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Fexhe. » Cette partie de sa proposition fut écartée ; mais y le lendemain , rassemblée adopta une addition bien plus exorbitante encore : elle concernait c ceux qui ay aient vexé et opprimé le peuple par des procès pour faits ou causes de la révolution , ce qui s'entendait tant des parties que des avocats, procureurs ou facteurs , qui avaient prêté leur ministère pour appuyer et seconder l'oppression , de même aussi que des témoins reconnus parjures. > Nous n'avons pas trouvé cette décision dans le procès-verbal ; mais elle est rapportée par tous les journaux ( i ) , et son existence ne peut raisonnablement être révoquée en doute. Le caractère incomplet et désordonné des pièces qui nous ont guidé peut expliquer bien des lacunes.
Quoique moins fréquents qu'ailleurs, les actes arbitraires et les ruineuses réquisitions ne manquèrent cependant pas à Liège. On lit dans la réponse de Bassenge à Chaussard , de Bassenge qui ne peut être suspect de partialité pour les ennemis de la France : « Tout ce qu'il fut possible d'avoir fut envahi par les fournisseurs. En arrivant , ce qui demeurait dans la caisse du pays fut saisi par le commissaire en chef, ce Ronsinl... Il fit un emprunt sur toutes les corporations ecclésiastiques , et il s'empara de toute Targenterie des églises. Joignez à tout cela les frais énormes*que la municipalité dut faire pour les besoins de Tarmée. Hôpitaux, logements continuels, écuries, chauffage, charois, etc.' Tantôt on commandait 600 lits, tantôt 700 , 800 et jusqu'à 1,000 (?) chariots, qui devaient être prêts en trois heures, qu'on laissait attelés toute la journée , puis qu'on renvoyait sans s'en être servis. Les demandes se succédaient sans interruption (s).» Dans ce passage, le patriote liégeois laisse entrevoir son mépris pour le montagnard ignoble que le gouvernement du 10 août lâcha sur nos provinces avec le titre de commissaire-ordonnateur en chef de l'armée de la Belgique , et qui se distingua à Liège par son insolence et sa brutalité. Les archives de la commune et de la province en fournissent des preuves nombreuses , et montrent avec quelle outrecuidance ces prétendus apôtres de la liberté , ces emphatiques propagateurs des droits de
(i) Bulletin du département, etc.^ n° 17, p. 65. Manuel du républicain, p. 244. Gazette nationale liégeoise , n« du 4 mars 1793. («) Bassenge à Chaussard, p. 159, note.
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l*homme et da citoyen violaient, dans tontes les occasions, les principes les plus vulgaires de la justice. Citons quelques traits.
Certain journal avait accusé le Conseil municipal de Liège de ne pas se prêter à Tcxécution du décret du 15 décembre. Aussitôt Ronsin écrivit à ce Conseil pour le requérir de répondre au journaliste, et il ajoutait- à sa sommation : c Comme cette assertion est aussi injurieuse à la république française qu'aux magistrats provisoires de Liège , j'ai lieu de croire que vous vous empresserez de faire comparaître devant vous Fauteur de cette assertion , ou rimprimeur de ce journal, pour vous rendre compte des motifs d^une pareille conduite. » En temps ordinaire on eût ri d'une semblable impertinence, mais il fallut bien prendre la chose au sérieux, et Bassenge cadet (i) fit, au nom du Conseil municipal, une réponse qui ne comportait guère de réplique : « Ce n'est pas au citoyen Ronsin , disait-il entre autres , qu'il faut rappeler que tel ou tel article d'un journal , contenant des réflexions sur tel ou tel décret, ne peuvent blesser la dignité de la république française. Dans tous les pays libres, et surtout dans la France qui a consacré avec tant d'éclat ces principes , la liberté des opinions , celle de la presse donnent le droit à tout citoyen d'énoncer son avis sur les lois , décrets ou tout autre acte émanant de l'autorité publique , pourvu toutefois que , malgré ces réflexions , le citoyen se conforme à ces lois portées par le pouvoir législatif délégué par le peuple. D'ailleurs les observations du journaliste sur le décret du 1 5 décembre ne concernent nullement le Conseil, qui n'y a aucune part et n'a pas le droit de trouver mauvais qu'un citoyen communique à ses concitoyens ses pensées. » Le message finissait ainsi : « Le Conseil requiert avec instance le citoyen commissaire-ordonnateur d'être en garde contre des préventions défavorables que, pour cause sans doute, on voudrait lui donner contre le Conseil en général , ou les individus qui le composent en particulier. Assurément la France, à qui les Liégeois doivent le bienfait inestimable de la liberté , pour laquelle les membres du Conseil sont accoutumés à tout sacrifier , la France ne trouvera pas dans tout le pays de citoyens plus reconnaissants , plus vivement attachés à elle que les membres
(i) La minute est de sa main. Carton de la bibliothèque coté 1793.
