‹ Histoire de la révolution liégeoise de 1789Chapitre 7 sur 48 · TOME II · texte numérisé non relu

TOME II

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exécutrice, ni décret de prise de corps, ni citation édictale, pourraient rentrer dans le pays , sans crainte pour leurs personnes ni pour leurs biens ; qu'il révoquerait la formule de soumission prescrite par son édit du 12 septembre ; qu'il prendrait à cœur les griefs de la nation , ^il y en avait encore , et les proposerait à la prochaine assemblée dès États. La cinquième section, relative aux plaintes particulières portées tant à la Chambre qu'à la Commission , ne présente pas d'intérêt général et ne doit pas nous arrêter.

En lisant cette analyse, on se demandera peut-être si nos réflexions n'ont pas exagéré l'hostilité de la Chambre contre Hoensbroech. Dans l'appréciation d'actes de cette nature, il convient de tenir toujours compte du pouvoir dont ils émanent , et de celui à qui ils s'adressent. Le iribunal suprême de l'Empire était loin d*être sympathique aux révolutionnaires , et on ne pouvait s'attendre à ce qu'il considér&t cooune un plaideur vulgaire un prince souverain forcé de solliciter son intervention. La désapprobation, pour être mesurée dans ses paroles , n'en devient même que plus significative. Voici , en résumé , quelles étaient dans cette sentence les dispositions essentielles , envisagées du point de vue où nous venons de nous placer. Il faut bien les signaler comme nous allons le faire , car nous sommes les premiers à reconnaître qu'il est souvent fort difficile de comprendre , surtout dans une traduction plus ou moins exacte, ces sentences d'une Cour germanique qui semble avoir toujours affectionné un style obscur et des périodes interminables : le pédantisme de Wetzlar était renommé au loin. Signalons d'abord la disposition qui mettait à la charge de l'État ce que nous appel * lerons, pour être plus clair, les dettes de la révolution. Les réactionnaires ardents — c'étaient surtout les membres du tiers-État— auraient voulu que la caisse publique n'en supportât rien. Pour eux, tout ce qu'avaient fait les rebelles était nul, et c'était aux auteurs mêmes des mesures et à eux seuls, fussent-ils membres des États ou investis de fonctions publiques, qu'il fallait s'adresser pour fournir à la dépense que ces mesures avaient pu occasionner. Quant aux actions en indemnité intentées devant les XXII, en annonçant l'intention de mettre fin à ces odieux procès , la Chambre détruisait le principal instrument sur lequel comptait un gouvernement persécuteur , et il flétrissait suffisamment la conduite des juges par les précautions

qu'il prenait pour réprimer leurs rapines. Une flétrissure semblable atteignait Téchevinage par les garanties extraordinaires — pour répoque bien entendu — qu'on accordait aux accusés, dans Fenquéte aussi bien que dans le jugement de leurs procès. Pour Tamnistie enfin , on ne pouvait pas espérer que la Chambre en imposât une « elle qui avait ordonné les poursuites criminelles , mais encore dans son système faisait-elle beaucoup en déclarant qu'il fallait se borner aux procès entamés , rouvrir les portes de leur patrie aux autres exilés , et surtout ne pas exiger d'eux la soumission déshonorante qu'on voulait leur imposer. D'ailleurs les démarches que fit le Chapitre pour amener la Chambre à revenir sur ses décisions, démarches que nous exposerons bientôt, attestent suffisamment combien le coup lui fut sensible.

C'est le 11 décembre que Zwierlein transmit au grand-écolâtre la sentence du 9. La position de cet agent était assez embarrassante. II ne devait pas douter qu'un résultat aussi peu satisfaisant serait attribué à son inactivité , et s'attacha à dissimuler la portée de la pièce. L'État-noble insistait sur l'établissement de son tribunal de paix, et, comme la Chambre avait repoussé cette idée, Zwierlein était en droit de s'écrier triomphalement : < Les XXII sont sauvés ! ( t ) t Mais, en les maintenant , la Chambre n^entendait pas approuver tous leurs procédés , et prenait ses garanties en leur imposant des conditions qui ne devaient convenir ni à eux , ni au Chapitre , qu'on semblait vouloir priver de l'un de ses plus puissants agents de réaaion. Zwierlein , rappelant ces conditions , les présentait à son correspondant comme assez insignifiantes, et comptait bien se mettre à son unisson en lui disant : c II n'y a que le l*' et le 7* articles qui me paraissent durs (s).» Or, veut-on savoir ce qui semblait tel à la miséricorde de Zwierlein et du Chapitre? C'était, entre autres, l'injonction faite aux XXII de rejeter toutes les actions qui n'auraient pour btU que la vengeance ! Au fond , l'agent du prince était plus mécontent qu'il ne le disait : c On protège aujourd'hui ici , écrivait-il encore quelques jours après à Ghisels , les insurgents de tous les pays, autant que Ton peut, dans l'idée de les corriger

(0 Lettre du 11 décembre à Gbisels. Fonds GhiêéU^ farde 678. (t) Même lettre. iM.

