‹ Histoire de la révolution médicale du XIXe siècleChapitre 37 sur 64 · PATHOLOGIE GÉNÉRALE · texte numérisé non relu

PATHOLOGIE GÉNÉRALE

Application de la physiologie a la médecine. — Broiissais comprend ainsi rinterversion des lois physiologiques: 3™" Kxam. , propos. Lxvn :

« La santé suppose l'exercice régulier des fonctions; la maladie résulte de leur irrégularité ; la mort de leur cessation. »

On voit déjà que le principe fondamental de la doctrine de Broussais consiste à rallier la médecine à la physiologie. Abordant plus directement cette grande question, il dit, AnnalcH delaméd. physiol. t. •/, p. 1 :

« La physiologie est la connaissance de la vie, elle doit donc s'appliquer à l'homme malade aussi bien qu'il l'homme en santé.... le temps n'est pas éloigné ou l'on se demandera comment la médecine a pu rester si longtemps séparée de la physiologie... cela vient de ce que les maladies ont été observées et traitées avant que l'on connut les organes et leurs fonctions... les organes et les fonctions ayant été étudiés avec soin , on s'apperçut que la maladie consistait dans les dérangements qui y surviennent, cette grande vérité une fois démontrée , il était indispensable de refaire tous les ouvrages classi(|ues puisqu'ils avaient été composés avant qu'elle fût connue. Il fallait rattacher chaque maladie à l'organe et à la fonction dont elle est la lésion; par conséquent, changer sa dénomination, sa théorie, son traitement. »

Localisation des maladies. — Nous voyons Broussais arriver par degrés à la localisation des maladies , autre point capital de sa doctrine , et nous comprenons dés lors pourquoi son Premier Examen porte pour épigraphe, cette vérité si féconde empruntée à l'anatomie générale de Bichat : « qu'est l'observation si l'on ignore lii où siège le mal? » .

Le réformateur dit à cette occasion, 2' Exatn.p. 812 : « Hippocratc, BaiHou, Sydenham, Ramazzini, Dehaën, Storck , Stoll etc. ont beaucoup et trés-altcnlivemcnl observé... mais, pour n'avoir

!')(> MAMIESTATIdN HE I.A HÉVOLITION MKIHl \I,E.

pas rallié les symplomes aux organes el à leur vtrilable lésion , ils n'ont point connu la valeur de ce qu'ils observaient el n'ont point rendu à la science les services qu'on leur attribue. »

Pour Broussais , une maladie est toujours locale avant de s'offrir comme altération générale : J' Exam. propos, lxxiii :

« L'exaltation commence toujours par un système organique el se comniuni(|ue à d'autres soit dans le même appareil, soit ailleurs... et , ^ l:.roiii. p. (il : 1! y a six ans que j'enseigne que toutes les maladies sont locales dans leur principe, et que j'en administre la |)reuvc en indiquant l'organe ou le tissu où chacune d'elles prend son origine. »

Il ajoute, /" Exam. p. 182 : « Il me semble que l'on doil conclure des discussions auxquelles je me suis livré jusqu'ici que toute classification qui tendrait à isoler les phénomènes pathologiques des organes dont ils expriment la souffrance serait essentiellement défectueuse... dp. 1GU : Depuis lecomniencemenl de cette dissertation , je me suis étudié à faire sentir au médecin la nécessité de fixer son attention sur les organes alla de ne pas pren<lre pour des êtres essentiels les résultats de leur souffrance. »

Ici se trouve comme on le voit , la transition naturelle qui conduit le réformateur; de la localisât inu dos maladies à la proscription i\c¥, eiililés morhides qu'il poursuivit partout, avec une sorte do mononianie, même dans les ouvrages où son imagination seule pouvait les supposer.

