CONSTITUTIONS MÉDICALES
Broussais , en confondant, sous la dénomination commune de n desa-iptmn des constilnt iom, )>Hippocrate, Bâillon, Sydenham, Stoll , Baglivi , etc. , ne paraît pas avoir bien compris les différents sens du mot constitution employé pour désigner les conditions atmosphériques et leurs effets dans la production des maladies, puisqu'il rejette ces constitutions comme des chimères , sans une dislinclion qui devient cependant indispensable.
Raige-Delorme dit , à cette occasion, Dict.deméd.J. S, p. 488: « Les constitutions médicales sont un des points les plus obscurs de la science. Cette obscurité ne provient pas seulement de la difficulté du sujet, elle résulte plus encore peut-être du peu de précision avec lequel il a été délimilé. »
Pour éviter toute confusion , pour ne pas admettre des iniluouces
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morljiliques au moins Irès-douleuses , ol n'en pas rejetoc d'autres (juc l'évidence des faits ne permet pas de proscrire , lors même qu'il est impossible de s'élever à la théorie précise de leur action , il faut distinguer trois ordres de constitutions : .
1" AlmosplirrifjucK, — se composant dos étals l)arométri(|UP , Ihcrmoniétriiiue, hygrométrique, élcctri(iuo de l'almosphére ol do leurs nombreuses combinaisons suivant los climats, les lieux, les saisons, etc. Hippocrale ne paraît pas avoir compris autrement ce grand modificateur dans la production des maladies sans caractère infectieux ou contagieux. Il est de toute évidence que l'on ne pont pas révoquer en doute l'influence de colle cause occasionnoUo dans la fréquence de tel ou tel ordre do maladies. Tous les praticiens savent , en effet , que les inflammations des membranes muqueuses, inflammations catarrhales des auteurs, sont bien plus communes dans les automnes et les hivers froids et humides, que dans les printemps ou les étés secs et chauds; que les phlegmasies cutanées sont plus ordinaires dans la seconde conslilulion que dans la première ; nous ajouterons que l'un et l'autre de ces doux ordres d'altérations pathologiques subissent des influences notables dans leur marche, leur durée, leur gravité, etc.. |Kir li' fait même do ces différentes constitutions atmosphériques, dont il est dès lors impossible de rejeter l'existence et l'action , en les considérant surtout au point de vue de l'éliologie.
i?" McdicaU's, — embrassant, dans la même pensée, les elïols produits par celte constitution et l'influence atmosphériipie permanente, et indépendante jusqu'à un certain jinint des états élémentaires de la comlilution atmosphcriijur ; donnant, pendant sa durée, aux maladies régnantes, un caractère particulier : inflammatoiro . liilioux , nerveux , clc. , olc. C'est ainsi (juc lîaillou, Sydenhani , Sloll , etc., conqironaient la cousllliilidii médicale, sorte de moyen-terme entre la coustitulion atmosplicrit/iir cl la cdiislllitlion ri>idriiiiijiir. JcWc csl ccild contlitutinn iiirdiralc dont l'histoire n'a point encore été suflLsanuiicnl écl.iiréo pour (pi'il soi! jiermis aux es|irits sages de prononcer ou dernior ressort. Si Broussais él.iil fondé ii rojolor proviMiiromont
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celle influence morbifique , il ne l'était pas encore du moins à la proscrire d'une manière aussi tranchante, aussi absolue.
3° Epidcmifjucs , — déterminées, indépendamment des climals, des saisons, des états de la température, de la sécheresse, de l'humidité, de l'électricité atmnsphéri(|ues, par une modification, spéciale de l'air, et produisant une maladie qui frappe en même temps un grand nombre de sujets, et dont la forme commune et caractéristique se retrouve partout, quels que soient l'âge, le sexe, le tempéramentdes individus affectés. Que l'on attribue cette «iOf//^ca//o/t spéciale à la présence d'un agent infectieux, d'un miasme , d'un principe contafjieux , etc., comme le plus souvent cette cause échappe il l'investigation de nos moyens chimiques les plus puissants , et que sa présence est seulement révélée par ses effets sur l'organisme vivant , nous ne donnerons aucune importance à cette première partie de la question ; mais il n'en sera pas de même pour la seconde ; à moins que l'on ne veuille admettre des effets palpables sans aucune cause positive , il est évident que l'on ne peut pas nier la réalité des constitutions épidémiques. Il est également prouvé par l'expérience que , dans le cours d'une épidémie , une maladie donnée offre des caractères qu'elle ne présente pas dans l'état sporadique ; exige le plus souvent des modifications essentielles dans son traitement, et que, par une conséquence nécessaire, les bons observateurs trouveront, sous ce point de vue d'une si haute i)ortéc, la doctrine médicale de Broussais bien fautive et bien incomplète.