Dinne ; cet officier namurois , Fauteur des Mémoires historiques sur Vander Mersch, sous qui il avait bravement servi, prit part à la campagne de 1792, et alla, deux ans après, périr en Vendée

Pendant que ses amis, placés à la frontière, observaient la marche des événements en Belgique , Walckiers veillait aux intérêts de son parti à Paris même , et épiait le moment de frapper un grand coup. Ce moment lui parut venu au mois de janvier 1792, et il invita les réfugiés liégeois à venir se concerter avec lui. . Nous avons soigneusement exposé tout ce que nous avons découvert sur les rapports de Fabry et de ses amis avec les Yonckistes ; il est fâcheux que des détails plus précis fassent défaut. Malgré la manière favorable dont Walckiers et Yonck s'expriment à Tégard des Liégeois en général, il parait assez bien établi qu'on traita sans confiance dans les personnes , et sous Tinfluence des imputations calomnieuses qui ne manquent jamais aux hommes politiques. Pour les Liégeois, il n'était pas démontré que Yonck et Walckiers ne fussent pas vendus à la Cour de Yienne , et Yonck trahissait sa méfiance quand , au dos de la lettre de Fabry à Walckiers, il écrivait de sa main : c'est celui qui a conseillé aiuo Liégeois de faire leur soumis^ sion. Il est impossible de ne pas voir ici l'effet des récriminations envieuses de Levez, qui, n'étant pas arrêté, comme Fabry, par l'âge et le défaut d'argent, voyageait, agissait, intriguait, tandis que les savants — c'est la qualification dont il affublait dédaigneuse* ment ses adversaires — forts de la pureté de leurs intentions , un peu trop confiants dans leur supériorité intellectuelle , s'imaginaient que, pour lutter contre ce brutal, il suffisait d'aligner des périodes, et évitaient de se commettre avec lui. Lorsque vint l'invitation de Walckiers, Levez s'empressa de s'y rendre, suivi de ses fidèles Franchimontois (i). S'il n'avait pas eu le sentiment de son insigni-

(0 D'après une lettre de Gigot h Fabry du i2 Janvier, Levoz doit être arrivé ^

[179S) CHAPITRE XX. iSI

flaDce , il se serait cerlaiDement opposé à ce qu'on appelât ses adversaires à la conférence ; mais le moyen de parler , de s'^engager an nom du peuple liégeois , sans s'abriter derrière ces noms que recommandaient le talent et une popularité à laquelle la persécution venait de mettre le sceau 1 Lesoinne , qui parait avoir passé à Paris la plus grande partie de son exil , aurait pu se lier avec Walckiers , le tenir au courant des affaires de son pays et des divisions de ses compatriotes. Malheureusement il ne possédait pas les qualités nécessaires à une mission semblable. Le talent ni la conviction, certes, ne manquaient pas ; mais il eût fallu un caractère souple , pliant , disposé à des concessions de détails toujours inévitables dans la pratique des affaires quand il s'agit de préparer un résultat, et Lesoinne était tout d'une pièce , ne démordant pas de son opinion , parce qu il ne l'adoptait qu'après mûr examen. Du reste , conmie ses amis , il ne faisait pas grand cas de Walckiers , et ne doit avoir eu avec lui que de rares entrevues.

C*est dans une lettre du 5 janvier 1792 que Walckiers informe Vonck de la conférence qu'il vient de réunir pour donner plus de corps et d'importance aux' opérations dont il a pris l'initiative. Il lui raconte comment Béthune-Charost est venu tout récemment demander la paix : t Je lui ai dit, ajoute-t-il, que je ne pouvais lui faire aucune réponse» sinon que je ne composerais jamais avec les principes , et que je contrarierai toute ma vie une révolution qui n'aura pas pour seul but l'amélioration du sort du peuple en général ; que d'ailleurs , vers le 10, la plupart des Liégeois expatriés se rassembleront ici, qu'il pourra alors porter la parole à cette assemblée. .Je n'ose vous demander d'y venir , car je crains que votre santé ne s'y oppose ; liiaisje vous prie, si vous avez auprès de vous un ou deux de nos braves gens que vous puissiez m'envoyer pour représenter les démocrates belges , cela serait nécessaire ; je ne puis faire seul. J*espère donc que vous m'enverrez de suite quelques-uns de nos zélés, soit on ou deux ; si vous pouviez en avoir un pour la Flandre et un autre pour le Brabant , ce serait bien. Il s'agit de se concerter sur un

Paris le 10, et une phrase de cette lettre : maiurprke était bien grande d'apprendre qiu M' HoMMenge n* était pae à Paris , autorise à croire que les partisans mêmes do bourgmestre étaient surpris de ce peu d'empressement. Papiers de Fabry.

