‹ Histoire de la révolution médicale du XIXe siècleChapitre 41 sur 64 · THÉRAPEUTIQUE · texte numérisé non relu

THÉRAPEUTIQUE

D'après cette assertion de Broussais : De Nrritation et de la folie , '2," édit. t. ■/ p. 55 : « L'irritation forme la base des principes de la doctrine physiologique, » il est aisé de comprendre que la médication antiphloijistique présentera le fondement essentiel de la thérapeutique du réformateur.

Nous verrons en effet les moyens excitants locaux et généraux , les dérivatifs , les évacuants et même les calmants proprement dits, ou proscrits dans le plus grand nombre des cas , ou conseillés , mieux encore tolérés dans quelques circonstances exceptionnelles très-rares.

CONDAMN.^TION DE LA MÉTHODE EXPECTANTE. — BrOUSSais dit :

3° Exam. t. ^ , propos, cclxii : « Il est toujours dangereux de ne pas arrêter une inflammation dans son début , car les crises sont des efforts violents et souvent dangereux que la nature déploie pour soustraire l'économie à un grand danger ; il est donc utile de les prévenir , et imprudent de les attendre. )> Mais comme s'il craignait les funestes conséquences d'un principe de médecine perturbatrice aussi dangereusement exclusif , il se hâte d'ajouter , 2" Exam. p. oiG : « Le médecin prudent fera mieux de s'en tenir à la médecine sédative , et de travailler à rétablir l'équilibre , sans exciter des perturbations dont il serait incapable de calculer les effets. »

Approprier LES médicaments a l'état dés organes. — Le réformateur conseille de localiser l'action des moyens thérapeutiques ;

19(1 MANIFESTATION DE LA RÉVOUTION MliDICAI-E.

(l'en approprier toujours rinfluenee à l'élal aeluel de l'organe sur lequel ou les fait a.u'ir , de ne jamais les diriger contre des entités patliojogiques. Il dit en effet, 3'' Exam. t. / , propos. t.ULXvii :

« Adresser des remèdes à une enlilô morbide factice , sans apprécier leurs efTets sur les organes qui les reçoivent , et sur ceux qui sympathisent avec ces organes , c'est guérir ou exaspérer une maladie sans en connaître la raison physiologique. »

Constater , avec soin , l'état de l'estomac avant l'administration INTÉRIEURE DES MÉDICAMENTS. — Ce principe , Susceptible d'un bien plus grand développement , est une des bases fondamentales de la thérapeutique dans la doctrine physiologique. Broussais en a puisé la première idée dans les abus du traitement des (lèvres intermittentes par le quinquina. 11 dit: I'lilc(j. chron., a'édit. t. 2, p. loi:

«Les praticiens n'ont point assez ouvert les yeux sur la complication de la phlogose des voies digeslives avec les fièvres intcrmittenles : on trouve partout le précepte de traiter, avec de fortes doses de quinquina , les fièvres qui sont accompagnées durant l'accès d'un point douloureux quelconque. On se contente de les ranger dans la classe des pernicieuses ou ataxiques inlermitlenles, et l'on menace hardiment de la mort et d'une mort Irès-promple , les malheureux chez qui l'emploi du souverain fébrifuge aura été ménagé ; on ne voit mémi; ]»as paraître le soupçon d'une véritable phlogose : il suflil que le type intermittent soit aperçu pour (pie tous les phénomènes soient crus nerveux, et qu'on crie au quinquina. »

Il ajoute, J* Examen, t. ô. p. 400: «Puisque l'on a toujours recours à l'estomac pour combattre les êtres abstraits et complexes qu'on appelle fièvres intermittentes, au moins faut-il avoir un moyen de bien constater (piand ce viscère est disposé à so prêter à l'action des remèdes (juc l'on prétend opjtoser à ces entités. »

Broussais arrive à considérer l'estomac, sous le point de vue physiologique, patliologi(pic et lhérapeuli(pio , ii peu près comme l'organe le plus imporlaulde l'économie. Il dil en effet, 3'' Exam., I. I . /iroji. rc.xc :

« L'estomac est un organe qui a besoin d'être stimulé , afin d'entretenir, par les sympathies qu'il réveille , le degré d'irritation nécessaire à l'exercice des fonctions ; mais il doit l'être dans un degré et dans un mode qui conviennent à sa vitalité , car il est le siège du sens interne régulateur de l'économie. »

Propos, cccxii : L'excès d'irritabilité de l'estomac ne se manifestant pas toujours par la douleur, ni par le vomissement ; mais plutôt par la violence de la fièvre, par le délire, par la stupeur, par les mouvements convulsifs; ces sympathies doivent suffire au praticien pour le déterminer à renoncer aux stimulans. »

Propos. ccïCi : « Lorsque la sensibilité et l'irritabilité de l'eslomac sont fort augmentées, tous les stimulans le blessent et précipitent le jeu des fonctions au point de les anéantir. Tel est le cas des gastrites de la plus haute intensité, du choléra, des fièvres jaunes , etc. »

Propos. CCI : « Lorsque l'estomac n'est pas assez stimulé par les aliments, toutes les fonctions deviennent languissantes ; mais bientôt la faim développe dans ce viscère une irritation partagée par le cerveau qui ranime plusieurs fonctions daug un mode défavorable à la conservation de l'individu. Telles sont la fureur et l'exaltation mentale des faméliques, que suivent bientôt les convulsions, la fièvre, etc.» Prop. cccvii : Celui qui ne sait pas diriger l'irritabilité de l'estomac ne saura jamais traiter aucune maladie. La. connaissance de la gastrite et de la gastro-entérite est donc la clef de la pathologie. »

Proscription de l'empirisme. — 5* Examen ,l. 1 , prop. cdlx : « La médecine empirique qui consiste à garder la mémoire des symptômes qu'on a observés et des remèdes qui ont été utiles ou nuisibles, sans se permettre aucune explication physiologique, est impraticable , parce qu'il est impossible de rencontrer dans la nature des groupes de symptômes absolument semblables à ceux qu'on a pris pour modèles. »

