‹ Histoire de la révolution liégeoise de 1789Chapitre 24 sur 48 · TOME 11. â · texte numérisé non relu

TOME 11. â

Saint-Léonard, immédiatement après le prononcé du jugement. L'homme. important de ce tribunal était un jeune officier qui commandait la section d'artillerie du 3® bataillon de la Côte-Or, et qui fut chargé d'exercer les fonctions d'accusateur public. Ét.-Jos. Régnier, mort en 1849, à 91 ans , dans une propriété qu'il possédait près de Liège, n'a laissé ici que des souvenirs honorables : nous sommes heureux de constater qu'il a exercé sa redoutable charge avec une intelligence remarquable et une modération bien rare alors.

Le Comité de surveillance était le pourvoyeur obligé du tribunal criminel et le principal rouage du gouvernement révolutionnaire. Liège ne pouvait être privé d'un établissement jugé tellement indispensable que les moindres communes en avaient été pourvues. Le Comité d'urgence d'abord se chargea d'en former un, qui fut composé de purs Montagnards . Quand cette assemblée fut dissoute, la Municipalité qui la remplaça recomposa le Comité de surveillance, et en éloigna des hommes qui lui étaient antipathiques. Mais ce nouveau Comité ne put se mettre , comme le précèdent, à la hauteur de sa mission, les hommes qui le composaient n'étant pas disposés à se faire les dénonciateurs de leurs concitoyens. Pour que l'institution produisît ses fruits, il fallait y faire dominer l'élément étranger : c'est ce que Frécine comprit, et c'est ce qui nous explique pourquoi le Comité de surveillance redevint ce qu'il avait été aux mains de Messieurs de l'urgence , comme les appelait Fabry dans une de ses lettres à Henkart (i). Il avait si bien la conscience du renom dont il jouissait, qu'à peine installé il crut devoir se défendre contre raccusation de Robespierrisme (a). Nous aurons plus tard à nous occuper de lui et de quelques7uns de ses actes.

Avec le nombre croissant des réquisitions, qui venaient ajouter une chance de plus à la disette qu'une mauvaise récolte montrait eu perspective, surtout avec l'abominable système d'exploitation qui absorbait au profit de l'armée tous les revenus publics , laissait les administrateurs sans la moindre ressource, et semblait se faire un jeu des souffrances auxquelles allaient être livrés les malheureux dont on se disait effrontément les protecteurs , on devait se hâter

( 4 ) Lettre du 25 septembre 1794. Papiert de Henkart. (i) Voir aux archives de la commune le registre intitulé : Comité de mrveillance. Correspondance, 12 vendémiaire an III au !«' ventàte mime asmie.

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d'employer les moyens jugés propres à changer ce cruel état de choses (i). L'Assemblée générale s'en occupa dans une des premières séances qui suivirent sa recomposition (17 oct.-26 vendém.)*, et ce fut à l'occasion d'un rapport de Sélys sur un acte de malversation dont l'hôpital militaire de Saint-Laurent avait été le théâtre : il s'agissait d'une nouvelle demande de matelas pour cet établissement, qui, à plusieurs reprises, en avait été convenablement pourvu ; en d'autres termes , les literies y avaient été renouvelées plusieurs fois en moins de [six semaines , et il était question d'en demander encore (s). A ce sujet Bassenge prit la parole, et, profilant de l'émotion qu'avait excitée dans l'Assemblée une lettre insolente du payeur-général de l'armée , il proposa de dénoncer ces faits à Frécine, et de lui signaler les abus de tous genres qu'enfantalent les réquisitions: Nous voulons bien croire, disait-il à ses collègues , que la Convention les ignore. <c Tout ce qui est injuste n'émane pas de cette source , mais des ennemis du peuple : soit de ses ennemis déclarés , soit de ceux qui abusant de l'autorité , des fonctions ou commissions qui leur sont confiées , profanent le nom de liberté et vexent ses plus ardents sectateurs. > Les patriotes doivent être préparés à tous les sacrifices qu'exige la subsistance de l'armée ; mais aussi « ils ont le droit d'attendre que leur dévoûment serve la patrie, non le caprice, l'arbitraire et souvent les dilapidations. Quand ils en découvrent, c'est pour eux un devoir de les dénoncer, et d'indiquer la trace qu'ils croient pouvoir conduire au repaire où ces sangsues du peuple se cachent. Des réquisitions ont beau être justes; si la forme dont on les fait les rend vexatoires, cette forme n'en pèse pas moins sur le peuple et en pure perte pour la chose publique. »

Aux plaintes qui lui furent faites, et qui tendaient à saper les

(4) f Que radministration ne perde pas un moment pour engager les représentants à lui donner les moyens de pourvoir à la subsistance des citoyens , puisqu'on la cbarge de ce soin important. C'est un fardeau bien dangereux , quand on n*a ni le pouvoir ni le moyen de le supporter! Le peuple, quand il n'a pas ce qu'il lui faui, ne s'en prend qu'à ceux qu'on charge de le lui procurer, b Lettre de Fabry à son fils Hyacinthe du 16 octobre 1794. Papiers de Fabry.