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par là des voies de fait , et les animer à réclamer le bras du jnge ; mais si Ton continae dans ces principes, les princes et les magistrats y perdront tous leurs droits. > Plus loin il se décide enfin à dire : c La dernière sentence n'^est pas comme je l'aurais souhaitée. Elle est dictée par la mauvaise humeur que la lettre de S. A. a inspirée, et se fonde sur le principe que la déclaratoire de S. A. et tous les dogmes établis par ses phrases initiales tendent au despotisme, et prouvent que S. A. veut renverser Tancienne constitution. Voilà ce que Ton m'a répondu . toutes les fois que j'ai demandé des preuves du despotisme dont H'HofTman accusait S. A., sans alléguer la moindre preuve. On a même été fort tenté de casser la déclaratoire par point d'office , comme le demandait H. Hoffmann (i ). » La Déclaratoire désigne ici VÉdit fondamental^ et il résulterait de cette lettre de Zwierlein , que la Ghambre se proposait d'aller bien plus loin qu'elle ne l'avait fait : casser le traité conclu par le prince avec les prétendus représentants de la nation t II y avait là de quoi mettre la réaction hors d'elle-même. Dans une autre lettre , Zwierlein revient sur les dangers dont on a été menacé, et, après avoir rappelé à Ghisels que la sentence contient, après tout , des articles très-avantageux, il lui dit : € On a voulu au commencement annuler la Déclaratoire de S. A., comme étant dictée par la crainte à une assemblée d'États incomplète; du moins voulait-on réserver aux États le droit de faire les remontrances qu'ils trouveraient à propos. On a voulu enjoindre au prince de provoquer les États à donner leurs griefs contre la constitution , et enjoindre au corps équestre de préparer les points de réforme qu'il jugerait convenables. On a voulu établir un tribunal de paix, parce qu'il était conforme aux maximes établies l'an 1649. Tout cela est paré, et je crois du moins que voilà les points les plus essentiels, parce que cela aurait embrouillé les choses au point de ne plus pouvoir en sortir, t (i)

(i) Lettre du i5 décembre. Fonds Ghisels ^ farde 878. (i) Lettre du 24 décembre. Dnd.

Sur le départ des troupes et le rappel de la Commission. — Attitude de Waseige dans cette double question. — Terreurs du Chapitre. — Lettres à l'Empereur , aux Électeurs de Cologne et de Mayence, et réponses. — Arrivée du général Beaulieu à Uége. — Orts de tiulloy envoyé aussi à Liège par Metternich. — Son Pro mtmoria,

— Discussions dans le Chapitre. — Réponse au Pro memoria. — Les Ëlecteurs de Cologne et de Mayence reviennent sur leur décision. — Sommes payées par le Chapitre à leurs ministres pour les attacher à sa cause. — Méan envoyé à Bruxelles.

— Son entrevue avec Metternich. — Waseige prépare une nouvelle amnistie. — Nouvelles instructions transmises à Orts par Metternich. — Réponse du Chapitre. — Mort de Léopold et message de Metternich à Hoensbroech. — L*échevin Luesemans envoyé à Vetsiar. — Objet de sa mission. — Ses rapports avec les membres de la Chambre impériale. — Sentence du 80 mars 1799. — Lettre du grand-juge à Hoensbroech« — Les malversations de Kempis sont découvertes.

Aux contrariétés que suscitait au Chapitre la seotence du 9 dé* cambre , vinrent s'en joindre d^autres d^une nature non moins grave^ que lui préparait le mécontentement du gouvernement de Bruxelles. Metternich avait conçu un vif dépit de la manière dont il avait été joaé dans la question de Tamnistie. Restait celle du départ des troupes , et du rappel de la Commission exécutrice. Elle pouvait lui fournir le moyen de se venger^ puisque le sort même de la restauration y était attaché. Si la main qui avait replacé Hoensbroech sur le trône se retirait de lui , infailliblement il tombait de nouveau. Pour punir le Chapitre i^e sa duplicité , Metternich , semblait-il , n'avait qu'un mot à dire ; niais ce mot devait livrer le pays de Liège à la révolution, peut-être à la France, et une telle perspective justifie son hésitation, comme elle explique pourquoi, dans cette nouvelle négo-

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ciation , il recala devant un parti extrême , lui si impérieux , si menaçant au début.