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du Conseil municipal provisoire de la yille de Liège. Â cet égard leur profession de foi est connue, et leurs procédés jusqu'à présent, ils osent le dire, ainsi que ceux que dans tontes les occasions ils s'empresseront d'avoir, en ont donné, en donneront la démonstration la plus évidente. »
La fin du message accuse une mésintelligence qui déjà s'était fait jour peu de temps auparavant (30 décembre) à propos de Tenlëvemenl d'une somme d'argent considérable chez le caissier des États, Parfondry. Un délègue de Ronsin s'était présenté, de sa part, pour apposer les scellés au domicile de ce citoyen , dépositaire d'une portion du trésor public qui ne pouvait raisonnablement être compris parmi les biens dont le fameux art. 4 du décret du 15 décembre ordonnait la saisie. On fit des observations dans ce sens, et aussi par rapport au civisme bien connu de ce fonctionnaire, et, conmae elles furent repoussées , on s'avisa de demander sa commission au délégué, qui fut obligé de se retirer après qu'on eut vérifié l'absence du nom de Parfondry sur la liste des personnes désignées. Laminne, qui assistait à cette scène, profita de ce moment de répit pour avertir ses collègues de la municipalité. Le Conseil se réunit aussitôt, et s'empressa d'envoyer deux députés ( i ) à Ronsin, qui se fit celer. Pendant ce temps, son délégué avait rapporté une commission en règle, et, quand ceux de la commune revinrent chez Parfondry , c ils virent avec surprise que la mise du scellé était changée en enlèvement des deniers publics, sous l'emploi d'une force militaire de huit à dix dragons, qui étaient dans la môme place où se faisait la numération des espèces. » Cet acle consliluail une forfaiture des mieux caractérisées; mais, pour les Liégeois, pas plus que pour les Belges, il n'y avait de réparation à espérer.
Donnons encore un échantillon de la grossièreté de ce misérable , et de son mauvais vouloir pour les représentants d'une ville qui avait de meilleurs procédés à attendre. Nous laisserons ici parler le Bulielin du déparlement (3 ) qui , en sa qualité d'organe des avancés, ne péchait pas assurément par un excès de prévention pour les mo-
(1) Lesoinne et Hyac. Fabry. Voir, dans le carton de 1793, leur rapport et la déclaration d'un témoin , J. J. Toussaint, employé de Parfondry. («) N» 7, p. 33.
[iTtBj CHAPITRE XXill. !i65
dérés da Conseil muDicipal. f Le citoyen commissaire Ronsin avait demandé qu'il lui fût foarni six voilures , pour conduire des curés à Valenciennes. La municipalité avait répondu qu'il était impossible de procurer ces six voitures , attendu les demandes faites par les généraux français et plusieurs commissaires. Il avait été arfété en même temps qu'il serait fait des représentatioi^s au commissaireordonnateur en chef, sur ce qu'on refusait de payer les fournisseurs aatrement qu'en assignats au pair. Le commis , chargé de la lettre de la municipalité , a rapporté qu'après l'avoir lue le citoyen Ronsin s'était permis des propos durs contre le porteur, et qu'il avait ajouté qae, s'il était le maître, il ferait jeter la municipalité en bas de la maison de ville, qu'il en écrirait à la Convention nationale; il a de plus refusé de donner un reçu de la lettre. Le corps municipal a arrêté qu'ail en serait porté plainte au commissaire national Chaussard. ^
On vient de lire le nom d'un commissaire du pouvoir exécutif digne de figurer à côté du commissaire-ordonnateur en chef : c'est nilostre Publicola Chaussard , ce personnage passablement ridicule qui , ayant un jour trailé Dumouriez de visir , s'attira ce coup de boutoir mérité : c Allez , M. Chaussard, je ne suis pas plus visir que TOUS n'*étes Publicola (i). » Il avait été envoyé à Liège pour remplacer momentanément son collègue Cochelet , tombé en disgrâce. Dès son arrivée , il se mit en rapport avec tous les avancés , se fit l'écho de leors criailleries qu'il accueillit sans examen, et publia, après son retour en France , un livre qui contient de curieux renseignements , mais où il ne faut pas rechercher l'exactitude (i). L'auteur a soin de se présenter comme le principal artisan de la réunion de la Belgique à la France , et traite de la façon la plus leste , avec une arrogance qae son ignorance seule égale, les questions les plus graves. Lui, qui est resté moins de huit jours à Liège, qui n'a paru qu'une fois à r Assemblée provinciale, qui n'a parlé à aucun des patriotes qu'il poursuit de ses diatribes (s) , il affirme avoir tout vu y tout examiné ^
( 4 ) Mém&ireê de Dumouriez, II. 43.
