‹ Histoire de la révolution médicale du XIXe siècleChapitre 39 sur 64 · CARACTÈRES DE LEURS EFFETS A CEUX DE LA SIMPLE INFLAMMATION · texte numérisé non relu

CARACTÈRES DE LEURS EFFETS A CEUX DE LA SIMPLE INFLAMMATION

— Dans toutes les maladies produites par l'influence des principes dont l'action morbifiquc détermine l'infection ou la contagion , Broussais ne voit que des inflammations, et le plus souvent de simples gastro-entérites. Nous l'avons fait observer pour les fièvres de mauvais caractère, le typhus, la variole, etc. Kous allons en trouver la preuve pour les autres agens de la même catégorie.

Poisons. — 3'' Examen, t. 1 , prop. cclvii : « Les poisons de lonte espèce étant injectés dans les vaisseaux sanguins, vont développer la gastro-entérite , s'ils ne sont pas assez puissants pour occasionner une mort subite. »

Produits de la putréfaction. — Loc. cit. , prop. ccLvm : « Les chairs putréfiées insérées dans les chairs vives , ou leur sanie injectée dans les vaisseaux sanguins , agissent sur les voies gastriques comme si elles étaient avalées , lorsqu'iuie mort promiite ne prévient pas la gastro-entérite. »

Venins. — Loc. al. .prop. cclix ; « Les piqûres et les morsures des animaux venimeux (jui laissent un poison dans la plaio déler-

minent une phicgmasie locale qui passe promplcmenl à la gangrène, attendu la vivacité de l'irritation. Ensuite les plus dangereux d'entre ces poisons occasionnent l'angoisse et la mort par l'influence exercée sur l'appareil nerveux. Si la vie persiste, l'innaramation se répète dans les principaux viscères , surtout dans les voies gastriques, et toujours avec tendance à la mortification. La f/angrène est donc ici , comme dans tous les autres cas, le résultat d'une exaltation trop rapide des phénomènes de la vie. »

Virus de la rage. — Lac. cit., prop. ccix : « Les morsures des animaux enragés déterminent toujours une gastro-entérite , et souvent l'inflammation se répète dans le pharj'nx, dans le cerveau, dans les poumons et dans les organes génitaux. Les délires et les convulsions sont toujours les effets sympathiques de ces phlegmasies, et varient selon le degré de susceptibilité ou l'idiosyncrasie.

Sytiiflis. — Broussais comprend ainsi la nature de cette maladie, 3" Examen, t. A, p. o : « Nous voyons dans la syphilis une série de phénomènes d'irritation ; mais nous ne suivons pas plus l'agent qui les produit dans l'intérieur du corps, que ceux qui développent les symptômes de la variole, de la rougeole, de la peste , etc. Ainsi , le médecin physiologiste doit se borner à étudier et les formes et les degrés de ce phénomène dans les différentes parties du corps, et à noter les modificateurs qu'il peut leur opposer. La syphilis est, de tous les modes d'irritation inflammatoire , celui dont il est le plus facile d'empêcher les effets désorganisateurs. »

Voici comment il définit et traite la syphilis, 3* Examen, t. 1, prop. CDV : « La syphilis est une irritation qui affecte l'extérieur du corps aussi bien que les scrofules, et l'on prévient sa répétition, qui forme la dialiièse, en l'attaquant dans son début par les antiphlogistiques locaux, et surtout par des sangsues abondantes. Prop. r.Dvi : L'irritation syphilitique invétérée cède aux antiphlogistiques et à l'abstinence; mais comme cette cure est pénible, on préfère le mercure el les sudorifiques. Prop. cdvii : Le mercure i

les sudorifiquos Pl aulrcs sliinulans no guérissent la syphilis qu'en exerrani la révulsion sur les capillaires dépuraleurs. Prnp. coxr : Les slimulans mercuriaux appliqués localement aux irritations syphilitiques externes les exaspèrent toujours lorsqu'elles sont intenses; ils ne peuvent les guérir que lorsqu'elles sont faibles, en opposant irritation à irritation. Prnp. cnxii : La prédisposition à la syphilis est la même que la prédisposition aux scrofules ; aussi les sujets qui en sont doués sout-ils beaucoup plus dillicilcs à guérir que les autres. »

