‹ Histoire de la révolution liégeoise de 1789Chapitre 5 sur 48 · TOME 11. i · texte numérisé non relu

TOME 11. i

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et ces cahakurs, ces intrigants avides de popularité, c*étaient ceax de ses compatriotes qui , après avoir contribué à le hisser sur le piédestal où il se pavanait , avaient eu plus tard le tort de le trouver ridicule, et de résister à ses violences dans le Conseil. Le nom du ministre de l'Empereur revient assez fréquemment dans ce paragraphe 13, et il est probable que le démenti donné en son nom porte sur le passage où Ton dit (i) quMl promit aux députés de satisfaire à leurs demandes si les Liégeois se décidaient à envoyer leur sou- . mission à la Chambre impériale et aux princes-directeurs.

La lettre de Beelen renferme encore ce curieux renseignement, que le caractère connu de Harie-Christine rend vraisemblable : € L'archiduchesse est aussi dans vos intérêts. Elle ne voulait pas voir le prince ; mais comme il a fait des démarches depuis huit mois pour la recevoir en passant , on Ta engagée à y déjeûner ; mais elle ne s'arrêtera qu'un moment, de sorte que cette visite ne doit pas vous faire ombrage. On ne parlera pas d'affaires, et s'il échappe à sa pétulance quelques sarcasmes , ils seront contre lui ou Waseige. » Au jour indiqué par Beelen dans sa lettre, Marie-Christine et son mari quittèrent en effet Bonn (14 juin), où ils avaient séjourné près de deux ans , et ne s'arrêtèrent que peu d'instants auprès de Hoensbroech. Metternich les suivit à trois semaines d'intervalle (5 juillet). A Liège il rencontra Mercy , qui venait de déposer ses pouvoirs entre les mains des gouverneurs-généraux , et qui allait prendre les eaux de Spa. Les deux hommes d'État s'entretinrent longuement des affaires du pays (s) , et, si Fabry était bien informé , ils présentèrent un plan d'arrangement que le Chapitre repoussa (s). Il est certain que Metternich eut une conférence avec

( i ) Page 45. Nous avons déjà signalé cettre brochure de Levoz.

(t) Dans une dépèche du A juillet, Mercy, en annonçant k Kaunitz son prochain départ, lui disait : « Je verrai à Liège M. le comte de Metternich, et Je raisonnerai avec lui des affaires de ce pays-là , et de leur rapport avec celles-ci. • ChaneellerU des Pays-Bas à Vienne , vol. 365.

(s) Il se trouve dans les papiers du bourgmestre patriote an brouillon qui partit être celui d'un article destiné à quel<iue Journal , et on y lit : « Les comtes de Mercy et de Metternich ont donné, dit-on, un plan, et conseillé au prétendu souverain , et à ses prétendus co-souverains, les chanoines de S^Lambert, de Taccepter. Les derniers , dit-on encore, ont osé répondre quMls ne Taccepteraient pas • Daté du 17 Juillet 1791. Papiers de Fabry.

[ITMJ CHAPITRE XVII. 55

Hoeosbroecb ; des promesses doivent même lui avoir été faites , car, assailli de réclamations dès son arrivée à Bruxelles par les malheureux qui, depuis six mois, languissaient dans Taltente d'une amnistie, il leur recommanda une grande réserve : on était , disait-41 , en voie d'arrangement , et il fallait éviter de fournir dés prétextes pour rompre la négociation.

Ce n'était qu'un leurre , car Hetternich était à peine parti, que la première liste des bannis paraissait (8 juillet); elle avait eu un siaistre précurseur dans la condamnation de Duperron , qui souleva rindignation, même à Wetzlar, et exerça une influence considérable sur la marche des événements.

Duperron , citoyen généralement estimé et déjà avancé en âge , avait été l'un des commissaires de la Cité. Membre d'un corps chargé particulièrement de veiller au maintien des privilèges communaux , il avait fait profession de patriotisme avant le 18 août, et publié plus tard une dissertation historique sur le collège dont il faisait . partie (i), puis un projet de municipalité (i). Il n'y avait là, notonsle , rien d'injurieux pour Hoensbroech ni pour ses conseillers. Après le 18 août, Duperron avait naturellement continué l'exercice d'une charge déclarée inamovible, et que la réaction lui retira par un véritable abus de pouvoir. Évidemment on ne pouvait lui faire un crime de son adhésion à la révolution , adhésion qui était commune à presque tous les fonctionnaires , même à une partie des échevins de Liège. Il fut condamné pour avoir été l'un des chefs de la rébellion du 18 août, et on en trouva la preuve dans le fait avoué par lui qu il avait dressé la liste des bourgmestres et conseillers intrus ^ t ce qui prouve évidemment , porte le jugement de condamnation (s), qu'i

( i) Reeherehet sur Viniiiiuiion du corps des nu^res et commissaires de la noble Cité de Uige. In-8* de 40 pages.

