‹ Histoire de la révolution médicale du XIXe siècleChapitre 40 sur 64 · MA.MKESTATIO.'» HE I.V DOCTRINE MÉDICALE · texte numérisé non relu

MA.MKESTATIO.'» HE I.V DOCTRINE MÉDICALE

à quelque puissance occulte inexplicable. Propos, clxxi : Le mot plilhisie pulmonaire, n'exprimant que la désorganisation qui est le produit de la phlegmasie du parenchyme pulmonaire, ne saurait être appliqué à cette plilegmasie. Il vaut mieux la nommer pneumonie clironiipio, en spécilianl par lequel des tissus du viscère elle a commencé. »

PiiTiiisiE LARY.\Gl-E. — Il n'élablil aucunc liaison entre cette maladie et la plilhisie pulmonaire. Il dit , 3" Exam. t. 1 , propos. cccLXH :

« La phlhisie laryngée et la trachéale sont constamment l'elTet d'une phlcgmasie locale qui n'a point été arrêtée à son début , et ne deviennent mortelles que par une pneumonie ou une gastroentérite consécutives. On préviendra donc ce malheur en détruisant de bonne heure l'inflammation trachéale. »

Ramollissement spontané. — Broussais ne l'admet pas, et considère cette altération comme le résultat d'une phlegmasie. Il approuve beaucoup Abercrombie et Lallemand d'avoir directement lié cette maladie à l'irritation, et dit, 2« Exam. p. 161 :

« Le ramollissement du cerveau est une des nuances de la désorganisation de l'encéphale à la suite des irritations de ce viscère. »

Altérations diverses. — Réunissant à peu près toutes les affections cérébrales, il les rattache également à l'irritation, et dit, 2' Exam. p. 110 :

« Les congestions sanguines, séreuses, le cancer, les tumeurs fongueuses de la dure mère, les acéphalocystes, les tubercules, les tumeurs osseuses, la léthargie, l'èpilcpsie, la catalepsie, sont aussi bien que le ramollissement des effets de l'irritation cérébrale ; et comme le traitement de toute irritation de ce viscère est absolument le même , ces nuances d'altération ne peuvent être considérées que comme des traces un |ieu différentes d'une affection tuujours la même, et non comme des maladies do diverses natures. >»

DEUXIEME PKRIODE.

Ossifications. — Broussais les rapporte également à l'inflamniation , et dit, 3'' Exam. piop. CLXXVii :

« Les ossifications des artères propres du cœur doivent être la suite de l'inflammation de sa membrane interne , ou de celle des grosses artères. »

G.VNGRÈKE. — En la considérant comme l'un des accidents de l'inflammation, Broussais ne semble pas attacher d'importance à la nature des causes qui déterminent cette inflammation. Il dit en elïet, Phlcijm. chron. 4' édit., t. I , p. 42 :

« Si l'inOammation continue au lieu d'avorter, si les vaisseaux sont dans une action extrêmement violente , le faisceau tout entier peut perdre sa vitalité — Il ne présente plus qu'une masse noire que l'on appelle escarre. Telle est la' gangrène que l'on attribue communément à l'excès d'inflammation Il est une autre gangrène qui a lieu après une inflammation légère et momentanée ; quelquefois même l'irritation ne va pas plus loin que la douleur ; la rougeur passe au violet et au noir sans qu'il paraisse ni gonflement ni chaleur. La gangrène dite sentie , celle des pustules malignes , celle des escarres de la peau dans les gastro-entérites aiguës appelées fièvres de mauvais caractère , etc. , ne sont-elles pas autant d'exemples de ces inflammations qui semblent avorter dès leur début, en laissant les faisceaux capillaires dans un mortel engourdissement. » Il termine l'exposé de ses principes sur cette lésion par la conclusion suivante, 2' Exam. p. 588 : « En somme la gangrène soit aigué, soit chronique, soit chez un sujet jeune et vigoureux , soit chez un vieillard et chez un épuisé , est toujours un elïet , et l'on n'en saura jamais l'histoire , qu'en étudiant celle de l'irritation. »

