TOME II. 2G
iOë HÉVOLtJTlOK LlécËOlSË. [179S]
Hais DOD, tout n'était pas fini, et Ghisels se félicitait un peu trop prématurément du résultat. Il aurait dû faire plus d^attention à renvoi annoncé de cet adjudant du prince, se rappeler le proverbe queTappétit vient en mangeant, et surtout tenir compte du caractère de rhonorable intermédiaire employé par le royal mendiant. Ainsi préparé à de nouvelles machinations , il n'eût pas été surpris comme il dut Tétre des incidents qui survinrent. Quarante-huit heures i peine s'étaient passées depuis son entrevue avec le duc , quand il reçut de Méan quelques détails sur la visite de Tadjudanl en question : cet officier était chargé de lui remettre une lettre dans laquelle son chef faisait, de l'acceptation des 2,000 louis, une BSaive de délicatesse, Héan , qui semble n'avoir pas conçu — et cela était bien permis assurément — ni les scrupules du duc, ni le sens assez étrange qu'il attachait au mot délicatesse, avait cru le mettre à l'aise en lui répondant que les États rembourseraient la somme , et qu'il pouvait en conséquence la regarder comme offerte par eux. (i)
Il ne comprit le sens de la démarche qu'à la réception d'une lettre envoyée de Hervé par Wûnsch, receveur-général du Limbourg : elle était du duc, qui lui écrivait de Chaudfontaine : c C'est avec bien du regret que je me vois privé aujourd'hui de l'avantage de vous posséder chez moi. J'en aurais été d'autant plus flatté , que je me serais empressé de vous communiquer ce qui s'est fait de la part des États de Liège, et de réclamer votre amitié, pour tâcher de disposer les esprits de manière à suppléer à l'indemnité si peu propor* iionnée à mes pertes, par un bon sur les États de Liège, payable dans tel terme qui pourrait leur convenir. J'aimerais bien, monsieur, devoir à vous seul ce service important , et j'ose croire que votre influence m'en assurerait le succès. J'ai fait sentir, dans ma réponse adressée au prince , que , très-sensible à son intervention , je ne pouvais accepter la somme quHl m'*avait envoyée, que comme une partie de rengagement contracté par les États y à titre d'indemnité lors de mon entrée à Liège , et que fêtais persuadé que les États feraient le reste , d'une manière conforme à leur dignité et à ma délicatesse , et me mettraient à même de leur en faire un titre auprès de sa majesté impériale. Votre amitié excusera la liberté que je prends de vous
(i) Lettre du 19 octobre. Fonds Ghisêh, farde 538.
[1795] CHAPITRE XXVIl. 40?
parler avec autant de conflance.... » En transmettant cette pièce à Ghisels, Wûnsch lui disait (i) : «Voilà Ténigme de la dernière visite du soir (a). L'indemnité est évaluée à 80,000 il. de Brabant. Il y a promesse de la remplir. Que sais-je 1 Je sens tout rembarras de la chose, et, après la commission pénible de Liège en général, j'ignore comment on me charge de celle-ci qui ne Test pas moins. »
De son côté , le duc lui-même écrivait à Ghisels : € Les assurances que son Altesse a bien voulu me faire parvenir sur la somme que vous m'avez fait Thonneur de me remettre , ont mis ma délicatesse personnelle à couvert. Il ne manque plus à Tobjet que la forme que les convenances publiques exigent , c'est-à-dire un recez qui caractérise le but de la remise que vous m'avez faite. Dans le fait, elle ne peut être considérée que comme un don gratuit, parce qu'une indemnité , ce me semble , devrait avoir quelque mesure avec l'objet qu'elle remplace. Si vous vouliez absolument la considérer sous cette dernière dénomination , je m'en rapporterais volontiers, monsieur , au zèle particulier que vous m'avez témoigné , et surtout à votre influence sur les Étals dont vous avez toujours su maintenir la dignité, en attribuant un juste rapport entre le mot et la chose. Je m'empresserai de rendre compte à sa Majesté impériale des moyens que vous avez employés pour alléger ces dispositions à mon égard , et elle apprendra sans doute avec plaisir l'intérêt personnel que vous y aurez pris (s). :» Quelle affreuse bassesse! Et le beau spectacle que présente ce prince allemand, tendant une main comme le mendiant de Gil Bios , et bandant de Tautre son escopeltel
Héan ressentit vivement ces odieuses machinations , et son premier mouvement fut la résistance; il eut une nouvelle entrevue avec le négociateur tonsuré, qui , sans doute , avait suggéré au duc ringénieux moyen de doubler la somme primitivement demandée : € L'abbé Jacques, écrivait-il à Ghisels, m'a dit deux mots sur l'affaire que nous avons avec le duc de Wurtemberg. Mais je lui ai fait entrevoir l'impossibilité d'en faire davantage, en lui portant bien
( 1 ) Lettre du 22 octobre. La lettre du duc est de la veUle. Fondg GhiseU^ farde 528. (i) G*est à-dire la visite de radjjudant du duc. (s) Lettre du 22 octobre. Ibid.