(fl) Pn^et de munkipaliU et d*éleetion magistrale pour la Cité de Liège, !n-8« de 40 pages.

(s) Grand greffe des échevins. Actes sommaires au criminel, 1741 k 1702. C. 210 , case 12. Il devait y avoir une irritation bien vive contre ce malheureux parmi les hommes du gouvernement, car on trouve, dans une leUre d*un correspondant de Gliisels , ce passage dont interprétation ne nous parait pas douteuse : f La nuit passée (18 au 19 décembre 1790), le chef-commissaire Duperron a passé la nuit à la garde du pont d*Avroy avec son écharpe; nous t&cherons de lui en procurer une neuve bientôt, afin de ménager celle qu'il a. i Fonds Ghisels^ farde 413,

m l^éVOttJTtON LlÉGËOlSfi. (lî9l]

était du complot, sans qu'ion paisse prêter aucune attention aux fariboles qu'il a imaginées pour se disculper. » On lui reprochait aussi d'avoir prononcé, dans Téglise de S^-Martin-en-Ile, sa paroisse, le Saint Sacrement étant exposé^ — circonstance aggravante dont l'accusé n'avait cessé de nier l'existence — une allocution patriotique à l'occasion de la bénédiction d'un drapeau. Ne se croyant pas sérieusement menacé, le vieillard n'émigra point. Mal lui en prit : arrêté par ordre de la Commission exécutrice et traduit devant l'échevinage, il fut, après un simulacre d'instruction, déclaré coupable du crime de lèse-majesté et condamné à mort. La procédure introduite dans ces circonstances par la Chambre impériale faisait aux échevins une obligation de renvoyer le jugement à des juges impartiaux pris à l'étranger {ad impartiales exteros), à moins que l'accusé ne renonçât au bénéfice de cette disposition. Pour y amener Duperron , on usa de supercherie en lui cachant le sort qui le menai * çait, et en lui mettant sous les yeux la perspective de la longue détention qui l'attendait, s*il fallait organiser ce tribunal extraordinaire dont il pouvait invoquer l'intervention. Le malheureux donna dans le piège, et sa condamnation fut aussitôt prononcée.

Au dire d'un correspondant de Lebrun ( i ), elle faillit occasionner une émeute. Un attroupement considérable, dit-il, s'était formé autour de la prison de S*-Léonard , et l'autorité civile , effrayée , avait réclamé l'envoi sur les lieux d'un détachement de hussards qui allait se ruer sur la population quand l'officier autrichien qui commandait ce poste et partageait probablement le sentiment de commisération de la foule, s'avança seul, fit retirer la troupe, et par ses exhortations, parvint à dissiper l'attroupement. Pour échapper au supplice qui l'attendait , Duperron en appela à la Chambre impériale, qui lui délivra des lettres informatorielles, en d'autres termes ordonna de surseoir à l'exécution. L'émoi en effet fut grand à Wetzlar. Ces hommes si empressés de porter des sentences sévères s'arrêtaient consternés en voyant l'usage qu'on voulait en faire , et Zwierlein écrivait à ce sujet au grand-prévôt ces lignes féroces : « Ces mêmes rapporteurs qui, passé trois mois, voulaient eux-mêmes qu'on fit des exemples, se sont laissés entraîner par une compassion

(0 Numéro 52 du 11 août 1791.

intempestive y soas prétexte qu'il s'agissait de la vie d'un malheureux, el qu'un délai ne portait préjudice à personne. » La Commission exécutrice elle-même sollicita en faveur du condamné. Le gouvernement de Hoensbroech ne l'entendait pas ainsi : il soutenait le caractère souverain des décisions de l'échevinage, et persistait à Touloir exécuter la sentence. Pour soustraire le condamné à une mort horrible, il fallut une puissante intervention: celle des gouverneurs-généraux, et de Mercy, qui était encore alors à Bruxelles. Dans une lettre de Chestret à Bailly (9 juillet) on lit: f On me mande que , la veille de l'exécution , des lettres sont arri- Tées de Bruxelles pour l'empêcher. * Une autre dé Defrance à Fabry (4 juillet) porte : « Le comte de Mercy doit avoir écrit à l'évêque de stater toute exécution , en lui demandant s'il croyait rentrer dans Liège sur les cadavres des citoyens, comme avait fait Maximilien. Il doit aussi avoir donné l'ordre au général Keuhll de s'emparer du condamné, si le prince n'obtempérait pas. i> Ce sont là bruits de ville, vraisemblables cependant. Voici quelque chose de plus certain : au mois d'août 1792, lors de l'élection deMéan, le président du Conseil privé, Crumpipen, fut envoyé à Liège pour complimenter le nouveau prince, et, le 19 de ce mois, il mandait à Metternich qu'il avait sollicité en faveur de Duperron « qui , disait-il , sur la demande de leurs Aliesses Royales^ avait été condamné à une détention perpétuelle, par conunutation de la peine de mort qu'il devait subir. J'ai vu, ajoutaitil, la femme éplorée de cet homme qui mourra dans peu, s'il n'obtient pas son élargissement, et je n'ai pu résister à cette vue déchirante. Quoique le prince m'ait répondu qu'il serait difficile d'accorder cette grâce , il m'a paru pourtant qu'il ne s'y opposerait pas absolument; j'ai même lieu d'espérer que, si leurs Altesses Royales daignent s'intéresser directement auprès de lui en faveur du malheureux Duperron , il serait possible qu'il recouvrât la liberté. Ce serait lui rendre la vie, comme à sa femme et à ses enfants , déjà écrasés par les frais d'une ruineuse procédure. > (i) Le condamné n'avait en efTet obtenu cette commutation de peine qu'à condition de payer les frais du procès, et aussi de fournir caution pour le palment de ceux que devait entraîner sa longue captivité. La haute interven-

