PROST
Prosi dans un ouvrage inlilulé ; « Médecine éclairée par l'ouverture des corps »1804, cherche à fixer l'aUenlion des praticiens sur un certain nombre de phénomènes pathologiques dont le point de départ, d'après lui, n'avait pas été bien compris et qu'il rattache à l'altération morbifique de la muqueuse du canal digestif. 11 dit que les fièvres gastriques, muqueuses, ataxiques , etc. ont leur siège dans celte membrane ; puis il ajoute cette phrase bien remarquable sous le point de vue qui nous occupe :
Les altérations des muqueuses digestives deviendront peutêtre un jour la base de la médecine. »
Il dit encore, que la gastrite peut exister longtemps sans douleur locale , qu'elle amène des désordres dans les fonctions de l'organisme cl une foule de phénomènes morbides que l'on attribue souvent k toute autre cause.
Prost a publié ])lusieurs autres ouvrages et notamment ceux qu'il a fait connaître sous les titres suivants : « Coup-d'œil sur la folie. Essai sur la sensibilité, etc. » dans lesquels il émet des principes semblables à ceux que nous venons de signaler.
RASORI, JEAN.
Rasori , qui avait d'abord adopté la doctrine de Brown avec enthousiasme, fil une théorie nouvelle en modifiant celle du réformatour écossais.
|{r(jwn, sur cent maladies, on trouvait qualrcvingt dix-sept aslliéniqnes. Hasori professa l'opinion à peu près inverse.
Il admet, dans la thérapeutique, des médicaments (|iii , d'après lui produisent un cITcl opposé à la stimulation, elles nomme f onfrotlimaliints; il rn rccotuiail de généraux qui agissent sur toul
PROST. RASORI. TOMMISINI. SI
l'organisme, et plaça au premier rang de ces derniers, l'eau distillée de laurier cerise; etc. de locaux, offrant une prédilection pour tel appareil ou même pour tel organe ; ainsi : « pour l'appareil sanguin, la digitale ; pour le nerveux, la belladone; pour le cutané, l'antimoine; pour l'urinaire, la térébenthine; pour le lymphatique, la scille; pour le respiratoire, le kermès, etc.
Cette doctrine prit le nom de contro-stiinulisme. En voici les principes fondamentaux :
« 4° Plusieurs substances agissent sur la fibre vivante dans un sens opposé à la stimulation ; d'où résultent des effets que Brown attribuait k la diminution des stimulants.
« 2" On enlève , par le moyen des contro-stimulants , les effets du stimulus excédant, et l'on peut ainsi produire des maladies qui guérissent par les stimulants et vice versa.
« 3" La fibre supporte d'autant mieux l'action des uns et des autres que la diathèse opposée est plus développée ; c'est ce qui caractérise surtout la mesure de cette diathèse,
« 4" Au nombre des contro-stimulants il faut surtout noter : le froid, la saignée, lesémétiques, les purgatifs , l'aconit, la digitale, les amers, le mercure, l'antimoine, le plomb, les ferrugineux, etc. »
Borda, — qui fut l'un des plus zélés défenseurs de cette doctrine, prétend avoir trouvé la fibre très-relâchée sur des animaux tués avec les contro-stimulants.
Amoretti, Ozanam, etc., — s'élevèrent contre celte doctrine qu'ils trouvèrent fausse , chimérique, imaginaire.
Plusieurs médecins italiens la frappèrent au cœur en publiant les résultats statistiques suivants : « Mortalité : sous Borda, 20 pour 400; sous Rasori, 25; sous Raggi , dans le même hôpital, 10.
TOMMASINI.
Tommasini, disciple de Rasori, fait observer, en 1803, d'après son expérience et d'après celle de plusieurs de ses confrères d'Italie,
52 l'RÉPARATION A LA RÉVOLITIO.N MÉDICALE.
que le plus j;rand nombre dos fièvres nommées aslliéniques , nerveuses, adynamiqucs, ataxiques, etc., parBrown, par les médecins français, allemands, etc., doivent être soumises au traitement anliphlogistique.
Il jette un grand jour sur l'histoire de la fièvre lente, hectique, de la plupart des névroses , et de plusieurs maladies des organes glanduleux , etc. Broussais lui-même convient de tous ces faits , comme nous le verrons bientùt par les citations textuelles de ses ouvrages. II accorde aux Italiens la priorité sur lui , relativement k ces idées fondamentales; nous aurons dès lors à juger, sous le rapport de la doctrine physiologique, ce qui lui restera, pour l'invention, entre Bichat et Tommasini , entre tous les médecins que nous avons signalés , et ceux dont il nous reste à parler encore. Mais poursuivons.