i08 ttéVOLUtioN LIÉGEOISE. \ilX\
haut la dette du pays , et en lai rappelaot : !<> ia forte conlribalion que Dous avons payée, et qui, d'après ce qu'a dit à celte occasion le prince de Cobourg, devait servir à indemniser les officiers de la perte de leurs équipages ; i** les dépenses du contingent ; 3® les frais énormes de la première exécution, pour laquelle nous devons encore satisfaire à des sommes très-considérables; 4^ les pertes immenses que le pays a souffertes par les malheureuses circonstances du temps présent ; 5° les dépenses que nous causent les passages des troupes , et j'ai fini par lui rappeler que c'était lui-même , abbé Jacques, qui avait baptisé Tenfant, ce dont il est convenu, et cet objet en est resté là (i). > Mais probablement Méan comprit qu'il serait dangereux de mécontenter un personnage si puissamment apparenté, car, deux jours après qu'il se fut ainsi expliqué, son grand-écolâtre répondait au duc de Wurtemberg qu'il appartenait aux États de statuer sur sa demande : c Dès qu'ils seront ouverts, lui disait-il , je m'empresserai de leur représenter les obligations importantes que vous a le pays de Liège , afin qu'une juste reconnaissance dirige leur délibération. En attendant, je souhaite sincèrement que le parti auquel ils se décideront, soit de nature à mériter l'approbation et l'agrément de Votre Altesse. » («)
Citons encore l'extrait d'une lettre de Méan à Ghisels où il stigmatise avec raison les odieux procédés du prince : c Vous avez vu la lettre que m'a écrite le duc de Wurtemberg , et , par conséquent , vous savez qu'il s'est borné à dire que , vu les pertes que j'avais essuyées , il ne pouvait souffrir que j'entrasse pour quelque chose dans le dédommagement qu'il voulait ne recevoir que du pays, et que ce qu il marque à Wunsch, qu'il m'a fait sentir dans sa réponse qu'il ne pouvait accepter la somme que je lui avais envoyée , que comme une partie de l'engagement contracté par les États à titre d'indemnité, etc. Tout cela est faux. Ce que dit l'abbé Jacques , que quand il m'a déclaré la somme qui devait servir au dédommagement, j'avais équivoque entre le florin de Liège et celui de Vienne , est d'autant plus faux, qu'il m'a articulé 2,000 louis et non 40,000 florins , et il est faux aussi qu'il m'ait soutenu qu'il avait
(i) LeUre du 22 octobre. Fond» Ghiselt^ farde 528. (t) Lettre da 24 octobre. Ibid.
[t793| CHAPITRE XXVll. 409
parié de 75,000 florins d'Allemagne; il m'a seulement dit qae les pertes du duc allaient trois ou quatre fois au-delà de ce qu'on lui avait offert. Il me semble que ces messieurs se plaisent à faire un salmigondis à leur manière , et qu'ils ne sont nullement esclaves de la vérité. L'histoire du bon dont on parle (i) est, je crois , suggérée par Tabbé Jacques , qui le rachèterait au duc à perte et en ferait ses orges. Je vous prie cependant d'être persuadé que je sens tout l'embarras de notre position à cet égard, tant à cause de l'illégitimité de la prétention et de la difficulté d'y fournir, qu'à cause des considérations qu'il y a à faire, (a)
Il fallut cependant accueillir ces prétentions illégitimes , et , en retraçant bientôt les incidents de la session de 1794, l'occasion se présentera de dire la manière dont on s'y prit pour faire accepter par les États le poids de cette libéralité forcée. Terminons le récit de ce singulier épisode en citant encore une lettre de ce receveurgénéral Wunsch qui avait consenti à servir d'intermédiaire. Elle était adressée au secrétaire-d'Étal Chestret, et Wunsch, en lui transmettant ainsi qu'à Ghisels les remerclments du duc , disait : ( Dès qu'il aura été à Carlsbad , il sera l'agent de certaine commission de croix de Saint-Etienne et d'une dépêche flatteuse. » (s)
En disant que l'administration de Héan fut aussi réactionnaire que celle de son oncle , nous aurions pu ajouter qu'elle fut plus sanguinaire , puisqu'elle vit deux exécutions capitales pour faits politiques , ce qui n'avait pas eu lieu précédemment. L'une d'elles surtout, celle de Cbapuis , par les circonstances qui l'accompagnèrent excita la plus douloureuse émotion. Il y avait à Yerviers deux frères de ce nom, qui appartenaient à une famille de patriotes. L'alné , Jacques- Hubert, avait été, lors de la révolution de 1789, élu conseiller dans sa ville natale. Quelques mois après il entra comme chinirgien-major dans le régiment dont son compatriote Fyon avait le commandement. La restauration survint. Chapuis, ne se croyant pas assez compromis pour redouter un procès criminel, et étant
{*) Le ban $ur les États de Liige^ payable dans tel terme qui pourrait leur convenir , dont il est question dans la lettre du duc de Wurtemberg k Wunsch du 19 octobre. Fonds Ghisels , farde S28.