( 1 ) Chancellerie des Pays-Bas à Vienne , vol. 379.

tien suggérée par Cmmpipen n'eut pas lieu , ou plus probablement la rancune de ces prêtres sans entrailles fut implacable, car Duperron ne sortit de son cachot qu'à la fin de 1792, lors de Tarrivée des Français. Sa femme était morte de chagrin peu de temps auparavant.

Reporta des patriotes liégeois avec Metternich. — - Embarras de Fabry. ^ Sa correspondance avec Gosuin , intermédiaire du ministre auprès de lui. — Chestret persiste dans son isolement — Bassenge publie son Adreue à rEmpereur. — Lettre de Fabry à Léopold. — Zwierlein à Bruxelles. — Instructions envoyées par Metternich à son commissaire à Lié^e. — Elles sont soumises à Tavis du Chapitre. — Gomment celui-ci se tire d'embarras. — Mandement du i% septembre. — L'amnistie du 80 octobre. — Mécontentement de la Chambre impériale. — La lettre de Hoensbroech au grand-juge. — La sentence du 9 décembre. — Comment l'apprécier. — Correspondance de Zwierlein.

Ayant son arrivée à Bruxelles, Metternich avait déjà reçu au moins deux lettres de Fabry, une de Wesel, Tautre de Bouillon. Nous n'^avons point retrouvé la première; la seconde renferme un exposé des circonstances qui amenèrent la soumission des Liégeois , et du sens qu'entendaient donner à cette soumission ceux qui la faisaient: € Il ne s'agissait alors, dit Fabry à propos de la première entrevue avec d'Aspre le23 décembre, que de recevoir les Autrichiens comme nous avions reçu les Prussiens , comme des amis , comme des protecteurs , pour maintenir la paix , pour rétablir le calme et maintenir runion(i). » Ce qui résulte surtout de cet exposé , c'est le vague des engagements déterminé par le désir : d'une part de brusquer la soumission , de Tautre de ne la faire que le plus tard et la moins complète qu*il était possible. Rasquinet, de son côté, avait aussi fait sa requête , qui semble avoir été envoyée vers le

( I ) Cette lettre existe en brouillon dans les Papien de Fabry,

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milieu de mai : elle avait Pamnislie pour objet, et énumère à cette occasion (i) les cruautés du gouvernement de Hoensbroech. Quand Mettemicb fut arrivé à Bruxelles, Rasquinet obtint une audience , et en rendit compte à Fabry dans une lettre du 10 juillet , douze jours ainsi après Farrivée de ce ministre. Nous insérons la pièce en entier à cause de son importance ; ce ne sont plus ici les rapports d^un personnage plus ou moins officiel , mais la relation circonstanciée d'une entrevue avec le ministre même , faite par un homme posé et intelligent.

« Je conviens avec vous, mon digne et respectable ami, que jusqu'à présent nous avons été dupes des ministres, puisque , ayant tous passé par Liège , nous n'avons rien vu de ce que Ton nous avait promis^ mais au contraire nos tyrans se sont tout permis, au point de confisquer les biens de différents citoyens , d*envoyer des mandements des XXII, et de persécuter tout le monde. Je vous avoue que, comptant sur les promesses de H' de Hercy, sur ce que nous recevions de favorable de Liège , je m'étais rapproché de la ville , lorsque tout-à-coup on vint m'annoncer des horreurs nouvelles (s). Sur ce moment je pris le parti de retourner à Bruxelles, de faire rassembler les amis qui s'y trouvaient, et, en leur annonçant tout ce qui se passait, je les mis, bien malgré moi, dans la plus grande affliction. Après avoir longtemps réfléchi, il fut conclu de faire une députation à M. de

Mettemicb, composée du comte de B (3) du chevalier (i) et de

moi. Notts f&mes bien reçus, et nous lui dîmes que nous venions pour savoir le dernier mot, et si enfin Ton nous rendrait justice , que sans cela nous allions nous la rendre. Nous lui fîmes un exposé de tout ce qui se passait à Liège , et nous parlâmes d'une manière non équivoque; le ministre nous dit de retourner le lendemain, qui est aujourd'hui , à dix heures , et qu'ensemble nous combinerions les moyens d^arrèter les persécutions , et de faire accorder l'amnistie. Nous en «ortoms , et nous sommes obligés de convenir que nous avons

{ 1 ) Nous avons trouvé dans le Fonds GhiseU une farde enUère , la 509*, renfermant des papiers qui proviennent de cet échevin. Gomment sa trouvent-ils là? Probablement à la suite d'une saisie.