(t) Archives de V Administration centrale. Registre aux procès-verbaux des séances du 28 fructidor an II au U frimaire an III. Vol. 117.

440 RÉVOLUTION LIÉGEOISE. [1794-AN IIlJ

bases dn système dont il avait consenti à être rinstrument , que

pouvait répondre Frécine ? Aussi ne fit-il que de vagues promesses de

répression , et cela n'avançait guère ceux qui se plaignaient. Cette

attitude aurait dû être prévue , et comme Frécine , qui était seul à

Liège, ne pouvait, après tout, être rendu responsable de la situation,

on résolut (20 oct.-38 vend.) de s'adresser au bureau central de

nos proconsuls à Bruxelles pour obtenir en même temps c la

proclamation de la réunion à la république , afin que toute incertitude

que la malveillance pouvait nourrir vint à cesser^ et que les autorités

pussent prendre une mârcbe sûre et régulière , et vivre enfin sous

le régime que les Liégeois désiraient et avaient solennellement

adopté (i ). » Cétait en effet le moyen le plus simple à employer pour

couper court aux abus; mais la Convention ne Tenlendait pas ainsi.

La Municipalité , qui suivait cette discussion avec un intérêt marqué ,

puisque c'était elle qui devait avoir la plus grande part des

embarras qu'on redoutait , décida de s'a<]y oindre aux démarches de

l'Administration générale (a), et chargea un de ses membres (s)

d'accompagner les trois députés (4) de l'autre assemblée. Le tribunal

civil , qui réclamait contre l'obligation d'appliquer encore des lois

réprouvées par le peuple — il s'agissait de l'ancienne législation qu'il

fallait cependant bien maintenir pour le jugement des procès —

députa aussi le juge Harzé. Si l'adresse à la Convention (s) , votée

quelques jours après (25 oct.-4 brum.) en réponse à sa proclamation

(1) Archives de l* Administration centrale. Registre aux procès-verbaum des séances du 28 fructidor an II au 14 frimaire an III. Vol. 117.

(fl) On lit dans le procès-verbal de la séance du 26 vendémiaire : c II est arrêté que la Municipalité se concertera avec rAdministration, pour rédiger des représentations énergiques sur les réquisitions diverses qui se font , et lUmpossibilité où Ton se trouve d*y satisfaire. 1 Et dans celui du 22 vendémiaire : t Des observations faites par un membre amènent la proposition de faire des représentations sur rénormité des réquisitions. Il annonce que TAdministration a nommé une députation pour se rendre au bureau central à Bruxelles , et il demande que la Municipalité désigne un ou deux de ses membres , pour s*unir aux députés de TAdministration. • Voir aux archives de la commune le Registre aux procès-verbaux de rAdministration municipale de Uége du 20 vendémiaire au iO nivôse an III .

(s) Botter.

(4) Bassenge^ Digneffe et Chevremont,

(8) Recueil des arrêtés. II. 204.

[I79é-AN UlJ CHAPITKE XXVIII. 441

da 18 vendémiaire ( 1 ), fut une tentative pour préparer les esprits à la demande qu'on allait faire, Pévénement en démontra la parfaite inutilité, (s)

Les députés arrivèrent à Bruxelles le 5 brumaire, et, le lendemain, ils eurent une entrevue avec les quatre représentants du peuple : Haussmann , Briez , Portiez de TOise et Joubert. La discussion parait avoir été assez vive , et les représentants finirent par déclarer c quant à la réunion, qu'ils n'avaient pas de pouvoirs suffisants pour donner une réponse définitive ; que le Comité de salut public et la Convention pouvaient seuls décider ce point. » L'Assemblée avait prévu la réponse , et chaîné ses députés de solliciter des représentants une intervention favorable, ce à quoi ils s'engagèrent. € Le citoyen Briez, lit-on dans le rapport (s) fait par Digneffe à la séance du 9 brumaire (30 octobre), a ajouté qu'ils savaient distinguer les Liégeois des autres pays conquis; que dans toutes leurs relations à Paris , et notamment dans les dernières , ils leur avaient rendu la justice qui leur était due ; que l'intention générale était d'agir envers ce peuple comme envers un ami. Tous se sont réunis pour assurer et répéter qu'on ne devait pas un moment douter de la réunion ; qu'elle était déûdée et s'opérerait, mais qu'il ne fallait pas aller trop vite ; que nous devions surtout mesurer notre marche sur celle des représentants envoyés dans ces contrées ; que l'état des choses exigeait cette marche , enfin que nous serions dans peu libres et contents. Voilà le f ésumé de leur réponse sur cet article : elle ne remplit pas le but que vous auriez désiré d'atteindre , mais nous n'avons pu avoir autre chose. » Il fut encore déclaré aux députés que l'envoi à Liège d'un représentant spécial était décidé , et que cela mettrait fin aux abus dont on se plaignait, c Vous sentez ,

(i) Recueil deê arrêiés. II. 102.