(i) Lettre du 25 octobre. Ibid,
{%) Lettre du 3i octobre. Fonds de Hambourg. I, farde 12.
410 RÉVOLUTION LIÉGEOISE. Il793j
d'ailleurs Tunique soulien d'une famille assez nombreuse, resta dans le pays. Mal lui en prit: bientôt arrêté, il fut, au bout d'une année de cruelle captivité , condamné au bannissement perpétuel par jugement des échevins de Liège, et ce jugement fut exécuté le 20 février 1792. Le banni se réfugia en France, et entra, avec ses deux fils atnés, dans un régiment organisé par le Comité des Belges et Liégeois unis. Rentré à la fin de 1792 , il reprit sa place dans la municipalité de Verviers , et fut ensuite élu membre de l'Assemblée provinciale.
A la retraite des Français, en mars 1793 , il dut émigrer de nouveau , et alla retrouver ses deux fils dans le corps où il avait précédemment obtenu le grade de capitaine. Son frère cadet, Grégoire-Joseph , celui auquel sont surtout consacrées ces quelques lignes de pieux souvenir, n'avait pas joué de rôle politique dans la première période de la révolution; mais, pendant l'invasion française , quand son frère Hubert fut envoyé à l'Assemblée provinciale , il lui succéda dans la municipalité de Verviers. Rien ne le signalait aux colères du pouvoir , si ce n'est la charge qu'il avait exercée. Néanmoins il jugea prudent d'émigrer. Pendant qu'il s'acheminait vers la France, il reçut une lettre d'un compatriote qui, sans la volonté peut-être de le trahir , l'engageait à regagner ses foyers. Le malheureux ne quittait qu'à regret sa petite famille, et, sur cet avis , se décida à la rejoindre. A peine arrivé , il fut arrêté et conduit à Liège pour y être jugé. Toujours entraînés par leurs rancunes, les échevins le traitèrent sans aucun ménagement, et le condamnèrent, après neuf mois de captivité , à la peine capitale ; dans l'intervalle, sa femme était morte de chagrin. Cette sentence était d'autant plus odieuse que , si le condamné avait montré quelqu'exagération dans l'expression de ses sentiments politiques , il s'était en revanche très -souvent exposé pour empêcher les excès (i). On ne tint pas compte de ces circonstances éminemment atténuantes, et, le !«' janvier 1794, il fut reconduit à Verviers,
(i) f Nos stupides oppresseurs, écrivait Hyac. Fabry à Henkart, ont eu la barbarie de faire trancher la tête au pauvre frère de Gbapuis , qu'ils ont tenu si longtemps en prison. C'était un brave et digne homme, qui avait même empêché dans Verviers beaucoup d'actes de vengeance particulière ; il aimait la liberté pour elle, et non pour servir des haines personnelles. Cet esprit de justice ne lui a pas
lié et garrotté, sur une charrette, assis sur sod cercueil entre deux capucins chargés de le préparer à la mort. € Arrivé au lieu de son supplice, porte la relation qui fournit ces détails (i), il obtint de voir sa fille unique, ses frères, ses. sœurs, et leurs enfants; il les consola , les encouragea et les étonna par sa fermeté héroïque ; il caressa beaucoup sa petite fille qui était malade, l'examina,
écrivit une médecine à lui faire prendre Le lendemain il fut
conduit sur la place du Sablon^ aujourd'hui place du Martyr, qui était déserte , à l'exception de quelques scélérats à cocardes noires, qui venaient savourer le plaisir de voir couler le sang d'un patriote. Là , il eut la tête tranchée , après avoir reçu sept coups de tranchant >
Assurément les patriotes ne devaient pas élre surpris que leurs ennemis se vengeassent; mais, dans leur intérêt même et pour ne pas mériter des représailles, ceux-ci n'auraient -ils pas dû procéder avec plus de discernement, et, s'ils voulaient tuer, ne tuer au moins que des hommes désignés à l'animadversion générale par leurs excès révolutionnaires?
Il nous est impossible de voir encore autre chose qu'un acte condamnable de vengeance dans l'exécution de Bouquctte. C^était un ancien fripier qui , le jour où Hoensbroech vint à l'Hôlel-de-Ville , lui attacha sur la manche une cocarde patriotique en lui adressant des paroles assez irrévérencieuses. C'était mal sans doute, d*autant plus que le prince insulté lui avait fait adjuger des fournitures, sur lesquelles il avait réalisé d'assez beaux bénéfices (s). Mais cela ne méritait pas la mort, et il est assez probable qu'on n'eût pas osé y voir un crime de lèse-majesté , si le malheureux n'avait pas fourni un autre prétexte d'accusation : sa qualité d'officier municipal pendant l'invasion française. Nous n'avons pas de renseignements précis sous les yeux, et c'est pour la justification même des juges passionnés qui le condamnèrent à mort que nous sup-
fait trouver ^ce auprès de nos forcenés. Quel inconcevable délire ! Gomment ne tremblent-ils pas des suites que ces atrocités peuvent faire retomber sur eux ! » Lettre du 10 janvier 1794. Papiers de Henkart.