(t) La condamnation de Duperron.

( s ) Ce doit être le comte de Berlo-Suys , Tun des bannis de TÉtat-noble.

(4) Le cbevalièr deDonceel.

ItTM] CHAPITRE XVIII. 61

lîeo d'être parfailemenlcontenls , et que cette fois il n'esi pas possible féire trompés ; vous trouverez TeipressioD forte , mais d'après ce que vous allez voir, vous en conviendrez. Le ministre avait reçu de

B (*) des lettres qui étaient, en réalité, les mêmes que celles

que nous lui montrâmes; il nous dit qu'il allait à l'instant envoyer par estafette à Liège l'ordre précis de donner Tamnistie , de suspendre toute exécution , de faire stator les XXII et toute expèce de vexation ; qu'ail nous plaignait , qu'il était plus que temps de faire finir toutes ces horreurs; qu'il ne nous cachait rien, et que son unique but, ^rès avoir sauvé l'empire dans son autorité , était de mériter notre confiance. Il avait la larme à l'œil au récit que nous lui flmes de nos malheurs , et je suis absolument convaincu de sa manière de penser et delà suite de ses opérations; il ne nous a pas limité le temps qu'il donnait au prince , mais nous lui dîmes qu'après deux fois vingtquatre heures, nous n'étions plus maîtres de l'effervescence du peuple et que l'on se repentirait des suites ; que les Français étaient nos amis , et qu'à la fin nous nous adresserions au diable , plutôt que de supporter un joug aussi affreux. Voilà, mon bon ami, l'état des choses. Soit les circonstances , soit bonne volonté, je crois que nous

touchonsà la fin de nos maux, et vousen saurez le résultat d'abord

Si nous sommes encore leurrés , je vais écrire avec vous. »

Ainsi , de la part de Metternich , promesse d'obtenir à Liège des concessions, et, de la part des exilés, d'attendre quarante-huit heures. Il 7 avait un peu de forfanterie dans l'étalage des moyens dont les exilés disposaient , et leur ultimatum fixait un délai bien court. Ils le ooraprirent eux-mêmes en ne revenant à la charge qu'à la fin de juillet) ou dans les premiers jours du mois d'août. Ils adressèrent alors au ministre une nouvelle requête (s) où ils lui réitéraient leurs demandes et l'impossibilité de retenir plus longtemps une population exaspérée. Nous ignorons la réponse de Metternich : il ne put que réitérer ses assurances précédentes , puisque ses efforts vinrent se briser contre une résistance obstinée, non de Hoensbroech,

(i) €ett6 initiale doit indiquer Bonn , séjour de l'électeur. L*archiduc Maximi- U«B était le dépositaire des vues politicpies de la Cour de Vienne.

(i) Elle se troQTe aussi en brouillon dans les papiers de Rasquinet, non datée. Le passage od il parie des iix mm qui se sont écoulés depuis le commeDcement de la réaction permet de lui assigner Tépoque ciniessus mentiOBiiée.

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qall faut laisser un peu en dehors de la question , mais du Chapitre, sur q^i doit surtout peser la responsabilité de ces atroces repré*. sailles.

Aumilieu de ces vaines négociations ^ la position de Fabry devenait des plus délicates : d'un côté ses amis de Bruxelles qui , subissant rinfluence de Hettemich , rengageaient à patienter pour ne pas empêcher un arrangement que ce ministre continuait à leur affirmer prochain , parce qu'en effet il y comptait lui-même ; d'un autre côté, ceux qui en France : à Paris, Sedan, Charleville, Givet, ignorant les obstacles que rencontraient les démarches du lieutenant de l'Empereur , s'impatientaient de ces retards successifs , criaient contre la déloyauté de TAutriche , et voulaient qu'on lui rompit en visière. L'attitude expectante de leur chef leur paraissait une coupable indifférence ; ils insistaient d'autant plus que les adversaires de Fabry , Levez en tête , commençaient à élever contre lui la terrible accusation de fnodérantisme{\) , et mettaient à profit l'occasion pour renouveler leurs récriminations, et donner carrière à leurs sentiments haineux. Pour ceux-ci, n'était-il pas à la tête de ces cabaleurs qui avaient surpris la bonne foi de leurs compatriotes , et les avaient perdus en leur persuadant de se confier à la magnanhnité de Léopold? c Permettez, H' le bourgmestre , écrivait Defrance, l'un des Liégeois les plus dévoués à Fabry, que je vous parle avec franchise. Il est étonnant que vous , Bassenge et Lesoinne rejetiez avec une espèce d'opiniâtreté tous les moyens proposés. Cène serait rien, si un seul, de quelle que part qu'il vienne, était employé I Sans que nous soyons désunis , il n'y a cependant point d'unité. L'ours (t) seul opère ; mais il est seul , et suspect pour l'intérêt quMl a à la chose. » A des reproches semblables il était permis de ne pas rester insensible, et Fabry doit avoir répondu assez durement, à en juger par une lettre nouvelle de Defrance dont voici quelques extraits, qui laissent deviner les manœuvres hostiles de Levez: « Je vois que je vous