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plan, en cas que la France fasse la guerre (i). » On voit que Walckiers ne comptait guère sur une coopération active de Vonck, à qui sa santé délicate — il mourut à la fin de Tannée — défendait de semblables voyages. Toutefois la suite des faits permet de croire que celui-d se méfiait aussi des opinions montagnardes qui allaient prévaloir dans la réunion convoquée par son ami , et il se contenta d'envoyer deux députés : pour la Flandre, un prêtre nommé Vandersteen, et, pour le Brabant, un ancien officier patriote nonmié Leunekens, qui avait été aide-de-camp de Yander Xersch (t ). Leur correspondance avec Yonck va nous fournir des renseignements sur les conférences auxquelles ils assistèrent.

On se mit à Toeuvre aussitôt après leur arrivée , sans attendre les émigrés de Bouillon, qui, à vrai dire, montrèrent peu d'empressement et n'arrivèrent à Paris que dix jours après Levez. La première lettre des deux députés est du 18 janvier. Ils ont assisté la veille à une réunion où Ton a examiné si la guerre était plus probable que la paix , et Ton est arrivé à cette conclusion que , dans Tune et Tantre hypothèse , le moment était venu de travailler à révolutionner le pays de Liège et la Belgique , que la chose était praticable et nécessaire. Au préalable , il fallait unir les deux peuples par une confédération , afin d'augmenter leurs ressources en les mettant en conmiun. Le soir même devait être élaboré un projet qu'on se proposait d'envoyer à Yonck pour avoir son avis, c Cependant , ajoutaient les deux députés , comme il ne se trouve ici que des Liégeois et nous, on désirerait que les assemblées fussent renforcées au moins par une personne de chaque province, et que cette personne eût quelqu'influence sur ses concitoyens. M'^ Walckiers a écrit à cet effet à H' Dolrenge fils (s) , pour le Brabant. M' Meyer pourrait nous

(i) Papien de Vonck. IV.

(t) Voici la note écrite de la main de Vonck au bas de la lettre de Walckien • Volgens het boven staenden inhoud, beb ick beden , den 9 anni i792, naer Pareys gezonden den eerw.heere Yandersteen priestervoor Vlaenderen, en den beere Leunekens gewezcnen aide de camp van den generael VanderMerscb voor Brabant, om te confereren met die van Luyk. i Papiers de Yonck. lY.

(s) Le fils du résident de Hoensbroecb à Bruxelles, qui , en effet, fit quelques mois plus tard partie de l'assemblée des ReprésenianU provUoireê du peuple souverain de Bruxelles.

eoToyer une personne de confiance pour la Flandre. Quanl an Hatnaut, H' Olhée de Grave pourrait être Thomme qu'il nous faudrait, et H' Dotrenge est à même de nous indiquer quelqu'un pour le comté de Namur (i). » On verra bientôt les difficultés que rencontra le comité pour se renforcer.

Le lendemain (18 janv.), nouvelle réunion. Il y fut décidé, la guerre devenant moralement certaine j qu'une Adresse serait présentée à TÂssemblée nationale pour en obtenir la levée de quelques corps francs , belges et liégeois , qui envahiraient les deux pays. La réalise de cette adresse devait avoir lieu le jour même de la déclaration de guerre, ou le lendemain au plus tard, c On y ajouterait, lit-on encore dans la lettre où sont puisés ces détails , un manifeste qui serait terminé par la demande du maintien de notre indépendance, on , ce qui revient au même , on demanderait à l'assemblée une déclaration que les Français ne déposeront les armes qu'après que notre indépendance sera reconnue par la maison d'Autriche. > (a)

Ces premières opérations furent conduites avec une diligence incroyable, puisque, le 80, on envoyait à Yonck les canevas du manifeste , du projet de constitution dont on conseillerait l'adoption , et du mode de convocation du peuple pour l'élection des députés appelés à former une convention nationale. Tout cela devait médiocrement satisfaire Yonck, qui, loin de tendre à un bouleversement social, bornait ses désirs à améliorer l'institution des États. La rédaction de ces pièces était confiée à Lebrun , devenu l'oracle da comité , à tel point que la plupart des séances se tinrent chez loi. Lebrun , qui ne tarda pas à occuper un poste important au ministère des affaires étrangères (s), avait eu autrefois les relations les plus amicales avec Fabry et ses amis , et leur devait beaucoup de reconnaissance (4). Nous avons eu à signaler le jugement assez

<i) Plspicrt de Ytmek, IV.

(s) /6fd.

(s) Au mois d'avril 1793. C'est aussi à cette époque que cessa de paraître le J(pwimI général de t Europe.

(4) U y a dans le Fonds GhUeli , farde 670, une lettre de lui à Téchevin Basqoinet, d« 7 septembre 1790, dans laquelle il recoupait que lorsqu'il est arrivé à Liège, méconnu et ignoré j il Va recueilli chez lui, et lui a procuré les moffent de faire valoir tee faièles tatenU.