(«) Mémoires hiitariquei et poliiiques iur la révoluiùm de la Belgique et du P&lfi de Liège en 4795, par Publicola Chauuard ^ homme de lettres ^ envoyé ces contrées^ en qualité de commissaire national^ par le conseil exécutif provide la république françaiu, Paris 1793. In-8^ de 452 pages. (s) Bauenge à Chaussard^ p. 91 et 186.
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et il révèle suflisammeut la source impure où il a puisé ses renseignements quand il parle An parti anglo-prussien que Liège alongtemps nourri dans ses murs , de la faction qui a insidieusement élevé les conditions mises à la réunion. Procédés d'autant plus lâches, d'autant plus odieux, qu'il écrivait ces lignes alors que les malheureux dénoncés par lui étaient forcés de reprendre le chemin de Pexil, et que son factum, au style boursoufflé ( i ), parut à un moment où la réputation de modéré pouvait être un arrêt de mort. Bassenge, l'homme de cœur (s), toujours sur la brèche quand il s'agissait de défendre ses amis , se chargea de répondre à ce phraseur insipide , et son œuvre (s), qui nous a fourni des renseignements précieux sur cette terrible époque, quoique entachée de longueurs et de digressions, se lit avec intérêt à cause de la chaleur sincère et de Tindignation de bon aloiqui inspirent l'écrivain. Malgré les ménagements que la difficulté des temps lui impose (4) , il prend à partie Chaussard et ses protégés, écrase ceux-ci avec une méprisante supériorité , et , tout en témoignant à celui-là des égards qu'il ne méritait guère , il trouve ^ tantôt pour le ridiculiser , tantôt pour le flétrir , les expressions les plus heureuses. (5)
Chaussard paraît s'être donné pour mission principale à Liège d'y obtenir la circulation des assignats, qui devaient, prétendait-il , /iiir^ le tour du globe avec la cocarde tricolore. Dès son arrivée, il vint exhiber ses pouvoirs à l'Assemblée provinciale , qui se constituait
(i) En voici un échantillon : « Si je n*avais eu à répondre qu*k ces accusations portées par la perfidie délirante , et accueillies par Tineptie ou la mauvaise foi , je me serais enveloppé de mes principes, et, retirant ma pensée dans le sanctuaire de ma conscience, j'aurais gardé le silence de la vertu outragée. • P. 9.
(t) Cest le coeur qui lui dicta cette phrase déchirante : ( Délateurs perfides , has et Iftches calomniateurs , vous me forcez à parler de moi. Je ne m'attendais guère sans doute, je ne devais guère m*attendre k me voir un jour ohligé, par des Liégeois , à descendre jusqu'à faire mon apologie. 0 Liège , é ma patrie , à liberté! H faut penser à vous , il faut s'élever vers vous, pour ne pas suffoquer dans une telle amertume! 1» p. 44. Voir encore ce qu*il répond k son agresseur, p. 153.
(s) J. N. Bassenge de Liège à Publicola Chaussard, sur ce qu*U dit , dans ses mémoires concernant la Belgique, du ci-4evant Pays de Liège. (Paris, an II. In-8« de 191 pages.
(4) Son livre parut en avril 1794.
(9) Voir notamment la note de la page 104.
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précisément alors, — c'est la seule fois qu'il y parut, dît Bassenge , — et lai demanda rétablissement d'un tribunal criminel provisoire, mns les formalités monstrueuses qu'un gouvernement tyranniqtie avait établies ; c'est du moins dans ces termes que le Bulletin du Département annonce sa motion (i). Deux jours après, il adressa à cette même assemblée un message ( s ) pour l'engager à décréter le cours forcé des assignats au pair, malgré l'énorme discrédit dont ils étaient frappés, et il ne demandait rien moins que de déclarer infâme et traître à la patrie quiconque refuserait de les recevoir. Quoique bien convaincue des graves inconvénients que présentait la mesure, et du reste arrêtée par la volonté des électeurs, qui en avaient fait l'objet d'une des réserves ajoutées au vote sur la réunion , l'assemblée répugnait à s'expliquer. Chaussard , ne pouvant l'y amener , voulut tout au moins se donner la satisfaction de faire entrer la question des assignats dans l'invective qu'il adressa au Conseil municipal, quand il alla lui faire ses adieux peu de jours après. Voici en quels termes le Bulletin du Département ( 3 ) raconte la chose : « Avant de quitter Liège , le commissaire Chaussard a témoigné à la municipalité les plus vifs regrets de la quitter, sans avoir déjà vu former les bataillons liégeois appelés au secours commun , et sans avoir à parler des efforts que le corps municipal eAt dû employer , pour donner aux assignats une circulation libre et générale ; il a insisté sur l'urgence de fournir des habillements à nos frères d'^armes, et sur le devoir que le patriotisme impose, à ceux qui ont deux habits , d'en donner un aux citoyens qui combattent pour le maintien des droits civils et politiques de leurs compatriotes que d'^autres soins retiennent dans leurs foyers. Ce commissaire a terminé par observer que les conditions dictées par la municipalité, au sujet de la réunion du pays de Liège à la France , sont des entraves liberticides et attentatoires à la souveraineté du peuple. Le président a répondu que des entraves et des intérêts particuliers n'avaient pas retenu les Liégeois , qui , d'ailleurs , étaient prêts à mourir pour la patrie, et que la municipalité n'avait eu en vue que de concilier l'intérêt général avec l'intérêt particulier; qu'enfin, par l'exposition de se$
(f ) On le trouve dans ses Mémoires^ p. 110.