(i ) Il doit encore y avoir eu une autre démarche , mais dont nous n^avons pas trouvé de traces, ni dans les procès-verbaux de TAdministration générale , ni dans ceux de la Municipalité. Fabry , le 2â octobre , écrivait à son fils Hyacinthe : i Je suis charmé que votre Administration ait pris le[parti d*écrire k la Convention. On me raconte que, passé quelques jours, on doit y avoir assez mal parlé des Liégeois; mais qu*un représentant — on dit Bo — avait joliment pris leur parti. » Papiers de Fabry.

(s) Archives de l'Administration centrale. Registre aux proees-verbaux des séanctê du 28 fructidor an II au 14 frimaire an Ul. Vol. i!7.

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ajoutait le rapporteur, qu'après Tobjel fondamental de notre mission , qui était une explication sur notre existence politique et qu'ils n'ont pu nous donner , notre besogne était de réclamer contre cette foule énorme de réquisitions sans cesse renaissantes dont on surcharge le pays, et surtout contre la manière dont elles se font* Les représentants ont senti combien nos plaintes étaient fondées. Ils ne nous ont pas dissimulé que, jusqu'à présent, cette branche d'administration avait été infectée de beaucoup d'abus; ils ont dit qu'ils ne cessaient de les rechercher , et qu'ils venaient encore de faire punir des intrus qui , sans mission , avaient été faire des réquisitions. Nous nous sommes hautement récriés sur la manière leste et pea décente dont on agissait avec les autorités constituées , qu'on semblait prendre à tâche d'avilir. On a fini par nous dire que toat s'arrangerait chez nous , que les représentants allaient s'y rendre , que désormais l'un d'eux y serait permanent. Nous ne doutons pas, citoyens collègues, que toutes ces tracasseries gratuites, et — nous tranchons le mot — la plupart malveillantes , ne soient à leur fin. Les représentants ne demandent et ne veulent que justice : faire aimer la république est leur première mission , leur dénoncer ceux qui s'écartent de la fraternité , c'est remplir leur désir. Nous leur avons dit, et ils en sont unanimement convenus : la France n'a plus qu'une guerre à faire , c'est la guerre aux fripons. Pour nous , nous avons un moyen sûr de la faire avec succès, c'est de livrer au grand jour de l'impression tous les traits de co^inisme que nous

recueillerons, et de les faire parvenir aux représentants En

général^ on nous a paru intimement convaincus de la malveillance des agents, réquisiteurs , etc. On nous a paru décidés à réprimer enfin toutes les sangsues, qui pompent sans pudeur le sang du peuple. Des plaintes et des preuves, et l'on assure prompte justice. » Ces conclusions ayant été adoptées , il fut décidé que , de concert avec la Municipalité , c on dresserait un tableau des vexations les plus criantes que les agents, les commissaires et les réquisiteurs avaient fait essuyer au Pays de Liège. » L'énumération dut être longue , car assurément les éléments ne faisaient pas défaut.

Ces protestations des représentants du peuple pouvaient être sincères. 11 n'en était pas moins clair que, pour arriver à un résultat sérieux, c'était à la Convention qu'il fallait s'adresser, Bassengele

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comprit, et sans emporter, croyons-nous, un mandat de ses concitoyens, du moins un mandat écrit, il alla directement à Paris, et eu informa rassemblée qui l'avait député, en lui disant qu'il s'y tiendrait à sa disposition, (i)

Cependant l'hiver approchait , et cet hiver si rude , qui permit à Pichegru de lancer ses cavaliers contre la flotte hollandaise enfermée dans les glaces du Texel , allait encore augmenter les souffrances du peaple déjà assez ^tourmenté par le haut prix des céréales. Ainsi la terrible perspective de la famine se présenta dès l'abord aux yeux des patriotes , qui , dans d'aussi graves circonstances , ne voulurent pas abandonner leurs concitoyens à l'arbitraire des agents étrangers. Honneur à leur mémoire ! car il fallait bien du courage et du dévoùment pour accepter alors des fonctions publiques ! Plus d'un administrateur refusa ou envoya sa démission (3), et, pour contraindre ces récalcitrants, on les mit eux-mêmes enréqjiisition. Aux yeux de ces insolents proconsuls*, dont le style bouffi n'offrait que des phrases ronflantes et des apophtegmes vides de sens, l'homme n'était plus qu'une chose , comme Fesclave de l'antiquité I

Le maximum et les assignats produisaient l'effet qu^on devait en attendre. Dans l'espoir d'échapper à la ruine , le cultivateur cachait les denrées , que la liberté du commerce aurait conduites au marché; une disette factice venait ainsi ajouter ses embarras à ceux d'une disette trop réelle , mais qui n'aurait pas eu les consé* quences dont on était menacé , si les envahisseurs avaient été moins imprévoyants. Ils ne s'étaient pas contentés d'exiger, pour l'approvisionnement des armées, tous les grains du pays, sans laisser, quoiqu'on l'eût promis , la quantité nécessaire à l'alimentation des habitants; au moment même où ils alléguaient l'impossibilité de venir en aide aux malheureux que menaçait la famine , ils compro-

( i < On lit une lettre du citoyen Bassenge , qui annonce que des circonstances le forcent à se rendre à Paris , oii il sera sous peu de jours , et où il attendra les ordres de rAdministration. » Séance du 14 brumaire. Archiva de VAdnUnUiratUm cmirale. Registre aux procès-verbaux des séances du 28 fructidor an II au U frimaire an IIL Vol. 117.