La question du départ des troupes avait été soulevée , dès le mois d'août , par Hoensbroech même. En envoyant le 20 aux gouverneursgénéraux une copie de son Édit fondamental , il les félicitait d'avoir obtenu des États leur consentement à Tinauguration de Léopold , et leur disait que lui-même se flattait de pouvoir bientôt demander aux électeurs le départ de tout ou à peu près tout ce qui restait de leurs troupes ; il espérait , ajoutait-il , que de son côté l'Empereur voudrait bien aussi entrer dans une voie qui tendait au soulagement de son pays. Au premier abord , on serait disppsé à croire à une démarche irréfléchie ; mais il n'est guère probable qu'un document semblable n'ait pas été minuté par Waseige , et la déclaration était en harmonie avec le système qu'il comptait faire prévaloir. Ceux que son despotisme froissait^ et qui n'entendaient pas adopter la direction nouvelle imprimée à sa politique, commencèrent aussitôt la lutte. Le grand-écolâtre , ayant eu connaissance de la lettre du prince, s'empressa d'écrire à Méan pour lui faire remarquer que le départ de la totalité des troupes électorales les mettrait à la disposition de l'Autriche , ce qu'il fallait éviter, et il concluait à la nécessité de faire de suite des démarches auprès des cours de Cologne et de Hayence pour conserver une partie au moins des troupes qui formaient leur contingent. Tout en ajournant ces démarches, Hoensbroech demanda au Comité du Chapitre (i) d'examiner la question, et, ce qui prouve la portée de la phrase introduite dans la lettre aux gouverneurs-généraux, c'est la fin de la réponse de Méan à Ghisels (29 août). A propos du rapport que le prince attendait du Comité, il disait : c Cela lui procurera beaucoup plus de facilités d'en parler à M. de Waseige avec efficacité , et d'une manière bien plus obligatoire et moins susceptible d'objections. > Le Comité procéda avec une telle activité, que, le lendemain du jour où Méan communiquait ces observations à Ghisels , le rapport était remis au prince (30 août) : on y soutenait la thèse que , dans sa position , le pays de Liège avait le plus grand intérêt à se maintenir

(0 Composé du grand-prévôt, du grand-écolàtre et de Tarchidiacre Fabry- Beckers , encore un tréfoncier qui avait figuré à côté de Ghisels dans la catégorie des hommes populaires , et qui avait ensuite tourné le dos aux patriotes.

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en paix avec tous ses voisins, et que Ton manquerait le but si Ton n^ayait que des troupes d'une seule des trois cours chaînées de rexécution. C'était le motif à alléguer dans la pièce ostensible. Au rapport était jointe une note confidentielle pour prouver que^ puisqu'on n'avait pas voulu , deux ans auparavant , la médiation isolée in cabinet de Berlin, on ne pouvait vouloir aujourd'hui celle du cabinet de Vienne.

Évidemment la comparaison manquait d'exactitude : on avait pu repousser l'intervention isolée de la Prusse , parce qu'elle tendait à confier l'exécution à l'une des trois cours formant le cercle qui en avait été chargé ; mais ici l'exécution était accomplie , elle avait été faite régulièrement par l'Autriche , assistée des deux puissances auxquelles elle avait été adjointe , et désormais il ne s'agissait plus que d'une protection que le prince-évôque , sans enfreindre la constitution germanique , était libre de chercher là où il le jugerait le plus convenable. La raison véritable , c'est qu'on ne voulait pas se livrer à la Cour de Vienne , parce qu'on repoussait son sage système de modération. On ne le voulait pas non plus parce que , dans la pensée d'une partie des tréfonciers , c'était courir au-devant de la coadijutorerie d'un prince autrichien, dont Waseige avait toujours été partisan (i). Pour expliquera disposition que montrait celui-ci à sortir de cette réaction violente dont il avait été le promoteur, il ne faut pas alléguer une pensée libérale : elle était, pensons-nous, loin de son esprit. Mais, placé à un poste où chaque jour il appréciait davantage les difficultés pratiques du gouvernement , il comprenait mieux que ses confrères du Chapitre la nécessité de payer par quelques concessions l'appui du gouvernement autrichien. U avait fait de cet appui la base de son système politique , et il croyait , avec raison , qu'une grande puissance ne montrerait pas Tavidité de toutes ces petites cours germaniques qui, dans une exécution, voyaient uniquement l'occasion d'enrichir leurs créatures, sauf à rendre cette exécution plus ruineuse pour le malheureux pays

( f ) < On voit clairement, écri?ait à ce propos Zwierlein à Ghisels , que le dessein de hi Cour impériale est d'établir une garnison perpétuelle à Liège , et cela sous prétexte d*one générosité affectée. Feut-être cela vise-t-il à une coacljutorerie? > Lettre du 8 Janvier 1792. Fonds GhiseU , farde 678.