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sévère porté par Bassenge sur sa conduite à Liège dans les derniers temps de la révolution. Après son retour en France , plus libre dan$ ses allures, il devint Thomme des réfugiés de la nuance la plus avancée, et quand, à la séance du 18 décembre, c'està-dire à la veille de la discussion sur les rassemblements béthnnistes^ fine députation de citoyens de la ville de Liège (i) vint demander à l'Assemblée nationale la formation d'une légion de volontaires liégeois ^ c'est lui qui fut Torateur, et l'adresse dont il donna lecture était son œuvre. Nous ignorons quels étaient les hommes qui composaient la députation ; ce n'est pas à coup sûr s'aventurer beaucoup que de les supposer appartenant au parti dont il était devenu le coryphée (s). En lui confiant la rédaction des pièces qu'ils venaient d'adopter, les hommes de ce parti, représentant seuls le pays de Liège dans le comité, ne faisaient que reconnaître une fois de plus leur impuissance dès qu'il était question d'exposer leurs idées. Quant à la précipitation avec laquelle on procéda dès l'ouverture des séances , elle avait évidemment pour objet d'ôter aux Liégeois modérés, qu'on s'attendait à voir prochainement arriver, l'occasion de se prononcer sur les questions capitales qui venaient d'être si lestement résolues, au moins en principe. Ce n'est pas tout : le 21 à la soirée'^ on chargea encore Lebrun de rédiger une déclaration que chaque membre du comité devait signer, et par laquelle il € renonçait à toute vue d'ambition, d'agrandissement, d'emploi, de manutention des deniers publics , etc. (s). » L'intention malveillante est ici avouée , car le correspondant de Yonck reconnaît qu'on c a cru cette précaution nécessaire, pour s'assurer de la façon de penser des nouveaux arrivés : Fabry, Bassenge, Lesoinne, et autres qui, dans la suite, se présenteraient au comité. > Après cette décision, les réunions furent suspendues pendant trois jours.

(i) Ce sont les termes dont se sert le Moniteur pour les désigner. N'^SSS du 19 décembre 1791.

( 1 ) Les Papiers de Fabry renferment la minute d'une lettre écrite , le 20 décembre 1791, à un Liégeois établi à Paris (Pascal Tasquin peut-être). Il y est question de la possibilité d'une pétition k rassemblée , et Fabry conseille à ses compatriotes de ne pas la présenter sans consulter Vami Lebrun. Probablement U ignorait Tattitude du journaliste à son égard.

( 8 ) Lettre de Vandersteen k Vonck du 21 janvier. Papiers de Vonck. IV.

[179S| CHAPITRE XX. Ia5

Partis de Bouillon le 13 janvier, Bassenge, Lesoinne et Hyacinthe Fabry (i) ne purent arriver à Paris avant le 20, et, le Si, Walckiers annonçait la chose à Vonck en ces termes : « Nous sommes à Touvrage. Les Liégeois sont au nombre de huit : trois pour Franchimont , et cinq pour Liège. > Les trois membres représentant le pays de Franchimont étaient Fyon , Brixhe et Delhier. Quant aux cinq Liégeois, nous connaissons Lesoinne, Bassenge, Hyac. Fabry et Levoz. Si Walckiers ne fait pas erreur , le cinquième était Digneffe , dont nous n'avons rencontré le nom que plus tard dans les actes du comité. Fabry père avait aussi reçu une invitation qu'il n'accepta pas. Sa santé , son âge — il venait d'entrer dans sa 10^ année — qu'il donna pour excuse , ne doivent avoir été qu'un prétexte : il est probable que ses jeunes amis , prévoyant des discussions désagréables avec Levoz , voulurent les lui épargner. Ceux-ci , à leur arrivée , trouvèrent les préventions défavorables qui les attendaient augmentées encore par une circonstance fâcheuse. Quelques jours auparavant avait paru dans le Moniteur (t) un Extrait du tableau de la dilapidation des deniers royaux et publics par les ex-souverains brabançons f etc., pamphlet que nous avons déjà eu l'occasion de signaler (s). On y voyait figurer une somme de 80,000 fl. payée aux États de Liège pour le libre passage des troupes du Congrès, et noe autre somme de 32,000 fl. payée à M. le bourgm. Fabry pour sa protection. Quoique ce ne fût que la reproduction d'un document publié à Bruxelles, il n'est pas impossible que cela ait été fait avec une intention malveillante , et nous sommes disposé à voir là encore un indice de la haine envieuse qui poursuivait le bourgmestre patriote. En tous cas, il est certain que Lebrun , qui savait cependant à quoi s'en tenir , accueillit avec empressement l'accusation dans son journal , non-seulement sans y joindre un mot de rectification , mais même sans reproduire la justification de l'accusé. L'article du Moniteur n'arriva à Bouillon qu'après le départ de Bassenge et de ses deux amis , et les explications de Fabry ne purent paraître que

(fl) Une lettre de Bassenge k Henkart, du 15 décembre 1791 , nous apprend qu*à eette époque U était question d'un voyage à Paris , et que Lesoinne en était revenu assez récemment. Papiers de Henkart.

(() N« 9 du 9 janvier 1792.