Atonies. — .\ulant les maladies par exaltation de la puissance vitale sont multipliées dans la doctrine dite physiologique, autant celles qui se rattachent directement à la diminution de celte puissance deviennent rares. Autant les premières y sont importantes, autant les secondes y semblent à peine dignes d'attention. Voici à

quelle simple expression les réduit le réformateur , 3' Eram. t. 1 , propos. CDXXXiii :

« Il est des modificateurs parmi les agents externes qui éteignent la vitalité sans produire de réaction appréciable. Alors la débilité constitue seule la maladie ; mais ces cas sont beaucoup plus rares qu'on ne l'a cru pendant longtemps. Propos, cdxlvi : La débilité générale, sans phlegmasie , n'exige que les bons aliments et une dose modérée de vin si la digestion s'exécute. Si elle se fait avec peine, les amers sont nécessaires. »

Propos. cDXLviii : « La débilité avec un catarrhe qui épuise par une expectoration trop copieuse et sans fièvre réclame des aliments nutritifs, le quimjuina , le lichen, etc. Propos, cdli : La débilité jjpoduitc par les hémorrhagies excessives exige les astringens, les toniques fixes. Propos, cdliii: La débilité et l'épuisemonl qui sont la suite d'une fatigue musculaire poussée à l'excès , demande des alcooliques et des aliments très-nutritifs. »

Propos. CDLV : « La débilité extrême qui est la suite du jciinc poussé à l'excès doit être traitée par une alimentation graduée. Propos. CDLVi : La débilité produite par le froid se traite par les excitants dilTusibles, etc. »

Les autres débilités qui accompagnent une phlegmasie grave ne sont plus des faiblesses réelles. C'est la fausse adynumlc dont lirown avait fait une entité que le réformateur français a combattue comme la plus dangereuse de toutes les erreurs médicales.

Proscription de la falsse adynamie. — Broussais fait observer que l'adijnamie de Pinel est exactement l'asthénie de Brown, c'est-à-dire un groupe de symptômes , « ayant pour base la faiblesse des fonctions intellectuelles etsensitives , ainsi que celle des muscles de la locomotion , réunies à l'état fébrile. »

Il ajoute, -V Exum. t. 5 , p. 449 : « L'adijnamie n'est pas telle que l'entend Pinel , cela est inconteslabh» , puisipi'il suppose une diminution générale des forces comme formant l'essence de la maladie , tandis que cette diminution n'est ici que le résultat d'une inflammation do la muqueuse gastro-intestinale , ainsi que nous

l'avons surabondamment prouvé dans la réfutation du Rrownisnie. »

P. 451 : « J'ai dit en mille endruils que, dans les prétendues fièvres essentielles , la faiblesse dépend de l'inflammation de la surface interne des organes digestifs;.... que l'on fait alors disparaître ou revenir à volonté cette faiblesse en calmant ou en exaspérant l'irritabilité de la membrane qui préside à la digestion ; que , dans les cas mortels , on est sur d'y rencontrer des traces de phlegmasies. »

Du reste , il établit ainsi la proportion relative de l'adynamie vraie et de la fausse adynamie, 3* Exam. t. 1 , propos, cdxxiii :

« La, débilité est le plus souvent \e prodmt ieVimtOilion , et quelquefois constitue seule la maladie. »

Paralysie. — Sans accorder plus d'importance à la paralysie qu'aux autres asthénies essentielles , Broussais en détermine ainsi les principaux modes , 3' Exam. t. 1 , propos, cdxxvi :

« La paralysie qui succède aux affections cérébro-rachidiennes est toujours un produit de l'irritation ; elle ne fournit donc que des indications partielles ou locales. Propos, cdxxvii : la paralysie qui succède aux grandes déperditions de fluides non sanguins dépend toujours de l'irritation ; mais bientôt elle fournit des indications particulières. »