Pnosr.RiPTio.N DES ENTITÉS MonniDEs. — 3"' Exam. propos. CDLXiii : « Les groupes de symptômes que l'on donne pour des maladies, sans les rapporter aux organes dont ils dépendent, ou bien en les rapportant aux organes , mais sans avoir bien déterminé la nature, de l'aberration physiologique de ces derniers, sont des abstractions métajibysiciues qui ne représenlcnl point un étal morbide constant, invariable et dont on soit assuré de retrouver lo modèle dans la nature ; ce sont donc des entités factices, el tous ceux qui étudient la médecine [lar celte méthode sont des ontoloyùtes. »

DEUXIÈME PÉniODE. 457

« Propos. cDi.xiv : ConsicirTcr les entités morbides factices comme des puissances malfaisantes qui agissent sur les organes et les modifient en y produisant tel ou tel désordre , c'est prendre les effets pour les causes; c'est faire de l'ontologie. »

« Propos. c.DLXT : Considérer la succession des symptômes que l'on a observés comme la marche nécessaire et invariable d'une maladie, et en faire des caractères essentiels à son diagnostic et par conséquent à son traitement, c'est créer une entité factice puisque les affections des organes se comportent différemment, suivant leur irritabilité , leur sensibilité et les modificateurs qui agissent sur eux ; c'est se mettre dans l'impossibilité de traiter cette maladie avant sa terminaison, sans être en contradiction avec ses propres principes, c'est toujours faire de l'ontolo(jir. »

« Propos. CDLXVi : Adresser des remèdes à une entité morbide factice, sans apprécier leurs effets sur les organes qui les reçoivent et sur ceux qui sympathisent avec ces organes , c'est guérir ou exaspérer une maladie sans en connaître la raison physiologique. »

« Propos. CDLXVii : Celui qui guérit une maladie sans avoir apprécié avec justesse les modifications physiologiques au moyen desquelles il a opéré cette cure, n'a pas la certitude de reconnaître ni de guérir la même maladie lors quelle se présentera de nouveau; d'où il résulte nécessairement que ni les succès, ni les revers des ontologistes ne peuvent servir ni à les rendre bons praticiens , ni à leur donner les moyens d'en former d'autres. »

Il attache la plus grande importance à l'avantage d'avoir signalé cette manière de procéder et dit, 2° Exam. , préf. p. vu : « La découverte de cette ontologie médicale qui s'opposait , depuis le commencement des siècles, k ce que la médecine figurât au rang des sciences , est ma propriété ; je n'en ai trouvé le germe dans aucun ouvrage. »

Rejet des constitutions médic.ues. — 3" Exam. t. m , p. G : « Les grands épidémistes , les fameux descripteurs de constitutions à la tête desquels se trouvent, après Hippocrale , Bâillon , Sydonham et Baglivi, ont remarqué, à force d'observations, que

l-'iS MWIFESTATION DE LA RÉVOLUTION MÉDlfALE.

les maladies varieiil entre elles dans chaque saison de la même année el dans les mêmes saisons des années dilTérenles. Ils ont en conséquence créé ce qu'ils appellent des coustitutions mnlicnles. Or , ces consliluiions sont des choses toutes différentes de l'autocratisme , de l'humorisme et du Brownisnie. El cependant ces choses ne sont ni contradictoires à ces systèmes , ni même incompatibles avec eux ; elles ont été adoptées par de grands hommes

on peut même en trouver le germe dans Hippocrate Mais quel

rôle doit jouer la doctrine des constitutions annuelles au milieu des autres?... Klle servira à expliquer les succès inespérés, comme les revers inattendus, les marches irrégulières; enhn elle donnera la raison sullisanle de tout ce qui sera observé de contradictoire aux opinions, aux règles, aux préceptes des maîtres de l'art, (juelle ressource féconde ! et comme on sait aujourd'hui en tirer bon parti. »

Loc. cit., t. II , p. 91 : Il s'agit de la doctrine de Sydenhani : « Ici commence à paraître un genre particulier d'ontologie, Ict coustitutidiis sont érigées en ciitith existantes à la manière des

corps el p.H5: Sydenham distinguait deux sortes d'influences

atmosphériques : l'une secrète , occulte qui produit les maladies

d'une ou plusieurs années consécutives , etc H p. 421.... Ces

découvertes se réduisent ii des entités nouvelles qu'il créa en imaginant des maladies stalionnnires produites par des particules occultes de l'air et tout-à-fait indépendantes de sa température , des vicissitudes atmosphériques et même des émanations miasmatiques provenant des corps vivants ou morts. »