qui la subissait (i). Se débarrasser de celles-ci pour n'avoir affaire qu'à celle-là, c'était à ses yeux la meilleure combinaison , sous le double rapport de l'économie et de la sûreté. Pour la majorité du Chapitre , tout cela n'avait qu'un intérêt secondaire , et Ghisels le notifia à Méan dans des termes fort vifs. La lettre qui accompagnait la note envoyée à Hoensbroech renfermait ce passage : c Après avoir depuis longtemps observé à M' de Waseige que nous trouvions indispensable , pour le bien du pays , de conserver les troupes des princes électeurs , il se trouve que , loin de s^occuper de cet objet, et de répondre conformément à nos désirs à la note de Mayence qui a annoncé que , le palment arrangé , S. A. E. retirerait ses troupes , M** de Waseige avance au contraire au gouvernement général des Pays-Bas, que les princes électeurs pourront rappeler leurs troupes en entier. Quand je réfléchis à la manière dont il a répondu aux représentations que je lui ai faites dernièrement à cet égard, je vois qu'il n'y a pas de doute que son projet est de ne vouloir que des troupes autrichiennes ici (s). > Pour montrer que le Chapitre était bien décidé à ne pas accepter ce système , Ghisels joignait le modèle de deux lettres à écrire aux Électeurs de Cologne et de Mayence , dans un sens diamétralement opposé à celui de Waseige : on y exposait les raisons qui devaient engager ces deux princes à laisser une partie de leurs troupes pour travailler, avec celles de l'Empereur, à la pacification du pays. Mais si, de son côté , le gouvernement de Bruxelles était fermement décidé à se charger seul de la défense du pays de Liège , comment s'y opposer sans encourir son animadversion ?

Hoensbroech, se confiant toujours en W^aseige, remettait à écrire à Mayence et à Bonn , et il alléguait pour raison qu'auparavant il fallait se mettre en mesure de rembourser les frais occasionnés déjà par Texécution. Ces retards excitaient l'impatience du Chapitre. Il savait les deux électeurs disposés à rappeler leurs troupes ; si on lardait à leur demander d'en laisser une partie , l'ordre de départ allait arriver, l'Autriche prendrait possession, et comme Metternich

(0 n n'y avait pas Jusqu'à la solde, qui était plus élevée pour les troupes électotorales que pour les troupes autricbiennes. (t) Lettre du 29 août. Fandt GhUeU, (îarde 5i2.

aTait flxé à 3,000 hommes environ (i) le nombre des troupes impériales que le gouvernement de Bruxelles comptait laisser dans le pays, les électeurs pourraient tenir la demande pour tardive, et fonder leur refus sur ce que 3,000 hommes suffisaient pour maintenir la tranquillité ; on aurait , en définitive , précisément ce qu'il s'agissait d'éviter : la protection isolée du cabinet de Vienne (s). Précisément au moment où ces instances lui parvenaient , Hoensbroech recevait la réponse des gouverneurs-généraux à sa lettre -du iO août, et, comme il y était fait allusion à un départ de toutes les troupes autrichiennes si le prince déclarait ne plus en avoir besoin , la pièce fut aussitôt conmiuniquée à Ghisels pour calmer ses appréhensions (s ) ; mais la communication manqua son effet, et le grand-écolfttre répondit qu'il conservait ses inquiétudes.

Sur ces entrefaites arriva Leclerc avec ses instructions, qui ne portaient pas seulement sur l'amnistie et le tribunal de paix : il y était aussi question du départ des troupes autrichiennes. Le gouvernement de Bruxelles se proposait de les rappeler toutes — on trouvait qu'elles y perdaient la discipline — sauf à les remplacer par d'autres c en tel nombre jugé absolument nécessaire pour le maintien de l'ordre, > et Ghisels insista pour que le prince déclarât qu'un bataillon d'infanterie et un escadron de cavalerie suffisaient amplement (4). Il faisait encore remarquer qu'on était parvenu à se procurer les fonds pour p^yer les deux électeurs , et qu'il n'existait plus de prétexte pour refuser de faire la démarche tant de fois réclamée ; il lui rappelait qu'en cela il n'était que l'interprète de h presque totalité du Chapitre y et, sans doute pour le décider encore davantage , il présentait Waseige comme étante bout d'objections, c MMe grand-prévôt, lui écrivait-il le 20 septembre, a eu une entrevue avec H' de Waseige^ qui lui a dit qu'il n'était point d'un avis contraire à ce qu'il restât des troupes électorales. Sur quoi MMe grand-prévôt lui a répondu: Eh! bien. M**, nous sommes d'accord alors. » (s)

( I ) n devait Pavoir dit k Zwierlein lors du voyage de celui-ci à Bruxelles. Lettre de Ghisels à Hoensbroech du 8 septembre. Fonds Ghisels , farde 522. (fl) Lettre citée dans la note précédente. (s) Lettre de Hoensbroech à Ghisels du 9 septembre. Ibid. (4) Lettre de Ghisels à Méan du 14 septembre. Ilnd, (s) Itnd.