(s) A ce propos, Fabry mandait le 22 octobre 1794 à son fils Hyacinthe : f VTaleff a écrit à Fyon ; il dit que les membres de TAdministration, découragés , donnent leur démission les uns après les autres. • Papiers de Fabry,

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mettaient rexîstence de la prochaine récolte par une nonvelle réquisition qui frappait sur tous les chevaux et tous les chariots de Tarrondissement. Trois lieux de réunion leur étaient assignés: Liège , Huy et Saint-Trond. On les réunissait là en grand nombre dans des parcs mal organisés , ouverts à tous les vents , exposés aux voleurs, qui s'y introduisaient sans péril. Une lettre de TÂdministration nous apprend qu'à un moment donné , ces trois parcs renfermaient près de cenlH^inquante voilures à quatre chevaux ( i ). Puis quand on était ainsi parvenu à arracher aux cultivateurs désolés leur gagne-pain, les premiers instruments de leur industrie, oa bien on imposait aux chevaux des courses disproportionnées à leurs forces, les accablant de coups et leur refusant la nourriture (t); ou bien on les Is^ssait inoccupés , malgré les réclamations , et cela ne valait guère mieux, car, exposés aux intempéries de Tair et souvent laissés sans nourriture , ils mouraient en si grand nombre que leurs cadavres, abandonnés sur la voie publique, menaçaient de corrompre Tair. (s)

Les faits à Tappui ne nous manqueraient pas : bomons-noas à citer les détails que contient le procès-verbal de la séance delà Municipalité des 7 et 8 nivôse (27 et 28 décembre 1794). Des employés de la commune étaient venus faire rapport que les chevaux logés dans les cloîtres de S^-Jean*en-Ile € n^avaient eu depuis trois jours ni foin , ni paille , ni avoine , » et le Conseil , justement ému d'un semblable état de choses, en déférant le fait à la connaissance de TAdminislralion , avait chargé un de ses membres € de procurer pour cette nuit la subsistance à ces chevaux expirants. > Le lendemain ce délégué vint rendre compte de ses démarches « et voici ce que contient à ce sujet le procès-verbal: € Beynefaitun rapport douloureux sur Tétat des chevaux qui se trouvent dans les

(i) Archives de r Administration centrale. Correspondance du 4 germinal au 23 thermidor an III. Vol. 35.

(s) Voir, dans les Archives de l'Administration centrale (Arrêtés du il pluviôse au 25 germinal an III. Vol. 447), plusieurs arrêtés où il est quesUon de chevaux morts de fatigue ou dMnanition.

(s) Voir aux archives de la commune le procès-verbal de la séance du 9 nivôse an III. Registre aux procèg-verbaux de C Administration municipale de Liège du 20 vendémiaire au iO nivôse an III,

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cloHres Saint-Jean, sans conducteurs, sans paille, sans foin, enfin crsYant de faim. Il annonce qu'hier il a fait tout son possible pour procurer un peu de fourrage à ces pauvres animaux , et qu'il en a trouvé une petite quantité qu'il a portée lui-même , aidé par les inspecteurs des travaux publics. On propose, et la Municipalité arrête que le président sera chargé d'écrire une lettre très-forte sur cet objet à l'agent national, et de lui envojer copie du rapport; qu'en outre il sera rendu public , pour faire connaître la conduite abominable de ceux qui sont appelés à fournir le nécessaire aux chevaux , et de ceux qui doivent les soigner. » Il en était de même pour d'autres de ces malheureuses bêtes logées aux Carmélites (i ) , et qui , porte encore le procès-verbal de la séance du 7 , c dépérissaient pour Ma plupart, et crevaient faute de nourriture.» Comment n'en eût-il pas été ainsi avec un pareil traitement, aune époque où le froid était tel qu'on s'adressait à la générosité des propriétaires de houillères en faveur des citoyens indigents « que la dureté de l'hiver faisait chaque jour périr de froid ! > (s)

Il en était de même du bétail arraché au cultivateur éploré , à qui Ton ne donnait en palment que des assignats, déjà réduits à 50 p. c. de leur valeur nominale. Ici encore citons le rapport d'un membre de l'Administration générale c exposant que la majeure partie des vaches provenant des réquisitions étaient mortes au parc de S^-Lau-