Rfjet des r.nisEs RKr.ri.iÈREs. — Rroussais admet les crises seulement comme des dé[)lacements accidentels de l'irritation , mais nullement comme le résultat d'un travail bienfaisant de la nahire niédicatrice , encore moins , comme pouvant s'effectuer à des jours déterminés et nommés jours criliqucx. 3' Exam., propos, xciv :

« Si les irritations sympallii(|ues que les principaux viscères délerniiiitMit dans les organes sécréteurs, exhalants et à la périphérie,

deviennent plus fortes que celles de ces viscères, ceux-ci sont délivrés de la leur , et la maladie se termine par une prompte guérison. Ce sont les crises. Dans ces cas, l'irritation marche de l'intérieur à l'extérieur.... Prop. xcv : Les congestions des crises se terminent toujours par une évacuation soit sccrétoire, soit purulente , soit liémorrhagique : sans cela, la crise n'est pas complète. Prop. xcvi.... Si l'irritation s'avance de l'extérieur à l'intérieur, ou d'un viscère vers un autre plus important, la maladie s'aggrave. Ce sont les fausses crises des auteurs. »

Il dit ensuite à l'occasion de la doctrine d'IIippocrate, d" Exani., M,/). 28:

« Il en est des évacuations comme des jours critiques; si l'une ne soulage pas, il faut en attendre une autre , ou bien désespérer du malade, à moins qu'un changement extraordinaire, parce qu'il a lieu dans un jour qui ne devait point être favorable , n'arrive tout à propos pour soustraire le malade à un péril presque inévitable. Hippocrate avait senti le vide des spéculations sur la durée des

fièvres, et sur les évacuations qui emportent la cause du mal

Mais il avait reçu cette doctrine de ses ancêtres, et il devait la transmettre à ses descendants , etjo. 27 : Hippocrate a été copié, modifié, corrigé pendant la longue série des siècles qui nous séparent de lui, et jamais on n'a pu tomber parfaitement d'accord sur les époques des évacuations critiques et des terminaisons. C'est que , dans la réalité tout cela n'a rien de fixe. »

Rejet de la nature médicatrice. — Hippocrate, Galien, Stahl, etc. admettaient dans l'organisme un principe conservateur militant avec une sorte d'intelligence contre les efforts desiruclours des maladies sous le nom de nature ou force médicatrice. liroussais n'y voit qu'un résultat des réactions sympathiques : il dit en effet, 2" Exam. , préf. , p. vu :

« J'ai considéré les sympathies sous un nouveau jour, ce qui m'a fourni les moyens de mieux apprécier la force médicatrice, ou l'autncratisme des auteurs. 3° Exam. , prop. xi : le but de la stimulation primitive et de la stimulations ympalliique est. . . . l'éloigné-

4G0 MANIFESTATION DE LA RKVOI.l TUiN MI-DIOALE.

menl des causes dostruclivcs. » Ces iilt''cs ol les consitléralions relatives à la localisation des maladies conduisent nalurelleincnl le réformateur ii rejeter l'essentialité des altérations pathologiques pour y substituer l'influence directe ou sympathique de l'irritation.

Proscription de l'essentialité des maladies. — La plupart des médecins de l'antiquité ont considéré les maladies comme isolées des organes. Parmi les modernes, Barlhez est un de ceux qui s'est le plus occupé de la propagation de celle doctrine , et d'après 3Iontfalcon : « on doil le regarder comme le Kanl de la médecine, puisqu'il l'exemple du philosophe de Kœnigsberg il a personnifié des abstractions. »

Broussais a fortement combattu ce dogme de l'essentialité , comme nous le verrons surtout à l'article des fièvres. C'est encore un des caractères jtrincipaux de la médecine physiologique, et l'une des conséquences naturelles de la localis:ilinii des maladies. Il dit, .3' AjflHi. /. III, jo. 429:

« Les dénominations transmises par les anciens auteurs comme représentatives des maladies sont loin d'olTrir à l'esjjril des objets

bien déterminés L'auteur do la imsographie s'occupe à

disposer, dans un certain ordre, ces dénominations qui ne constituent pas des maladies réelles , mais des groupes de symptômes arbitrairement formés. Donc il n'a point classé ni coordonné de véritables maladies , mais des abstractions d'un sens mal déterminé. »

Broussais ajoute : loc, cit. 1. i , propos, lxii : « La santé ne s'altère jamais sjionlanémenl , mais toujours parce que les slimulanls extérieurs destinés ii entretenir les fonctions ont cumulé l'excitation dans quelipie jjartie , ou parce qu'ils ont manqué à l'économie , ou parce que l'économie a été stimulée d'une manière (pii répugne k l'exercice des lois vitales. »

Le réformateur arrive ainsi par degrés à regarder les maladies comme le résultat anormal de l'action des modificateurs sur les organes , à subslilucr la théorie do l'irrilalion à celle de l'essen- Ualilé.