Lésions oroaniques. — Broussais ne voit dans toutes ces lésions qu'un résultat de l'inllammation à ses différonls degrés ; et tous les médecins ijui ne partagent pas son opinion sont rangés dans une catégorie à laquelle il donne le nom de secte des fatalistes. Il dit, 3' Examen, t. 4 , //. /^S ;

« La connaissance qui constitue l'étiologie de ces altérations de texture nous les fait voir tollcmont dépendantes des divers modes d'irritation organique qu'elles font partie intégrante de l'iiisioire do l'inllammation et de celle de la névrose. » Il comprend dans celte classe de maladies : le ramollissement, les(juirrhe, l'encéphaloïde, le tubercule, la mélanose, etc., toutes les productions accidentelles : fausses membranes, kystes, ossifications, etc., l'hypertrophie, l'atrophie, etc.

lldit, /oc. f//.,/j. /JS :« Il est si vrai que l'irrilalion organique, agissant d'une manière spéciale sur les tissus lym|diatiques, est la mère commune de tous les produits que, de l'aveu do tous les auteurs, on les voit aussi succéder à des maladies dilTérentos; par exemple, aux aiïcctions syithililiques, aux dartres, aux élèphanliasis, affections qui ont de commun outre elles l'irritation. »

« l)(q)uis que j'ai contracté l'habitude d'éteindre complètement l'irritation dès son début, je n'observe plus ces dégénérescences que chez les personnes qui ont négligé les moyens de guérison dans h^ principe, ou (pii se sont procuré des rechutes multipliées.»

Voici les (qiinions (|uo Broussais admet sur les plus remarquables des altéraliuus orgauii|Ues :

Tubercules. — Broussais considère les lubercules comme identiques dans les poumons , les mésentères , el dans toutes les parties où leur manireslalion peut s'effectuer. Il ne tient , dans leur développement, aucun compte de la diathèse scrofuleuse, et les regarde comme des produits de rinflammation. Il dit , 3° Examen, t. 4, p. 1-20 :

« Les tubercules ne se forment point sans cause appréciable: ils sont le résultat d'une irritation organique, qui est produite par des causes communes à toutes les affections irritalivcs. P. 139: Les tubercules des enfants que l'on appelle scrofuleux , ceux des adultes, qui sont considérés comme les tubercules par excellence, et ceux des hommes âgés, dont on fait des mélanoses, sont essentiellement la même altération organique. »

Troùième Examen, t. •/ , prop. clxviii : « Je n'ai point vu de tubercules du poumon sans une inHammation antécédente. Ceux qu'apportent les enfants naissants ne me paraissent pas indépendants de ce phénomène. Prop. clxix : Les tubercules se forment dans toutes les constitutions attaquées d'inflammation chronique du poumon et des intestins; mais ils sont plus gros chez les sujets prédisposés aux irritations du système lymphatique. »

Troisième Examen, t. A, p. 36 : « Tous les gonflements lymphatiques ou glanduleux, qu'on les appelle scrofules ou tubercules, sont des inflammations chroniques des tissus blancs. Les tubercules du mésentère el du parenchyme des poumons sont provoqués par l'inflammation chronique de la surface muqueuse intestinale et de la surface muqueuse bronchique propagée par consensus aux tissus lymphatiques, soit du mésentère, soit du poumon.»

Phthisie pulmonaire. — Broussais reproche aux médecins qu'il nomme fatalistes, de voir dans la phthisie pulmonaire une maladie spéciale. Il n'y trouve que les résultats de l'inflammation, et dit, 3' Exam. t. 3, p. Si 2:

« Au lieu d'attribuer tout simplement la destruction du poumon aux progrès d'une irritation vasculaire, subordonnée aux mêmes causes que toutes les autres , ils s'en prcûucul à uq vice ioné , ou

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