(s) Voir plus haut, chapitre XII.

dans le N» du 30 janvier; elles fareat catégoriques : la somme de 80,000 fl. était un prêt fait par les États de BrabaDt à ceux de Liège; c quant au second article qui me regarde personnellement, disait Fabry, je lui donne le démenti le plus éclatant; quel que soitTauteur de cette calomnie , de quels grade et rang qu'il puisse être , je le déclare le plus malhonnête et le plus lâche des hommes, et je ne daigne pas à présent en dire davantage. » Lorsque parut la réponse, la calomnie , colportée , commentée , amplifiée par les envieux, n^en avait pas moins eu tout le temps de faire son chemin.

Cest dans ces circonstances défavorables que Bassenge et ses deux amis arrivèrent pour prendre part aux opérations du comité. On lit dans une lettre de Walckiers à Yonck du 28 janvier : « Notre comité s'assemble tous les jours , mais nos Liégeois ont commencé par être peu d'accord entre eux. » Et le même jour le prêtre Vanderste^, écrivant aussi à Yonck, et lui demandant de l'autoriser à signer en son nom la déclaration adoptée le 21 , lui disait : « Ce n'est pas que le comité ait le moindre doute sur la pureté de vos principes, ou sur votre intégrité et désintéressement; mais il a cru que votre nom appuyerait ces mêmes principes consignés dans la dite déclaration , et lèverait le scrupule de quelques personnes , ou trop peu instruites , ou trop méfiantes. De ce nombre sont HM. Fabry, Bassenge et Lesoinne qui, après avoir assisté à deux séances, nous ont fait parvenir à la troisième une lettre par laquelle ils nous marquât qu'ils ne peuvent signer cette déclaration , et se taisent sur les motifs do leur refus. Le comité a cru ne pas devoir leur faire de réponse, et l'on a passé à la discussion du plan provisoire de la convocation de la nation. » ( i )

Ainsi, après avoir assisté à deux séances, Bassenge et ses amis refusèrent de signer une déclaration adoptée contre eux , et que Yonck , comme nous le dirons plus tard , repoussa également. Quoiqu'en dise Yandersteen, ce ne fut pas l'unique cause de leur retraite , et il est fâcheux que les papiers de Fabry ne fournissent aucune lettre sur cet incident. Pour trouver d'autres détails, il faut recourir à des documents d'une date postérieure , où le fait n'est rappelé qu'en passant. Dans une lettre de Paris, du 14

(i) Papien de Vonck. IV.

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mai, Basseoge parle « des grossièretés, concertées sans doute, qui les ont chassés du comité , » et dans une autre non datée , mais qui doit être de peu de jours postérieure à la précédente, revenant sur ces grogsièrHês , il rappelle une lettre de Walckiers , écrite après leur refus de signer la déclaration , et la « malhonnêteté de ce sot belge qui prouve combien ils étaient prévenus (i). > Ajoutons à ce qui précède on passage de la réponse du même Bassenge à Chaussard (i) , oà il dit encore : c Contracter, nous, des engagements avec cinq ou six Belges, inconnus la plupart, vrais patriotes peut-être, mais absolument sans moyens de réaliser leurs engagements et très-peu en mesore d'en acquérir ; jurer, nous, avec eux de faire une république de notre pays et de la Belgique , cela n'était ni dans notre pouvoir , ni dans nos principes. » Somme toute , on peut tenir pour certain qu^il y eut refus de signer la déclaration , récriminations Tiolentes de Levez , et enfin rupture complète. Hyac. Fabry retourna immédiatement à Bouillon; Bassenge et Lesoinne restèrent à Paris.

On a va que cette déclaration avait été aussi présentée à Vonck , et que son correspondant, le prêtre Yandersteen , lui avait demandé de Tantoriser à la signer pour lui. Yonck n'ayant pas répondu^ on lai envoya , le 8 février , le texte de la pièce telle qu'elle fut plus lard publiée avec le manifeste , en lui demandant de nouveau s'il voulait la signer. Cette lettre porte les signatures des membres belges da comité, c'est-à-dire : Yandersteen, Leunekens et un certain Lespès, récemment adjoint sur les indications mêmes de Yonck, qoi, il faut bien le reconnaître, n'envoya au Comité de Paris que des membres peu capables. Ainsi ces trois hommes, parfaitement inconnus dans notre histoire, joints aux quatre ou cinq Liégeois et Franchimontois dont nous avons dit les noms , telle était l'imposante assemblée qui s'attribuait le droit de stipuler au nom des deux pays; Walckiers, soit prudence, calcul ou tout autre motif, n'intervint dans aucun des actes du comité, tout en restant la cheville ouvrière.

Yonck ne se pressa pas de répondre à cette seconde sommation ,

(i) Papiers de Fabry.