UEIXIKME PÉRIODE. 161

L'irritation envisagée comme principe des maladies. — Broussais, tout en rattachant les maladies anx organes, voit les premiers rudiments des altérations pathologiques dans l'irrégalarité des fonctions. Il ailmet d'abord les deux modes fondamentaux de ces altérations pathologiques: diminution %X augmentation , mais cédant bientôt à son désir de tout simplifier il paraît sacrifier à peu près entièrement le premier de ces modes pour no conserver que le second. Il dit, 3" Ejoam., t. 1 , propos, lxvii :

« La maladie résulte de l'irrégularité des fonctions. Prop. Lxviii : Les fonctions sont irrégulières lors qu'une ou plusieurs d'entre elles s'exercent avec trop ou trop peu d'énergie. Pro/j. lxix : L'énergie d'une fonction est excessive lorsqu'elle précipite suspend ou dénature les autres, de manière qu'un ou plusieurs des organes qui sont chargés de la fonction exagérée et de celles qu'elle a troublées, soient menacés de destruction. Projo.LXX: L'énergie d'une fonction est languissante lorsqu'un ou plusieurs des organes qui en sont chargés ne jouissent pas du degré de vitalité nécessaire pour bien exécuter la fonction. Prop. lxxi : La vitalité des organes peut avoir été exaltée avant d'être diminuée, et vice versa. Prop. lxxii : 11 n'y a ni exaltation ni diminution générales et uniformes do la vitalité des organes. »

Prop. Lxxviii : « La sur excitât ion partielle suppose toujours un appel trop considérable des fluides; il y a donc congestion préjudiciable à l'exercice des fonctions dans toute surexcitation, c'est une congestion morbide. Prop. Lxxxiii : La congestion morbide active étant toujours compagne de la surirritation, il suffit de nommer cette dernière pour être entendu en développant la marche des maladies, on peut même pour être plus bref se contenter du mot IRRITATION , pourvu qu'on y attache le même sens; mais il faut sous-entendre l'épithète morbide. »

Ainsi voilà l'expression consacrée, le mot irritation va désormais traduire l'idée du principe fondamental pour ne pas dire exclusif des maladies, du pivot central sur lequel va rouler toute la doctrine physiologique.

Craignant sans doute que l'on ne comprit pas ainsi son unité

\0i MANIFESTATION DE I.A HJ^VOT.UTION MI-Uir.ALE.

médicale, Broussais ajoute, i" Exam. p. 200 : « Ces faits concourent avec beaucoup d'autres à nous prouver que Ir principe de toute excitation soit nerveuse , soit inflammaloire est toujours le même. »

Développant d'avantage sa pensée, Broussais dit, 2" V.Tam. , préface p. vi : « Il s'agissait d'étudier l'excitation dans les différents organes; mais pour le faire avec succès il fallait posséder une anatomie physiologique, celle de Bicliat pouvait seule me servir de base; je me suis donc efforcé de ratlaclicr les phénomènes de la vitalité aux différents systèmes organiques qu'il nous a fait connaître. Je me suis dit: si tous les tissus ont une action particulière celte action est susceptible d'aberration et c'est en cela que doit consister toute la pathologie. »

Nous devons à la vérité d'ajouter qu'en 1829 il semble un peu modifier sa pensée relativement à celte exclusion systématique dans laquelle nous le verrons incessamment retomber. Il dit en effet, 3' Kxam. t. 2, p. 484 :