Ne poavant résister plus longtemps , Hoensbroech se décida enfin à la démarche si instamment réclamée, et, la vei)le du jour où fut publiée la déclaration de Leclerc, il écrivit aux deux électeurs (21 septembre) pour leur annoncer le payement de leur créance dans un bref délai, les remercier de leur généreuse intervention, et les prier de laisser encore une partie de leurs troupes. La même demande était aussi adressée à TEmpereur. Auprès des deux électeurs, le terrain était convenablement préparé : Zwierlein avait obtenu de leurs ministres l'assurance d'une réponse favorable. On n'attendait, semblait-il, que la lettre de Hoensbroech, et, à ce propos, Zwierlein s'écriait : c Hais comment obtefiir que S. Â. donne une déclaration, puisque c'est contre les idées de M^ de Waseige (i)? » Celui-ci, en effet, avait résisté le plus longtemps possible, et n'avait cédé que devant l'insistance du Chapitre.

La résolution ne se fit pas trop attendre. L'Électeur de Hayence fit d'abord quelques objections qui excitèrent les inquiétudes de Ghisels : cVappréhende bien. Monseigneur, écrivait-il â Hoensbroech le 18 octobre, que ces difficultés ne servent aux personnes qui ne voudraient point ici de troupes des princes exécuteurs, pour faire échouer nos vues et remplir leurs desseins (s). » Hais enfin, le 27 octobre , ce prince manda avoir expédié l'ordre de ne rappeler que ceux de ses soldats c dont le temps de service était expiré, et qui désiraient revenir. > Trois jours après, le 30, l'Électeur de Cologne répondait également à Hoensbroech qu'il laisserait à Liège le nombre de troupes jugé nécessaire ; mais en môme temps il appréciait sévèrement sa politique , et finissait ainsi sa lettre : c V. A. ne saurait avoir de plus sûre et de meilleure défense que le cœur de ses sujets. Il ne lui eût coûté qu'un mot pour s'en assurer, il en coûtera des millions à son peuple pour maintenir tant d'esprits ulcérés (s). » Ce langage ne fit pas grande impression sur l'esprit de celui à qui on le tenait , à en juger par ce passage d'une lettre écrite à Ghisels : c Nous pouvons pour le fond être contents; mais il parait ne vouloir pas varier dans ses principes, désapprouvant

(0 Lettre du 18 septembre à Ghisels. Fonds Ghisels , farde 522.

(«) Ibid.

(s) Lettre du 30 octobre. Ibid.

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toujours que je n'aie pas suivi ses conseils de clémet^ce et de pardon général et absolu. » (i)

L'Empereur répondit aussi que, quand Texécution lui avait paru complète, il avait rappelé une partie de ses troupes pour ne pas être plus longtemps à charge au pays, et il ajoutait : « Je consens pourtant avec plaisir à y laisser une partie , pour aider à maintenir et consolider Tordre rétabli. Au reste , je me confie dans la sagesse et le eœur paternel de V. A. plus qu'en tout autre moyen, qu'elle saura, par les voies de justice et de douceur, conserver dans le devoir ceux de ses sujets qui se sont égarés , et que la clémence d'un bon prince vient d'y ramener (s). > Inutile de relever le blâme implicite que contient cette invitation à la clémence, au moment où l'on s'en montrait plus éloigné que jamais.

Que les défenseurs du système appliqué par Hoensbroech, s'il s'en trouvait , méditent ces désapprobations venant de tous les côtés : de Bruxelles, de Vienne, de Bonn, de Hayence et même de Wetzlar.

La lettre de l'Empereur est du 26 novembre. Elle ne parvint à sa destination que trois semaines après ( s ) , et partit de Vienne en même temps que le général Beaulieu quittait Bruxelles , pour venir à Liège prendre le commandement des troupes qui y étaient restées (4). Dès son arrivée, cet officier en informa la Commission exécutrice, en lui faisant savoir qu'elle devait désormais s'adresser à lui pour tout ce qui concernait le commandement militaire , et , peu de jours après (6 déc. ) , il lui écrivit que des ordres supérieurs lui prescrivaient de retirer la garde d'honneur qui lui avait été accordée jusque-là. Des explications s'ensuivirent, et Beaulieu expliqua ainsi la mesure : c Les troupes autrichiennes laissées à Liège n'y ont plus d'autre caractère que de maintenir la tranquillité publique, et ne peuvent plus appuyer l'exécution des décrets de la Commission (5). » Ainsi on avait résolu à Bruxelles de se retirer de

( 1 ) Lettre du 7 novembre. Fonds Ghisels , farde 522.

(«) Lettre du 26 novembre. Ibid.

(s) Cette lettre est jointe k une autre des gouverneurs-généraux du i5 décembre. Ibid.

(4) Il remplaçait Keuhll, qui y était resté depuis le commencement de là restauration.

(8) Lettre du 6 décembre. Ibid.