SoL'RCES des VÉRITABLES indications. — LoC. cit.,prop. CDLXII :

« La nature des maladies doit être, pour le médecin, ce qui fournil les indications curalives. Elle résulte donc: I''de la connaissance des modificateurs (jui ont exalté, diminué ou dénaturé d'une manière quelconque l'action de l'organe priniitivemenl affecté; 2° de celle de rinlluonce de cet organe sur les autres; 3" enfin de celle des modilicaleurs qui peuvent rétablir l'équilibre, ou du moins diminuer l'intensité de la maladie. La nature des maladies résulte donc, pour le médecin, de la modification physiologique appréciable des organes. »

Moyens iiyc.ikmol'Es. — Voici ceux dont nous avons trouvé l'apprécialioii dans les principes de la médecine jibysiolngique :

Air. — Troisième Examen, t. I, prop. cccxlviii : « L'air des grandes villes est nuisible aux personnes attaquées de gastrite chroniipie. Celui de la campagne leur est avantageux, surtout avec l'exercice ; car ces modificateurs , ainsi que les boissons aqueuses , précipitent la digestion dont la lenteur entretient l'irritabilité de l'estomac; ou diminuent l'irrilabililé de l'estomac qui ralentit la digestion, »

Iléijime. — Loc. cit., prop. ccclxxiv : « La sobriété est une condition sans laquelle il est impossible de guérir les i)hénomùnes spasiiiudiques et convulsifs. » La propos, ccii , déjà citée p. 25:2, indiipie l'imporlancc d'une alimeulaliou approi>riée à l'état de l'estomac, dans l'état de santé comme dans l'état de maladie.

(îtjmnaatiquc. — /Voyj.r.ccLXxm : « L'exercice des muscles locomoteurs est le meilleur moyen de détruire la mobilité convulsivc: il agit en déplaçant les irritations viscérales , en consumant une activité superllue , et en appelant les forces vers la nutrition et vers les tissus exhalants et sécréteurs. Vrop. cc.cxlvii : L'écpiilaliou (îs^ dangereuse dans les gastrites chroniipies avec exaltation considér;ilili' (le la si'usibilité de l'estomac. »

Pni^iCAiTiONs CONTRE LEscoMAfiiONS. — Loc. cil.,prnp.c.M\\\\ : «Tout malade affecté de typhus (la fièvre jaune y est rouqtrisc), pnil devenir seul un foyer d'infection pour les personnes sauies. et leur

communiquer sa maladie , s'il est renfermé dans un local étroit, et si ses émanations sont stagnantes autour de lui; c'est la contagion fébrile. Mais s'il est placé dans un lieu sain, bien aéré et tenu proprement, celte communication est dilBcile. Le typhus pestilentiel et le varioleux sont-ils les seuls qui puissent contagier malgré ces précautions? »

Acclimatement. — Loc. cil., pro/>. cccxxii : «L'acclimatement des pays chauds s'obtient par les saignées générales, par une diminution considérable des aliments et par le repos. Mais il faut éviter l'abus des aliments végétaux et des boissons réfrigérentes. Prop. cccwiw : Les repas copieux, l'abus des boissons alcooliques sont dangereux dans les climats chauds pour les nouveaux arrivés. Ces deux excès retardent l'acclimatement et facilitent l'empoisonnement miasmatique. »

Propos, r.ccxxiv : « L'ingestion de l'eau aromatisée, animée avec une substance alcoolique et acidulée, doit réparer la déperdition des fluides qui résulte des sueurs excessives dans les climats du midi, chez les hommes des latitudes septentrionales. Prop. cccxxv : Les stimulans concentrés sont toujours nuisibles aux habitants du nord transplantés dans le midi , au moins jusqu'à l'époque de l'acclimatement. »

Moyens thkkapeutiqles. — Pour Broussais, V inflammation est le grand fait anormal qui domine toute la pathologie , et « Vémisiion sanguine est le plus efficace de tous les moyens que l'on puisse opposer à la marche des inflammations. » Voici , du reste , la série des agens thérapeutiques indiqués par le réformateur français pour le traitement des maladies, et son opinion sur la valeur de chacun de ces agens.

Émissions sanf/uines. — Loc. cit., prop. ccLXViii : «Les saignées générales ou locales faites k une personne qui a peu de sang déterminent toujours beaucoup de malaise , augmentent les congestions viscérales , et produisent souvent par là des convulsions et de la fièvre. »

yVo/)os.cDLviii :« Lorsque, dès le début d'une affection aiguë , il existe une extrême débilité et un profond découragement ; si une saignée générale ou locale proportionnée aux forces et aux symptômes, au lieu de relever les forces , les diminue , on ne doil pas la réi)éter, car c'est une preuve que les viscères introducteurs des matériaux conservateurs de la vie n'ont pas rempli cette fonction , et que, par conséipient, l'économie n'a plus les moyens de réparer des pertes de quelque abondance. »

Saifjnée veineuse. — Loc. cit.. prop. cclv : « La saignée des gros vaisseaux convient aux engorgements sanguins qui se font avec rapidité sous l'inlluence de l'irritation dans les parenchymes. La. saignée des vaisseaux capillaires, pratiquée le plus prés possible du point principal d'irritation , c'est-à-dire sur la région de la peau qui correspond au viscère enflammé , doil obtenir la préférence dans tous les autres cas , lorsque la maladie est encore récente. »

Propos. r.cLxvi : « II n'y a aucun inconvénient à pousser la saignée jusqu'à la syncope peu prolongée dans les inllammations récentes des sujets qui étaient sains avant la maladie ; dans les cas contraires , on ferait faire au malade , par celle prati(iue , un sacrilice dont on ne serait pas certain qu'il put obtenir le dédummagemcnl. »