(i) Cest à la situation de ce parc que se rattache Textrait suivant d*une lettre de Fabry k HeniLart du 20 décembre 1794: « Nicolet a encore dans ce moment quatre de ses chevaux , avec deux charrettes et deux conducteurs , retenus au couvent des Carmélites à la porte S*-Léonard. Les hommes et les chevaux sont en plein air (la saison est charmante); ils crèvent de faim et de soif, et sont absolument ioutiles-Ià. Toutes les représentations sont inutiles aussi. Je crois que tout cela est la queue du Robespierrisme, et du système de tout détruire. U conviendrait, ce me semble , que l'Administration parlât haut et ferme. » Papien de Henkart,

( i) Proclamation décrétée dans cette même séance du 7 nivôse. ( Registre aux procès-verbaux de V Administration municipale de Liège du 20 vendémiaire au 10 nioôse an III, Voir aussi un arrêté de rAdministration provinciale du 7 pluviôse, qui porte qiie plusieurs individus ont été trouvés morts de froid , et signale une mortalité très-considérable^ surtout dans les hôpitaux. ) Plus loin on lit : t Pendant la forte gelée , on a enterré une quantité de cadavres à fleur de terre , et, à l'hôpital de» Ëcoliers, il en a été déposé sur un pré voisin , à cause de la difficulté de faire des fosses. Archives de V Administration centrale. Arrêtés du 14 frimaire au 16 pluviôse an III, Vol. U6.

446 RÉVOLUTION LIÉGEOISE. Ii794-AN lll]

rent, et que celles qui se trouvaient aux ci-devant Chartreux périssaient également d'inanition (i ).> Inutile de faire remarquer que ce qui se passait à Liège se passait à plus forte raison à Saint-Trond et à Huy. Et ces abus, si ruineux pour le peuple des pays conquis , rejaillissaient , par une décision providentielle , sur les vainqueurs eux-mêmes : les subsistances quelquefois manquaient aux soldats , manquaient môme aux hôpitaux avec d'autres fournitures indispensables aux malades. Bref, à tout cela les fripons seuls trouvaient un avantage, etqui fallait-il rendre responsable? Non ces fripons, qu'une administration sévère eût aisément découverts et punis, mais la Convention même, qui avait décrété le système, mais celte assemblée impitoyable pour qui les souffrances humaines ne furent jamais qu'une question secondaire peu digne d'arrêter son attention.

Ces détails nous ont été suggérés par une nouvelle réquisition qui menaçait l'existence de la récolte à venir, en privant les cultivateurs de leurs chevaux. L'Administration venait précisément de soumettre , à l'approbation des représentants du peuple , un projet d'arrêté sur la délicate et pressante question des subsistances. On lui répondit que le projet avait été transmis à l'Administration centrale récemment instituée à Bruxelles, à qui , ajoutait-on , il fallait désormais s'adresser dans les cas semblables. Une semaine se passa sans qu'une décision eût été envoyée. Alors , sur l'avis donné par la Municipalité que la ville allait se trouver sans grains et sans farines , il fut convenu d'envoyer en commun des députés au commissaire local pour savoir s'il n'avait pas reçu l'ordre de céder à la commune une partie de son approvisionnement. Cet employé répondit que , malgré son désir d'êlre agréable à l'Administration et à la Municipalité , il ne pouvait, sans l'autorisation da commissaire-ordonnateur en chef , satisfaire à la demande , même pour une minime portion , surtout dans un moment e: où la subsistance des défenseurs de la République était à peine assurée (a). » Cependant, comme le temps pressait et exigeait une prompte réso-

( i) Séance du 27 nivôse an 111. Archives de VAdminittration centrale, RegiMire aux procès-verbaux de V Administration d* arrondissement de lAége du 14 frimaire au i8 pluviôse an îll. Vol. 259.

( 1 ) Séance du 5 frimaire. Archives de V Administration centrale, Procès-verbau» des séances du 28 fructidor an II au \ A frimaire an IIL Vol. ii7.

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lotion, TAdministralion prit un arrêté dont le préambule portail : c Ta le Rapport de la Municipalité sur Tétat du magasin public qui , dans ce moment , se trouve totalement dépourvu de grains et de farines; considérant que, dans cet état de détresse, la grande obligation que T Administration a à remplir , la première responsabilité qui pèse sur elle, c'est d'aviser, par les moyens les plus prompts et sans s'arrêter aux obstacles qu'on peut faire naître , à ce que les nombreux habitants de cette commune ne soient pas les tristes viclimes de la faim ( i ). i En conséquence , elle envoyait quatre de ses membres (n) dans les différentes parties de l'arrondissement pour y exercer, en son nom , ce droit de réquisition dont ses maîtres faisaient un si cruel abus. La mesure fut loin de produire les effets qu'on pouvait en attendre : les quatre députés se trouvèrent en conflit avec d'autres réquisiteurs qui , exerçant au nom de l'armée , rendirent leurs efforts stériles ; ou bien ils arrivèrent dans des communes dont les populations , alarmées sur leur propre sort et soutenues par les agents militaires , refusèrent de laisser passer les grains achetés pour l'approvisionnement de Liège.