pensées et de ses seatimeDls , elle n'avait jamais pensé d'atte à la souveraineté du peuple qu'elle savait reconnaître et respecti
Chaussard quitta Liège à la fin de février. Peu de jours ap le i mars, Delacroix étant venu , accompagné de Gossuin et Merlin, suggérer à TAssemblée provinciale le moyen de se barrasser des réserves mises au vote de réunion, annonça même temps Téchec d^Aldenhoven. L'Autriche et la Prusse ava profité de Thiver pour renforcer sans bruit leurs armées; celle fnu Dumouriez au contraire , diminuée par la désertion que délermi la mauvaise organisation du service des fournitures, se trouv surtout après Texpédition de Hollande, dans Timpossibilité repousser une attaque vigoureuse. Cette attaque eut lieu le 1^ m les Autrichiens, ayant traversé la Roer près de Juliers, forcé dans leurs redoutes à Aldenhoven les Français, qui se retirèrent en désordre ( i ) et obligèrent Miranda de lever le siège de Haestricht.
L'affaire fut d'abord regardée comme ne devant pas avoir des suites bien graves , et présentée ainsi par Delacroix , puis annoncée au public qui assistait à la séance de l'Assemblée provinciale (s). On ne croyait pas à une reprise aussi prompte des hostilités ; mais il fallut bientôt se rendre à l'évidence : la campagne avait sôrieusement recommencé , et les Autrichiens , voulant mettre à profit l'absence de Dumouriez , marchaient en force sur Liège. Le 3 mars au matin , dès rouverture de la séance , l'Assemblée provinciale se déclara en permanence^ vu le danger imminent où se trouvait la patrie y et décida d'envoyer des courriers pour parcourir le pays et l'instruire de tout ce qui s'y passerait. Le procès-verbal porte encore : c II y aura constamment dix membres dans la salle qui se relèveront au bout de quatre heures^ et qui ne pourront sortir si les autres ne sont arrivés. Tous les membres spontanément se lèvent et jurent de ne jamais se séparer, de remplir leurs fonctions même dans les camps. » On
( I ) On lit dans le Rapport des commissaires dé la Convention : c Une des causes de la trouée d'Âldenhoven et d*Aix-la-Chapelle est la lâcheté d'un corps liégeois qui, bien retranché, bien armé et défendu par d*excellents canons, s*est laissé prendre par un détachement de cavalerie autrichienne , sans faire la moindre résistance. •
(t) Voir plusieurs proclamations k ce sujet dans la Gazetie natumale liéçeoUe , Qo du 4 mars 1793.
pa ensuite des moyens de mettre en sûreté l'argent de la
et les objets de valeur séquestrés; quatre membres (i) furent
s de disposer toutes choses pour que le transport pût
;uer au premier ordre. Waleff, Tun de ces quatre délégués,
enu rapporter que le commissaire-ordonnateur conseillait de
am délai partir le trésor , Tordre en fut donné , et un certain
e de dragons volontaires liégeois indiqué pour servir d'escorte.
moment se présenta Digneffe , président de la municipalité , à
e, ainsi qu'aux sections, on' avait étendu la mesure de la
nence : c II venait annoncer que la municipalité avait fait une
mation pour engager le peuple à prendre une marche ferme
ie, que le commandant Tavait prévenue que Ton allait battre
érale, et que le peuple avait été averti que cette mesure était
ae précaution plutôt que d'alarme. > Cette déclaration n'avait rien de
rassurant. Le désordre dans Tarmée était au comble. Brixhe, député
au quartier-général , n'y avait trouvé personne , et Ton se décida à y
renvoyer Digneffe , avec réquisition aux généraux de Tautoriser à
transmettre à Tadministration des nouvelles par des ordonnances. En
attendant Teffet de cette mission, TAssemblée provinciale s'occupa ,
de concert avec la municipalité , à prendre des mesures pour défendre
les abords de la ville et armer ses habitants. Vains efforts ! A part
quelques compagnies de sans-culottes , à qui on laissa Télection de
leurs officiers (i), cette population généreuse, qui s'était levée
comme un seul homme deux ans auparavant pour repousser les
troupes envoyées par Wetzlar, ne montra que de Tindifférence
quand la question de l'indépendance nationale fut écartée (s). A
deux heures et demie , après avoir envoyé Tordre au caissier Par-
fondry de verser sa caisse dans celle de son Coniité des finances,
l'assemblée suspendit sa séance; mais auparavant elle désigna
( 1 ) Waleff, Lyon , Gralle et Remaclie.
