‹ Histoire de la révolution médicale du XIXe siècleChapitre 10 sur 64 · BÉCLARD · texte numérisé non relu

BÉCLARD

Béclard comprenait bien la véritable manière d'étudier l'anatomie. Il indique la suite des ouvrages qu'il aurait publiés si la mort ne l'eiit frappé avant l'âge de quarante ans , beaucoup trop tôt pour la science et pour ses amis.

«Je divise, nous dil-il , l'anatomie de l'homme en anatomie

4(i l'RKPiUATION A I.\ RÉVOLlTIOiN MÉDICALE.

gi-nérale , en analoniie spéciale des organes et en analomie des régions. » Il a distingué le tissu adipeux du tissu reliulaire, en faisant du premior un système particulier. Il a porté beaucoup de précision dans l'histoire analoniicjuc des tissus, et rectifié, sous ce rapport, les idées de Bicliat dans un assez grand nombre de points. Son génie, moins original, moins inventif, moins brillant que celui do Bichat, offrait plus d'érudition, plus d'exactitude et plus de maturité.

Tout semble disposé pour une révolution médicale dont la nature est même tellement indiquée , qu'on pourrait la caractériser d'avance. 11 ne manque plus qu'un réformateur pour l'olTecluer, mais il ne se montrera point encore.

Plusieurs auteurs vont ébaucher cette réforme, aucun d'eux n'offrira toute la puissance nécessaire pour l'accomplir. Toutefois, ces auteurs poseront dans leurs ouvrages les bases de la médecine physiologique d'une manière si précise que son auteur, pour se réserver le monoiiolc de cette révolution , cherchera par tous les moyens à frapper leurs écrits d'insuffisance et de stérilité.

Examinons les faits avec impartialité , conservons à chacun la pari qui doit naturellement lui revenir dans cette réforme, et pour la bien comprendre, remontons jusqu'aux auteurs qui en ont fourni les principaux éléments.

IlÉGA, HENRI-JOSEPH.

Réga , professeur à l'académie de Louvain, dans son ouvrage publié en I7il sous le titre de « /)<■ siinijiulhld seu conscnsu jKiil'um corporis Ituinuui, ac polissiiiiuni rcnlriculi in stafii morboxo , etc. », de la sympathie ou du rapport des différentes parties du corps humain , et plus spécialement de l'estomac dans l'état de maladie, etc., avait signalé l'influence ])alliologi(|ue de ce visière sur toutes les parties de l'organisme. Droussais le reconnaît lui-même il dit, 5" examen, t. 2, p. 205 :

« Réga doit être placé au nombre des médecins qui ont fait

REOA, HENRI-JOSEPH. 4/

beaucoup d'attention à la sensibilité de l'épigastre et qui l'ont attribuée, non pas au centre pliréniquc, ni vaguement aux plexus; mais à l'estomac lui-même , et surtout à la tunique interne de cet organe , qu'il considérait comme toute nerveuse. »

A l'occasion des accidents produits par les narcotiques, Broussais ajoute, loc. cit., p. 20i : « Réga pense que ces accidents ne peuvent être attribués qu'à l'irritation des papilles nerveuses de l'estomac propagée au cerveau, et que le prétendu narcotisme n'est autre chose que cela. Il ajoute , p. 205 : «Réga ne manque pas de faits pour prouver que tous les phénomènes cérébraux , tels que les céphalalgies, le délire, les convulsions, et jusqu'à l'apoplexie, peuvent dépendre de l'affection de l'estomac. » Il dit encore,;). 201 : « Réga soutient, avec beaucoup de raison sans doute, que le foyer des lièvres continues est souvent dans l'estomac.» Il a même placé en tête de son chapitre des Fièvres celte phrase remarquable : « Le foyer de toutes les lièvres intermittentes est dans l'estomac. »

Ainsi Réga, dès l'année 17il, avait non-seulement indiqué, mais encore exagéré l'importance de l'estomac dans la production des maladies. Seulement il attribua la cause de ces altérations à l'influence des humeurs, à l'irritation des nerfs gastriques ; tandis que plus tard on localisa cette irritation dans le système capillaire sanguin de la membrane muqueuse de cet organe.

Cette pensée de Réga, sans doute erronée, si l'on veut l'envisager d'une manière trop exclusive, mais moins éloignée de la vérité que celle par laquelle on a cherché plus tard à la remplacer, peut bien avoir été l'occasion du traité de M. Barras sur les gastro-entéralgies, traité devenu, comme nous le verrons, la critique la plus positive et la mieux fondée de la gastro-entérite étudiée , à l'exclusion et comme le principe de toutes les autres altérations pathologiques.

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