Saignée arlcrielle. — « Les fortes congestions sanguines

du cerveau ont besoin de la saignée de la jugulaire, de l'arlériolomieel des sangsues applicpiées à la partie supérieure du cou. »

Sangsues. — Rroussais les conseille surtout à l'exclusion de la saignée. Prop. cclxv : « Dans les inflammations modérées sous le point de vue de la congestion sanguine , surtout dans celles qui alToctei<l les tissus membraneux. »

Il ajoute, .4H/i«/f.v de lu mnl. pliijs.. I. /, p. 340 : « Les médecins doivent être très-circonspects sur l'emploi des saignées locales lorsqu'ils ont à combattre une pblegmasie chronique passée k l'étal aigu. Ce moyen ne pouvant pas détruire la désorganisation exis- Uiiili! dans les viscères, affaiblit les malades en pure perle; el , roniine le système nerveux prend d'autant plus d'ailnm (pie le

système sanguin un a moins , il en résulte Iriniuemmcnl dos convulsions. C'est dans des cas semblables que ceux qui ne sont point complètement médecins physiologistes éprouvent quelque échec. »

Il continue, 3" Examen , t. I , pmp. ccr.xxxiii : « Les saignées locales, l'abstinence et les boissons a([upuses font toujours avorter les phlegmasies commençantes lorsque l'inflammation n'est pas encore fort étendue dans les viscères; mais si plusieurs organes sont enflammés en même temps et dans une grande étendue , ce qu'indiquent l'excès d'angoisse, de prostration , et l'extrême fréquence du pouls , on évacuerait tout le sang avant que d'arrêter la maladie. Alors on doit ménager ce fluide. »

Propos. ccLXVii : « Les saignées locales sont souvent nuisibles dans les anciennes phlegmasies des principaux viscères , lorsque le sang ne surabonde pas dans l'économie ; il est rare qu'elles n'augmentent pas alors la congestion ; il vaut donc mieux s'en abstenir, ou bien les pratiquer à quelque distance du point principal d'irritation. »

Troisièinr Examen, t. 2, p. 46G : « Les lois de l'économie sont telles que la soustraction du sang suffit aussi bien que celle du calorique , dans un grand nombre de cas , pour exaller l'action organique des viscères , et produire une superstimulation qui se manifeste par l'exaspération des phlegmasies , ou par des phénomènes convulsifs de la plus haute intensité.

T. /, prop. ccLXVi : « Leshémorrhagies des sangsues deviennent souvent excessives chez les enfants et chez les jeunes sujets dont la peau est sanguine et le cœur très-énergique. On doit donc arrêter l'écoulement des piqûres aussitôt que la défaillance se fait sentir. »

Propos, cccxxxii :« Lorsque l'hémorrhagie des sangsues persiste malgré l'étal de syncope et d'asphyxie , on doit arrêter le sang, surtout chez les jeunes enfants , qui sont les plus exposés à mourir d'hémorrhagie, et qui, pour cela, exigent une surveillance particulière. '»

Déhilitanis. — Après les émissions sanguines, Broussais place au nombre des débilitants les plus propres à arrêter la marche des inflammations :« l'abstinence, les boissons émollientes et acidulés. »

Di(jitale. — Troisicine Examen, t. 1 , prnpoa. ccclxiv : « La digitale ne produit io ralenlissement des conlraclions du cœur que lorsqu'elle est dt'posce dans un estomac exempt d'inllanmialion , et (|u'il n'en existe point dans les principaux viscères ; dans les cas contraires, elle les accélère on faisant faire des progrès à la phlogose. »

Propos, cclxv : « La digitale affaiblit la puissance contractile de l'appareil musculaire locomoteur; elle peut donc être utilisée dans les convulsions, pourvuqu'il n'existe pointd'inflammationdans les viscères; mais dans aucun cas il n'est prudent d'en augmenter bcaurnup la dose et d'en continuer l'emploi pendant longtemps. >►

Propos. ccLXViii :« Les liiiuorrhagies sponlanées coïncident biL-n souvent avec une hypertrophie du cœur. jLa digitale peut donc y être utile, pourvu que l'estomac permette de l'employer. »

Antispasmodiques. — Broussais dit , S"" Examen , /. / , /*. /•') « J'avertis que par anlispasmodi(fues \e désigne des médicaments .stiniulants , selon l'acception vulgaire, et non les adoucissants, qui sont presque toujours les meilleurs antispasmodi(|ues. »

Il continue, /oc. cit., propos. r.ccLXXii : « Les antispasmodiques ne guérissent les affections convulsives que lorsque l'estomac les supporte sans être surexcité, et lorsque le point d'irritation, qui est la cause do ces affections, ne s'élève pas au degré de l'iiiflainmation. Aussi sont-ils souvent nuisibles dans l'hypocondrie et l'hystérie. »

Propos. ixxx\\\\\ : m L(!S antispasmodiques peuvent suspendre les phénomènes nerveux malgré rinflammalion du tissu dont ces phénomènes dépendent; mais la maladie s'exaspère et la guérison no s'obtient ipie par les anliphlogislicpu^s et par la révulsion. »

Hains chauds. — Loc. ril., propos, r.r.cxiv : « Le bain chaud n'opère la guérison de la périloniteipu! par une révulsion exerréesur tout le tissu de la peau, et si cette révulsion manque , la nialaiiie s'exaspère. Aussi le bain fait-il soum'iiI reparaître les |)/'riloniles arrêtées par les sangsues. Il n'en est pas ainsi des fomentalions éuiollientes et de la vapeur de l'eau chaude dégagée dans le lit sans déranger les malades. »

DEUXIÈME PKniODE. 203

Propos, cccxv : « Le bain chaud exaspère souvent les gastrocnlériles aiguës , parce que les stimulations de la peau se répètent ordinairement dans l'intérieur des voies gastriques. »

