IRRITATION, PRINCIPE GÉNÉRAL DES MALADIES
Pour Broussais, l'irritation est le mode général auquel doivent se rattacher, à très-peu de chose près, loulos les altérations pathologiques. C'est le picot central sur lequel doit rouler toute sa
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tliulriiie ; c'est l'unité médicale qui va désormais servir à mesurer toutes les maladies, puis(iuc « les faits dcmonirenl, d'après lui, que le principe de toute excitation soit nerccusc, soil inflammatoire (i%\ toujours le même. » L'inilalion es! évidcmniLMil la source d'un grand nouibre d'alToctions morbides, et si le réfonnaleur eût garde quelque mesure dans l'importance qu'il a voulu donner à ce grand fait pathologique, la science et l'art auraient été enrichis des belles considérations qu'il a développées sur cet objet important, au lieu d'être faussée dans leurs dogmes et dans leurs applications par les idées paradoxales qu'il importa dans leur domaine. Du reste, ces relléxions sont d'autant mieux fondées que nous voyons encore ici le sens profond de l'observateur lutter contre les hallucinations du systématique. Il ajoute en effet :
« Dire que ce fait, l'irritabilité , soil le seul qui serve de fondement à la pathologie, c'est peut-être aller trop loin; mais k coup sûr, rinitabilité , dans l'état où se trouve encore la science, est le fait le plus important et la clefi]ii tous les autres. »
Nous pensons même que si Broussais eût vécu plus longtemps , avec le génie d'observation ipii le caractérisait, il aurait abjuré plusieurs de ses erreurs fondamentales. C'est du moins ce que nous trouvons avec satisfaction relativement aux irritations nerveuses (pi'il avait d'abord à peu près entièrement rejetées, en les coiifundant avec les irritations inflammatoires.
Ainsi , nous lisons ce passage, très-remarquable pour quiconque a bien apprécié le caractère absolu du réformateur. Traité de l'iirildli'iii ri (Ir lafrilic , 2" (iil\[., pré [., page. Lxxxii : « Comme des quatre formes de l'irritation la nerveuse est celle qui a reçu dans ce traité le développement le plus considérable, développement (pie réclamait son importance , et que nous avions refusé de lui donner jusipi'ii ce que le temjis nous eûl nti jm'ii mûri; » et lue. (il., p. ■"><} : « L'excitation s'exerce sur la matière nerveuse des surfaces de rapport tant internes qu'externes; » el/;. C/ :« F.'innervali(»n serait donc une électricité vitale dont les lois ne sont pas encore connues et doivent être étudiées; et /y. 7.5 .« C'est par l'albuniine, ronsliluanl In fibre nerveuse, que nous sommes en
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rapport avec l'oxygène, le calorique, l'électricité, peut-être avec cette source éternelle de la vie qui nous est inconnue dans son essence , et dont l'excès ou le déficit d'un moment suffisent pour nous anéantir. »
Nous le voyons accorder ici beaucoup d'importance aux phénomènes physiologiques et pathologiques d'innervation , et dans ceux de SCS ouvrages où se trouve exposé le fond de sa doctrine, il rayera, d'un trait de plume, toutes les névroses du cadre nosologique. Il va même jusqu'à sanctionner, dans son dernier écrit, tout ce que nous avons émis sur la nécessité de distinguer /'cj'c//a//o«. de Nnilation. Il dit, loc. cit., p. 5 :
« Lorsque Vexcitation ou la stimulation sortent des limites de l'état normal , elles rentrent dans ce que nous avons appelé irritation » Ainsi, pour Broussais lui-même, dans la seconde
édition de cet ouvrage , excitation el irritât ion ne sont plus synonimes; l'une appartient à la physiologie, l'autre à la pathologie. Eût-il rectifié la confusion et les erreurs de sa théorie sur ce point? Nous ne pouvons pas l'affirmer; il est du moins certain qu'il ne l'a pas fait, et surtout qu'il est resté dans son grand principe exclusif, puisqu'il ajoute : « C'est cette irritation qui fait aujourd'hui la base de la doctrine physiologique.»
Ainsi , au milieu de ses hésitations et même de ses contradictions,le réformateur n'en arrive pas moins à conslAérer l'irritation comme le principe de toutes les maladies, à quelques exceptions près, à vouloir tout expliquer par ce mode pathologique exclusif, et même à réduire encore la base de sa doctrine , en concentrant cette irritation dans la membrane muqueuse gastro-intestinale, dont rinflammalion deviendra pour lui l'origine directe du plus grand nombre des maladies qu'il n'admettra bientôt plus qu'à titre de complications , d'altérations sympathiques et symplomatiques.
Il est déjà facile de comprendre tout ce que des prétentions semblables doivent avoir de faux ou d'exagéré; tout ce qu'une doctrine ainsi fondée présentera d'insuffisant, d'inexact et même de dangereux pour la théorie, et plus spécialement encore pour la pratique. Nous espérons le démontrer en suivant Broussais dans
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les applications de son syslcmo aux différcnls groupes de maladies.