[i) Jaeqtui ' Hubert Chapuii , de Vervien ^ à ies eoneiteifens* !n-4« de 4 pages.
( f ) Voir à ce si^et ce que dit Bovy dans ses Promenades historiçues. U 114,
posons à cette condamnation la même raison légale qu'à celle de Chapais. (i)
Deux mois après s'ouvrit la session des États pour 1794. Ce devait être la dernière , car la constitution du pays , qu'on avait refusé de mettre en rapport avec les besoins nouveaux , allait disparaître en entier dans la tourmente qui s'annonçait, et que ceux dont elle brisa l'existence politique ne croyaient sans doute pas aussi proche. La convocation, datée du 19 avril, fixait l'ouverture au 8 mai, et l'acte contenant les propositions du gouvernement est du 5 de ce dernier mois (a). Celte pièce appelait l'attention de rassemblée sur trois questions : 1® le renouvellement des impôts dont le terme était à la veille d'échoir; S*» l'examen de ce qui avait été fait par rapport à rétablissement d'une maréchaussée , établissement dont on avait, disait le prince, lieu de se féliciter; 3® le payement du contingent que la principauté devait fournir dans la guerre contre la France. Par rapport à cette dernière question , le gouvernement communiquait un traité conclu avec l'Empereur et déterminant la somme à payer à ce sujet au nom du pays. Ce traité n'avait été conclu que pour une année , et l'Empereur , ne voulant plus le continuer dans les circonstances difficiles où Fod se trouvait , exigeait de la principauté de Liège , comme de tous les autres États allemands, le contingent en hommes. Il s'agissait toutefois de négocier une réduction , et l'on demandait aux États de nommer des députés pour assister aux conférences.
Dans l'assemblée , composée comme elle l'était , ces propositions ne devaient pas être combattues. Il y en eut encore deux ultérieures , présentées le 10 et le 16 mai. L'une concernait l'indem-
(0 Cette exécution doit avoir eu lieu dans le mois de mars 1704, car une lettre d*Hyac. Fabry à Henkart du 3 avril poile : « Dupont, dans sa dernière lettre , nous avait annoncé que le supplice du malheureux Bouquette devait avoir lieu le lendemain , et j*ai vu comme toi , dans une feuUle publique , que cette affreuse exécution avait été consommée. Je doute cependant qu*on y ait sgouté Tatrocité d'étaler sur une pique la tête de la victime : tels féroces que soient nos prêtres oppresseurs , je ne vois pas ce qui aurait pu les porter à cette barbare extravagance. Au reste , je ne les en défierais pas. > Papiers de Henkart.
(s) Nous n'avons trouvé sur cette session que trois cahiers concernant TÉtatprimaire, et cela dans le Fonds Ghisels , farde 68. W n*existe rien k ce siget dans la salle où sont les registres des trois États.
[1794] CHAPITRE XXVU. 413
nité promise aa duc de Wurtemberg pour renlëvemenl prétendu de ses bagages : c Souffrant d'une perte aussi considérable , lit-on dans le document adressé aux Étals, le duc nous en a fait connaître l'importance , en témoignant qu'il avait lieu de s'attendre à une indemnité de la part du pays , et qu'il comptait à cet égard sur les sentiments de justice et de reconnaissance, tant de nous que de nos États. On TOUS informera, Messieurs, d'une somme préliminaire que nous n'avons pu nous dispenser de faire remettre à ce prince , lorsqu'il est parti d'ici au mois d'octobre dernier. Il s'agit aujourd'hui, si point d'acquitter l'entière indemnité, au moins d'y satisfaire convenablement. Quelle que soit la détresse des finances de l'État, vous concevrez par vous-mêmes, sans qu'il soit besoin de nous étendre à cet égard, combien il importe au bien du pays de ne point manquer , dans les circonstances actuelles, à un prince, à un général de cette classe , honoré de l'alliance et des bontés particulières de Tauguste chef suprême de l'Empire. » Un document officiel devait tenir ce langage réservé ; il en disait toutefois assez pour indiquer la pression à laquelle on cédait.