Dérivolifs. — Propos, r.ccviii : « Lorsque les inflammations pulmonaires ont résisté aux antiphlogistiques et aux vésicatoircs , on peut encore les combattre avec efficacité par les cautères, les sétons et les moxas placés le plus près possible du mal ; mais il n'en est pas toujours ainsi des phlegmasics muqueuses du canal digestif. »

Vésicatoircs. — Propos. ccLXXXViii :« Lesvésicatoires augmentent souvent les gastro-entérites , parce (juc rinflammalion qu'ils jiroduisent ajoute à celle de la membrane nnupieuse digestive, au lieu d'en opérer la révulsion ; ils ne rendent donc pas les services iju'on en attend dans le degré de ces maladies que l'on désigne |)ar les mots de fièvre adijnamiquc . »

Propos. r.cLXXXix : « Les vésicaloires exaspèrent le plus souvent les inllammations des différents tissus du poumon, soit aiguës , soit chroniques , lorsqu'on les applique avant le traitement anliphlogistique ; mais , après les saignées répétées , ils opèrent trèsefficacement la révulsion. »

Propos. cccxL : « Lorsqu'il survient un épistaxis dans une gastro-entérite aiguë , il est avantageux si la fréquence du pouls diminue. Si l'hémorragie devient excessive, on le combat par un vésicaloire placé à la nuque ou entre les omoplates. »

Propos. cccxLi : « S'il se déclare une hémoptysie dans une gastroentérite aiguë malgré la saignée, elle exige un vésicaloire sur le haut du sternum. Les hémorragies intestinales veulent un vésicatuire, sur l'abdomen ; parce que ces hémorragies produisent une anémie des viscères qui empêche le vésicatoire d'èlre nuisible. »

Purfjatifs. — Propos. cccxLix : « Les purgatifs , les vomitifs et les toniques qui agissent par révulsion n'opèrent que des cures palliatives dans les gastrites et les gastro-entérites chroniques, et rendent la guérisnn radicale plus difficile. »

Vomitifs. — Propos. ccLXXXvii : « Les èméliques ne guérissent les gastro-entérites que par la révulsion et les évacuations critiques

20i MANrPESTATION DE LA RÉVOLUTION MKDICALE.

qu'ils provoqueni : leur effet est donc incertain dans les cas légers, et, dans les graves, ils sont toujours dangereux, parce qu'ils ne uiauquent jamais d'augmenter rinflaniuialion qu'ils n'ont pas réussi à enlever. Il en est ainsi des purgatifs. .Mais ceux qui sont amers augmentent plus la chaleur, tandis que les salins dissimulent la phlegmasie en la rendant chronique. Tel est souvent l'ciTel du calomel et des sels neutres , (pii ne calment les souffrances des gastro-entérites qu'en entretenant une diarrhée qui finit par le marasme ou par l'hydropisie. »

Èmélique. Contro-slimulisme. — Troisième Examen, t. 4, p. 201 : « L'émétiquc donné à un grain toutes les trois heures irrite l'estomac et les intestins dans les péripneumonies fébriles. Le plus grand nombre de malades vomit, d'autres ont plusieurs selles , d'autres éprouvent les deux évacuations ; de ceux qui ne les ont pas, les uns suent, si les circonstances sont favorables, et d'autres ont des urines plus copieuses qu'à l'ordinaire. Quelquesuns n'offrent d'abord aucune évacuation : parmi ceux-ci , les uns vdiit bien et les autres mal. Ceux dont l'état s'améliore ne tardent pas à avoir des urines ou des sueurs. »

« Ceux ipii empirent tombent dans les angoisses de la gastrite avec suspension de toute excrétion , état parfaitement connu des observateurs physiologistes. Ces derniers périssent d'ordinaire en un ou deux jours, et l'ouverture montre une horrible gastrite avec ou sans induration péri|)neumonique, souvent sans induration; car la révulsion sur les parois de l'estomac est alors conqiléle ; de sorte qu'au lieu de mourir de péripneumonie , comme l'apparence d'agonie le faisait craindre avant l'emploi des remèdes, le malade meurt de gastrite. Parmi ceux chez ipii i'i nullipie provoque des viuuissements et dos selles li(piides et copieuses , on en voit ipii

guérissciil, l'i même avec une prouqitituilc ipii surprend D'après

ces faits, je persiste dans l'opinion (pie , le premier, je manifestai on France sur les guérisons par la snperémélisatiou llasorienne : Ces (junisons ne sont ducs qu'à une forte stimulation des voies gastricjues, suivie de sécrétions diverses.

11 ajoute , 3' Examen, I. I , propos. CDXvii : « La guérison des

phlegniasies intenses telles que la péritonite puerpérale ou non , le rhumatisme aigu, la pneumonie, etc., par le tartre stibié , par le calomel, par les frictions mercurielles, par l'opium, par l'huile de térébenthine, par les drastiques, n'est pas l'effet d'une sédation directe; elle résulte du réveil d'un grand nombre de sympathies organiques qui ouvrent une ou plusieurs portes à la révulsion; aussi ne s'obtient-elle que par des évacuations critiques , et si le stimulant est trop faible pour les produire, ou si l'irritation morbide est trop intense pour se laisser déplacer, la maladie augmente et la désorganisation aiguë ou chronique en est la suite. Cette méthode de traitement doit donc être précédée de l'antiphlogistique, et même , avec cette précaution , on joue à quitte ou double. »

Toniques. — Propos, cdxlv : « L'indication de solliciter l'estomac par les toniques ne se tire ni de la faiblesse, ni de la maigreur, mais plutôt de la pâleur et de la largeur de la langue, ainsi que du sentiment de langueur et de la lenteur de la digestion , lorsqu'on a fait usage des aliments peu stimulants. Elle peut aussi résulter des douleurs de l'estomac, des rots, des borborygmes et des coliques qui accompagnent ces sortes de digestions, lorsque ces accidents disparaissent avec des aliments d'une propriété plus irritante. »