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rexécution , et la chose fat en effet notifiée à Wetzlar. t Le gouvernement général des Pays-Bas , mandait Zwierlein le 24 décembre à Gbisels, a écrit à H' le grand-juge que, la tranquillité étant rétablie 9 il retirerait ses troupes. Nous voilà donc dénués de notre plus puissant soutien. Je sais que TEmpereur a besoin de ses troupes , mais je crois toujours qu'il y a de la cabale qui a fait prendre ce parti au comte de Metternich (i). > Cinq jours après, le même écrivait encore : c La lettre du gouvernement des Pays-Bas ne contient que le passage suivant : Toute rAUemagne a été témoin dià zèk avec lequel S, M. L s'est empressée de mettre à exécution les sentences de la Chambre impériale et de rendre la tranquillité au pays de Liège. Cependant, comme la continuation des troupes chargeait trop un peuple déjà opprimé par les frais de rexécution , S. M. a pris la réso^ lution de retirer le cercle de Bourgogne de la dite exécution. Je suis persuadé qu'on a encore surpris W le comte de Metternich par son secrétaire , car , quoique TEmpereur ait besoin de ses troupes dans ce moment-ci , le gouvernement des Pays-Bas doit pourtant sentir qu'il a également besoin de conserver la tranquillité du pays de Liège (i). » Pour expliquer ces embarras, il était inutile de supposer des intrigues. Le Chapitre savait fort bien à quoi il devait les attribuer, et si Zwierlein ne trouvait pas d'autre cause, c'est qu'il ignorait sans doute ce qui s'était passé dans ces derniers temps ; son désarroi doit même avoir été bien grand pour proposer de se tourner vers la Prusse : « J'ai des liaisons particulières , lit-on dans la première des deux lettres que nous venons de citer, avec le ministère prussien d'aujourd'hui. Je conseillerais à S. A. de s'y adresser; je crois même que l'on écouterait aujourd'hui nos propositions. » Il était impossible au Chapitre d'entrer dans cette voie , et il lui fallut attendre que l'attitude de Metternich prit une forme plus nette.

L'attente ne fut pas longue. Le 22 décembre , ce ministre écrivit à Waseige qu'il envoyait à Liège Orts de Bulloy , secrétaire de Leclerc pendant sa courte mission , avec une note sur laquelle il appelait l'attention sérieuse du prince. Cette note, datée de la veille etinti-

( 1 ) Fonds Ghiêels , farde 522.

(t) Lettre du 29 décembre à Gtisels. ilnd.

talée Pro memma, était adressée à Waseige, qui, ministre plénipotentiaire de Hoensbroech , était son intermédiaire naturel avec les puissances étrangères. Voici une analyse de la pièce : L'Emperenr « informé de Tétat des choses à Liège , s'est décidé à rappeler la plus grande partie de ses troupes , en déclarant toutefois que celles qui resteraient seraient en cas de besoin renforcées ; après cela , il se croyait en droit de s'attendre à ce que les deux cours électorales rappellassent aussi les leurs, comme elles en avaient formellement exprimé le désir; mais il a appris que le gouvernement de Liège, sans lui en dire un mot, avait fait des démarches dans un sens contraire, < conmie si une nécessité quelconque Texigeait , et comme si les mesures prises de la part de S. M. , pour maintenir et assurer le repos de ce pays , laissaient quelque chose à craindre ou à désirer , à quoi il ne fut pas assez pourvu par la présence* actuelle de ses troupes , et la proximité de celles par lesquelles elle a bien voulu assurer de les faire renforcer, chaque fois que le besoin le requerrait, et on ne saurait se dissimuler que , ni la dignité , ni le bien du service militaire de FEmpereur , ne comportent un pareil doute sur la parfaite sécurité que la présence des troupes doit procurer à tous égards. > Le gouvernement^ énéral désirait avoir des explications à ce sujet, et il les demandait promptes et claires, {i)

Le mécontentement de Metternich était visible et, ajoutons, fort légitime. Il dut y avoir dans le Chapitre des discussions assez vives au sujet de cette sommation un peu brutale ; mais, à cette époque, les protocoles des corps délibérants n'étaient pas toujours bien tenus , et même , quand ils Tétaient, on n'y trouve que les décisions prises , sans le moindre renseignement sur les incidents auxquels la discussion a donné lieu. Ici, heureusement, les papiers de Donceel fournissent une lettre qui jette quelque lueur sur ces débats. Des documents de ce genre ne méritent pas une entière confiance ; on peut néanmoins les produire — et nous l'avons déjà fait — à titre de renseignements plus ou moins vraisemblables , selon le caractère et la position de l'homme dont ils émanent. La lettre en question est d^n ami de Donceel qui continua , après la mort du malheureux bourgmestre, à tenir son beau -frère Paquo, l'abbé de Flône , au

( i ) Pandê Ghiseli , farde 523.

^ RÉVOLOnON LIÉGEOISE. [l79l]

courant de se qui se passait à Liège, Paquo, qui fut lui-même menacé d'être enveloppé dans la réaction (i).

