‹ Histoire de la révolution médicale du XIXe siècleChapitre 34 sur 64 · MA.MIh;>I.VllUM UE I.A ItKNOLl IIU.N MÉlUCALli · texte numérisé non relu

MA.MIh;>I.VllUM UE I.A ItKNOLl IIU.N MÉlUCALli

tous les désordres organiques àrinnaniniation moins le tuhcrculc, le s(juirrhe et la matière encéphaloïde ; s"\\ n'a pas rallié ces dernières altérations il un mouvement organique irrilatif.... c'est qu'il n'a pas assez réfléchi sur ce phénomène pour s'en faire uue idée et pour l'adopter. »

Andral, — depuis la mort de Laënnec a, d'après Broussais,« été proclamé le principal chef de l'école anatoniico-palholngique de Paris. » Voici de quelle manière le réformateur comprend la doctrine de M. Andral, loc. cit., p. 52G :

« Celui-ci fait agir d'abord tous les organes fonctionnant, sans les avoir préalablement soumis à aucune force primitive , sans même manifester aucune conviction sur les causes extérieures qui peuvent avoir amené leurs dérangements, toutes ses forces intellectuelles sont absorl)ées par les descriptions... La médecine s'étudie donc aujourd'hui par une méthode toul-à-fait ojjposée à celle que l'on suivait autrefois.... Celte manière d'observer a ses mécomptes dont les commençants n'ont garde de se douter. Le premier est de leur fermer les yeux sur l'action des modificateurs externes et de les em|iêrher, pendant longtemps de devenir praticiens. »

Après avoir souvent attaqué, combattu, condamné la plupart des principesde l'estimable Andral, aprèsavoirrendu imjuste hommagcà l'aménité de son caractère, lenovaleur termine ainsi, /of.c/r, /y. 599:

« Tel est le secret de M. Andral, prouver n'est pas son affaire... faire passer rapidement sous les yeux de ses lecteurs le plus do formes d'altérations organiques que faire se pourra,... voilà son fait, c'est ainsi qu'il s'est préservé de la réputation d'homme exclusif et qu'il s'est acquis celle d'éclectique que son amour propre ambitionnait. »

Ror.norx — d'après Rroussais, « définit l'apoplexie dont il s'est partirulièremenl (ircnpé : une hémorrhagie par une rupinre suite d'une altération du tissu |)ropre de l'encéphale; » il est rangé, par lo réformateur, dans la classe des ontologisles, et traité sans beaucoup de raison cl do ménagement loc. cit., }>. 010 :

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« Appelons-en aux lecteurs qui ne sont pas nus pour les illusions de l'ontologie, et demandons leur ce que c'est qu'une hémorrhagic qui attaque. Avec un pareil langage, on traînerait encore la science à reculons jusqu'à la replonger dans le bourbier le plus immonde. »

Quel style! quelle puérile dispute de mots! surtout de la part d'un novateur qui, cent fois, a mis en usage des locutions plus vicieuses, comme nous l'avons prouvé par de nombreuses citations.

Voici une autre sortie dont le motif n'est pas douteux : p. 621. « M. Rochoux fait plus que viser à la singularité et au désappointement de ses lecteurs ; il s'érige en censeur de son siècle et en propliète de honte et de regrets pour une classe nombreuse de savants parmi lesquels figurent des collègues très-respectables; c'est à cette heure après les beaux travaux de Spurzheim, et lorsque les sociétés phrénologiques se multiplient dans les principales villes de l'ancien et du nouveau monde que M. Rochoux ose écrire que le système de Gall est faux et qu'il est la plus singidicrc mystification qu'ait éprouvé le monde savant depuis celle du mesmérisme. »

Il ajoute p. 644 : « M. Rochoux a fort mal jugé la phrénologie , il a fait preuve là d'une légèreté extrême en voulant prononcer un

jugement sur une doctrine qu'il ne connaît pas il a très-mal jugé

la médecine physiologique en prononçant qu'elle tendait à faire négliger les signes des maladies et à replonger la science dans la confusion, il a prouvé par là qu'il ne l'avait pas mieux étudiée que la phrénologie. »

RosTAN — ditBroussais, loc. cit., p. 646 : « s'est attaché au ramollissement partiel du cerveau. . il l'a considéré comme une entité morbide.., et p. 662 : il résulte de ce qui vient d'être dit que la doctrine médicale de M. Rostan était mixte en 1823, mais toutefois plus physiologique que Brownienne, empirique ou éclectique. »

Dante — d'après le réformateur /oc. cit. , p. 673 : « a construit son entité : litjdroccplialc aifjuc , avec des observations terminées

liU MA.MFESTATKi.N DE LA KKVOI.ITIO.N MliDICAl.E.