Quinquina. — Propos, ccclxxxiv: «Le quinquina et les stimulants administrés pendant qu'il reste de l'inflammation dans les voies gastriques élèvent la plilegmasie à l'état aigu et continu, ou l'entretiennent dans une nuance chronique, en faisant cesser les accès: alors l'irritation et la congestion se fixent dans les viscères parenchymateux. C'est de cette façon que le quinquina produit les obstructions qui rentrent dans les subinflammations. »

Propos. cccLXïxvii :« Lorsque le quinquina arrête les accès d'une fièvre intermittente , et qu'il survient du malaise, des engorgements viscéraux, de l'inappétence et une petite fièvre, c'est parce que le médicament administré trop tût, pendant que les voies gastriques conservaient encore de l'irritation , a produit une inflammation chronique de la muqueuse de ces organes. Dans ce cas, la guérison s'obtient par les antiphlogistiques. »

Propos, cnci.xxxix : « Lorsque l'estomac ne peut supporter le

■200 >IANIFESTATIO>' DE L\ Bl-VOLUTIO\ MÉDICALE.

i|iiinquina dans une fièvre intermitlenle , ce niédicamenl doit être adminislré parla voie des lavements; mais si le gros intestin se trouve eullammé, le quinquina ne peut plus être employé qu'à l'extérieur, soit en topique , soit en frictions. »

fiain froid. — Propos, cccxv : « Les applications froides sur l'abdouien, cl même les bains froids sont plus utiles en été et (juand les poumons ne sont pas endannués. Ces moyens dispensent quelquefois de la répétition des saignées (dans les gastro-entérites aiguës). Propos, cccxvi : Lorsque l'intlammation attaque simultanément la membrane muqueuse du poumon cl celle des voies gastriques, on peut, après les saignées, placer le froid sur l'abdomen, en tenant un calajjlasme chaud sur le thorax; mais si la toux s'exaspère, il faut renoncer au froid. »

Propos, cccxxvi : « Lorsque la résolution des forces succède à la surirritation dans les fièvres jaunes , les principales ressources se trouvent dans les boissons et les clystéres acidulés, et dans le froiil apitli(|ué à l'extérieur du corps, si la chaleur de la peau est considérable. Propos, cccxxxiv : Ln météorisme commençant dans les gastro-entérites aiguës se dissipe par une application de sangsues sur l'abdomen ; il guérit aussi par celle de la glace ; si on le laisse persister, ou si l'on donne des stimulants , il peut se changer en péritonite. »

AstriiKjcnls, causti(jurs , etc. — Propos. CDW : « Dans les guérisons (jue l'on obtient des jddegmasies, des snbinllammations, des ulcérations, en un mol de toutes les irritations situées à l'extérieur du corps, par le moyen des astringents , des narcotiques , des rubéfiants, des causti(iues dans les éry thèmes, les o|)hllialmies , les blennorriiagios, les gales, les dartres, les scrofules, les aiïeclions sypliilili(pies , etc., on ne peut voir que des irritations morbides qui cèdent à des irritations médicamenteuses. Mais ces cures n'ont lieu que lorstpu'. les premières irritations sont peu intenses. Si elles le sont beaucoup, elles augmenlenl et la désorganisation est imminente. »

Priipos. cuxM : « L((rs(iU(; l'irritation extérieure ipie l'on attaque par les irritants est intense, habituelle et accompagnée d'une

DELXIKME PKRIODE.

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ilépenlilion abondante de fluides, ou elle augmente sans changer de siège , ou elle est remplacée par un surcroit d'action des sécrétoires dépurateurs , ou enlln elle se change en une irritation morbide des viscères : ces deux derniers cas sont des révulsions ; mais l'une est avantageuse, et l'autre est nuisible. »

Excitants di/fusiblcs. — Propos, cdlvi : « La débilité produite par le froid se traite suffisamment à l'extérieur par les frictions avecla neige, la glace , l'eau froide, l'eau dégourdie, etc. ; à l'intérieur, parles excitants diCfusibles, l'alcool, les eaux distillées à doses graduées. y>

Eaux minérales. — Prop. ccxcv : « L'estomac affecté de gastrite chronique , à laquelle on ajoute encore par les stimulants, est exposé au plus grand danger si son inflammation est trop intense pour être révulsée; car il court la chance de la désorganisation. De là la guérison ou l'exaspération des gastrites chroniques par l'usage des eaux thermales. »

Propos, cccx : « Les hépatites chroniques sont quelquefois palliées parles émétiques , les purgatifs, le calomel , les savonneux, les eaux minérales ; mais elles sont rarement guéries autrement que par la persévérance dans un régime adoucissant, et par les révulsifs et les exutoires placés auprès de l'organe affecté.»

/Vo/jos. CCCL : «Les eaux minérales, quelles que soient leur composition et leur température , ne guérissent la gastrite chronique que par les évacuations révulsives qu'elles opèrent; mais c'est toujours après l'avoir exaspérée: aussi ces guérisons sont rarement radicales. Propos, ccclxx : Les eaux minérales irritent vivement le cœurettout l'appareil sanguin, augmentent la disposition hémorrhagique, la produisent même chez ceux qui ne l'ont pas, et déterminent souvent l'anévrisme du cœur, les paralysies et les apoplexies. »

Expectorants. — Propos. cccLiii : «Les engorgements muqueux des poumons, ou les catarrhes chroniques avec excrétion difllcile de la mucosité bromhique, sont palliées par les expectorants et les incisifs des auteurs; mais ils ne sont guéris que ])ar les anliphlogistiques, par l'iuflueuce de la chaleur et par la révulsion exercée à l'extérieur. »

208 MANIFESTATION DE l.A RI'VOl.rTION Ml-nifALE.

Telle est exaclemeiil toute la matière médiraie du réformateur, avouée par lui dans l'exposition de ses principes de thérapeutique ; nous terminerons par les axiomes qu'il émet sur la guérison des maladies par rapjdication de ces agens.