Ce correspondant était Léon de Laminne , agent des trois États. C'était un patriote assurément , mais un patriote modéré, un homme réservé , à qui ses fonctions permettaient de découvrir bien des choses. Or voici ce que le 31 décembre il écrivait à Paquo : c Le 27, arrive de Bruxelles le sieur Orts de BuUoy. Il était 5 heures du soir. Il fait demander par ordre de sa Cour audience du prince, qui la fixe à 8 heures du soir. Il a dit : S. H. I. m'a donné Tordre de faire connaître à V. Â. que l'exécution est finie; qu'elle a besoin de ses troupes , et qu'elle va les retirer ; que , pour dernière communication , elle conseillait franchement à Y. A. de se plier aux vœux du peuple ; que ni la justice, ni la raison ne s'opposaient à cette condescendance, etc. Conseil et Cour toute la nuit. Le lendemain matin ,assemblée du Chapitre. Orts s'y présente, répète son propos et sgoute qu'il a ordre de partir le lendemain , avec ou sans résolution , et que les troupes n'en partiront pas moins d'abord. A 6 heures du soir, autre Chapitre spécialissime. Le grand-doyen est convoqué et ne vient pas. On lui envoie un claustrier pour Tin viter à venir; rien. Puis on lui adresse deux claustriers, signe de convocation pour cause grave; niento. Enfin, se présentent deux tréfonciers députés ad hoc. Il vient en compagnie de ses deux confrères. Tout est répété pour son information , et voici ce qu'il a répondu : Je vous ai prédit depuis longtemps que la tempête grossissait , et que les circonstances ne permettaient pas de faire valoir des abus, des privilèges , des usurpations ; vous avez méprisé tous mes avertissements. Vous n'avez pas encore oublié tout ce que vous avez fait, et vous voulez conjurer Torage i II faut tout accorder au peuple ou fuir. Vous ne ferez pas cela complètement, et il vous en arrivera pis. Achevez de courir à une perte au-devant de laquelle vous vous êtes aveuglément précipités. — Silence ! Et ce silence , qui prouvait la consternation, a enfin été rompu par Waseige : Après les rigueurs, a-t-il dit , les adoucissements sont reçus comme grâces , et nous pouvons aijûourd'hui nous prêter à ces moyens. — Vociférations contre lui ,

(i ) Voir, dans les Papiert de Doneeel^ une lettre anonyme qui lui tai adressée le 17 janvier 1792 , et qui , au dire de Laminne « était du grand-écol&tre lui-même.

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reproches , le plus grand embarras possible ; ils sont tout déconcertés. Il fat convenu de s'assembler pour cet objet d'intérêt majeur et urgent. Waseige s'y est opposé. De là des cris , etc. Les conférences continuent du matin au soir. > ( i )

Nous ferons remarquer la haute vraisemblance de ces renseignements. L'attitude du grand-doyen , qui se tenait dans un dédaigneux éloignement de collègues dont il avait à se plaindre , dont il désapprouvait la politique, n'a rien qui surprenne, celle de Waseige non plus : le langage qu'on lui prête , la colère que lui témoigne la majorité du Chapitre pour la position qu'il a prise à Tégard du gouvernement autrichien , tout cela est parfaitement en rapport avec ce que nous connaissons, avec ce qui est établi par des pièces d'une autorité irréfragable. En somme , on peut admettre comme constant que, malgré l'embarras où le jetait la communication, le Chapitre n'en persistait pas moins dans son système , au risque de compromettre tout. C'est du reste ce qu'établira l'examen des pièces échangées entre Metternich et le gouvernement liégeois.

Le Pro memoria du ministre et sa lettre à Waseige avaient été transmis (30 déc.) au Comité du Chapitre (t) , qui procéda aussitôt â leur examen. Le Rapport, qui se trouve en minute dans les papiers du grand-écolfttre, est tout entier de sa main et porte la date du 8 janvier 1792 (s). En voici un résumé succinct. La demande adressée aux deux électeurs de laisser à Liège une partie de leurs troupes, n^a pas été un acte de méfiance envers l'Empereur. Le prince et son Chapitre lui ont trop de gratitude , ils connaissent trop sa puissance pour ne pas être convaincus que , sous son égide , ils n'ont aucune crainte à concevoir. S'ils ont fait cette demande , c'est qu'il leur a paru que les Cours de Bonn et de Hayence , ayant été les premières â embrasser leur défense , ne devaient pas être brusquement mises à l'écart , quand il s'agissait d'achever la pacification du pays , ce qui fût cependant arrivé si l'on avait provoqué le départ de ioutes leurs troupes. Au contraire , en se bornant à demander une réduction dans le nombre, on leur témoignait des égards mérités, en même

( « ) Papien de D<meeel.

(t) Nous avons déjà dit sa composition : le grand-préYÔt , le grand-écolâtre , rarcllidiacre de Fabry-Beckers.