par la mort.... cela n'est plus excusable d'après les progrès de la médecine physiologique. » Il termine ainsi /'.C7C : « ... vous nous défiez de puérir voire onlilé... proclamer celle sentence à son de trompe après nous avoir cité trente ou quarante cas qui n'ont été incurables, pour la plupart, que parce qu'on les a traités d'une manière opposée au bon sens et à la raison ; c'est prêcher une erreur impardonnable au degré où la science a été élevée par les travaux des physiologistes. »

Calmeil — ajoute Broussais, loc. cit. , p. O'I : « a traité de l'inflammation chronique de l'encéphale et de ses membranes qui conduit à la démence et à la paralysie générale.... el p. 6'S/ , cet auteur, (|uoique marchant dans la voie physiologique, s'est montré trop circonspect , et n'a pas tiré de son sujet tout le parli qu'il aurait pu en lirer..., et p. 092 : son ouvrage est écril avec liniidilé, sous l'influence du scepticisme prétendu philosopliiquo qu'allichent tous les anatorao-pathologistes de l'école moderne , et qui n'a d'autre cause que la défense qu'on leur a failc d'étudier suivant la méthode physiologique . Cet ouvrage est utile et même très-important par l'appui qu'il nous prèle, et parles progrès dont il sera nécessairement le promoteur. »

Lai.lemand — a i)ris pour sujet de ses lettres les différentes formes des altérations de rencé|)hale , voici cnmmenl Broussais apprécie la marche que suit l'auteur : loc. cit. , p. 495 :

« M. Lalloniand (pii n'était encore qu'élève ou jeune médecin sans titre, et qui nous entendait chaque jour nillier, dans nos leçons^ les apoplexies cérébrales et les ramollissements aux inflammations aiguës et chronicpies, enlrepril de fournir les preuves do cette importante vérité... et/». G93 :

« Suivant nous, M. Lallemand a mis dans l'exposition des princifies de la doctrine physifilngiquo une adresse à laquelle il doit do n'avdir pas riMinuilré une <)|ip()silion irop virulente et trop arharnéo, il a d'abnrd traité dt's ramollissements; r^s mois n'ont choqué personne, ils étaient en faveur.

« Il ;i poursuivi sa tâche, en soumettant au même principe, l'inflammation les infiltralions purulentes, les abcès, les kistes etc. on voit que 31. Lallemand a saisi l'ensemble des maladies irritatives de l'encéphale; qu'il les a rapprochées et soumises à une grande loi dont la réalité ne pouvait plus être contestée ; enfln , qu'il a accompli un chef-d'œuvre de doctrine... el;^ 709 : M. Lallemand est du petit nombre des hommes à qui la nature donne le génie. Sa conception est vaste , sa mémoire forte , son attention soutenue., ses ouvrages portent l'empreinte de l'unité systématique bien conçue. »

BouiLLAUD — ajoute Broussais loc. cit., p. 111 : « convaincu, aussi bien que M. Lallemand , de la supériorité de la méthode physiologique sur toutes les autres, en a fait l'application aux maladies de l'encéphale... il pose en principe que les diiïcrents modes d'altérations organiques de cet appareil sont dus à l'inflammation; suivant ainsi une route opposée à celle qu'avait tenu 51. Lallemand, puisque ce dernier arrivait à ce fait comme conclusion de ses recherches... M. Bouillaud est toujours clair, précis, positif, c'est le caractère de son talent; et /;. 154 : l'ouvrage de M. Bouillaud sur l'encéphalite est tracé sur un plan vaste, exempt d'ontologie , et portant l'empreinte de la bonne école. »

Ollivier d'Angers — dit Broussais, loc. cit., p. 7J4 : « en faisant l'application de l'anatomie pathologique aux maladies de la moelle épinière, a rempli une grande lacune... et p. 7o7 : M. Ollivier a fait un travail utile en forçant nos praticiens, par un grand ouvrage plein de faits et de réflexions judicieuses, à s'occuper sérieusement des inflammations de la moelle épinière... il arrivera bientôt à se surpasser lui-même s'il continue à diriger ses travaux suivant l'esprit de la médecine physiologique.... s'il évite de mettre les opinions des hommes en crédit à la place des preuves. Nous ne disons pas (ju'il ail déjà manœuvré de cette manière, nous témoignons seulement la crainte qu'il ne se laisse gagner par l'esprit d'éclectisme, et même de scepticisme qui domine certaines coteries. »

Marandel — dans sa dissertation sur les irritations, présentée en I8U7 à la faculté de médecine de Paris , propose la classificatioa nosologique suivante : 1" irritations, qu'il distingue en nutritives, secréloires, héniorrliagiques, inflammatoires; 2° atonics;3* transformations orijaiiiijucs; 4° déricnérations onjaniqucs: 5" corps étranyers; 6" vices d'orfjamsation et de structure orifjineh ; 1° déplacements des parties; 8" fièvres; 9° dérangements des fonctions cérébrales.