On ne doit pas s'attendre, avons-nous déjà fait remarquer, à trouver dans les protocoles de ce temps la moindre trace de discussion. Il y en eut sans doute , car nous ne pouvons croire que , parmi les membres des trois ordres, il ne s'en soit pas trouvé un pour réclamer contre l'extorsion ; mais , au nombre des députés du clergé choisis pour conférer au préalable avec ceux de la noblesse et du Tiers , se trouvait le grand-écolâtre de Ghisels , qui leur donna de vive voix tous les renseignements désirables , et il ne lui fut pas difficile de les amener à reconnaître l'impossibilité de repousser cette étrange prétention. Les États accordèrent ainsi la modeste somme de 80,000 florins à cet illustre libérateur qui avait débarrassé Liège de la horde impie et régicide qui l'occupait (i). Le receveur-général était chargé de rembourser à Méan les 2,000 louis avancés par lui et faisant la moitié de l'indemnité votée ; les 40,000 florins restants devaient être payés par tiers à la fin des mois de mai , juillet et décembre. Les événements qui survinrent rendirent impossible le payement des deux derniers termes.
(i) Les mots imprimés en italiques reproduisent ceux du recez de TËtat-primaire.
414 RÉVOLDTiON LIÉGEOISE. [1794]
L'aulre proposition ultérieure concernait la conlinualiôn de V\ndemnité de 600 florins accordée , Tannée précédente , à cbacon des échevins c en considération de leurs travaux et vacations extraordinaires, dont ils étaient surchargés par les circonstances (i). » L'indemnité fut continuée , et ce vote, accordé sans la moindre trace d'opposition , vient confirmer ce que nous avons dit de la réaction qui signala Tadministration de Méan.
Les États se séparèrent à la fin de mai. La plupart des hommes qui les composaient avaient à jieine le temps de se préparer à Texil; il devait être plus long que celui auquel le système politique dont ils s'étaient fait les complices avait si impitoyablement condamné leurs adversaires.
Tandis que les États délibéraient , les événements extérieurs avaient marché avec une incroyable rapidité. Toujours à défaut d'entente, la formidable coalition organisée contre la France tendait, comme la précédente , à avorter misérablement. L'énergie imprimée par le Comité de salut public à la défense de ce grand pays allait porter ses fruits, et faire succéder des avantages inespérés aux revers de Tannée précédente. Au mois de mai 1794 fut porté le coup décisif. La France avait sa frontière orientale couverte par quatre armées : celles du Nord, des Ardennes, de la Moselle et du Rhin. Des alternatives de succès et de défaites avaient signalé les premiers mois de cette année : si les Français avaient pu s'établir en Flandre, ils étaient tenus en échec sur la rive droite de la Sambre par le gros de Tarmée autrichienne. A trois reprises ils avaient tenté de s'établir sur la rive gauche et d'assiéger Charleroi. Trois fois ils avaient été forcés de repasser la rivière. Dans ces circonstances , Jourdan reçut du Comité de salut public Tordre de marcher, avec une partie de Tarmée de Rhin-et-Moselle, pour se joindre à Tarmée des Ardennes. Parti d'Arlon, qu'il avait occupé dès le commencement de la campagne, ce général , à la télé de 30,000 hommes, traversa le Luxembourg. Beaulieu, trop faible pour lui résister, se retira assez précipitamment sur le pays de Liège, et son adversaire continua sa marche vers la Meuse. Il la traversa à Dinant, dont il s'empara sans résistance, effectua le même jour (29 mai) sa jonction
( I ) Ces mots sont aussi soulignés dans le texte.
[1794] CHAPITRE XXVIl. 415
avec Tannée des Ardennes et une partie de Tarmée du Nord , et prit le commandement de ces troupes auxquelles on donna le nom d^armée de Sambre-et-Meuse, nom resté célèbre dans Thistoire de ce nouvel envahissement de nos provinces.
Le mouvement rétrograde de Beaulieu, mal compris, avait jeté la terreur dans la cour du prince-évêque ; on attribuait à Jourdan, qui avait pris possession de Marche et de Saint-Hubert, le projet de marcher sur Liège , et cette nouvelle excita une émotion qu'on étouffa en désarmant la bourgeoisie. € Mad. Weissembruck (i), écrivait Fabry à Henkart, me donne comme certain que Tévéque avait décampé en apprenant que les Français étaient à S^-Hubert et à Marche ; qu'il y avait eu une insurecttion ; que 3,000 hommes avaient repris les armes, mais avaient été ensuite obligés de se sauver, et d'aller rejoindre Tarmée républicaine (s). » Dans la petite ville de Stavelol , il n'était pas possible d'employer la force armée pour contenir la bourgeoisie, et l'insurrection éclata avec force : on y replanta l'arbre de la liberté, on y arbora de nouveau la cocarde tricolore. Il fallut envoyer un corps d'Autrichiens qui désarma la population de la ville , et eut à repousser le lendemain une attaque des gens de la campagne. L'ordre ne fut complètement rétabli qu'au moyen de plusieurs exécutions capitales, (s)
A la tète de son armée de Sambre-et-Meuse , Jourdan , obéissant aux injonctions de Saint-Just, qui était venu lui communiquer le plan du Comité de salut pubUc, traversa encore la Sambre — c'était la quatrième tentative — et fut de nouveau obligé ( 16 juin) de regagner la rive opposée. Deux jours après , toujours pressé par Saint-Just , il recommença son mouvement, et put cette fois reprendre le siège de Charleroi , qui se rendit le 25 juin. Le 26 , dans ces champs de Flearus où, vingt ans plus tard. Napoléon devait vaincre pour la dernière fois, il gagna une bataille qui fut lo signal de l'évacuation de la Belgique. Mons tomba au pouvoir des Français le l^'*' juillet, après un combat peu important livré à ses portes, et , le 9 , Jourdan fit sa
(0 Femme de rimprimeur de ce nom établi alors à Bouillon , et qui avait dû se retirer k Liège.