(t) Cette élection fut confirmée le lendemain par rassemblée. L*état-msûor était ainsi composé : Vignette , lieutenant-colonel commandant , Martini , le banni , lieutenant-colonel , Vanderïneer , adljudant-major , Colsoul , tambour-m^or , Defrene, quartier-maître. Vignette était cet officier indiscipliné qui avait eu à Hasselt, avec son général , le vieux Donceel , une altercation dont nous avons parlé.
(s) Quand, dans son rapport (p. 6), Fabry disait de Hasselt : on y combattrait ckMidemeni pour t*indépen4ance particulière du payé , il aurait certainement pu en dire autant de Liège.
270 KÉVOLUTION LIÉGEOISE. [l793]
ceux de ses membres qui continueraient à siéger dans rinterralle des suspensions. Le procès-verbal porte à ce sujet: < L'assemblée arrête que quinze membres au moins seront permanents. Tous les membres se lèvent spontanément et offrent de passer la nuit. L'assemblée arrête qu'il sera tiré au sort quinze membres. Les suivants tiendront séance à dix heures du soir: Lonhienne de Yerviers, Derchain, Walbrecq, Ticken^ Rouchart, Briart^ BrixhSy Waleff, LevozS'EsïiemyDethieryBassengeainéy Birm, Rassenfossey Jacqmary Selys, Liste de ceux qui tiendront séance jusqu'à cinq heures du soir :£am6o(, Lamb. Bassenge^ DanthinSyAndré, N.-J. Levoz et Lesoinne. > Ces six députés avaient à peine pris place sur leurs sièges , qu'on vint leur annoncer le départ de deux chariots chargés S effets de la nation; un troisième étant prêt à partir, l'ordre fut donné de lui faire rejoindre les deux autres , toujours sous l'escorte de dragons nationaux. Parfondry montrait peu de disposition à se dessaisir de sa caisse ; on lui envoya une ordonnance itérative , avec menace d'exécution militaire en cas de refus, et la caisse, renfermant 52,000 florins , arriva à quatre heures et demie. Après cette mention , le procès-verbal contient la suivante : < Trois caissons, dont l'un, numéroté 92, chargé, dit-on, d'argenterie, et les deux autres d'armes appartenant à la nation liégeoise, sont prêts à partir. Trois dragons liégeois sont chargés de les escorter , jusqu'à ce qu'ils aient rejoint les autres. »
La séance venait d'être reprise à cinq heures quand se présenta Fyon (i) pour annoncer « que Tordre était rétabli dans les troupes françaises, qu'un gros de cavalerie était rentré dans Aix aux acclamations des citoyens de cette ville , et que les dispositions prises par les généraux étaient propres à tranquilliser tous les esprits. » La confiance que ce rapport put rendre aux patriotes menacés d'un nouvel exil ne fut pas longue : « Peu avant neuf heures et demie , porte le procès-verbal , arrivent les citoyens Delacroix , Gossuin et Merlin, lesquels, après avoir donné les plus grandes assurances sur les alarmes répandues, ont requis Tadministration de faire tous les efforts possibles , pour mettre du monde en activité pour voler à
(i) n est qualifié général, ce qui semble indiquer une promotion. Le Fonds GhUels (farde 663) renferme une proclamation autographe de lui adressée aux volontaires qu*il était cbargé d'enrégimenter.