Cet.auteur est encore un de ceux qui semblent faire ombrage à Broussais relativement à la priorité de ses principes systématiiiues. Le réformateur dit en effet, j*" Examen, t. 4. , p. IGI :

« Il s'agit de décider si Marandel qui a puisé dans Bichat ainsj que Caffin , Prost , tant d'autres et nous même , a construit avec l'irritation qu'il lui a empruntée la médecine physiologique qui s'est développée depuis lui , et qui fait maintenant de si grands progrès, en d'autres termes , Marandel qui , comme la plupart des élèves de Bichat , a traité de l'irritation , a-t-il ou n'a-t-il pas fondé la doctrine médicale de la France '? »

Nous pensions qu'après avoir soulevé une question de celle im|tortance relativement à l'origine delà médecine physiologique, Broussais allait en donner immédiatement la solution , quel est notre étonncment en continuant de lireyj. 162 :

« Telle est la (juestion (pie resj)ace ne nous permet pas d'aborder dans ce quatrième volume, en conséquence, nous avons pris le parti de la renvoyer à la seconde édition de l'irritation et de la folie , où elle sera peut-être mieux à sa place. »

Nous ne ferons ici que deux simples observations : une discussion de doctrine médicale serait-elle bien placée dans un ouvrage do philosophie; eût-il été bien dillicile, en abrégeant ou même en retranchant plusieurs articles dans le troisième et tpiatrièmc volume du troisième examen , de trouver une place convenable el nécessaire liourla critique delà thèse de Marandel ?... Passons aux conclusions délinitives du réformateur : lor. rit. . p. 100 :

« La grosseur de ce quatrième volume, la répugnance que nous avons eue à augmenter r/:\r«Hir«d'uiKiiiquièmc tome nous ont fait

DEUXIÈME PI^RfODE. 143

renoncer au projet que nous avions formé de terminer l'ouvrage par un exposé succinct Ju développement et de l'état actuel de la médecine physiologique; ce travail aurait été nécessaire pour mettre les faits à leur place, car la mauvaise foi travaille sans cesse à les dénaturer. « En effet, après avoir d'abord exhumé Pujol de Castres, Caffin et Prost dans le but d'exténuer le mérite quel qu'il soit des travaux des médecins physiologistes, elle s'attache maintenant à la thèse de Marandel ; on voudrait insinuer que nous n'avons dans nos écrits d'autre mérite que celui d'avoir adopté et exploité les idées d'un professeur célèbre, auquel seul appartient le mérite de l'invention; c'était une consolation pour certains hommes; ils n'ont pas voulu se la refuser...

« Nous terminerons ici l'examen des doctrines médicales... la critique est pénible et doit avoir un terme; et ceux qui ont publié que nous allions continuer notre examen sous une autre forme , n'ont point été les interprètes fldélcs de notre pensée... ainsi, nous le répétons, l'examen est terminé et si nous avons encore quelque tribut à payer à la science ce ne sera plus sous la forme dont cet ouvrage offre l'exemple. »

Broussais indique un peu plus haut , p. 100 quelle sera la source à laquelle devront ultérieurement puiser ses lecteurs :

« Au surplus, ceux qui désireront des détails «■ professa sur l'esprit de notre doctrine, pourront consulter le traité de l'irritai ion et de la folie dont la seconde édition va nous occuper. »

De notre côté nous ne prolongerons pas cette revue critique audelii des limites que le réformateur a cru devoir lui imposer; nous dirons seulement, en la terminant , que nous ne comprenons pas ce renvoi fait par l'auteur au traité de l'irritation et de la folie, pour tout ce qui est relatif à la discussion des doctrines , au développement ex professa des principes de la médecine physiologi(jue.

Nous ferons observer avec quel désavantage Broussais a réalisé ses audacieuses prétentions de briser tous les autels de la science médicale pour ériger le sien sur leurs débris; avec quelle insullisance il a voulu prouver que nulle part ne se trouvaient les principes

I i-i :»IAMKESTAT10N DE LA RI^TOLUTION MÉDICALE.

liiiKlaiiiciilaux de sa iloclriue , pour se réserver le lilre de fondalciir absolu; avec quel senlimentde découragemeiil et de lassitude, il U-niiine cet examen des doctrines médicales enlrejiris sur un Ion si impérieux, si violent, et continué avec tant de prélenlion et d'orgueil; enfin, avec quelle insouciance il abandonne sans les résoudre, des questions capitales pour sa doctrine; lui qui, dans les premiers temps do son enthousiasme systémali(iue , se soulevait k la moindre contradiction , et, dans sa faconde chaleureuse, enfantait des volumes à l'occasion de la plus légère atteinte portée à ses dogmes exclusifs !...

Suivons actuellement le réformateur avec la même attention et la niéine impartialité dans l'établissement de sa doctrine médicale exposée d'après ses propres expressions.

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