(<) LeUre du 16 juin 179i. Papiers de Henkart.
(s) Voir quelques détails dans C Esprit des Gazettes {ild^, I. 585) et dans le Code du droit public, etc. (II. 150).
416 RÉVOLUTION LIÉGEOISE. [l794]
jonctioD à Bruxelles avec Pichegru, qui commandait Tarraée du Nord (i). Ils se séparèrent au bout de quelques jours pour poursuivre leurs ennemis : Pichegru, les Anglais et les Hollandais qui se reliraient sur Anvers ; Jourdan , les Autrichiens qui se dirigeaient sur Liège (a). Les Français entrèrent dans celte ville le jour même de la chule de Robespierre(9 thermidor ou 27 juillet). Journée d'angoisse pour les malheureux habitants, qui avaient beaucoup plus à craindre des soldais qui fuyaient que de ceux qui les poursuivaient . Dès le matin, au bruit de la canonnade qui se faisait entendre sur les hauteurs vers Ans et Loncin, la garnison autrichienne avait pris les armes, se concentrant dans le quartier d'Outre-Meuse avec Tintention de s'y retrancher. Vers neuf heures Tavant-garde française apparut dans le fauboui^ de Sainte-Harguerile, poussant devant elle, les derniers tirailleurs ennemis, et fut renforcée aussitôt par un certain nombre de bourgeois déterminés qui lui servirent de guides. Les Autrichiens abandonnèrent lentement la partie située sur la gauche de la Meuse , et , arrivés au seul pont qui existait alors sur ce fleuve, ils y braquèrent deux canons : leur projet était de gagner le temps nécessaire pour faire sauter une arche qui était minée depuis plusieurs jours. Ce projet ne put être exécuté : vivement poursuivis par les Français peu nombreux, mais que les habitants ne cessaient de renforcer, les Autrichiens durent abandonner leurs deux canons et évacuer assez promptement le quartier d'Outre-Heuse , où ils ne purent se maintenir. La poursuite s'arrêta à la porte d'Amercœur , l'ennemi ayant élevé des retranche-
(0 On lit dans ane lettre de Ransonnet à Fabry du 14 : f Je ne vous parlerai pas de notre marche triomphale , vous la connaissez par les papiers -nouvelles. On dit rennemi devant nous. Je veux être pendu si Je m*en doute. Depuis Taffaire du Mont-Parisel et de Saint-Symphorien , nous ne Tavons plus vu, et n*en avons de nouvelles que par une procession de déserteurs. Tous les chevaux, voitures « bateaux , sont en réquisition à Liège. Ils évacuent en h&te leurs meubles et leurs personnes , mais le sol nous dédommagera. » Papien de Fabry,
( s ) Un loustic fit, à ce sujet, le couplet suivant sur rair de la Carmagnole :
M' Cobonrg avait pmmis
De marcher tout droit sur Paris ;
Qni>!l diable de chemiu !
H 1*60 va par Louvain.
Damons , etc.
Gazette révolutionnaire de Liège ^ n^" 18 du 15 brumaire an III.