Propos. Lvi : « Ce n'est pas par le défaut d'un principe particulier dont le cerveau serait la source que les appareils moteurs paralysés se flétrissent; mais par défaut d'excitation et d'exercice. l'rop. Lvii : le défaut d'action des muscles paralysés ne vient pas d'abord de l'inaptitude de leurs nerfs à exciter le mouvement , il vient du défaut de communication suffisante avec le cerveau ; mais lorsque la nutrition a langui pendant longtemps dans la partie \iaralysée , ses nerfs se détériorent et ne sont i)lus propres à exciter l'action. »

Propos. Lv : « Les organes qui ne communiquent plus avec lo cerveau perdent bientôt leur vitalité et leur nutrition ; se flétrissent et meurent. Mais cet élal est rare; car dans les paralysies, suites

(raffeclion du cerveau, il y a encore cominunicalion avec ce viscère. Mais coiniiie la principale n'a lieu (jue par un point malade , et les autres par des anastomoses au moyen do cordons nerveux peu considérables, ses influences sont incapables d'entretenir l'action au degré convenable. »

Proscription de l'ataxie essentielle. — Broussais attaque cette nouvelle ctUilé : Vatojcie , nommée malignité par les anciens, comme il a fait l'adynamie. Il ne voit dans cette ataxic qu'un groupe de symptômes dépendant de l'action sympathique de la gastro-éntérite sur l'encéphale, et dit, 3' Examen, t. 2, j). 457 :

« Le même vice qui a présidé à la formation des groupes de symptômes qui forment, dans les auteurs, les autres lièvres dites essentielles, les a conduits à en établir un qui porte le nom de fièvre maligne, chez les écrivains des deux derniers siècles; et de jièrre ataxique , dans la Nosocjraphie de Pinel. Les descriptions (|ue l'on nous donne de cette prétendue fièvre essentielle oiTrcnl toujours les symi>tômes de la gastro-entérite , et quelquefois ceux d'une aulre plilegmasie, conqdiijués avec des pliénomènes nerveux. Ces phénomènes sont un délire extraordinaire , des convulsions passagères ou permanentes dans les muscles de relation, des allérations des facultés sensilives, un état de veille avec agitation, ou un coma plus ou moins profond, des spasmes, etc. Ces phénomènes sont évidemment dus à l'irritation prédominante du système nerveux de relation. »

Paye 402 : «Je soutiens que les cas de fièvre dite ataxiquc, où les auteurs n'ont jioint trouvé de phlegmasie, appartiennent aux gaslro-cnlérites. On sait, en outre, par leur aveu, que dans tous les autres cas , il existait une inflammation soit du cerveau , soit d'un autre viscère, d'après tpioi je me crois autorisé à conclure que toujours les symplùnu's dits ataxi(iurx sont associés à nno inflammation locale, lie plus, j'ose avancer qu'ils en dépendent, parce (juc l'expérience m'a a|)])ris que ces symptômes augmentent et diminuent avec l'inflanimatidn locale qui les acconquigne ; de

sorte qu'ils doivent être placés sur la même ligne que tous les phénomènes indicateurs des irritations viscérales. >/

Délire. — Broussais le rapporte à l'irritation du système nerveux cérébral, irritation qui peut être directe ou sympathique d'une irritation viscérale intérieure et plus spécialement de la gastroentérite. 11 dit en eiïet, Traité de l'irritation et de la folie, 2'édit. t. 2, p. 55/ :

« Nous regardons comme certain que le délire ne saurait exister sans une excitation des fibres blanches de l'encéphale qui constituent évidemment son système nerveux particulier. »

