PUJOL DE CASTRES
Piijol est l'un des médecins qui nous paraît avoir jeté les principaux fondements de la médecine physiologique. Peut être même
son Irailé de rinflanimalion chronique des viscères , Paris, 1785, n'a-l-il pas élé complètement étranger à la conception de celui de Broussais sur les phlegmasies chroniques.
Il considère rinflammation comme un phénomène local dont la fièvre n'est que l'extension , il reconnaît des inllammations viscérales de nature lente et chronique ; il fonde cette opinion sur son expérience et sur celle de Baglivi, de F. lloffmann, etc. il a décrit la gastrite latente en 1791 .
Au nombre des causes de l'inflammation, il admet« les violences extérieures, les virus darlrcux, arthritique , scorbutique , vénérien, scrofulcux , cancéreux, etc. les poisons lents, les médicaments trop énergiques, etc. »
Il divise les symptômes des phlegmasies chroniques en locaux et sympathiques; les premiers sont la tuméfaction, la chaleur, la douleur et les lésions fonctionnelles de l'organe afTecté.
Il fait observer que les douleurs locales sont souvent presque nulles ; mais que le défaut absolu de souffrance est une exception , et qu'il existe toujours une sensibilité morbide excitée par la pression pour l'abdomen, et par les fortes inspirations pour la poitrine ; que les lésions fonctionnelles pcuvenl-être à peine appréciables, manipier même en apparence, mais qu'il est presque toujours jiossible d'en constater la présence au moyen d'un examen suflisant.
Le foie, d'ajirès Pujol , est le plus important des organes abdominaux. Parlant de ce principe assurément très-sujet à contestation, il ne manque pas d'attribuer à ce viscère des lésions dont le siège principal se trouve dans un autre , et notamment dans le duodénum, l'estomac, etc.
Arrivé k la gastrite chronique, point capital dans notre question, il fait observer qu'elle amène à sa suite des gastrodynies, des cardialgies, des crampes d'estomac, avec pesanteur, vomissement , dégoût, soif, sécheresse de la langue, amertume de la bouche, fièvre lente et quelquefois jaunisse, par une conslriclion sympa- Uii(pie des canaux excréteurs du foie ; il a trouvé sur les cadavres di' qiu'hpu's sujets morts de celle maladie , la (unique villeusc presque entièrement délruiti'.
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11 fait observer , sous le rapport du traitement que les boissons adoucissantes peuvent seules être supportées ; et que les amers , les prél(Mulus apéritifs augmentent le mal et souvent agissent comme dos poisons lents ; dans la néphrite , il fait dépendre la formation des graviers do l'inflammalion; il pense que la méfrile chronique est souvent méconnue et rapportée à d'autres maladies sous les noms de crispation utérine , de fleurs blanches, etc.
En étudiant les phénomènes sympathiques, il signale surtout la fièvre hectique, l'irritabilité, la mobilité nerveuse, les spasmes, etc. il rapporte le point de départ de ces phénomènes surtout au foie dans l'hypocondrie, à l'utérus dans l'hystérie.
Il admet en outre des sympathies particulières entre les organes ce qu'il nomme : « des amitiés privées, » qui s'exercent entre les viscères au moyen des nerfs. L'estomac particulièrement, d'après cet auteur, présente un grand empire sur tous les organes, et plus spécialement sur ceux de l'abdomen , qui souffrent des ses maladies comme il souffre lui-même de celles dont il sont affectées. « Le J/as^r<7^s produit des céphalalgies, des migraines , des vertiges, une toux sèche et profonde que les praticiens ont nommée toux gastrique. La matrice est aussi l'un des organes les plus influents sur les autres.
Il établit ensuite pour le traitement trois indications fondamentales suivant la période inflammatoire. « 'l°au début. — Saignées, tempérans, dérivatifs; « f avec suppuration du foyer; 3° avec suppuration, abcès ouvert; il faut dans ces deux périodes, ménager les forces, craindre la cachexie, l'atonie, l'hydropisie, il pense que les vieillards, en raison de la rigidité de leurs fibres, sont moins exposés aux phlegmasies chroniques ; hypothèse contraire aux résultats ordinaires do l'observation. 11 conseille des moyens particuliers de traitement suivant la spécialité des causes, telles que le scorbut, les scrofules, la goutte , le rhumatisme, la syphilis etc. Sans approuver toutes les théories de Pujol, oii se trouvent quelques abus de l'humorisme , sans admettre complètement sa physiologie palhologiiiuo , nous n'en trouvons pas moins dans cet auteur les qualités d'un bon praticien; et dans son ouvrage, une
50 PRÉPARATION A I.A KKVOLITION MÉDICALE.
source fécomle où l'îiiileur des i)lilegmasios chroniques et de la médecine pl)ysiologi(]uc a pu largement puiser.