[l794j CtlAPitRË XXVII. Ml
ments (onnidables sur les hauteurs de la Chartreuse f et tirant de là sur quiconque se présentait dans le faubourg. La ville que Méan arait quittée avec sa cour le 30 à la soirée tombait ainsi au pouvoir des Français après quelques heures de combat, (i)
Le surlendemain du jour où leurs compatriotes avaient si vaillamment aidé à expulser les Autrichiens , les Liégeois réfugiés se présentèrent à la Convention (29 juillet) pour lui redemander le drapeau dont elle avait consenti à être dépositaire (a) ; ils se plaignirent amèrement de la Commune conspiratrice qui venait d'être entraînée dans la chute de Robespierre (s), et qui, jusqu'au dernier moment, n'écoutant que les dénonciateurs , avait refusé de leur délivrer les
(i) Nous avons composé cette courte narration d*après des récits contemporains inédits. Voici quelques détails supplémentaires que renferme une adresse de radministration provinciale de Liège à la Convention du 3 ventôse an III. Après avoir exprimé sa surprise qu'on n*ait pas dit aux représentants du peuple français la conduite des Liégeois le jour de la prise de leur capitale : c Vous auriez su , disait-elle , qu'à peine instruits que les Français approchaient, ils volent au-dev%nt d'eux; que quarante Français y arrivent, bien moins conduits que portés sur les bras des Liégeois ; que ces derniers sont ceux qui placent les échelles, aident les Français à franchir les murs et les escaladent avec eux; qu'au même instant Thabitant de l'intérienr s'était armé , avait tiré sur l'Autrichien et avait commencé l'attaque avec 1^ Français. Vous auriez su que si quarante Français firent ce prodige de valeur (d'entrer seuls au milieu d'une garnison de 10,000 hommes), ces héros s'avançaient aussi pleins d'un enthousiasme que les Liégeois partageaient avec eux. Vous auriez su que les Liégeois dirigeaient les Français dans les défilés, dans les rues les plus sûres pour la défense et pour l'attaque; que ce sont eux qui marquaient aux Français la place oii ils devaient poser leurs batteries pour détruire celles des Autrichiens , et que ce fut par un Liégeois que fut pointée la première pièce qui lança la foudre sur l'ennemi. Vous auriez su que ce jour même le Liégeois planta l'arbre de la libellé, et commença la démolition de la citadelle k la lueur des flammes , et sous le feu du canon autrichien dont un boulet tua un Liégeois à côté de Tarbre de la liberté. Vous auriez connu le trait héroïque du citoyen Lelarge, liégeois, qui , après avoir guidé les Français toute la journée et s'être battu comme un lion , trouvant enfin la mort , la reçut en s'écriant : « Je suis content, je meurs pour la république. » Archives de radministration centrale , â* registre de correspondance du 22 pluv. au 3 germ. an Ul , n» 34.
( « ) Le 5 mars précédent. Voir plus haut p. 368.
(s) Le 8 thermidor encore , Fabry écrivait àHenkart : « Tous ces jours passés, on ne délivrait plus de passeports à nos gens, qui voulaient se rapprocher des frontières. Le pourquoi ? Je l'ignore. » Papiers de Henkart.
passeports nécessaires pour retourner dans leurs foyers , tant que le Comité de sûreté générale n'aurait pas fait son rapport, c Législateurs, lui disaient-ils, Liège est libre! Des paroles n'expriment point les sentiments dont celte nouvelle embrase nos cœurs. » Cette adresse (i), dans laquelle nous croyons reconnaître le style de Bassenge, contenait ce passage sur les dissensions domestiques : c II n'est plus ce temps où 9 misérable instrument de projets liberticides et ambitieux, une imperceptible minorité osait calomnier la masse si pure des réfugiés. Nous connaissons d'où partaient ces coups perfides ; elle est complètement au jour la source de ces divisions suscitées avec tant d'éclat et d'astuce. L'horrible énigme de ce scandaleux tapage, dont les bons ont tant gémi , est expliquée. On sait à quels conciliabules assistait cette poignée de délateurs , mus par les monstres qui dévoraient en espérance la république , et voulaient écraser tout ce qui n'était attaché qu'à elle. Ah) sans cesse nous l'avons dit , jamais neuf ou dix individus^ connus par leur immoralité et leur nullité, n'auraient affecté cette audace , s'ils ne s'étaient crus étayés d'un puissant appui. »
L'auteur de l'adresse est plus dans le vrai en attribuant ces déplorables dissentiments à la faction d'Hébert, et aux partisans qu'elle avait conservés dans la Commune , qu'en faisant intervenir ici le pitoyable avorton de Cromwel. Il pouvait être utile de flatter la majorité thermidorienne, mais on eût agi plus généreusement en laissant à l'écart Robespierre , qui avait en définitive contribué à l'élargissement de Bassenge.
Les Fraiichimontois se présentèrent à leur tour, mais seulement dix jours après leurs frères de Liège (8 août). Au milieu des déclamations qu'on doit s'attendre à trouver dans une semblable pièce, nous lisons cette phrase significative, thème cent fois reproduit par les meneurs de cette petite assemblée : c Formez dans notre pays une administration , dont vous écarterez avec soin les intrigants et les ambitieux (s). » Les renseignements que nous avons
(i) Le compte-rendu de la séance dans le Moniteur (n<»313 du i3 thermidor an II ) ne contient que ces trois lignes : < Les Liégeois réfugiés se présentent à la barre; ils félicitent la Convention, et protestent de leur entier dévouement pour elle. » L^adresse fut insérée dans le n<» 319 du 19 thermidor.
(s) Moniteur^ n* 323 du 23 thermidor.
donnés suffisent pour déterminer le sens de ces paroles qui ne sont vagues qu'yen apparence. Merlin présidait , et le Moniteur ne contient pas sa réponse ; on ne voit môme pas qu'il en fit une. En reproduisant leur adresse dans le singulier recueil (i) qu'ils publièrent après leur retour au pays , les Franchimontois eurent soin d'insérer cette réponse. Merlin leur aurait dit entre autres paroles : € Ce que la France a été pour TEurope, le pays de Liège Fa été pour la Belgique , et le pays de Franchimont et de Stavelot pour le pays de Liège. >
(0 Code du droit publie, etc. II. 147.