(s) n comprend 9 pages in-folio.

iOO RÉVOLUriON LIÉGEOISE. [l19S]

temps qn'on allégeait toujonrs les charges du pays. II. fallait bien d^ailleors conserver nne partie de leurs troupes. Le prince et son Chapitre croyaient indispensable, au moins pour quelque temps encore , le maintien de la Commission exécutrice, et Beaulieu , d'un autre côté , ayant déclaré ne pouvoir plus exécuter ses ordres , on devait bien aviser au moyen de ne pas la laisser dans un état de complète impuissance. Quant au reproche d'avoir fait la démarche sans en informer les gouverneurs-généraux , on pouvait , disait le Rapport , se contenter de répondre que , dans une Conférence tenue en présence du prince , le 17 septembre, il avait été décidé que Waseige, qui y assistait et se disposait à partir pour Bruxelles , communiquerait le vœu du gouvernement liégeois à celui des Pays-Bas.

Le système soutenu par le Comité péchait par la base. Il partait du principe que le départ des troupes avait été provoqué par le gouvernement de Hoensbroech , tandis que les électeurs en avaient eux-mêmes pris Tinitiative , et qu'il avait fallu d'assez vives instances pour empêcher Texécution du projet. Il suffisait donc de laisser les choses suivre leur cours, et les deux princes n'auraient pas songé un instant à se plaindre d'un manque d'égards.

Le Rapport finissait ainsi : c Les reproches que peuvent faire à V. A. les partisans de la révolution, au sujet des frais qu'eux seuls ont occasionnés au pays , ne doivent être envisagés que comme les effets impuissants d'une secte qui a menacé non-seulement ses États, mais l'Europe entière , et qui ne mérite pas seulement le mépris des gouvernements, mais provoque encore une plus grande surveillance, à raison des circonstances. Pourrait-on accuser de sévérité Y. A. tandis que tous les citoyens honnêtes se plaignent de l'indulgence du gouvernement , indulgence qui , à chaque instant , exposerait leurs propriétés, si une surveillance imposante n'arrêtait des factieux excités par tous les genres de licence , dont ils reçoivent les premières impressions d'un pays trop voisin du nôtre ? Les insultes qui viennent tout récemment d'être faites publiquement au bourgmestre régent de Verviers, l'audace d'attaquer des sentinelles en faction et d'autres faits ne le prouvent que trop ; les écrits incendiaires , les sourdes menées , les insidieuses promesses de ranimer le feu de la rébellion entretiennent une fermentation difficile à contenir. Nous

[I799j CHAPITRE XIX. 101

désirons plus que personne , Monseigneur , non-seulement que votre sagesse puisse mettre un terme à ces désordres , mais nous protestons que nous attendons, avec la plus vive impatience, que le rétablissement de Tordre et de la paix puisse lui permettre de ne mettre aucune borne aux sentiments de clémence qui sont dans son cœur. > (i)

Ce Rapport, présenté au prince , fut discuté et adopté sans modifications le 9 janvier (s). Quatre jours après il fut transmis à Hettemich et aux deux électeurs , à qui Ton envoya aussi une copie du Pro memoria. Le Chapitre espérait-il amener ces princes à partager sa manière de voir? La chose n'est pas impossible, mais Fillusion fut de courte durée : l'Électeur de Mayence dès le 26 janvier, celui de Cologne dès le 28, répondirent de concert qu'ayant été invités à mettre leurs propres territoires en état de défense , et FEmpereur se chargeant de maintenir la tranquillité dans le pays de Liège, ils venaient de transmettre à leurs troupes Tordre du départ, qui eut lieu effectivement peu de temps après. En môme temps ils écrivirent au grand-juge qu'ils tenaient pour terminée la mission de la Commission exécutrice , et ils rappelèrent leurs délégués.

Impossible de ne pas reconnaître ici la main de Metternich trop ouvertement provoqué , et qui allait poursuivre à Wetziar le rappel de cette ruineuse Commission, véritable vampire attaché aux flancs de la nation liégeoise , dont il menaçait d'épuiser les dernières ressources. Le gouvernement de Bruxelles tenta , paralt-il , d'obtenir de Hoensbroech une résolution vigoureuse (s) à laquelle Waseige se montrait disposé ; mais il aurait fallu secouer Tautorité du Chapitre , et le malheureux prince , souffrant de la maladie qui Temporta quelques mois plus tard , y était moins disposé que jamais. Ébranlé dans

( 1 ) Fonds GhUels , farde 522.

(t) n porte la date du li , avec une quatrième signature, celle dutréfoncier Hompesch.

(s) Od lit dans une lettre de Laminne k Paquo du 22 janvier : < , Hier, samedi, Orts est revenu, n est chargé du message de Tarchiduchesse au prince pour quMl renvoie la commission à vue. Son Altesse a pris terme en-déans le 51 janvier. En Toid le motif : il faut , a-t-elle dit , que j*assemble mes Ëtats , que le public en soit informé , et que je fasse gUsser dans le public mes dispositions conciiiatoires qui seront reprises dans les Proponenda. Ah! on m'abandouue de tous côtés! > Papiers de Donceel.

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