EPOQUE ANATOMIQUE
Broussais fait l'éloge de Sylvius , de Vesale , d'Eustache , de Fallope , de Varole, d'Alberti , de Fabrice d'Aquapendenle , nuis il ajoute que les travaux anatomiques du xvi'' siècle préparèrent sans doute les changements (jui devaient s'effectuer ultérieurement, mais n'exercèrent pas actuellement une grande influence sur les théories médicales.
Arrivé à Vanhelmont , il condamne ainsi sa doctrine qu'il nomme chimiatrie théologique : loc. cit. , p. 55G.
« Ces extraits ne peuvent donner qu'une idée très-imp.irfaile de la prodigieuse confusion ontologique de notre iatrosoplie. Toujours des mots pris pour des choses : encore si les mots indiquaient toujours les mêmes choses, on pourrait les entendre , mais ils ont autant de sens qu'il plaît à notre inspiré de leur en donner, »
Il ajoute que Vaidielmont avait été frappé de la sensibilité de l'épigaslre et surtout du pylore, et Inc. cit., p. 340. « Fh bien! malgré toutes ces remarques . Vanhelmont ne laissait pas d'être le plus intrépide des stimulateurs de .son temps ; ce qui ne peut être attribué qu'à l'ontologie dont il faisait profession. »
Il nous montre la grande influence des travaux de liarvey , do
Malpighi sur la doclrine mécanique dont les progrès devaient envahir la science.
BOËRHAAVE.
Broussais pense que la médecine mathématique prit naissance en Italie, et que Borelli fut le premier qui tenta l'alliance de la physique expérimentale à la pathologie. Ce fut en effet en 1680 qu il publia son fameux traité : « De motu anmaUum. » A l'occasion du système de Boërhaave et de ceux qui précèdent, Broussais du toc. cit. , p. 400 :
« C'est un spectacle intéressant de contempler les longs efforts de l'esprit humain pour se tirer du labyrinthe de l'ontologie médicale.... » Il ajoute , p. //4 : « Boérhaave dit que l'estomac s'enflamme comme tous les autres organes par les causes ordinaires des phlegmasies et surtout par l'ingestion des substances acres. »
Il ne méconnaissait donc pas absolument la gastrite?... Enfin Broussais condamne la doctrine mécanique, et termine ainsi l'examen de cette époque : loc. cit., p. 478 :
« Nous avons désormais l'idée complète de la doctrine humorale • nous la concevons comme une soi-disant science très-compliquée fondée sur des faits nombreux , attentivement observés mais mal expliqués et sur lesquels on a bâti un système général et ensuite une foule de systèmes partiels ou de sous-syslèmes qui servent de fondements aux indications particulières, c'est-à-dire à celles de chaque maladie ; cette conception enfantée par plusieurs siècles est vaste,maissans dignité et même sans aucune beautéelle se sent de la barbarie des premiers temps de la civilisation, l