(4) Même séance. Archives de l'Administration centrale. Procès-verbaux des séances du 38 fructidor an 11 au M frimaire an III. Vol. 117. (t) Bouchard^ Sélys^ Jotmeau tlFrancken.

Établissement de l'Administration centrale et des Administrations d'arrondissement.

— Réclamations des Liégeois auprès des représentants du peuple. — Députation envoyée à Paris. — Composition et installation à Liège de l'Administration d'arrondissement — Répugnance à accepter les fonctions publiques. — Abolition du maximum en France, son maintien dans les pays conquis. — A quel prix une concession des représentants du peuple. — Réclamations nouvelles. — Lettre de Bassenge. — Sa réimpression à Liège. — Poursuites au nom du Comité de surveillance. — La plainte des imprimeurs accueillie par la Municipalité. — Leruitte poursuivi pour un article de journal. — Son arrestation. — La Municipalité intervient aussi en sa faveur. — Polémique au suyet de la lettre de Bassenge.

— Lettre de son frère Lambert — Hyacinthe Fabry répond à Corby. — Diatribe de Briart de Huy. — Machinations des Montagnards liégeois. — Projets et propositions du Comité de surveillance. — Il est définitivement supprimé.

Sur ces entrefaites étaient arrivés à Bruxelles , pour se réunir à leurs collègues qui se trouvaient déjà dans le pays , les représentants du peuple envoyés dans les départements du Nord et du Pas-de-. Calais, et, le 26 brumaire (16 novembre), avait été décidée une nouvelle organisation des pays conquis. Une Administration centrale composée de vingt membres (i) , y compris l'agent national et son substitut, fut établie à Bruxelles, et on lui attribua juridiction sur toutes les provinces belges, et sur la partie de Tancienne principauté de Liège située à la gauche de la Meuse. Il y eut en sous-ordre huit administrations d'arrondissement : à Bruxelles, Gand, Liège, Mons, Namur, Tournai, Ypres et Saint-Hubert , en attendant la reddition

( I ) Pour ces noms , voir notre Hisfoire de$ Belges , etc. II. 331,

Li794-AN III] CHAPITRE XXIX. 449

de Luxembourg, qui continuait à se défendre (i). Chacune de ces Administrations se composait de six membres et d'un agent national ; celle de Liège en eut neuf et un agent national. Les représentants du peuple réunis avaient encore , le même jour , pris quatre autres arrêtés: le premier, qui'promettail aux Belges — et les Liégeois y étaient compris — d'accorder la réunion à la France quand ils auraient consenti à échanger tout leur numéraire contre des assignats; le deuxième, qui établissait une nouvelle contribution en nature sur les pays conquis; le troisième , qui ordonnait dans tontes les communes de ces mêmes pays un recensement des grains^ fourrages , chevaux , bestiaux , comestibles , mines , fabriques , matières et marchandises qu'elles renfermaient; le quatrième, enfin, qui restreignait à certaines catégories de produits et de marchandises la prohibition de commerce avec la France, (a)

Quand cette nouvelle organisation , accompagnée de ces ruineuses dispositions , fut communiquée à l'Assemblée liégeoise (2 frim.- 22 nov.), il y eut un mpment de douloureuse stupeur. Les Liégeois s'étaient toujours flattés d'échapper au régime de la conquête , de ne pas être confondus avec les habitants des autres provinces, de voir accueillir enfin les sollicitations qu'ils ne cessaient de renouveler, pour être définitivement réunis à la France. Au lieu de cela, c'était à la Belgique qu'on les unissait , et c'était à une assemblée belge , dans laquelle ils ne comptaient pas un seul représentant, qu'on attribuait une autorité supérieure sur leur pays. Or , si les patriotes liégeois avaient fait bon marché de l'indépendance de leur pays à l'égard de la France , ils avaient conservé toute leur susceptibilité nationale à l'égard des Belges leurs voisins. On conçoit dès lors la désagréable impression que dut faire, dans l'Assemblée provinciale, la lecture de la lettre que les représentants Briez et Haussmann avaient jointe aux arrêtés du 26 brumaire , lettre dans laquelle il était dit que, pour les objets administratifs, c'était à l'Administration centrale de Bruxelles qu'il fallait s'adresser à l'avenir. Cette lecture terminée , on proposa c d'envoyer à Paris un membre de l'Adminis* iration , chargé de se concerter avec le citoyen Bassenge , pour

(i ) RecueU des arrêtée. III. 27.

(t) /M. III. 3i, 36, 39 et 45.