(t) Page 65.

et, le 17 février, nouvelle leltre de Lespès seul (t) pour lui dire : € Vous approuvez la déclaration ou vous la désapprouvez. Dans le premier cas, pourquoi hésitez-vous ? Dans Tautre , donnez vos raisons. La prudence peut-être vous empêche de signer, et vous n^auriez pas tort ; mais aussi dans ce cas ne pouvez-vous exiger des communications, et que nous sortions des bornes que nous nous sommes prescrites (s). > Toujours même silence, car ce fut au tour de Walckiers d'intervenir , Walckiers dont nous venons de dire Taltilude réservée. Le 23 février, en mandant à Vonck ce qu'il pensait de la situation, il lui disait : € Je désire beaucoup , ainsi que nos Belges, votre autorisation designer la déclaration, qui me parait ne contenir absolument que vos principes et vos vues , et correspondre exactement à la pureté de votre caractère (s). » Trois jours après, revenant à la charge et faisant allusion à une leltre du 15 que nous n'avons pas retrouvée , il lui disait encore : < Je vois avec peine votre résolution de ne vous point mêler de nos affaires , vu voire faible santé ; mais comment pouvez-vous vous imaginer que vous êtes exclu de ce qui se passe , et pouvez-vous vous imaginer encore qu'après votre conduite, les sacrifices que vous avez faits à la patrie, la pureté de vos vues, on hésite à vous regarder toujours comme la tête des patriotes belges? Non, M', je suis bien convaincu qu'aucun de nous n'a eu une seule pensée dont vous puissiez vous plaindre. Nous nous gardons bien de dire que vous refusez voire adhésion à notre déclaration , et nous usons de cent prétextes divers pour reculer là-dessus toute explication avec les Liégeois. Je regarde toujours votre adhésion comme bien nécessaire à notre cause , parce que je mets une haute importance à ce que nous soyons toujours parfaitement unis , et je vous avoue que je ne puis concevoir ce qui vous retient sur ce point, car je vois que cette déclaration ne contient que vos principes. » Walckiers terminait sa lettre par des détails sur les opérations du comité : c Je vous ai dit que nous ne travaillons que dans l'hypothèse de la guerre ; que nous avons pro-

(i) n lui avait d^à écrit le 9 pour lui exprimer la surprise qu'éprouvait le comité de ne pas recevoir son adhésion , d*autant plus qu*il avait déclaré lui-même professer hautement les principes contenus dans la déclaration.

(s) Papieri de Vonck, IV.

(s) Ibid.

llTW] CHAIMTHE XX. 159

jeté pour alors un modèle de conslitulion à conseiller à nos peuples bslge et liégeois réunis sous un gouvernement républicain. Nous avons un projet de manifeste à donner à nos concitoyens (i). » A ces renseignements Yandersteen, dans une lettre à Dinne(s). le âdële coopérateur de Vonck à Lille, ajoutait ceux-ci : € W Héraut de Sechelles nous a fait Thonneur d'assister aujourd'hui à la séance du Comité; il a paru entrer dans nos vues^ et nous a promis une entrcTue avec MM. Brissot , Condorcet , etc. Il nous a aussi fait entendre que nous devions tâcher de mettre dans nos intérêts le ministre des affaires étrangères. Aussitôt on a adressé une lettre à M' Dumouriez , par laquelle on lui fait part des objets dont s'occupait depuis trois mois notre Comité , en le priant de nous accorder une audience. Sa réponse n'a pas tardé; il nous a promis de se rendre demain ou après-demain à notre assemblée. A propos de ce ministre, je vous dirai que c'est un fier patriote, et très-instruit de ce qai s'est passé chez nous avant la révolution, ayant été employé dans le temps à ménager une réunion entre les démocrates et les aristocrates. Ces derniers l'ayant joué, ce ne sont pas seulement ses principes, mais encore un certain ressentiment qui le portent à favoriser les premiers. Je vous dirai encore que son rang et ses occupations ne l'empêchent pas de se rendre régulièrement au club des Jacobins dont il est membre. Il n'est pas un des derniers qui manifeste son désir de déclarer la guerre au successeur de Léopold. Tout ceci nous ranime un peu et vous inspirera vraisemblablement un nouveau courage. Le manifeste est achevé , de même qu'une adresse très-patriotique aux peuples belge et liégeois, avec la constitution qu'on leur conseille d'adopter. Je crois qu'incessamment le tout sera imprimé. » Il le fut en effet le mois suivant, peu de jours probablement après la déclaration de guerre votée le 26 avril , et le moment est venu de donner une analyse de ce factum de Lebrun.

Le Manifeste des Belges et Liégeois unis , qui parut avec l'indispensable épigraphe : la liberté ou la mort , est une des œuvres les plus déclamatoires d'une époque qui en produisit cependant beaucoup. A un exposé des droits de l'homme en société , et à un résumé

( I ) Pafriers de Vonck. IV.