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reoDemi; ils assurent qu'il va être établi deux camps en avant, quMI faut des Liégeois qui connaissent les localités du pays pour servir d^éclaireurs aux armées de la liberté. Qu'on fasse, disent-ils, avec la plus grande solennité , une proclamation vive et ardente pour animer le peuple à voler au secours de la patrie en danger, qu'on forme des bataillons ; ils se chargent de faire venir l'argent nécessaire, dès que l'administration en fera la demande; qu'on prenne des mesures vigoureuses , que les Liégeois se confondent avec les Français, et les Français avec les Liégeois. Les commissaires partent demain matin pour Tirlemont , à l'effet de se concerter avec les autres commissaires , qui doivent y arriver pour prendre de grandes mesures, et où les communes, assemblées pour émettre leur vœu de réunion à la grande famille , leh attendent. Ils vont faire défiler les régiments de ligne qui sont dans les Pays-Bas , et exciter les volontaires qui n'attendent que Tordre pour partir et venir renforcer nos armées. »
L'annonce du départ des commissaires de la Convention pour le lendemain matin était significative , et la municipalité , à qui ces pompeuses assurances ne pouvaient suffire , envoya des députés à TAssemblée provinciale pour la requérir de « demander aux généraux français s'ils entendaient se retirer du pays de Liège ou le conserver. » Il était onze heures du soir, et les quinze membres chargés de la permanence pendant la nuit avaient choisi Bassenge pour les présider. Sur sa réponse aux délégués de la municipalité , voici ce que contient le procès-verbal : € Le président leur a observé que les différents rapports, faits par les officiers et les commissaires de la Convention, devaient nous rassurer. En conséquence , on leur a donné lecture du rapport des commissaires de la Convention de ce soir. La députation en a demandé copie. L'assemblée a arrêté que copie lui en serait délivrée sommairement. On l'expédie , et elle leur est dépêchée. »
Les circonstances devenaient de plus en plus critiques , le danger de plus en plus grand. Arrivés au paroxysme de la fièvre révolutionnaire, les sans-culottes croyaient remédier à tout à force d'exagération: ils réclamaient la levée en masse, des visites domiciliaires, l'arrestation des suspects , et TAssemblée provinciale , où des citoyens des tribunes faisaient des motions qu'on était parfois obligé de voter,
272 RÉVOLUTION LIÉGEOISE. [l793]
cherchait en vain à échapper à leurs instances, à échapper surtout aux conséquences du malencontreux arrêté porté le 28 février. Ce soir môme elle avait dû décréter l'arrestation chez eux ies fauteurs^ adhérents et satellites volontaires du despotisme, et renvoyer Texéculion de la mesure au comité de surveillance de la municipalité. Mais si elle était harcelée par les démocrates extrêmes, la municipalité rétait bien davantage à cause de son modérantisme encore mieux constaté. Fort embarrassée de Texécution de l'arrêté transmis à son comité, celle-ci envoya aussitôt le message suivant: « La municipalité ayant reçu un arrêté de Tadministration générale, porté dans la séance permanente du 3 mars 1793 aux sept heures et demie du soir, qui chaire le comité de surveillance de mettre en état d'arrestation chez eux tous les fauteurs , adhérents et satellites volontaires du despotisme ^ demande aux membres de l'administration générale: l^De désigner individuellement les personnes qui sont réputées fauteurs , adhérents et satellites du despotisme; i"* De donner à la municipalité les moyens d'exécution , car elle est très-étendue , et on ne peut se dissimuler que celte exécution , prise à la lettre , ne soit fort difficile. On observe en outre à l'administration générale que ces mesures de sûreté pourraient peut-être augmenter l'effervescence du peuple. La municipalité attend la résolution de l'administration générale ; elle peut l'assurer que sa décision sur ces points sera promptement exécutée. 3 mars 1793 aux huit heures du soir. > L'assemblée était assez embarrassée de répondre, et de prendre la responsabilité démesures semblables. Heureusement un de ses membres lui procura un répit, eu faisant remarquer que les arrêtés qui interprétaient l'article 4 du décret du 18 décembre n'avaient pas été notifiés officiellement à la municipalité ; il fut en conséquence décidé qu'il serait fait, pour être communiquée, une copie des procès- verbaux des séances où la question avait été discutée. Tout était fini avant que cette copie fût prête , et les suspects à Liège en furent quittes pour un moment de terreur. A une heure de la nuit se présenta un officier français, demandant un guide pour le conduire au village de lignée (i ) , vers lequel, disait-il, l'armée ennemie se dirigeait; on l'adressa au Conseil municipal.
( 1 ) Le même village où avait été, en i788, établie rimprimerie de VAtMÊnt-Caurew.