La situation de Liège différente de celle des autres villes belges. — Le Comité d'urgence. — Sa composition et ses actes. — Les premières réquisitions. — La municipalité de 1793 réinstallée. — Les hostilités sont reprises. — Revanche prise à Aldenhoven par les Français. — Sur la conduite de la Convention envers les Liégeois. — Réinstallation de l'administration provinciale de 1793, sous le titre d*Admini8tration centrale. — Les préteurs des États soumis à une contribution extraordinaire. — L'administration centrale réorganisée. — Aussi la municipalité. — Établissement d'un tribunal criminel, d'un tribunal civil et d'un comité de surveillance. — La nouvelle administration en présence de la disette. — Ses réclamations. — Ce que répondent les représentants du peuple. — Les rigueurs de l'hiver, une nouvelle source d'embarras. — Sur les abus dans les réquisitions de chevaux et de bétail. — Nouvelle réclamation provoquée par le manque de subsistances.
La situation de Liège différait essentiellement de celle de toutes les autres villes de notre pays. A Liège , les fonctionnaires de Tordre administratif et de Tordre judiciaire avaient pris une part trop active à la réaction, ils s'étaient trop identifiés avec le gouvernement qu'ils représentaient, pour s'attendre à des ménagements de la part de leurs adversaires victorieux. Ils prévinrent une destitution, et même quelque chose de pis, en prenant la fuite. Dans les provinces belges, les anciens fonctionnaires n'étaient sans doute pas plus favorables que les aristocrates liégeois aux idées qui dominaient en France; mais ils n'avaient pas eu à s'associer à un système réactionnaire , ils étaient restés en communauté d'idées avec leurs concitoyens, et ne désertèrent pas leur poste. Ils furent en conséquence maintenus par les représentants du peuple, que la Convention
[1794-AN II] CHAPITRE XXVIll. 421
envoya près de ses armées du Nord et de Sambre-et-Meuse en leur confiant le pouvoir souverain, et ils servirent d'instruments pour la transmission des ordres de ces nouveaux proconsuls. A Liège , il fallut pourvoir à Tabsence des administrateurs émigrés en masse, et établir quelque chose de neuf. Les vainqueurs n'eurent pas d'abord le temps d'y penser. En présence des Autrichiens retranchés sur les hauteurs de la rive droite de la Meuse et occupant même le faubourg d'AmercŒur ; ils avaient à s'occuper avant tout des mesures que nécessitait la défense de la ville conquise, et les opérations militaires absorbèrent toute leur attention pendant les trois premières semaines. Provisoirement les Liégeois restèrent libres de s'organiser comme ils le jugèrent conVenable, et celte organisation fut assez singulière. Le jour même où les Français entrèrent dans Liège (27 juillet- 9 thermidor) parut une invitation d'apporter à l'Hôtel-de-Ville les subsistances nécessaires aux soldats qui devaient passer la nuit sous les armes, afin d'être prêts à défendre leur conquête en cas d'attaque. La pièce (i) était signée d'un ami de Fabry, le notaire Jaymaert, membre du Conseil municipal institué en 1793. Dans une ville à peu près ouverte , il y avait à se prémunir aussi contre un retour hostile des Autrichiens. Des retranchements furent jugés indispensables à la porte d'Amercœur et aux vieilles murailles qui y aboutissaient, et, quarante-huit heures après l'invitation de Jaymaert, parut (29 juillet-11 thermidor) une réquisition d'un agent du commissaire-ordonnateur de l'armée de Sambre-el-Meuse , réclamant la fourniture de la toile nécessaire à la confection de 300,000 sacs à terre. Cette pièce était adressée à un Comité cTurgence établi révolutionnairement par le peuple à défaut ([^autorité constituée (s). Le lendemain, nouvelle Invitation (s) du notaire
(i ) Recueil des arrêtés et proclamatioM des représentants du peuple français envoyés près les armées du Nord et de Sambre-et-Meuse, etc., vol. I , p. 13. Nous avons dit, dans notre Histoire des Belges à la fin du XYIU* siècle (II. 309), qu'il fut publié trois collections de ce genre : à Bruxelles , k Liège et à Gand. Nous n^aurons pas k renvoyer à la troisième , et nous indiquerons la première sous la dénomination bien connue de Reàieil de Huyghe. Le titre : Recueil des arrêtés disignera la deuxième, qui comprend A vol. in-S» imprimés à Liège par Latour.
(i) Cèst le titre qu'U se donne à lui-même. (Voir le Recueil des arrêtés, 1. 16.) Le Comité d'urgence siégeait à rH6tel-de- Ville.
(s) IM. I. 15.