(t) Du 21 mars. /Mtf,

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de rhisioire des deux pays, rédigé d'une manière à établir les maavais effets de rinslitution monarchique — ce qui venait en aide au parti qui préparait le iO août — succédait une sentence de déchéance contre TEmpereur et le prince-évéque. Celui-ci était déclaré c parjure , traitre à la patrie , coupable de concussions , de violences, d'assassinats , de toutes les calamités qui ont pesé et qui pèsent encore sur le pays de Liège , atteint et convaincu du crime de lèse-nation au premier chef; pour réparation de quoi, disait-on, nous jurons de le poursuivre lui et ses suppôts, jusqu'à ce qae justice soit rendue à ses forfaits. »

La pièce finissait ainsi : < Et après avoir séparément brisé nos conventions sociales respectives, après avoir secoué pour toujours le joug de nos oppresseurs, nous, le peuple des provinces belgiques ci-dessus dénommées et le peuple du pays de Liège, décla* rons par le même acte que, dès ce moment, nous réunissons nos intentions, nos moyens, nos forces contre nos tyrans respectifs; jurons de prendre tes armes pour ne plus les déposer que quand nous aurons assuré notre indépendance, les droits que nous tenon» de la nature, et une constitution qui n'outrage plus ces droits sacrés ; jurons enfin de ne plus faire qu'un même peuple libre, indépendant; et ce peuple offre son amitié à tous les peuples de la terre, son alliance à tous les peuples libres, son exemple et son assistance an besoin à tous ceux qui voudront l'imiter et devenir libres comme lui. i Suivait une adresse aux peuples belge et liégeois , de la part et au nom du Comité réuni des deux nations , sorte de Mémoire apologétique qui se résume dans ce passage : « La souveraineté réside dans le peuple ; tous les pouvoirs émanent du peuple ; il h*en peut exister de légitimes que ceux que le peuple exerce ou qu'ail délègue. Tels sont les principes incontestables d'où nous sonmies partis; telles sont les bases de la constitution dont nous offrons le modèle, sans prétendre toutefois vous rien prescrire que l'exercice de votre souveraineté , qui est inaliénable et imprescriptible. »

Une troisième pièce concernait l'organisation du pouvoir révolutionnaire. Cette organisation était ainsi réglée : un comité central de cinquante personnes, formé des membres du Comité parisien , qui devait se compléter par l'adjonction de patriotes connus pour avoir préparé la révolution ; des comités particuliers à établir dans

[tm] CHAPITHE XX. 161

dillërents endroits des deax pays; des commissaires envoyés par le comité central ponr présider à Télection des administrations proYisoires ; obligation à tout membre des comités , comme à tout fonctionnaire, de signer la fameose déclaration. Après plusieurs dispositions qui déterminaient les attributions de ces comités et celles des administrations provisoires, venait Tart. il : « A mesure que la révolution sera effectuée dans une province « chatelienie 5 bailliage , district, commune ou ville , le Comité centrai sera tenu de convoquer les citoyens selon la forme indiquée, lesquels choisiront le nombre des représentants qu'ils doivent avoir, en prenant la population pour base , savoir un représentant pour iO,000 âmes , et ces représentants , ainsi élus , se joindront au Comité central pour exercer en commun les fonctions du pouvoir révolutionnaire. » Ce pouvoir devait cesser aussitôt que les représentants élus, ayant atteint le nombre de 150, pourraient se déclarer Assemblée constituante. Le comité proposait une constitution i laquelle était annexée une déclaration des droits de rhomme et du eitogen basée sur les principes qui présidèrent, non à celle de 1791» Hiais à celle de 1793.

Quant au projet de constitution , il faisait complètement abstractioft des précédents historiques, pour imposer aux deux pays des mstitutions qui n'avaient guère d'autre mérite que celui de résumer les doctrines montagnardes en fait d'organisation sociale : les provinces beiges et le pays de Liège ne formeront plus à l'avenir qu^'an seul État , une démocratie représentative , sous la dénomn ■ation de république belgique; le pouvoir exécutif est confié à «n sénat de quinze personnes , le pouvoir législatif à une assemblée de représentants élus dans la proportion de 1 sur 10,000 habitants; ces deux corps seront renouvelés intégralement tous les deux ans , par voie d'élection directe ; les décrets du corps législatif sont soumis à la sanction du sénat. « Dans le cas où le sénat refuserait son consentement , il fera part au corps législatif des motifs de son refus ; si , malgré cela , le corps législatif persiste dans son décret, alors il y a appel au peuple; le sénat devra faire imprimer et publier le décret contesté, dans l'intervalle de quinze jours, et convoquer les citoyens actifs, pour quun mois après la publication du décret, ils s'assemblent et délibèrent par oui ou

i&i HÉVOLUTtON LIÉGEOISE. Il792]

par non pour admellre ou rejeter la loi. » Le pouvoir judiciaire esl délégué à des juges élus à temps par le peuple, t L'institution des procédures parjurés sera admise, d^abord par rapport au criminel, et, quant au civil , lorsque le civil aura été simplifié. » (i)