[tTSS] CHAPITRE XXIII. «73
Le 4, à six heares du matin, les quinze membres qui avaient tenu la permanence la veille depuis six heures du soir furent remplacés par six de leurs collègues : Hyac. Fabry, NalinnSf Lambot ^ DepanUkièrBy Badet et Omalius , et la séance générale, la dernière , recommença à dix heures sous la présidence de Bassenge (i). La crise approchait. A cinq heures et demie , on avait dépéché , pour obtenir quelques renseignements , deux députés au général Thouvenot, qui les renvoya à son collègue Valence, et là , tout ce qu'ils apprirent d'^un aide-de -camp , c'est que, depuis la veille^ les armées n^'avaient pas changé de position , et que les Français continuaient à occuper Batlice en avant de Hervé. Vers midi arriva la nouvelle de révacuation de Theux et de Spa : cela annonçait la continuation du mouvement rétrograde, sans cependant être contraire à Fintention qu'on supposait à Miranda de défendre le passage de la Meuse. Cependant Tinquiétude gagnait les cœurs les plus intrépides, et deux députés envoyés vers les généraux français , pour obtenir quelques renseignements et savoir s'il était vrai qu'on se battait près de Tongres, c revinrent de leur mission au bout de peu de temps , et firent un rapport rassurant sur les. dispositions des ennemis. »
Suspendue successivement à midi trois quarts, puis à cinq heures, la séance fut reprise une dernière fois à six heures et demie du soir. Elle venait de commencer quand se présenta Fyon , qui semble — involontairement sans doute et en prenant ses désirs pour la réalité — avoir eu mission de tromper ses compatriotes sur l'état réel des choses : « Il apprenait à l'instant du général Miranda que la colonne française , cantonnée vers Tongres , avait repoussé l'ennemi jusque dans Maestricht. :» Un dragon liégeois, envoyé à la découverte par l'assemblée , vint aussi , peu après , faire un rapport confirmant celui de Fyon, et en même temps cet officier, rentrant dans la salle,
(i) Ce procès-verbal contient un fait assez singulier : c Un citoyen dragon (liégeois) vient se plaindre de ce quMls sont exposés avec les factionnaires français qui sont des Allemands. L*assemblée députe Sélys et Brixhe, pour se transporter an corps de garde et requérir le commandant d*empIoyer des Français aux portes. Rapport de ces députés , qui ont trouvé Tofficier qui ne pouvait parler français. L*assemblée arrête qu*il sera fait une remontrance aux généraux , pour qu'ils pourvoient à ces inconvénients dangereux pour le public. » Ce dernier procès-verbal est en cinq parties, et de cinq mains différentes : celles de Hcnkart, Loneux, Detrixhe, Hyac. Fabry et Brixhe.
« annonça que le général Miranda avait encore reçu la bonne nonvelle que les ennemis , qui se trouvaient vers Visé , n'avaient point tenu contre la colonne qui était allée les attaquer, que trois coups do canon les avaient fait rétrograder et qu'on les poursuivait. » Tout cela n'était que leurre ; bientôt on reçut l'avis certain que Hiranda avait abandonné Tongres pour se replier sur S^Trond. Il n'était plus d'illusion possible, et, pour les patriotes qui avaient à redouter les fureurs d'une réaction implacable, le moment était venu de pourvoir à leur sûreté.
Les derniers moments de cette assemblée, à qui l'on doit tenir compte de ses intentions tout en blâmant plusieurs de ses actes , sont rapportés dans un brouillon plein de ratures. Le voici textuellement copié : « En comité général tenu le 4 mars : l^^ l'administration ira avec l'avant-garde de l'armée française ; 2® quand on sera dans un endroit plus tranquille , on décidera le point ou local de réunion pour tenir les séances ; 3® pour partir on donnera provisoirement à chaque membre la somme de vingt pièces de 19 francs 10 sous ; i^ le reste de la caisse restera ensemble en dépôt. » Tout cela est barré , et plus loin on lit : c L'administration générale se rendra à Tirlemont. Les membres s'y trouveront demain soir. Chacun prendra la route qu'il trouvera convenable pour y arriver. Pour partir, on donnera provisoirement à chaque membre vingt pièces de 19 francs 10 sous. Le reste de la caisse restera ensemble en dépôt. Les procès-verbaux et archives de l'administration partiront avec le dépôt. La municipalité de Liège sera invitée à se réunir à l'administration générale à Tirlemont (i). Elle versera dans le dépôt général ce qui reste dans sa caisse. Elle joindra ses papiers et archives au dépôt. Les buralistes se trouveront aussi à Tirlemont. Ils recevront chacun trois louis provisoirement. Arrêté. Il sera accordé aux secrétaires des Comités et copistes de l'administration et de la municipalité une gratification de trois louis. Arrêté. L'administration générale, rapportant l'article qui statuait que vingt louis seraient donnés provisoirement pour partir à chaque membre, arrête que le trésor national restera intact et en dépôt , qu'il sera
(i) Ici encore cette phrase barrée : a Chaque membre recevra la même somme que les administrateurs. •
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mis soas la surveillance de six membres nommés spécialement par rassemblée , pris par moitié dans les administrateurs, par moitié dans les officiers municipaux. II sera restitué au citoyen Bassenge aine 156 livres qu^il a déboursées pour Timpression d'une proclamation au peuple. Toutes les municipalités du pays seront invitées à se réunir à l'administration , et à se rendre à Tirlemont comme celle de Liège. Surveillants du trésor : Dethier, Henkart, Defrance, Niquet, Collette, Bouchet. » Ce brouillon , qui nous parait être de la main de Brixhe, ne dit pas Theure à laquelle ces dernières dispositions furent prises; la soirée était fort avancée, et les maibeureux, obligés de fuir une seconde fois leur patrie , abandonnèrent leurs foyers, sans avoir eu deux heures pour se préparer au départ, sans pouvoir rien emporter, cheminant péniblement à pied par une obscure nuit d'hiver , où la neige alternait avec la pluie ( i ), transis de froid, et n^ayant d'autre asile que cette France qui avait si mal reconnu leur confiance.