( i) f Je n*attends pas un acte de justice de mes oppresseurs. Mes bontés nem*ont valu que le titre de modéré , qualification qui me poursuit JusquMci , où nos enragés , nos calomniateurs ne manquent pas de me Tattribuer pour me rendre odieux. » Lettre de Fabry à son gendre Dupont du 8 juillet 1792.

(fl) Gela désigne Levez , et ici , comme dans la lettre qui suit , il est fait allusion à la publication de la Suiie du préeu.

[l79i] CHAPITRE XVIU. 63

ai Elché , M' le boargmestre , oh I si yous saviez combieu peu c'était mon intenlion i Mais il est bien douloureax poar moi d'entendre dire qae tous et Bassenge avez abandonné la cause du peuple I Je ne parle point de ce que peut dire notre ours, ni deux ou trois petits échos qui Tavoisinent, dont un entre autres m'a dit que, si je o^étais pas si vieux y il me renverrait à Liège par la Meuse sans bateau ; mais des honnêtes gens , des personnes plus droites et qui aiment leur patrie, gémissent de n'avoir rien vu paraître , qui réclame pour la nation ce qu'ils attendent depuis plus de trois mois. Cela leur est dû, ne fût-ce que pour leur donner la consolation de dire qu'on s'occupe d'eux.... On aurait pu faire comme l'ours, sauf la comparaiion et le modèle y annoncer un ouvrage plus important.... Je n'ai jamais douté , et j'ai trop de preuves pour douter jamais de la pureté de vos intentions, non plus que de celles de Bassenge : il me marque OD peu durement dans sa lettre que j'ai toujours aimé à lui trouver des torts. Il a bien tort lui-même ; je voudrais, et n'ai d'autre désir à son égard, que de le voir exempt de certains faibles qui , de temps

en temps, m'ont donné de l'humeur contre lui > (i)

Il y a aussi dans les papiers de Fabry une lettre de Ransonnet qui atteste un grand découragement. Sa femme, sa Gogossey comme il l'appelle, avait été jetée en prison et séparée de ses enfants, du chef de résistance à l'autorité, dans une visite domiciliaire qui avait pour objet de saisir des exemplaires du Précis de Levez. M°^* Ransonnet ne devait retrouver sa liberté qu'au bout de plusieurs mois , à la condition de quitter le pays. Ransonnet mandait à Fabry son complet dénuement, et son intention de gagner Paris. Sa lettre , fort triste au fond , est cependant entremêlée de plaisanteries que la jovialit^i de l'auteur se permettait au milieu des circonstances les plus critiques : c Je suis forcé , disaitr-il , de renoncer à toute correspondance , faute de quoi payer le port. Je conserve soigneusement le peu d'escalins qui me restent , pour manger du pain en route , partant demain pour Paris à pied. Les fontaines que je rencontrerai fourniront gratuitement à ma boisson , car aujourd'hui chez mot il n'est plus question de louis, ils sont tous fondus.... Je

(i ) Lettre du 24 août écrite de Givet. L'autre n*est pas datée , mais doit être de peu de Jours antérieure à celle-ci. Papiers de Fabry.

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renonce pour toujours aux grandeurs , aux rois qui sont des fripons» et à leurs ministres qui ne le sont pas moins. Revoir Gogosse, revoir ma chère métairie et mes enfants, ne plus m'en séparer, voilà ma seule espérance... Je me f.... de Liège, du pays, de la paix de Fexhe ; qu'ils aillent tous aux cent-mille diables ! Ils m'oublieront plus facilement, que malheureusement je ne pourrai les oublier. Pardonnez , bourgmestre , à mon accablante position ces expressions grenadiëres.... Je n^accuse qui que ce soit de mes malheurs. Moi seul, ma facile croyance m'a mis dedans. Je ne me plains pas de l'ennemi. S'il me fait tout le mal qu'il peut , il a raison ; c'est ainsi qu'on doit faire la guerre, et c'est ainsi que je l'aurais faite, si on ne m'avait pas retenu ; nous ne serions peut-être pas où nous sonmies, si tout le monde eût pensé ainsi... On est aux fers, on ne l'a que trop mérité ; nous n'étions pas dignes de la liberté. Je plains seulement les victimes infortunées qui , conune moi , y ont été de bon jeu et bon argent. Assez sur cette triste matière , car vous ne devez pas être dans une position plus riante que la mienne... Je fais à vous , ainsi qu'a mon cher Bassenge , les plus tendres adieux ; soyez assurés que je vous conserve à tous la même estime et le même attachement.... Soutenons ces revers avec plus de fermeté que nous ne l'avons fait, quand nous protestions à la face de l'univers de ne jamais poser les armes; et cependant! .. . Bourgmestre, il en a coûté à un soldat tel que moi I > ( i )

