PRINCIPES GÉNÉRAUX DE PHYSIOLOGIE PATHOLOGIQUE
Principe de la vitalité. — Broussais est vitaliste ; voici comment il comprend le principe fondamental sur lequel repose la vitalité: Physiolog. ]'" édit. , 1. 1, p. 44:
« Il n'y a qu'une propriété apparente dans les tissus , elle se manifeste d'abord par la condensation de la matière animale au moment où elle est mise en rapport avec un corps extérieur. Si cette propriété est considérée dans chaque fibre en particulier , on voit qu'elle se réduit à un raccourcissement. Les physiologistes l'ont désignée par le mot de contraclilité.
Il n'admet pas la sensibilité comme propriété distincte de la contraclilité. Voici ses motifs : Loc. cit. :
« Lorsque la fibre, pour avoir été touchée par un agent quelconque se met en contraction , on juge qu'elle a senti la présence de cet agent; de là l'expression de sensibilité. On a donc attribué à la fibre vivante la sensibilité et la contraclilité. Mais si le véritable sens de ces deux mots se réduit à ce qui suit ; la fibre s'est conlraclée parce qu'une cause t'y a déterminée , il est clair que la première de ces deux propriétés rentre nécessairement dans la dernière.... cette propriété contractile est inhérente à la fibrine.... après la fibrine vient la gélatine.... l'albumine est celle
loi MANIFESTATION DE LA RKVOI.LTION MKim.ALE.
des formes de la malière organisée où la conlraclililé se maiiifeslo le moins.... »
« Les mois force vitale ne peuvent offrir à noire esprit que l'idée de la puissance qui préside à la formation, au déveloitpcnienl , ;i la conservation de l'individu.... La puissance \italc préexiste donc nécessairement ii la propriété fondamentale des tissus.... Celle force est inconnue dans son essence, c'est ww cause première. »
Mamfestation de la pl'issance vitale. — Broussais dil : loc. cil. p. 28 : « Celle force se fait connaître par des phénomènes d'une chimie propre à chacun des corps vivants. Celte chimie vivante est le phénomène le plus reculé qui frappe nos sens. Elle n'est pas sans doute la force vitale proprement dite mais elle en est le premier inslrumcnl , l'instrument invisilde , immatériel, <pie nous ne connaissons que par la voie du raisonnement. »
Lois vitales. — Loc. cit. , p. 28 : « Les lois vitales consisleiil dans un certain nombre de phénomènes généraux communs à tous les tissus. » S"" Exam. t. 1 proposit. y : « La vie de l'animal ne s'enlrelionl (pie par les stimulants extérieurs (Brown) ; cl tout ce qui aii.miu'iilc les idiénomènes vitaux esl stimulant... Le calorique est le premier et le i»lus important des stimulants; et s'il cesse d'animer l'économie, les autres perdent leur action sur elle... Il en esl ainsi de l'oxygène... Certains corps de la nature, outre le calorique, augmentenlla sensibilité et la contractiiité dans les parties de l'ortranisme avec h'squelles ils sont mis en contact : c'est la stimulation ou irritation , ces corps sont donc aussi des stimulants. »
Phénomènes phvsiologioues gknI'Raix. — Ces phénomènes, quoBroussaisnomme encore lois vitales, son!, dans l'ordre ordinaire (il! leur succession : l'IuisioL. t. 1. p. 29 : « Diminution rare; «i/7«(rHia/;oH lrès-fré(picnt(', dans la mise, en jeu de la cniilraclililé par les corps cxlcricurs qui sont appliqués à l'ocooomic,
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consécutivement à l'aïKjmcntation... fluxion locale de la matière organique mobile vers le point excité : érection vitale... augmentation des phénomènes de la chimie rivante.