C'est seulement après la publication du document, que Yonck refusa positivement de signer la déclaration , et donna les explications réclamées à plusieurs reprises au nom du comité (s). Ses remarques ne portent pas sur le manifeste même. En effet , à part le style déclamatoire qui devait médiocrement lui plaire, il n'y avait là que le développement d'une idée difficile à combattre , dès qu'on admettait le droit de s'insurger contre l'Empereur et le prince-évèque. Il faisait, sur la déclaration des droits, quelques observations de détails, et critiquait par exemple, mais avec une certaine réserve et en proposant des changements, l'article qui déclarait imprescriptible et inaliénable le droit de propriété (s). Il disait encore à propos d'une autre disposition : € Je crois aussi qu'il serait impolitique, même périlleux, et qu'on pourrait craindre un second tome de l'affaire d'Avignon ( 4) , si l'on faisait circuler dès à présent l'adresse et l'essai sur une nouvelle constitution. Les oreilles belges ne pourraient encore s'accoutumer à l'expression d!" assemblée nationale; ce n'est que lorsque les circonstances le permettront , que l'enthousiasme de la liberté les étourdira , et que la force révolutionnaire viendra à l'appui des bons principes , qu'on pourra les manifester sans crainte. Voilà , chers frères , mon sentiment, et j'avouerai franchement que je ne pourrais souscrire à cette déclaration que d'après les changements que je propose , ou d'autres qui y coïncideraient. » Au bas de cette lettre , qui n'est qu'une copie, Voncka écrit de sa main cette réflexion significative,

( i ) Il a paru deux éditions de ce manifeste : Tune in-8<> , l'autre in-4o. La date est : avril 1792. Il comprend trois pièces différentes : le Manifeste , V Adresse et le Projet de Constitution, en tout 34 pages. A la page 2 de V Adresse se trouve la fameuse déclaration.

(s) Sa lettre ne porte d*autre date que celle de mai 1792. Elle est en minute dans les Papiers de Vonck et signée de lui.

(s) L'article 2, ainsi conçu : « Les droits naturels , imprescriptibles de Thomme, sont la liberté , la propriété , la sûreté et la résistance à Toppression. >

(4) Vaffaire d* Avignon est une allusion à Taffreuse guerre civile qui accompagna Tannexion de ce pays à la France.

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d'^oà rësalte déjù pour nous la preuve qu'il ne livrait pas le fond de sa pensée : c Minute de la lettre que j'ai envoyée à MM. du Comité des Bdges et Liégeois unis^ AW pouvoir révolutionnaire ^ séant à Paris , dont je n'ai jamais voulu être membre , à cause que leurs principes n'étaient pas conformes aux miens, que d'ailleurs ils n^agissaient que dans leur intérêt particulier. »

Que Yonck ait été hostile au système du comité, système qui cadrait au contraire avec les idées de Levoz et de ses Franchimontois, cela ne surprendra pas quiconque connaît son attitude dans la révolution : il voulait le progrès politique sans rompre avec le passé , et désirait pour son pays une constitution en rapport avec ses mœurs. Hais ce qui est inexplicable pour nous, c'est la manière dont ce système, honni par lui, fut accepté par les hommes qu'il avait envoyés, avec lesquels il parait même être resté en bons termes, quand ils quittèrent Paris pour revenir à Lille s'associer ili ses démarches; c'est aussi l'assentiment de Wal kiers, qui, dans ses lettres à Yonck et aux exilés de Bouillon, ne cesse de faire du maintien des États la base de ses projets, après avoir cependant adopté une constitution qui était Tantipode de la sienne ( i) ; c'est enfin , de la part de Yonck , Pabsence d'observations relativement à la coopération bien constatée de Walckiers aux opérations du comité. Il y a dans tout cela une contradiction que , franchement, nous ne comprenons pas.

Les papiers de Yonck renferment d'autres pièces encore qui prouvent que, dans ses explications avec le comité, il ne disait pas tout ce qu'il avait sur le cœur. Nous en citerons particulièrement deux qu'il adressa de Lille à Ruelle, agent du ministère français dans les Pays-Bas , le 18 juin , c'est-à-dire au moment où commençait Texpédition de Lûckner en Flandre (t). L'une de ces deux

( i ) On lit dans une lettre de Fabry dn i7 mars à Lonhienne : c Nos grands hommes il Paris demandent toigours une légion dont le chef choisirait tous les officiers.... Leur manifeste , rédigé par Lebrun , au nom des trois Belges rassemblés par Édoaard (Walckiers), de trois Liégeois et de deux et demi Franchimontois, est conclu et s'appelle le manifeste des deux nations... Us ont pourtant eu Tadresse de profiter de quelques vues sages du mémoire que nous avions fait et confié à Edouard , dont nos gens n'ont plus entendu parler, et dont les véritables intentions sont difficiles à comprendre. > Papien de Fabry.

(t) Ces deux pièces sont des minutes avec des corrections de la main de Vonck.