Pour achever de peindre exactement la position des réfugiés à l'égard de Mettemich , empruntons encore quelques extraits de la correspondance de Fabry avec son ami Gosuin. En voici d'abord un d'une lettre du 16 août : c On vient de publier à Liège un édit infâme (i), qui anéantit notre constitution. Je n'en ai pas le détail ; mais entretemps nous ne pouvons plus douter qu'on ne se moque de nous par des promesses et des espérances frivoles. Dans ces circonstances qu'irait faire Bassenge à Bruxelles? Qu'irais-je y faire? On a résolu d'écraser notre patrie et ses défenseurs; on suit cette résolution dans tout, on l'exécute en tout. Il ne sera pas dit au moins que j'y aie consenti. Nous avons différé jusqu'à présent de

(1 ) Lettre datée de Givet le 2!2 juillet, (t) VÉdii fondamental du 10 août.

[I79l] CflAl»ITllE XVllt. 65

rendre publiques nos réclamations. Toujours bercés d^espérances , nous avons craint d'aigrir encore la rage de nos tyrans. Nos ménagements ont été inutiles; il faut donc dire tout à l'Europe indignée.... Le Mémoire sera Texposition détaillée de toute la mauvaise foi de révéque et de son digne Chapitre, les infamies de Wetzlar, Tabsurdité , Textravagance de ses décrets , etc. Tout sera mis dans un jour qui fera au moins rougir les vrais coupables. L'Europe entière jugera si les bayonnettes Léopoldines devaient appuyer tant d'injustices, soos les plus vains, les plus faux prétextes) 1^(1) On voit, d'après ce qui précède, que Fabry, poussé à bout et sentant son crédit sur ses compatriotes ébranlé par son apparente inaction , se préparait à donner signe de vie, sans ménagement aucan pour ceux qui, depuis plusieurs mois, le berçaient avec leurs promesses. Nous dirons toutà-rbeure ce qu'était le Mémoire dont il annonçait la publication prochaine.

A cette lettre Gosuin avait, paratt-il (s), réitéré ses instances pour attirer Fabry et Bassenge à Bruxelles, en répondant aux craintes qu'il croyait être la cause du refus de ses amis , car une nouvelle lettre qui lui fût adressée le 20 renferme ce passage : « Ce D^est pas la défiance de sûreté qui empêche Bassenge et moi de nous rendre à Bruxelles , mais la triste persuasion que nous n'avons rien à 7 faire ni à espérer pour servir notre malheureuse patrie. Tout prouve qu'on a calculé sa perte d'avance , que c'est un parti pris , que nous n'aurons aucune satisfaction des horreurs qu'on y a exercées... L'Empereur doit réparer le mal quMl a fait. Or, comment le réparer? Comment soulager, comment restaurer un pays ruiné par des frais et des exactions horribles? Sera-ce par des représentations, par de nouveaux procès à Wetzlar?... Cela ne suffit plus, mon ami; il ne s'agit plus de palliatifs, il faut un remède qui guérisse; en un mot il faut que la mense épiscopale, que les biens du Chapitre acquittent les dettes. L'évoque et les chanoines de Liège sont les seuls rebelles, les seuls infracteurs de la constitution, les

(1) Papiert de Fabry.

(fl) Nous n'ayons pas retrouvé les lettres de Gosuin, qui probablement renfermaient de curieux détails sur ses rapports avec Metteraicb. Il est assez singulier que Fabry ait conservé les minutes de ses propres lettres , et non les lettres mêmes de son ami.

