C2 MANIFESTATION
médical dans l'hôpilal do Saint-Malo, il vint à Paris en 1798, sans aucune fortune, coiitractanl des dettes qu'il n'acquitta que longtemps après avec le produit si modeste de son Histoire desphlcymasics chroniques.
Il cultiva l'amitié de Bichat, devintrélève dePinel, de Chaussier, qu'il nomma depuis « le patriarche de la médecine pliysiologique,» enfin de Cabanis, dont il chercha, dans ses dernières années, à développer les idées philosophiques.
Reçu docteur en 1803 , sa thèse eut pour sujet : « Recherches sur la fièrrc hcclique considérée comme dépendante d'vne lésion d'action des différents systèmes sans vice orrjaniqne. »
Il a répété plusieurs fois à ses amis, et particulièrement à M. U. Demontègre, auquel nous empruntons ces détails, qu'à cette époque « il était plus Pinéliste que Pinel lui-même. » Nous le verrons bien changé par la suite.
Alors âgé de 31 ans , il cherche pendant deux ans k se créer des moyens d'existence en faisant de la clientelle dans la capitale : son but n'est pas rempli. Ce fut alors que Desgenetles , auquel il s'était lié d'amitié depuis quelque temps, lui fit obtenir, en 1805, le grade d'aide-major à l'armée des côtes de l'Océan.
Il voyage en Belgique, en Hollande, en Allemagne, en Italie, utilisant partout les avantages de sa position. « Je suis parti, disaitil souvent à M. de Montègre, résolu à défendre , sur les traces de Pinel, l'essentialité des fièvres ; rien , à ce qu'il me semblait, ne pouvait ébranler ma croyance. Je suis revenu avec des armes pour la renverser, quelque forte qu'elle fût, et pour détruire toute la doctrine de mon maître. »
De retour à Paris , en 1808, il publie son Histoire desphlcgmasics chroniques, 2 vol. , qui n'est achetée que 800 fr.
Brnussais fut ensuite envoyé en Espagne, avec le titre de médecin de l'armée, et, pendant six ans , y fil les malheureuses campagnes de celle époque. Il publia dans ce temps une Lettre sur le srrrirc de santé , un Mémoire sur la circulation capillaire. Ce dernier offre d'autant plus d'im|)orlancc au point de vue ou nmissonuiies placé, que la «théorie des capillaires, dit M. de
Monlègre, Notice hntorique,p. 40, est la base même de la théorie de rinllammation , sur laquelle repose tout le système de la doctrine physiologique. »
En 1812, il fut décoré de l'ordre de la Réunion ; en 1815, de de celui de la légion-d'honneur dans lequel on le vit progressivement officier, puis enfin commandeur.
Broussais revient à Paris en 1814. Desgenettes, alors premier professeur à l'hôpital du Val-de-Gràce , le fait nommer en second, dans ce service militaire consacré à l'instruction des élèves.
En 1813, il ouvre des cours particuliers de pathologie, où son génie ardent cherche à développer les principales hases de la réforme qu'il méditait déjà depuis quelque temps.
En 1816 , il publie son « Premier Examen de la doctrine médicale généralement adoptée , 1 vol. »; il fait des leçons de clinique dans son hôpital.
Dans ce Premier Examen, qui rendit le nom de Broussais fameux , en soulevant contre lui presque toute la génération médicale qui passait ; en excitant l'enthousiasme de celle qui commençait à paraître , le novateur se proposait trois résultats principaux : 1°la destruction de l'essentialité des fièvres; 2° la localisation des maladies ; 3" enfin la réforme de toute la nomenclature nosologique.
En 1820, Desgenettes ayant été nommé inspecteur du service de santé , Broussais le remplace comme médecin en chef du Valde-Gràce.
En 1821 , il fait paraître le Second Examen, 2 vol., avec les propositions fondamentales de la médecine physiologique.
En 1822, il fonde un journal mensuel sous le titre d'Annales de la médecine pliysiolofjique , et publie son Traité de physiologie appliquée à la pathologie, 2 vol.
En 1823, il est nommé membre titulaire de l'académie royale de médecine.
En 1824 , il fait paraître le Cathéchisme de la médecine physiologique , 1 vol.
En 1828, le Traité de l'irritation et de la folie, 1 vol.
De 1829 il 1834, le Troisième Examen, 4 vol.
Kn 1831 , il esl nommé professeur de patliologie générale el de lliérapeulique à la faculté de médecine de Paris.
Eh 1832, il est admis à rinslilul, dans la classe des sciences morales et politiques.
En 1833, il public un mémoire sur le clioléra-morbus épidémique, 1 vol.
De 1833 il 1835, son Cours de pathologie (jênéralc et de thérapeutique., 5 vol.
En 1836, il commence à la Faculté un cours de phrénologie qu'il est obligé de terminer dans un local particulier , la trop grande aflluence des auditeurs ayant occasionné des désordres à l'école. Ses élèves lui firent frapper trois médailles à celte occasion. Dans la même année, il publia ce cours, 1 vol., cl fut nommé inspeclL'ur-général du service de santé des armées.
Indépendamment de ces écrits, le réformateur imprima un grand nombre de mémoires, soit dans les Annales, soit dans les autres journaux de médecine.
La santé de Broussais oITrail depuis longtemps un épuisemonl gradué , lorsqu'il se lit transporter à Vilry, prés Paris. Il y mourut six jours plus lard, le 17 novembre 1838, avant d'avoir accompli sa 66 année. M. H. de Monlcgre, Eloye de Broussais, attribue celte fin prématurée aux suites d'une redite chronique , et surtout au défaut d'une assimilation suflisante.
Les funérailles de Broussais furent dignes de sa grande célébrité. Des discours aussi remarquables par les nobles élans du cœur que par la sublime élévation de l'esiirit furent prononcés sur sa tombe jtar MM. Droz , Larrey, Orfila, Bouillaud , (îasc, et, pour la rentrée de l'école , par M. P. 11. Bi'r.inl, (pii le caractérise ainsi: «Observateur itrofond, généralisaleur hardi, ])liysiologisle ingénieux, écrivain clialeureuxel ]iassionné, critiqtie redoutable, dialcclicicn nerveux , pliilosoiihe, moraliste. Que de litres à nos regrets ! »
Après avoir exposé les principaux faits de la vie de Broussais, partiiuliérement étudié au jioiiitde vue scienlificpie , nous devons, pciui bien ( uniiiri'ndre son vrai niérilc cl sa doctrine, |iour juger l'un et l'aulre sans confusion cl sans parlialilé , considérer celle