(i ) Bauenge à Chausiard , p. 161 , note.
Les Autrichiens à Liège. — Contribution militaire imposée par Gobourg. — Démarches de Méan à ce sujet. — Il s'apprête à revenir à Liège. — Il est retenu à Aix par un message de Cobourg , qui déclarait prendre provisoirement l'administration de la principauté. — Leclerc renvoyé à Liège par Mettemich. — Sa surprise en apprenant le message de Gobourg. — Instructions envoyées à Gretsmillem à Vienne. — Sur les projets de l'Autriche et de la Prusse à l'égard de Liège. — ■ Réponse de Cobourg à la réclamation de Méan. — Berthonier envoyé à Bruxelles. — Défaites de Metternich. — Méan enfin autorisé à rentrer dans son palais. — Manière dont la Cour de Vienne explique la chose. — Retour de Méan à Liège. — Ses premiers actes. — Détails relatifs aux patriotes retirés en France. — Leur arrivée à Paris. — Ha obtiennent un local pour tenir séance. — La Fête de Vhospilalilé. — Adresse à la Convention. — Le vote de réunion présenté et accepté. — Gomment l'organe du gouvernement liégeois apprécie le fait.
Après avoir, le l«''mars, traversé la Roer et emporté les redoutes d'Âldentioven , les Aulrichiens se dirigèrent aussitôt vers la Meuse. Le 2 , lis arrivèrent à Rolduc, et, dans la nuit suivante, Miranda , informé de ce mouvement, se hâta de lever le siège de Maestricht, où le prince de Cobourg , accompagné de Tarchiduc Charles, qui commandait Pavant-garde , entra le 3 après-midi. Cette avant-garde traversa la Meuse le 4, et se présenta le 5, à la pointe du jour, aux portes de Tongres que Miranda venait d'évacuer, quoiqu'il eût promis de s'y défendre (i ). Pendant ce temps, Clerfayl, manœuvrant
(i) Rapport des citoyens Delacroix, Gossuin, Danton, etc. Imprimé par ordre de la Convention, Paris 1793. In>8« de 338 pages. Pour révacuation de Tongres, voir p. 74.
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sor la cive droite du fleuve , s*avancait à travers le pays de Hervé sur Liège, où les Français se proposaient d'arrêter Tennemi ; Tévacuation de ToDgres rendait ce projet impraticable. Cependant les Autrichiens rencontrèrent une assez vive résistance sur les hauteurs de Somnagne. Renforcés par des gens du pays, population rude et adonnée à la fabrication des armes , les Français prirent une position avantageuse d'où, à deux reprises, ils repoussèrent les Autrichiens, et ceux-ci se vengèrent en mettant à sac toutes les maisons qui se trouvèrent sur leur passage : de Soumagne à Liège il n'y en eut que trois qui restèrent intactes , parce qu'elles étaient pourvues de sauvegardes impériales. L'évacuation de Liège se fit en toute hâte et dans le plus grand désordre. La tourbe des sans-culottes français et liégeois , profitant de la courte anarchie qui suivit le départ des administrateurs patriotes , employa ses derniers instants à extraire des prisons quelques prêtres émigrés qui furent massacrés (i ). L'aile gauche de l'armée impériale , commandée par le prince Ferd. de Wurtenberg, arriva le 5 au matin, toute échauffée encore de la lutte qu'elle avait soutenue à Soumagne. Qui sait à quels excès les soldats se seraient portés s'ils avaient rencontré de la résistance aux portes de la ville, puisqu'il y eut encore quelques maisons pillées dans le quartier d'Outremeuse , dont les Autrichiens avaient appris à connaître les sentiments patriotiques?
Cobourg signala sa prise de possession par une proclamation qui rétablissait l'ancienne magistrature , menaçait de faire c pendre sur le champ le premier qui se rendrait seulement suspect , » et imposait à la principauté une contribution de guerre de 600,000 florins payable par tiers dans les neuf jours , pour indemniser de leurs fatigues les officiers et les soldats, c Les magistrats chargés de la répartition , portait l'art. 5, distingueront ceux dont les opinions
(t) Feller (Journal historigue et littéraire. 1793. 1. 46) dit trente au maim, VEsprit des Gauttei (1793, I. 274), parle de troie prêtre» françaii , eept imigrétj trait baurgeoi»^ ce qui est déjà bien assez, et ne fait cependant pas encore la moitié du chiffre de Feller. Nous accordons plus de confiance à une relation faite à Mettemich par Orts de BuUoy, qui se trouvait sur les lieux : elle porte quinze prêtres émigrés et quelques liégeois. Cette relation d*nn témoin occulaire est fort intéressante, et se trouve dans la Chancellerie des Pays-Bas à Vienne , vol. 385.