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solliciter enfin la réunion du ci-devant Pays de Liège à la république française , réunion à laquelle aucun peuple n'avait des titres plus sacrés et moins contestés que les Liégeois. » La résolution fut d^abord ajournée, puis, après une seconde lecture de la lettre, on décida de se réunir le soir même en comité pour aviser aux mesures à prendre. Le procès-verbal de la séance du lendemain (23 nov.-3 frim.) contient la copie de la réponse faite aux représentants. A travers les ménagements dont on use perce le froissement très-vif qu'on éprouve.

« L'Administration a reçu voire lettre du !«' frimaire , avec les arrêtés qui l'accompagnaient. Elle attendra , citoyens représentants , avec la plus vive impatience le résultat des mesures que vous allez prendre, pour subvenir à nos besoins pressants qui augmentent chaque jour. Il serait bien consolant pour nous d'assurer au peuple sa subsistance, avant de quitter (t) les fonctions pénibles dont l'espoir d'être utiles à nos concitoyens a pu seul diminuer le fardeau. Heureux si les dernières représentations que notre devoir nous impose de vous adresser , sont favorablement accueillies de votre justice i Ce serait trahir nos obligations les plus saintes^ et manquer à la confiance dont nous honore la patrie , si nous ne mettions pas sous vos yeux son vœu le plus cher et sa plus douce espérance : ils sont d'être Français, d'être traités comme des Français.

> Il n'est pas dans notre intention, citoyens représentants, quand vous nous associez aux Belges , d'avoir des sentiments d'éloignement pour ce bon peuple , ou de réclamer pour nous des mesures exclusives; ils sont nos concitoyens, nos amis, nos voisins et nos frères; nous désirons leur attachement, leur confiance et leur eslime. Nous croyons les mériter et nous espérons les obtenir, car toujours des peuples sont sûrs de s'entendre et de s'unir par les liensjde la fraternité, toutes les fois qu'ils sont , comme eux et nous , brûlant du saint amour de la patrie , ne respirant que la haine pour le despotisme , et le besoin dévorant de la liberté. Mais l'heureuse destinée des Liégeois est fixée à jamais: si les Belges ont pour eux l'émission d'un vœu de réunion , nous avons, nous , un vœu accueilli, un vœu accepté; le décret solennel de la Convention nationale a publié notre réunion à la France, les Liégeois sont Français, ils ne

(i) LVganisatiOD décrétée le 26 brumaire ne fut, du moins à Liège , effectuée que trois semaines après , comme on va le voir.

(1794-AN ni] CHAPITRE XXIX. i51

pourraient plus se faire à Pidée de n'être point partie intégrante de la république , d'être subordonnés à une administration supérieure qui n'est point française, à une administration où nul Liégeois ne siège et ne peut servir les intérêts de ses concitoyens , à une administration qui ne leur offre pas directement les lois du gouver- Dément révolutionnaire qu'ils choisissent , et de la constitution républicaine qu'ils ont solennellement adoptée. Vous-mêmes, citoyens représentants, vous avez reconnu qu'un décret positif nous avait rendus Français , plusieurs de vos arrêtés ont annoncé qu'il serait pris des mesures particulières pour le département de Jeomiapes et pour le ci-devant Pays de Liège. En effet, nous qui nous sommes donnés bien longtemps avant la conquête , nous que la France a adoptés comgie peuple souverain et libre, nous ne devons pas être traités comme pays conquis. Et cependant, citoyens représentants, nous ne serions plus qu'une fraction de ces derniers, par la nouvelle organisation que vos arrêtés nous annoncent ; bien plus, la moitié du ci-devant Pays de Liège, celle qui habite la rive droite de la Meuse , celle qui , par sa position géographique , par ses mœurs, l'uniformité de son langage, ses relations et ses habitudes est la plus rapprochée du régime français, celle-là ne fait pas même partie de l'arrondissement que vous venez de déterminer. Veuillez, citoyens représentants, vous occuper de son sort avec l'intérêt qu'elle mérite. Naguère leur terre était opprimée encore par nos barbares ennemis. Quand ils sont les honorables victimes de leur attachement à la plus sainte des causes, quand ils respirent à peine après tous les maux qu'ils ont soufferts, consolez-les, consoleznous en nous montrant dans vos arrêtés le décret bienfaisant qui nous réunit à la république.

> Telle est la réclamation que nous nous empressons de vous faire entendre avant de quitter notre poste. La voix du citoyen succédera ensuite à celle du fonctionnaire public. Toutes deux sont également sacrées aux yeux des hommes libres. Nous vous prions donc, citoyens représentants, de hâter la nomination de nos successeurs et de leur laisser toute la latitude de pouvoir nécessaire, pour opérer le bien de notre patrie d'après le vœu national. » (i)

(i) Archiva de V Administration centrale. Registre aux procès-verbaux des séances du 28 fructidor an II au \ A frimaire an III. Vol. il7.