Iii/laiiiination. — Troisième Examen, t. t, propos. ccLxm : « Il y a quatre sortes de moyens d'arrêter la marche des inflammations : les débilitants, les révulsifs, les toniques fixes et les stimulants plus ou moins diffusibles. »

Propos. c.cLXiv : « Les débilitants propres à arrêter les inflammations sont la saignée, l'abstinence, les boissons émollienles cl acidulés; mais la saignée est le plus efllcace de tous.

Troisième Examen, t. 2, p. 556' : « Les petites saignées locales augmentent les congestions inflammatoires; les grandes perles de sang provoipicnl li's convulsions. »

Il explique ainsi ces deux résultats, dont la connaissance exacte lui paraît indispensable pour proportionner le degré des émissions sanguines aux indications réclamées , et dit , p. 551 :

« Si l'on vient à pratiquer une légère saignée locale dans une foili' phlegmasie , dans celle du puiunon, par exenqde , on bien des voies gastriques, il se fait sur ces viscères im afflux im])étueux ipii , loin de la diminuer, ajoute à l'inflammation , tandis ipi'une perte de sang poussée jusqu'au collapsus par les piqûres des sangsues tend à résoudre cette même inllainniation Quant aux

convulsions des animaux qu'on fait |M'iir d'Iiéinorragie , nul ijdiilc (in'i'iles ne dépendent dr la niéiiic cause : on enlèvi; en fort peu de temps la presque totalité du sang (|ui parcourt les gros vaisseaux , il résulte dans les viscères qui en sont privés un horrible malaise par l'effet de cette privation ; et c'est celle esiiéce de douleur (pii , connue toutes celles des viscères, produit les convulsions de celle hideuse agonie. C'est de celle manière (|ii'iiii(' cause essentii'llement débilitante peut devenir une cause |)uis8anlc de phlegniasic cl de névrose. »

Oastiiitk Aiori:. — Troisième Examen, t. f, propos, c.ci.xxiv : « Les sangsues ap|di(piées :'i l'épigaslre arrêtent mieux la gastrite

qnc celles que l'on place à l'anus ; mais ces dernières sont le renièile le plus efficace de la colite. Propos, cccii : « La faim non satisfaite produit la gastrite , et celle-ci produit ses symiiatliies accoutumées. »

Propos, ccciii : « L'ardeur épigastrique, les douleurs de la tête et des membres, et la rougeur de la langue, produites par la faim, disparaissent par l'ingestion des stimulants alimentaires, lorsque la gastrite n'est encore que dans son premier degré. Plus lard , ces phénomènes en sont exaspérés , et ne peuvent céder qu'aux adoucissants, suivis d'une alimentation graduée. Mais la saignée peut rarement y convenir. »

Gastro-extérite aigle. — Propos, ccrxxviii : « Les nausées et les vomissements du début de la gastro-entérite aiguë n'exigent pas l'émélique , mais les sangsues à l'épigastre , les lavements et les cataplasmes émollients et bien chauds aux extrémités inférieures. » Propos, cccxxxi : « Lorsque le suintement abondant des piqûres de sangsues a produit une grande faiblesse dans le commencement d'une gastro-entérite aiguë , il faut bien se garder de ranimer le malade par des stimulants; on doit le laisser dans cet état si la circulation n'est pas interrompue, parce qu'il est ordinairement suivi d'une prompte guérison et d'une convalescence extrêmement rapide. »

Propos, cccxxxv : « Les soubresauts des tendons et le délire qui suniennent pendant la durée d'une gaslro-entérite aiguë indiquent que l'irritation se multiplie dans l'encéphale, et cèdent, au moment de leur début, à une saignée ou bien à une application de sangsues à l'abdomen. Mais si ces symptômes ont déjà, quelque durée, on doit les attaquer par les sangsues appliquées aux tempes, ou mieux sur le trajet des jugulaires, parce que l'irritation sympathique du cerveau s'est déjà transformée en véritable phicgmasie.» Propos, cccxxxvi : « Lorsque l'appétit se déclare avec énergie dans les gastro-entérites aiguës , le malade étant revenu de sa stupeur, on doit permettre des bouillons coupés ou de l'eau lactée , malgré la persistance de la fréquence du pouls, de la chaleur acre

210 MANIFESTATION DE LA n(^;VOUITION MEDICALE.

cl do l;i rougeur de la langue : aulremcnl la faim rcdoublerail la gaslrile el ranièncrail la stupeur, la fuli^'iiiosilé cl la proslralion; mais des aliments plus substantiels seraient nuisibles. »

Propos, cccxxxvii : « Lorsque dans une convalescence de gastroenlérilc il se développe de la douleur de tête , une mauvaise bouche, des nausées , du malaise et de la fréquence dans le pouls , c'est que le convalescent a trop mangé. Dans ce cas , il faut retrancher, pour un jour, les aliments, au lieu d'administrer des vomitifs et des purgatifs. »

Propos. CDLiv : « Lorsque la débilité prédomine dans les gastroentérites produites par un exercice musculaire outré el |iar l'emploi des stimulants, dont on abuse souvent dans ce cas, les saignées ne doivent être pratiquées qu'avec modération, et doivent toujours être locales. »

Gastrite chuonique. — Propos, ccxcvii : « Dans les phlogoses partielles de l'estomac, souvent plusieurs années s'écoulent dans des alternatives d'excitation el de sédalion itroduites p;ir la versatilité du trailenienl , jusqu'à ce que le point de phlegmasic ait désorganisé le viscère , soit en produisant un squirrhe, soit en ramollissant el perforant l'organe; enfin, il arrive un terme où rien n'est plus supporté, et où la mort est inévitable. »

Propos, ccxcviii : «Onguérit les irritations partielles de l'estomac on persévérant dans le refus des médicaments stomachiques, en choisissant les aliments parmi ceux qui fournissent de la matière alibile sans trop exciter, en calmant l'irritation par les boissons adoucissantes. Il importe surtout de ne pas trop débiliter par les évacuations sanguines, ni par l'abstinence.»