C'est ainsi qu'il comprend le délire par cause directe dans les inflammations de l'arachnoïde etc. Il explique ainsi le délire par irritation indirecte, et le passage du délire à la folie: loc. cit., p. 5^0 : à propos des sujets « névropathiques qui divaguent, souffrent et font souffrir tous ceux qui les approchent : p. 5J:0 : « Tous ces états morbides attestent qu'en percevant une irritation et eu déterminant des mouvements involontaires ou volontaires , en conséquence de cette perception, l'appareil sensilif interne a luimême été excité au degré qui constitue l'irritation , or une fois porté à ce diapason anormal , ce système peut en subir toutes les conséquences :

« C'est-à-dire que son irritation est susceptible de se transformer en phlegmasie, en hémorrhagie, en subinflammation, c'est ainsi que l'encéphalite, l'arachnoïditc, viennent compliquer ce qu'on appelait autrefois les flèvres essentielles, et que les mélancoliques les hypocondriaques et les hystériques deviennent fous, épileptiques ou sont foudroyés parl'apoplexie. Telle estl'irritation secondaire du système nerveux, elle n'est d'abord que névrose; elle se transforme ensuite en quelque chose de plus humoral, en irritation vasculaire. »

Aliénations mentales. — Broussais les réunit sous le litre de Folie qu'il fait dériver de l'irritation et qu'il définit ainsi , loc. cit. p. 533

« La folie est, pour le médecin , la cessation prolongée du mode

Wiï MANIFESTATION DE l.A nl-VOLITION MÉDICALE.

d'action du cerveau , qui dans l'étal normal est le régulateur de la conduite des hunimes et auquel tient cette faculté que l'on appelle la raison; mais il faut que les malades puissent s'acquitter en grande partie des fonctions des autres organes , pour qu'on leur donne la qualification de fous ; car on ne considère pas comme tels les frénétiques el beaucoup de malades attaqués de plilegmasies aiguës qui sont aussi dépourvus de raison. Privé de cet instrument, riiomme ne peut plus résister aux impulsions aveugles de l'instinct , et cet instinct lui-même est plus ou moins dépravé dans la folie. »

« Le cerveau , en prenant ce terme dans l'acception d'appareil encéphalique , est l'organe de l'instinct el de l'intellect , el ces deux

facultés s'allèrent toujours avec le cerveau La folie ne peut donc

provenir que de la surexcitation ou irritation de l'encéphale. »

Pag. 544 : « Deux formes sont à noter dans l'incubation de la Toile : lorsque l'encéphale est surexcité d'une manière un peu durable par la passion et les efforts d'atlenlion el de mémoire, la folie est imminente. Elle l'est également lorsque l'encéphale est continuellement stimulé parles irradiations qui parlent de l'estomac surirrilé chez les deux sexes, el des organes génitaux en état de phlogose subaiguë chez la femme. »

Il dit encore, 5* Examen, t. I , jiropos. cxxiii : « La manie su|>pose toujours une irritation du cerveau : celte irritation peut y êlre enlreteime longtemps par une autre iiiflanunalion et disparaître avec elle ; mais si elle se prolonge , elle finit toujours par se convertir en une vérilable encéphalite, soit paienchymaleuse , soit membraneuse. »

Il devient ici bien plus exclusif relativement à la production de la manie par cause indirecte, loc. cil., propos, c.xxw :

« Aucune inflammation extra-cérébrali- ne jteut |)roduirp la maiiir^ sans le coiuonrs de celle de l'esloni.ir cl des intestins grèlrs, cl lefoien'esl affecté ici que serondairenienl. Propos, c.xw : L'arachnilis est plus souvent consécutive à une gastro-eiilérilo que itrimitive ; mais le délire, l'insomnie el les convulsions qui en sonl souvent les signes peuvent être cnlrelcnus par celle

gastro-entérite disparaître avec elle ; ne laisser après la mort , dans l'arachnoïde et la pie-mère, aucune traces de plilegmasies, ou en laisser de moins marquées que celles que l'on trouve dans l'estomac, etc. Propos, cxwi Iln'y a jamais de gastro-entérite sans

un degré quelconque d'irritation cérébrale. »

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