« Il est fort inutile d'aller chercher hors de chaque être organisé les lois particulières de son organisation, ce serait même temps perdu que de vouloir découvrir en lui le premier mobile de ses actes... Ce qui nous reste à faire c'est donc d'éludior les phénomènes que nous présente cet être organisé, de les rapprocher les uns des autres, et comme ils sont très-mullipliès, de trouver /r /i7»7 le plus (jénéral de son action, le fait auijuel les autres se rattachent... Or, ce fait c'est l'irritabilité comme l'avait établi Tilisson, comme l'a prouvé llaller, comme l'a répété Brown. Dire que ce fait soit le seul (jui serve de fondement à la physiologie et à la pattiolngie , c'est peut-être aller trop loin; mais à coup sûr, l'inilabililè esl , dans l'état où se trouve encore la science, le fait le pins important, cl la clef de tous les autres , il no s'agit pour en tirer bon parti que de ne pas le dénaturer en l'abstrayant, comme l'a fait Brown. »

Kn 1834 il cherche positivement à se disculper du reproche de sij%trm(ili(iue exclusif que lui font à peu près Ions les médecins observateurs. Avec noire iiiiiiarli;ililé nous nictirons ses fl//(';/M//«/ix il côté ^\(ispritlcipcs qu'il a lui-même établis dans ses ouvrages, et

le lecteur impartial comme nous jugera si les premières sont de nature à détruire l'impression faite par les seconds. Il dit, 3® Exam. t. 4, p. l-io:

« Si l'on voulait nous reprocher que notre doctrine est entachée du même vice sous ^îêie\le qu'elle repose uniquement sur l'irritai ion, tandis qu'il y a des maladies où ce phénomène est en défaut je répondrais que l'on ne m'a pas compris , j'ai soutenu que la plupart des maladies dépendent de l'irritation ; mais je n'ai pas prétendu qu'elles en fussent toutes le résultat. L'asphyxie complète est une ahirritation, et d'ailleurs notre doctrine n'est point intitulée : la doctrine de l'irritation, mais la doctrine physiologique; ainsi , elle repose nécessairement sur toutes les modifications que peut éprouver la vie , et non pas uniquement sur son exaltation, ipioique celle-ci soit incomparablement la plus fréquente. »

Sympathies morbifiques. — « 3" Exam. prop. lxxxiv : L'irritation peut exister dans un système sans qu'aucun autre y participe ; mais cela n'a lieu que lorsqu'elle est peu considérable. Elle ne porte alors que sur les mouvements organiques locaux et sur la nutrition de la partie ; mais aussitôt que l'irritation locale s'élève à un certain degré elle se répète dans d'autres systèmes ou dans d'autres appareils plus ou moins éloignés , et toujours sans chan- (jcr de nature. Prop. lxxxv : Les nerfs sont les seuls agents delà transmission de l'irritation. Ce qui constitue les sympathies morbides. Prop. xcii : Les organes sympathiquement irrités peuvent contracter l'irritation à un degré supérieur à celle de l'organe à l'inlluence duquel ils la doivent. Dans ce cas , la maladie change de place et de nom ce sont les métastases. Prop. xcm : L'organe qui est devenu le siège d'une métastase excite alors des sympathies qui lui sont propres ; et celles-ci peuvent à leur tour devenir prédominantes : telles sont les phlcgmasies ambulantes. Prop. xcvni : L'irritation tend à se propager par similitude de tissu et de système organique : c'est ce qui constitue les diathcses. »

Rejet de l.v m.vrciie et de la durée fixe des maladies. —

ICil MANIFESTATION DE LA RÉVOI.LTION MEDICALE.

Broussais n'adracl point, dans les maladies, celle marche plus ou moins régulière, ces périodes successives qui permeUraient d'en calculer au moins approximativemeril la durée , d'en prévoir les diverses phases depuis l'origine jusqu'à la lerminaison. 11 dil , hc. cit. , prop. xcvii :

« Les irrilalions n'ont point de durée ni de marche fixe; l'une et l'autre sont déterminées par l'idiosyncrasie , et par l'influence des modificateurs qui agissent sur les malades. »

Tels sont les principes généraux de la médecine physiologique. Nous devons acluuUement préciser leurs applications et faire connaître les principes secondaires et particuliers qui doivent naturellement en résulter. Pour mettre les unes et les autres dans tout leur jour nous suivrons l'ordre nosologique le plus généralemenl adopté, en nous conformant à la marche du réformateur de manière à ne laisser aucun doute , aucune obscurité sur les véritables caractères de sa doctrine.

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