Broussais admet deux genres de stimulation : l'une directe, l'autre, indirecte, il les distingue ainsi, Physiol. t. 1 , p. 33 :
« Les agents qui développent les phénomènes de la vitalité dans nos tissus peuvent se partager en deux séries, les premiers exaltent directement ces phénomènes; les seconds commencent par les diminuer, après quoi on les voit reparaître avec plus d'intensité qu'ils n'en manifestaient avant leur diminution , on est donc forcé de reconnaître, chez les animaux parfaits, une loi en vertu de laquelle la force qui préside à la vie réagit contre les causes débilitantes, c'est ce qui constitue la réaction vitale. »
Q\ia.nlkla. diminution de la vitalité que Broussais regarde comme très-rare il l'explique ainsi , Loc. ci t., p. 35 :
« Les causes de la diminution des phénomènes de vitalité sont positives ou négatives... les catises négatives sont le froid... la soustraction des matériaux alibiles, des lluides et autres agens qui sont nécessaires à l'exercice des fonctions... tant que la puissance vitale est en mesure de réagir, ils peuvent devenir excitants indirects.., les causes positives de la diminution sont beaucoup moins connues que les négatives , une secte de médecins les désigne par le titre de conirn-st imuhnits. . . \\s doivent se réduire à un assez petit nombre... je dirai cependant que le mucilage, l'eau à certaine température sont les plus remarquables de ces agents. »
Transmission des irritations. — Lesphénomènes physiologiques dont nous venons de parler d'abord circonscrits dans les limites d'un tissu peuvent s'étendre et se répéter dans d'autres tissus, d'autres organes, d'autres appareils et même dans tout l'organisme, ce sont ]es sympathies de l'auteur, il les explique ainsi, Physiol. t. 1 , p. 31 :
« Les érections vitales développées dans un point quelconque de l'organisme ne peuvent pas s'élever à un certain degré sans être transmises à d'autres points... la transmission des érections vitales
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oa àcs irritations 11 lien par l'inlermédiairc du tissu nerveux qui est spécialeruent destiné à cet usage... l'irritation transmise est de même nature que l'irritation primitive, soit qu'on la considère au foyer de départ, dans les nerfs qui la transportent, dans le centre commun do l'appareil nerveux , dans l'organe où les nerfs la transmettent. » Il ajoute , 3"' Exam. propos, xv : « Toute stimulation assez intense pour parvenirau cerveau parcourt tout l'ensemble du système nerveux de relation , elle se répète donc dans tous les viscères, ce qui fournit au cerveau de nouvelles causes de stimulation. »
But des pdénomènes généraux. — Loc. cit., propos, xi : « Le but complexe de la stimulation primitive, comme do la stimulation secondaire, est toujours h nutrition, l'éloignement des causes destructives et la reproduction ; les mouvements qui exécutent tout cela sont parta^îés en plusieurs séries , dont chacune est exécutée par un certain nombre d'organes et porte le nom de fonction ; or, pour l'exercice des fondions, il faut que les liquides concourent avec les solides ; dans toute stimulation il y a donc impulsion, appel ou attraction des fluides vers les solides. »... Propos, xx : « L'assimulalion est un phénomène de premier ordre qui ne saurait s'expli(|uer par l'action de la sensibilité et de la conlractilité, on no peut l'attribuer qu'ii la puissance créatrice , et c'est un des actes de la chimie vivante. »... Propos, xxiv : « Pendant que les fluides so meuvent dans le tissu des glandes, il s'y opère , outre la nutrition , des changements dans la forme des fluides qui ne sont pas employés à celle fonction, tels ([uc cha(|uc glande fournit le sien avec des caractères particuliers ; ces changements a|)partiennenl à la chimie vivante. »
Economie vivante, distincte de l'économie générale. — Broussaisasoinde distinguer la manière d'être des corps vivants et des corps inertes, il dit : Plnjsiol. t. 1 p. 51 :
« Les lois pliysiiiues sont modiUécs dans rccouomie vivante par leb luis viUlc:>. »
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