Propos, ccciv : « Lorsque l'estomac a fait passer dans les intestins des aliments qui ne l'ont pas assez excité pour qu'il ait pu les bien assimiler, il survient des coliques et une diarrhée qui cèdent au vin el aux boissons alcoidisécs.»

Priifins. (XCXLV : « On guérit les gastrites chroniques par les alimuiiLs légers, et surtout par l'attention do rafraîchir l'estomac avec des buissons aijueuses administrées à petites doses, depuis la

preniièro heure qui suit l'ingestion des aliments jusqu'au repas suivant, ou jusqu'à l'heure du sommeil. »

Propos. cccxLvi : « On ne doit traiter par les saignées locales répétées et par l'abstinence complète que les gastro-entérites chroniques des sujets robustes ; car ce traitement jette les personnes débiles dans une faiblesse dont il faut des années pour les rappeler, et pendant tout ce temps la mobilité est extrême et les rechutes Irès-faciles. »

EnTÉRO-COLITE , DYSENTERIE, DIARRHÉES. — PvopOS. CCCXXX :

« La diarrhée des entéro-colites aiguës est enlevée , dans le principe, par les sangsues à l'anus en nombre proportionné aux forces du malade. Mais si la prostration est considérable et l'appareil sanguin anémique, on doit se contenter de l'eau de riz gommée, de l'opium à petites doses, de lavements avec la solution d'amidon et avec quelques gouttes de teinture aqueuse d'opium.

Prop. CDL : « La débilité, dans le cas de colite chronique,

nécessite des fécules dépouillées de tout ce qui peut laisser du résidu dans le colon , et l'usage modéré du vin rouge pour retenir les aliments dans l'estomac ; car l'irritation du colon les appelle vers cet intestin avant leur assimilation, et ils y font l'office de purgatifs. Propos. CCLXXVI : Enlever les colites commençantes par des applications de sangsues au lieu convenable , c'est anéantir les épidémies de dysenteries. »

Embarras gastrique. — Propos, cclxxyui : « Les symptômes bilieux, muqueux et autres, dits embarras gastrique, guérissent plus promplemenl et plus sûrement par les sangsues placées à l'épigastre, ou seulement par l'abstinence et par l'eau que par les émétiques. »

Hépatite chronique , engorgements du foie , jaunisses. — Propos, cni.xxix ; « Les jaunisses, dépendant presque toujours d'une gastro-duodénite, ou d'une hépatite, sont enlevées par les sangsues appliquées entre l'épigastre et l'hypocondre , pourvu que l'on fasse suivre l'emploi des adoucissants et que le régime soit approprié. »

212 MiMFESTATlUN DE LA RÉVOLl TIO.N MKDIlALE.

Propos. cccxLiv : « On prévient et l'on guéril les engoigemenU du foie par les moyens qui sont appropriés aux gaslro-enlérites chroniques. Propos. cccLXXXVi : Les abstractions dos viscères paroucliyuniteux Joie, rate, poumons), surviennent (pielipiefois dans les lièvres iulcrmittentes sans que rinfliunniation de la mu(iueuse gastrique passe à l'élat continu : alors, elles se guérissent par le quinquina administré durant l'apyrexie. »

Péritonite puerpérale. — Propos, cccxii : « La péritonite commençante est facilement enlevée par les sangsues ap[iliquées sur les parois abdominales. Mais lorsqu'elle a duré plusieurs jours, elle est souvent au-dessus de tous les remèdes. La saignée générale en opère rarement seule la guérison ; mais elle peut la seconder l(irs(pie les sangsues ne donnent pas suffisamment. >^

Propos, cccxiii : « La péritonite des feuiiiies en couches étant ordinairement l'effet d'une inllammation de l'utérus , doit être arrêtée dans son début par les sangsues appliquées avec profusion sur riiypogastre. Elle ne cède aux émétiques que par révulsion : c'est-à-dire qu'elle est souvent exaspérée par leur emploi. »

FiiiVRE TYPHOÏDE. — Propos, cccxxvii ; « Lorsque les gastroentérites aigués typhoïdes ou non typhoïdes ont résisté aux saignées capillaires pratiquées à l'épigastrc et ensuite à la poitrine et à la tète, en cas de répétition de la phlegmasie dans ces cavités, lorsque la fuliginosité, la stupeur et la faiblesse du pouls se déclarent, il faut nourrir avec des boissons gommcuses sucrées et acidulées ; mais si la bouche se nettoie et que l'appétence se manifeste , on doit nourrir avec l'eau lactée , ensuite avec des bouillons Irè.slégers : autrement le malade pourrait périr d'inanition avant la lerininaisou de la phlegmasie. »

Typhls. — Propos, cccxvii . « Les typhus étant des gastroentérites par enqioisoiinemenl miasmatiipie , c'est-à-dire par des gaz pulriiles , souvent avec conqilication de quelqu'aiitre phlegmasie , t;t surtout de celles de l'apiiareil cérébro-spinal , peuvent

être arrêtés par le traitement approprié à ces maladies , lorsqu'on les attaque dans leur début. »

Propos. cccxviii:« Lorsque l'inflammation des typhus n'est pas attaquée à son début, les évacuations sanguines y sont souvent dangereuses ; car le poison gazeux putride affaiblit la puissance vitale et la chimie vivante , à tel point que les pertes ne peuvent plus être reparées. »

Propos, cccxx : « La plus légère stimulation ajoute beaucoup à l'intensité des typhus des pays chauds , lorsipi'elle est exercée dans la première période. Les émétiques sont donc souvent très-dangereux : exemple , la fièvre jaune. »