66 RÉVOLUTION UÊGEOISB. [l79i]

seuls coupables; qaMls soient punis. Nous sommes loin de ce jour de justice! On a voulu nous écraser. Ehl bien, on a réussi; j^en fais mon compliment aux écraseurs^ leur gloire est complète. Mais je nuirai pas ramper sous eux ni m'avilir par des représentations inutiles... Quand je songe à tout ce qu'on a permis et permet encore tous les jours, mon sang bouillonne. Un mot, un seul mot pouvait arrêter tout ; on n'a pas daipé le dire 1 On n'a pu encore obtenir justice sur la moindre chose!... Pauvres Liégeois, comme on s'est joué de vous ! » ( i )

Cette lettre, où Fabry semble ne rien savoir des efforts de Hetternich en faveur des exilés , devait être montrée à ce ministre afin d'aiguillonner son amour-propre et d'obtenir des démarches plus énergiques. Dans sa lettre du 30 , Fabry parle des propos que Defrance lui a dénoncés , et s'explique sur la nécessité de publier sans nouveau retard l'adresse à l'Empereur dont nous parlerons incessamment : « C'est dans le moment où ma situation est la plus désagréable , que j'apprends de Givet les beaux propos qu'on répand contre moi : Je ne fais rien , fai abandonné la patrie , je n*ai fait aucune rédamalion malgré Pautorisalion que f avais eue de r£fa(tiers, etc, etc. On me reproche surtout des ménagements, et d*avoir livré Liège à LéapoU ( a ) ; et c'est dans le moment qu'on me régalait de ces beaux reproches , que je faisais ma protestation ! Jugez , mon cher ami , s'il serait en mon pouvoir de suspendre la publication de l'adresse à Léopold ? On m'impute aussi d'avoir contribué au retard de cette éternelle adresse. Il est vrai que j'avais toujours espéré les changements qu'on promettait, ou plutôt j'avais cru que , par politique autant que par justice , on apporterait quelque adoucissement au sort de notre malheureuse patrie. On n'en a rien fait ; on nous a écrasés complètement , et l'édit a couronné l'œuvre. Je ne peux donc, ne veux, ni ne dois retarder cette adresse trop différée. > La protestation dont on parle ici a été imprimée, et porte la date du 23 août (s). En vertu du mandat spécial qu'il tenait

( I ) Papiers de Fabry,

(f ) Tout cela 8*applique à Levoz , dont Fabry disait d^à dans sa lettre dn 26 : c Ce fou de Levoz vient encore de faire imprimer un bien dégoûtant galimathias, qui en annonce un autre, lequel sera sans doute de la même force. »

(i) In-4" de 4 pages, sans titre ni lieu d'impression.

liTtMj CHAPITRE XVIII. 67

da tiers-Élat, Fabry proteste, de la manière la plus énergique, contre tout ce qui s'est fait à Liège depuis le retour de Hoensbroech , et sortout contre Tédit fondamental du 10 août. Sans doute Gosuin lui avait encore affirmé, et nous croyons qu'il avait raison, la bonne volonté du gouvernement de Bruxelles , car Fabry ajoute plus loin : c Je voudrais qu'il fût encore en mon pouvoir de suspendre l'adresse à Léopold , d'après ce que vous me dites des bonnes intentions du comte de Metternich pour soulager notre patrie. Mais, mon ami quel soulagement pouvons-nous attendre? Que fera-t-on pour ce soulagement ? Depuis plus de quatre mois , les lettres que j'ai reçues de nos compatriotes à Bruxelles annonçaient les bonnes dispositions de Mercy, de Metternich; on promettait que les persécutions allaient finir; on condamnait la conduite de l'évêque et de ses partisans; cependant rien ne les a arrêtés, on a laissé tout faire, et notre ruine est consommée, et notre liberté et notre constitution sont détruites I II n'y a plus qu'un moyen de sauver la patrie : il faut que Léopold sache et puisse dire qu'il a été trompé , et qu'il va réparer le mai qu'on a fait par l'abus de son nom et de son pouvoir; sa gloire en dépend, et ses vrais intérêts sont d'accord avec sa gloire. » { i )

En définitive, tout en refusant de faire, comme le demandait Gosuin de la part de Metternich, un nouvel exposé des griefs de la nation , exposé qu'il soutient inutile , Fabry a soin de profiter de la circonstance pour remettre sous les yeux du ministre les reproches qu'on fait à sa politique , car les lettres d'où proviennent ces extraits sont ostensibles et destinées— Gosuin en est pré venu— à lui être communiquées. Toutes ont le même objet en vue : prouver que l'honneur et le soin de sa propre dignité font à l'Empereur une loi de réprimer les cruautés du gouvernement de Hoensbroech. Dans un billet joint à celle du 30 août on lit encore : c La maudite adresse n'est pas encore bâclée. Je ne sais encore ce qu'elle coûtera , ni comment la payer; mais pour en empêcher ou suspendre la publication, vous sentez que cela est impossible; les criards s'en prendraient à Bassenge et à moi. Je suis outré de leur injustice et de leur ingratitude à mon égard.... Ma protestation aigrira encore contre moi les tyrans; mais

(i) Papiers de Fabry.