45*2 RÉVOLUTION LIÉGEOISE. [t794-AN IIl]

Le surlendemain (25 novembre-5 frimaire ) ^ conformément à la motion faite trois jours auparavant^ on chargea Bassenge, qui s'était, comme on l'a vu, rendu de Bruxelles à Paris, d'exposer à la Convention la situation exacte du Pays de Liège , et d'insister sur c la nécessité où il se trouvait de jouir au plus tôt des avantages d'être français. » La Municipalité s'associa à la démarche , et adjoignit à Bassenge un de ses membres, Renard.

L'organisation, décrétée le 26 brumaire , ne fut à Liège mise en vigueur que trois semaines plus tard. Le 12 frimaire (2 décembre) y arrivèrent Joubert et Portiez de l'Oise , et l'Administration s'empressa de députer quatre de ses membres (i ) pour les complimenter, € et leur faire des représentations sur l'état des subsistances et la nécessité de s'en occuper dans le plus bref délai. » Le lendemain, Hyac. Fabry fit un rapport au nom de Ja députation : les représentants avaient promis de s'occuper de suite de la question des subsistances, mais ils s'étaient plaints assez amèrement du discrédit qui frappait les assignats. Cette séance du 13 frimaire fut la dernière de l'assemblée, dont la qualification : Administration centrale , avait été une concession aux susceptibilités nationales ; le nom A" Administration d'arrondissement y donné à celle qui lui succéda, prouva que la Convention n'entendait nullement maintenir Vunité de l'ancien Pays de Liège, qu'elle entendait au contraire, chez nous comme en France, rompre avec la tradition historique et briser les nationalités provinciales au profit de sa formidable centralisation.

Sur l'installation de cette Administration d'arrondissement, voici ce que porte le procès-verbal du 14 frimaire (4 décembre) : c Les représentants du peuple se sont rendus au lieu ordinaire des séances de l'Administration provisoire du Pays de Liège , où se trouvaient également assemblés les membres qui composaient cette Administration provisoire, et qui avaient été convoqués à cet effet. Les représentants ont requis le citoyen Bouteville , mis en réquisition pour remplir les fonctions d'agent national de la nouvelle Administration d'arrondissement de Liège , de faire lecture de deux arrêtés («) par eux pris: le premier à Bruxelles le 27 brumaire,

(4) Sélys, Piette, Digneiïe et Hyac. Fabry.

(i) n est assez singulier que ces deux arrêtés ne se trouvent pas dans le Recueil particulier à Liège.

[1794-ANIIl] CHAPITRE XXIX. 455

et le second cejourd'hui à Liège. ^ L'arrêté du 27 brumaire organisait ce qui n'avait été que décrété la veille^ en établissant « une administration particulière pour Liège et sa banlieue , avec la partie du pa;s en deçà de la Meuse. » Ainsi le quartier de Franchimont d'une part — grâce surtout aux démarches des avancés — le Condroz d'une autre, étaient détachés du pays auquel ils avaient été unis pendant plusieurs siècles ; ils allaient être incorporés : Tun dans le territoire qui ressorlissait de l'administration centrale d'Aix-la- Chapelle , l'autre dans les arrondissements de Namur et de S'-Hubert. Ce n'était pas tout: à la gauche de la Meuse, on prenait encore toute la Campine liégeoise et une partie de la Hesbaye, qui passaient dans l'arrondissement de Maestricht, et l'Enlre-Sambre-et-Meuse, qui passait dans celui de Namur. L'arrêté du 14 frimaire désignait les neuf membres composant l'administration d'arrondissement: c'étaient Defrfincey peintre; Deirixhe, homme de loi; fiam^^n^ de Hasselt , homme de loi; Spiroux^ de Florenne; Fabry fils; Pielte; Hauzeur père, de Jemeppe ; Demaret de Ghâlelet; Billoiey de Yesoul , déparlement de la Haute-Saône ; Bouieville , agent national (i). Ces deux derniers étaient Français ; mais ils comprirent , Bouteville surtout, la nécessité de s'identifier avec ceux dont ils étaient chargés de défendre les intérêts, et il n'est resté, dans les documents de ce temps, que des traces honorables de leur 'présence dans l'administration.

Après la lecture faite par l'agent national, les membres présents à la séance prêtèrent serment, puis Portiez de l'Oise prit la parole: € Dans un discours improvisé , porte le procès-verbal , lia, fraternellement et avec une éloquence douce et persuasive , montré aux Liégeois comment il leur convenait de soutenir la grande et intéressante réputation qu'ils s'étaient acquise, de rendre efficaces les efforts qu'ils faisaient depuis longtemps pour conquérir la liberté , et de prouver qu'ils étaient réellement appelés à l'inappréciable avantage d'être

(i ) La copie de Tarrété , insérée dans le procès-yerbal où nous le copions, donne le nom d*un dixième membre, Benoist-Dumont, qui était, croyons-nous, un étranger, et k qui on donne la qualiûcation de quartier-maître , ce ql^est inintelligible pour nous, à moins de supposer qu*il avait ce grade dans Tarméc. Voulait-on en faire un suppléant? C'est possible, mais Tarrété ne le dit pas.

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