LIVRE VI (i560-i56i
Après avoir importuné l'empereur de ses demandes, il s'adressa à Philippe II, avant son départ des Pays-Bas, et réclama Bvec instance quelque bienfait. Il exposait au roi que ses dettes s'élevaient à vingt-sept mille écos dont quatorze mille avaient été CMtractées à Bruxelles même. Elles provenaient, suivant lui, de nnsafiOsance de la pension de trois mille écus, dont il jouissait, ainsi que des émoluments attachés à la chancellerie. Il rappelait «Asoite à Philippe ses services passés et les charges qu'il avait occupées ; il disait aussi qu'il avait renoncé deux fois à l'évéché de Liège et quatre fois au cardinalat pour se maintenir au service de l'empereur et du prince. « Le monde attend, ajoutait-il, « œ que Votre Majesté va faire pour moi dans cette occasion. Je » la supplie donc d'avoir égard à la nécessité qui me presse et à « la voix du peuple, qui ne forme son opinion sur les choses que « par des comparaisons. Si le cardinal de Trente, qui n'a servi « qu'une année à Milan, a pu recevoir une pension de dix mille « écus, n'ai-je pas le droit d'en espérer aussi quelqu'une, moi « qui suis un vieux serviteur de votre maison *? » Philippe, au Heo d'une pension, accorda, le ^% mai 4560, à Granvelle l'abbaye de Saint-Amand qui rapportait par an quinze mille florins de revenu •. De plus, il ne tarda point à le nommer archevêque do Malines et à lui faire obtenir la pourpre. Granvelle, élevé au cardinalat le 94 février 4 564 , reçut la nouvelle de cette faveur avec modestie. Il écrivit à Gonçalo Perez qu'il avait été pendant longtemps déterminé à quitter les affaires et à vivre avec ses livres , il rappelait de nouveau qu'il avait, du vivant de l'empereur, rcfàsé de pareilles dignités ; mais le roi l'ayant appelé à le servir
» Papiers d'État du cardinal de Granvelle, i. V, p. 657-664.
* Dans une nouveUe requête, du 20 janvier 4665, Granvelle assurait pourtant le roi que tous ses revenus ne montaient pas annuellement n 48,000 écus. Correspondance de Philippe 11, 1. 1", p. 337.
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aux Pays-Bas, il emyait qu'il convenait maiolenant d'ucceptur, puisqu'il serait ainsi mieus en position de défendre ses intérêt^; le roi, ajoutait-il» lui avait d'ailleurs donné, par libéralité, les moyens de soutenir Téclat de cette dignité, Eo écrivant eo Espagne, Granvelle attribua la faveur qui venait de lui être accordée ûu roi seul et à Vintervention bienveillante de Gonçalo P^stei^ et^ à Bruxelles, il supposait d'en être seulement redevable à la duchesse de Parme, Il crut néanmoins devoir difiTérer d'accepter le chapeau de cardinal, jusqu'à ce qu'il eût appris la valante au roi, dont il s'était empressé de pressentir les intentions tout en le remerciant d'une faveur qu il lui attribuait K Philippe, dans S4I réponse^ laissa supposer que l'honneur accordé h son ministre était dû à I initiative du pape ; il se réjouissait be^iucoup, disait^d, de ce que le pape avait f^iit^ attendu que Granvelle le méritait ; if exprimait ensuite le vœu quil acceptât sans retard \ En se c5on formant à ce désir, Granvelle déclara à la duchejsse de Parme qui! s'y était surtout déterminé par la vicissitude des choses humaines, afin que, s'il était contraint un jour de sortir des Pays-ûaSj il pût avec honneur se rendre à Rome, véritable séjour des cardinaux, et y trouver une retraite siire et honorable '.
En partant pour lEspagne, Philippe U laissa Antoine de Granvelle â la duchesse de Parme comme le meilleur appui de son gouvernement- Granvelle correspondait directement avec le roi ; mais^ de son côte, la duchesse de Parme, indépendamment de la correspondance oSicielle en français, entretenait aussi avec le roi une correspondance secrète en italien, et oelle-ci ne passait pas sous les yeux de Tévéque d'Arras. Les entrevues et Ibb ooiï-
■ Lettre de Granvelle au roi, du 9 mars 4564. dans les Papiers itÈtat^ f Vî, p, S95.
^ Lettres de Philippe IL à Granvelle du h*l mnT% et du 2 avril 4561, énns^ les Ptkpkrs d*Èm, t. Vî, p. t08 et 302.
* Corrfipondnnte H^ Philippr It, t. I, p. \H, et Stuap*, lib. Ilf.