Néphrite calculeuse. — Propos, ccclvi : « Les calculs des reins et la gravelle n'ont pas toujours besoin d'un temps fort long pour se former: on les prévient le plus souvent en appliquant des sangsues sur la région des reins , et en administrant les boissons émollientes aussitôt que les premiers accidents de la néphrite se font apercevoir , et l'habitude de cette maladie peut aussi disparaître entièrement. »

Propos. cccLvii : « Les diurétiques puissants tels que les savonneux , les alcalins, l'uvaursi , la térébenthine, etc. , procurent la sortie des graviers déjà formés , mais ils entretiennent souvent la phlegmasie latente qui les produit. »

Croup, Coqueluche. — Prop. cclxxvii : « Les angines tonsillaires , pharyngées , ou laryngo-trachéales , telles que le croup , la coqueluche, etc., cèdent mieux aux saignées locales qu'àl'émétique, qui les exaspère fréquemment , surtout quand il y a pléthore ou gastrite, etc. Mais certains stimulants comme le sulfate d'alumine ou l'acide muriatique avec le miel sont utiles localement, dans les angines membraneuses, pour contre-irriter et dénaturer l'inflammation. »

Inflammations rémittentes. — Propos, ccclxxxii : « Les inflammations continues, à exaspérations périodiques, se guérissent par les antiphlogistiques , administrés durani la rémission, lors-

ili MANIFESTATION DE LA HÉVdl.LTION MEDICALE.

qu'il reste de l'innummalion dans les viscères après la sueur, el surloul quand celle inflammalion osl assez inlense pour cnlrelenir un degré quolromiuo de pyrcxie, c'esl-ii-diro lorsque la lièvre esl vraiment rémillcnle. »

Propos. cccLXXXiii : « La meilleure méthode pour guérir sûrement les inflammations à exaspérations périodiques consiste à traiter d'abord antiphlogistiquement durant la chaleur de manière à rendre l'apyrexie complète ; à continuer ce traitement après l'accès , si elle ne l'est pas ; à donner le quinquina , ou mieux lo sulfate de quinine et les autres toniques pendant loulo la durée do l'apyrexie ; à faire prendre des stimulants diffusibles au moment du frisson , pour revenir ensuite aux boissons rafraîchissantes lorsque la chaleur est développée. »

Inflammations inteiimittentes. — Propos, ccclxxvii : « Il y a cinq manières usitées de traiter les inflammations inlermillenles et rémittentes: 1° parles antiphlogisliques durant la période do chaleur;» 2" par les stimulants cl les toniques pendant l'apyroxio ; 3" par les stimulants donnés pendant la chaleur ; 4° par les stimulants administrés à l'instant du frisson ; IV par les antiphlogisli- (jues pendant l'apyrexie. »

Propos. ccr.LXXViii : « Les inllammations inlcrmitlontes cèdent aux saignées el au froid appliqués durant la période de rhaliMir au lirinlomps , lors(|ue le sujet est robuste cl plélhoriqu(>. cl lors(iue la maladie est récente; dans ces cas, on doit placer les sangsues le plus prés qu'il osl possible du principal point d'irrilalion. »

Propos. cccLxxix : « Les inflammations intermillentes cèdent sans danger au (luintpiina et aux autres toniques administrés durant l'apyrexie, lorsqu'il n'y a pas do pléthore, et lorsque les viscères principaux et surtout les organes de la digestion no conservent aucune trace d'inllammalion après la période do chaleur , c'est-à-dire lorsque la fièvre n'esl jtas réniillonle. »

/'ro/)ox.rr,r.i.xxx: «Los inflammations inlormiltentcs se guérissent raromcnl par les sliiniilanls donnés diiranl la période de chaleur: cette mélliodo rend plutôt riiillainnialion continue ou réniillonlo.

nELXIÈME PÉUIOUE. 215

Propos. cccLXXXi : « Les intlammatinns intenniUcntcs se gucrisscnl rarement par les stinuilanls admiiiislrés à l'instant du frisson, parccquc l'irritation qu'ils provoquent augmente l'intensité de la chaleur. Cette méthode ne réussit guère qu'après l'emploi des antiphlogisliques, et chez les sujets robustes chez qui l'apyrexie est complète. »

Propos. cccLXXxv : « Les inflammations intermittentes abandonnées à la nature se guérissent quand elles sont légères et que les causes déterminantes n'existent plus: dans les cas contraires, ou elles s'élèvent à la continuité aiguë , ou elles dégénèrent en une continuité chronique , qui s'accompagne à la fin des obstructions et de l'hydropisie, »

Propos, (.cr.i.xxxviii : « Lorsque la suppression des accès d'une lièvre inlermiltcnte est suivie d'un état pathologique apyrétique , le retour des accès provoqué par le bain froid et par les purgatifs est un bien , si la crise des accès enlève l'irritation des voies gastriques , de manière que l'apyrexie devienne complète ; mais si elle ne l'est pas, ce retour est un mal. Dans le premier cas, on doit donner le quinquina durant l'apyrexie ; dans le second , il faut recourir aux antiphlogisliques qui guérissent la maladie ou rendent l'apyrexie complète de manière que le quinquina puisse y être placé avec avantage. »

Fièvres [.ntermittentes pernicieuses. — Propos, cccxc : « Les fièvres intermittentes, dites pernicieuses , doivent être traitées comme celles auxquelles cette épithéte n'est pas donnée ; si ce n'est qu'il faut agir avec plus de promptitude. »

Hémorrhagies. — Propos, ccclxvi : « Les hémorrhagies spontanées doivent être combattues comme les inflammations : par les saignées générales et locales , par les réfrigérants , et surtout par la révulsion , (luellc que soit la force du sujet : ce dernier moyen est la meilleure ressource lorsque l'alTaiblissemcnt est devenu considérable. Propos, r.r.c.i.xvii : Les hémorrhagies spontanées étant souvent entretenues par un foyer d'inflammation, soit local, soit

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