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pièces a pour objet de moolrer que le Comilé de Paris n*a aacan titre sérieux à Texercice du pouvoir révolutioDuaire qu'il s'^atlribue ; l'autre expose le plan que Yonck croit devoir être suivi pour la réorganisation de la Belgique. Le maintien des États en est la base : « On peut, dit-il, conserver ce nom, puisque le peuple semble avoir de Téloignement pour celui de représentants , ainsi que pour celui à'*as9emblie , soit nationale , soit provinciale ; » mais les États ne peuvent être maintenus telsquMls sont; et , en attendant qu^ils soient recomposés d'après des principes équitables, le pouvoir devra être confié à des comités établis dans les capitales des provinces, comités qui seront composés de deux membres du Conseil provincial et d'habitants des principales communes en nombre proportionné à leur population. La réponse de Ruelle ne nous est pas connue , mais nous avons le sentiment de Maret , depuis due deBassano, qui commençait alors sa carrière politique (t), de Maret à qui Vonck avait adressé copie des deux pièces en question, et qui lui répondit en déclarant partager ses idées (t). Il y avait dans cette réponse une désapprobation assez claire de la conduite et des prétentions du Comité de Paris ; elle est plus clairement encore exprimée dans une lettre écrite à Haret par Bonne-Carrère , secrétaire-général de Dumouriez, alors ministre des affaires étrangères (s). Il en résulte, en effet, que ces deux hommes politiques , comme aussi Dumouriez lui-même , reconnaissaient la nécessité d'un nouveau manifeste , et admettaient les idées de Vonck sur les moyens à employer pour révolutionner la Belgique, (a)

(i ) Dans une de ses communications au Comiii général révoluHormaire établi près de Tarmée de Lûckner^ il prend le titre de chargé de powmn du gouvernement français près des Belges.

(t ) La lettre est du 19 juin.

(s) Datée du 28 mai. La copie, faite de la main de Maret et certifiée conforme par lui, porte qu'elle fut écrite par ordre du ministre. Au dos, Vonck a écrit : « Nota dat ick my by dat rottelyk corpus : pouvoir révolutionnaire niet en heb willen voegen ; en dat ick noyt deel van binnen comité bebben genaekt, oaer dat Smits en Rens van Parys gekomen zyn en naer Meenen zig bebben begeven. •

(«) Il existe dans les Papiers de yonek(\y) un feuillet sans date, adresse ni signature, qui contient des notes de lui. On y lit entre autres choses ce qui suit : • M' Maret ne voulait pas reconnaître les Liégeois ni le comité de Paris , et que nous n'entrerions pas dans le pays sans un autre manifeste. •

[t79îj CHAPITRÉ Xt. leS

La lettre de Boùne-Garrëre est du 28 mai , et la copie faite par Mâret fot envoyée le 3{ k Vonck, q[ai, ee jour même, apposa, eomm^ membre un Comité de Lille, sa sipatnre à uue (Jpiittaiice dé 60,00D livres fournies par le gouvernement français. Celte somme devait être employée conformémenC à des propositions faites par ce comfté , qut s'engageait à former un eofps de patriotes belges dont pourraient disposer les généraux français; elles sont signées de Vonck, Rosières, Yandersteene , Leutiekens et Vaiideikcruyce. (i)

D'après ce qui précède ,- où voit que la foi^mation du Comité central n^avaft pal» empêché Vonck de Maittlenir le comité pariit^ûlier étabK par Itti au Kea de son refuge , et que , à Képoque où ftti conclue la convention avec le gouvernement français, deux des bottunes qall àtatt envoyés à Parts, Yandersteen et Leunekens, étaient venus le rejoindre à Lille. C'est que le Comité centrât s'était séparé, et que, tandis qu'une partie des Belges- avait réjèiiit Yonck, le reste', avec les Liégeois, â'était transporté à Givet pour coopérer à la campagàe que Lafayetle aUait entreprendre. I)ans la quittance de 60,000 livres, aux noms de YandersteeA et de Leunekens s'en trouvent a^ociés deux autres dont il n'a pas encore été fait mention. Celui de Yandencruyce est aussi peu considérable. Quant à Rosières ,' c'était un officier supérteitr qui avait servi deux ans auparavant sous les ordres de Yander Mersch , et qui obtint, avec le grade de général , le commandement en chef du corps des réfugiés. Du reste , Yonck affirma n'avoir apposé sa signature à cette pièce que pour ne pas compromettre le succès de Topération à laquelle elle avait ti^it: € Que MM. Rosières, Yandencruyce, Yandersteen et Leunekens, liton dans une lettre qoe nous aurons plus tard à signaler (t)y se donnent la peine de se rappeler les motifs qui ont engagé M. Maret à me faire Fhonneur de' me rendre quelques visites dans le mois de mai; ils pourront aisément juger alors combien il était ui^nt que je figurasse avec eut dans le Comité de Lille , du moins pour quelque temps, et pour autant que ma santé me le permit. »

Nous venons de dire que lesLiég^bisë'étaient transportée à^CiV^. Il

(i ) La pièce , datée dtt 34 riiai, sétreiihpe éii copie àntilm Pafiktâ êêV&ntk. IV. EOe ■ été imprimée, et nous renvoyons à Tanalyse qdé aoqb en' avons faite dans notre HiUaire éa Belgêi à la /M éwXflW tlèOêf. Vol: 11, p.' »4.

(t) Datée do 30 août 1792.

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