68 RÉTOLtlTlOfl UÂGBOISE. l^»! ]

j'espère aa moins qu^'elle satisfera ceux qui me reprochaient de ne rien dire. » Le 11 septembre, Fabry annonça à Gosuin que Timpression de l'adresse était terminée^ et que Bassenge allait en porter à la poste trois exemplaires pour Mettemich. Gosuin ayant ensuite , le 19, mandé son prochain départ pour Paris» et exprimé le désir qne Bassenge vint le prendre à Bruxelles pour raccompagner, Fabry lai répondit (le 22) que Bassenge comptait partir le lendemain, et qu'on attendait Lesoinne, qui était obligé de revenir au pays pour ses affaires ; il ajoutait : c On me dit que , datu les circonstances , il est essentiel que je paraisse à Paris, et j'en sens la nécessité. Je vois encore bien des obstacles: mon âge (i), ma santé, l'éloignement de ma famille, etc. N'importe^ je ferai encore ce sacrifice à ma patrie, si je puis le faire. » Il terminait ainsi cette correspondance , à laquelle sans doute mit fin le départ de Gosuin pour Paris : c Bonsoir, mon cher Mambour, je ne jaserai pas davantage aujourd'hui avec vous. J'espère que nous nous reverrons dans un endroitou l'autre.» (s) Il y avait encore un autre réfugié dont il convient de dire ici quelques mots. Quoique entraîné, par la haute opinion qu'il avait de lui-même, à se séparer de ses anciens amis, qu'il appelait dédaigneusement les savants , c'est-à-dire , des théoriciens étrangers à la pratique des affaires , Ghestret avait le cœur trop fier, il avait trop le sentiment de sa dignité , pour se prêter à une soumission qu'on eût peut->ôtre acceptée avec empressement. En môme temps, conmie il avait dans la révolution joué un rôle trop important pour ne pas craindre la réaction, il resta à Berlin, où il avait été envoyé en novembre avec Bassenge et Hyac. Fabry , et il en partit seulement au commencement d'avril pour venir à Wesel, que ses compagnons d'infortune avaient quitté. Il continua à résider sur les territoires prussien et hollandais, allant de Wesel à Kessel, revenant à Wesel^ puis s'établissant à Venloo , où il se trouvait lors de l'arrivée des Français en Belgique, à la fin de 1792. Il n'avait d'autre correspond dant que son ami l'avocat Bailly (s), membre du tiers-État, porté sur

( I ) Fabry était, depuis le 3 novembre i790, entré dans sa 69* année.

(t) PapUn de Fabry.

(s) Nous avons déjk dit que nous devions, à l*obIigeance de notre confrère et ami M. Polain , la communication de cette correspondance , qui , du reste , ne nous a pas fourni un grand nombre de matériaux.

Irm] CHAPITRB xviit. e9

la seconde lisle des proscrits , et réfugié à Bmxelles. C'est par lui qu'il était tenu au courant des affaires de son pays, et qu'il noua certains rapports avec Heckel, encore un personnage qualifié secrétaire particulier de Melternich. Toujours satisfait de lui-même et s'exagérant singulièrement son importance , Cbestret continuait à faire bande à part et à bouder ses anciens amis : « Je suis, disait-il, ballotté entre les deux partis, et je me console parce mot d'un grand homme : quand on est parvenu à mécontenter deux partis , on est bien près de la vérité (i ); » Dans une autre lettre où il faisait allusion aax idées qu'il avait défendues et que nous aurions voulu voir plus clairement exposées par lui-même , on lit encore : « Je suis décidé à ne pas faire société avec les savants qui nous ont noyés , et qui , par leur ridicule système, nous ont plongés dans la plus triste situation ; car que pouvon^-Dous demander aujourd'hui ? Les points, les malheureux points de Francfort sont l'unique grâce que nous ayons à attendre, i Par l'intermédiaire de Bailly, il fit parvenir à Hettemich, qui n'y prêta guère attention, plusieurs Mémoires inspirés par un sentiment patriotique, mais diffus et à peu près inintelligibles comme tous ses factums.

Venons maintenant à cette Adresse rappelée à plusieurs reprises dans la correspondance de Fabry avec Gosuin , et dont on paraissait se préoccuper beaucoup à Bruxelles. Elle était en effet depuis longtemps sur le métier, mais la publication en avait été différée pour ne pas entraver les efforts de Hettemich, et parce qu'on y voyait le signal de la rupture avec l'Autriche (s). Cotnmé le ministre ne désespérait pas de voir Hoensbroech se rendre à ses instances', il lui importait de surveiller les démarches de ses protégés , et il voyait avec inquiétude Fabry et Bassenge éloignés de lui et disposés i rompre. Il les avait d'abord invités, par Tintermédiaire de Gosuin, à venir discuter avec lui les griefs de la nation et les termes d'un accommodement. Celte invitation avait rencontré un refus net, et comme , à cette occasion , Fabry avait parlé de la rédaction d'une Adresse à l'Empereur, on avait demandé la communication préalable

(0 Lettre du 49 féTrier.

(t) Fibry reatendaK bien ainsi : « Ce sera, écrivait-il au marquis d*Âottst, une dédarâtion de guerre au fourbe qui trompa rEurope, par les fausses vertus qu'il afficha en Toscane. • Papiers de Fabry,

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